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DICOURS DE M. ABDOU DIOUF - PARIS, LE 7 JUIN 2012

A l’occasion de l’ouverture de la 8e Conférence des OING/OSC

Je suis heureux de vous retrouver ici à Paris presque deux ans, jour pour jour, après notre rendez-vous de Genève en juin 2010. La VIIe Conférence des OING qui s’y tenait, précédait de quelques mois le Sommet de Montreux d’octobre 2010. Je garde un excellent souvenir de l’accueil chaleureux des autorités de la Confédération suisse. J’ai particulièrement apprécié leurs efforts pour avoir associé étroitement la société civile francophone à de nombreuses manifestations s’inscrivant en marge des activités officielles du Sommet, notamment dans le cadre du village de la Francophonie.

Depuis octobre 2010, l’espace francophone a été fortement marqué par une série de transitions qui ont suscité autant d’inquiétudes que d’espoirs et qui nous ont beaucoup mobilisés. Ces crises ont touché toutes les composantes de l’espace francophone plus ou moins intensément. Elles se sont situées dans un contexte de crise financière mondiale qui dure, avec ses prolongements de crise économique et sociale, écologique et alimentaire, et qui vient remettre en cause les quelques progrès, modestes mais prometteurs, enregistrés dans l’atteinte des Objectifs du Millénaire. Depuis notre dernière Conférence en juin 2010, nous avons été en premier lieu interpelés en particulier par les ruptures et par les transitions dans les pays arabes et en Afrique. Nous avons pu mesurer, à leur juste valeur, les aspirations des peuples et le rôle central des acteurs de la société civile.

Ce constat m’amène ici à réaffirmer que pour remplir ses missions, la Francophonie a l’impératif besoin d’une société civile active et engagée, forte de ses avancées et déterminée à occuper efficacement sa place dans la mise en œuvre du cadre stratégique décennal de la Francophonie et de ses programmations. La société civile francophone doit, à ce titre, se mobiliser autour des thématiques des Sommets et élaborer ses propres propositions en direction de l’OIF, des opérateurs directs, des Etats et gouvernements membres qui pourront être sensibilisés et prendre en compte ainsi vos aspirations.
Cette mobilisation de la société civile me semble de plus en plus nécessaire car depuis deux décennies et face aux défis de la mondialisation, nous avons vu, heureusement à l’échelle mondiale, les acteurs non-gouvernementaux mieux s’organiser pour faire avancer des idées novatrices et mieux faire entendre la voix des citoyens.

« L’utilité commune est le fondement de la société civile. » disait un jour un grand francophone dont nous célébrons cette année le tricentenaire de la naissance - Jean-Jacques Rousseau.

Nous avons tous à l’esprit les formidables mouvements populaires des jeunes et de la société civile en faveur de la démocratie, des droits de l’Homme et des libertés qui ont récemment bousculé les dictatures du monde arabe. Ces mouvements concernent plus que jamais la société civile francophone au nom des valeurs de la Francophonie : les droits de l’Homme, la paix, la démocratie, le développement durable et solidaire, l’éducation universelle, la solidarité, la promotion de la langue française et la diversité culturelle.

Les acteurs non-gouvernementaux ont été les précurseurs du mouvement francophone. La société civile francophone agissait bien avant que la Francophonie intergouvernementale ne se mette en œuvre. Aujourd’hui, elle est riche et très diversifiée. Au-delà des 67 OING et OSC accréditées auprès des instances de la Francophonie, la société civile francophone est renforcée par un grand nombre d’ONG membres des nombreux réseaux qui composent la galaxie francophone.

L’année 2012 est riche en évènements d’importance et concerne tout aussi bien la société civile francophone. Ainsi, j’ai participé à Niamey au Niger, en janvier dernier, à l’ouverture du premier Forum international francophone de la Jeunesse, consacré à l’économie verte et aux emplois verts. J’ai participé, en février, à Lyon, au Forum francophone préparatoire à la Conférence Rio+20. Je suis également intervenu à l’ouverture de la XIe session du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies en février dernier à Genève. J’ai, par ailleurs, décidé de consacrer notre dernier Fonds Francophone d’Initiative pour la Démocratie les droits de l’Homme et la paix aux ONG locales œuvrant dans le domaine de la lutte contre la torture après m’être impliqué personnellement dans la premier Forum mondial sur la prévention de la torture, organisé en novembre 2011 à Genève, par l’une de nos OING accréditées, l’Association pour la Prévention de la Torture.
En outre, j’ai invité la société civile francophone et toute sa jeunesse au Premier Forum mondial de la langue française qui se tiendra à Québec début juillet 2012. J’ai enfin souhaité que cette VIIIe Conférence des OING et OSC se tienne aujourd’hui, à quatre mois du XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Cette année, les thématiques retenues pour le Sommet porteront sur le thème « Francophonie : enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale », une thématique qui nous concerne toutes et tous.
Je me félicite, à ce propos, de l’engagement et de la solide mobilisation des autorités de la RDC pour organiser ce XIVe Sommet de la Francophonie. Ce Sommet, le premier à se tenir en Afrique centrale, constituera un moment fort pour notre Organisation et pour la communauté francophone. Il contribuera efficacement au rayonnement de la Francophonie et de ses valeurs dans cette partie d’Afrique, en particulier d’une haute importance pour notre avenir à tous.

Nous savons bien qu’un Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement est un événement politique qui doit porter une dynamique exemplaire. Les messages concernant les situations de crises et les efforts de démocratisation au sein de notre espace doivent être forts, percutants et crédibles. Ils doivent répondre aux attentes des populations, des hommes et des femmes, des jeunes, des militants qui demandent plus de liberté, plus de respect, plus de bien-être.
La RDC est un grand pays francophone qui mérite tout notre soutien. Les défis qu’il doit affronter sont immenses et nous sommes résolus à l’appuyer.

Une nouvelle Assemblée et un nouveau gouvernement ont été mis en place après des élections présidentielles et législatives qui ont posé beaucoup de problèmes. Cette nouvelle étape est une occasion unique pour donner rapidement au pays un nouvel élan démocratique, consolider les institutions, renforcer la justice, rendre le système électoral plus fiable.
A Genève, en juin 2010, à la veille du Sommet de Montreux, j’avais appelé la Francophonie à mettre en place un processus approfondi et concerté de réflexion sur le fonctionnement opérationnel de la Conférence en vue de la rénover et de valoriser davantage la contribution de la Francophonie non gouvernementale dont vous êtes, Mesdames Messieurs, la plus vibrante incarnation. Je me réjouis que ce travail ait été initié. Ainsi, sur proposition d’un groupe de travail réunissant l’OIF, les opérateurs et des représentants du Comité de suivi des OING, la Conférence ministérielle de la Francophonie a adopté, en décembre 2011, un nouveau projet de directives portant sur les relations entre les institutions de la Francophonie et les OING, en vue de renforcer davantage encore notre nécessaire partenariat. La Conférence ministérielle a également procédé à plusieurs nouvelles accréditations et je saisis cette opportunité pour souhaiter la bienvenue aux organisations qui nous rejoignent dans la « famille francophone ».

A la suite de cette première étape, j’appelle à présent la Francophonie, c’est-à-dire l’OIF, les opérateurs reconnus et tous les participants à cette VIIIe Conférence, à poursuivre ces efforts de rénovation, et ce à la lumière de toute la richesse et la diversité des OING accréditées, de même que de leurs vastes réseaux professionnels et institutionnels.
Confrontée à un grand nombre d’organisations internationales et à des restrictions budgétaires persistantes sur le plan international, la poursuite de cette rénovation est aujourd’hui particulièrement nécessaire. Elle permettra de renforcer le magistère d’influence de la Francophonie sur la scène internationale, par la mise en place d’un partenariat toujours plus dynamique avec la société civile francophone. Enfin, je souhaite que cette rénovation vienne enrichir la réflexion que nous venons d’entamer sur le nouveau Cadre stratégique décennal et le prochain cycle de programmation.

A cet égard, je note avec grande satisfaction que vos ateliers au cours des deux prochains jours, permettront de dresser un bilan des propositions de la société civile francophone des deux dernières Conférences (Caraquet et Genève), de renforcer son impact et enfin, d’articuler sa contribution sur la thématique du prochain Sommet.

Pour terminer, je souhaite rendre hommage au Président du Comité de suivi de la VIIe Conférence des OING, Monsieur Charaf Eddine FQIH BERRADA, ainsi qu’à tous les membres sortants du Comité de suivi, pour le travail accompli au cours des deux dernières années et leur profond engagement à renforcer le partenariat de la société civile francophone avec l’OIF et les opérateurs directs. Enfin, je vous félicite de n’avoir ménagé aucun effort dans la préparation de cette VIIIe Conférence des OING. Je vous souhaite de fructueux débats et j’ai hâte de prendre connaissance des différentes propositions qui ressortiront de vos travaux.

Je vous remercie de votre attention.

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