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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - ABU DHABI, LE 16 MARS 2008

Allocution prononcée par le Secrétaire général lors de la cérémonie de remise du prix de la traduction Ibn Khaldoun – Léopold Sédar Senghor

C’est avec une joie profonde que je me trouve aujourd’hui, ici, à Abu Dhabi, cette terre des Emirats Arabes-Unis, témoin d’une ardente volonté de rapprocher l’espace arabophone et l’espace francophone par la découverte des oeuvres qui relient les deux cultures.

La cérémonie de ce jour est le couronnement des efforts communs qui s’inscrivent dans une volonté de promouvoir la diversité culturelle et linguistique en créant, par le biais de la traduction, des passerelles facilitant les échanges des cultures. C’est la manifestation
concrète d’un processus constant par lequel les cultures se sont toujours fécondées les unes les autres.

C’est pourquoi, je tiens à remercier vivement Monsieur le Vice-Premier Ministre, S.E. Sheikh Hamdan Bin Zayed Al Nahyan, en cette circonstance solennelle, pour avoir bien voulu accepter d’accueillir cette manifestation de la remise du Prix de la traduction de l’arabe vers le français et du français vers l’arabe que la Francophonie organise conjointement avec l’ALECSO. Ce prix porte les noms prestigieux de l’historien arabe visionnaire, Ibn Khaldoun, et du poète et Homme d’Etat sénégalais, Léopold Sedar Senghor.

Notre présence en ce moment et en ces lieux constitue la preuve probante de l’attachement des Emirats arabes unis au dialogue des cultures.

Je voudrais souligner, par la même occasion, la qualité de l’accueil que les autorités des Emirats Arabe Unis ont bien voulu me réserver avec toute la délégation qui m’accompagne. Je suis convaincu que cette marque de sollicitude contribuera au renforcement de nos liens
de coopération.

Je rends hommage aux autorités des Emirats Arabes Unis d’avoir apporté un concours déterminant à l’organisation de cette cérémonie, à l’occasion de la semaine francophone. Votre pays est reconnu comme le foyer d’une renaissance intellectuelle remarquable,
symbole d’ouverture culturelle sur le monde, vecteur de dialogue illustré par la présence en ces lieux d’institutions prestigieuses comme la représentation de l’Université de la Sorbonne, le Musée du Louvre et le Musée Guggenheim. J’apprécie tous les soins que vous avez mis
pour le succès de cette cérémonie.

Distingués invités,
Le Prix de la traduction Ibn Khaldoun et Léopold Sedar Senghor récompense les traducteurs et les traductrices de la langue arabe vers la langue française et de la langue française vers la langue arabe. Il souligne les efforts qu’ils déploient pour faire connaître les oeuvres en
sciences humaines dans les deux espaces linguistiques en vue d’un enrichissement mutuel des deux cultures et des deux langues.

Je remercie les éminentes personnalités qui composent le jury pour avoir réalisé avec minutie et objectivité ce travail délicat qui consiste à choisir ce premier lauréat.

Mesdames et Messieurs les membres du jury,

Je connais votre engagement pour la cause de nos deux organisations, celle de promouvoir le dialogue entre les cultures et les civilisations. Cet engagement converge avec la sagesse du Président du jury, le Dr Abdelwahed Bouhdiba, Président de l’Académie tunisienne des
sciences, des lettres et des arts, un homme de haute valeur humaine et scientifique.

Vous avez jeté votre dévolu sur la traduction de l’ouvrage remarquable du philosophe marocain, le Professeur Mohamed Abel Al Jabri dont le regard critique et épistémologique de l’ensemble de la culture arabo-islamique savante, suscite un débat positif dans la pensée et
la politique arabe contemporaine.

Le Prix récompense l’équipe du Centre de recherche et de coordination scientifiques (Cercos) de Tétouan au Maroc qui a choisi de traduire en français, sous la coordination du Professeur Ahmed Mahfoud, cet ouvrage de référence portant le titre significatif « La raison politique en Islam hier et aujourd’hui ».

Cette équipe, composée de chercheurs de qualité, a bien mérité l’attention du jury pour cette traduction écrite dans une très belle langue.

Le choix de traduire l’ouvrage d’Abed Al Jabri, porte les marques de cette préoccupation permanente de faire comprendre les apports culturels des deux mondes, le monde arabe et l’espace francophone.

Je demande au représentant de l’équipe lauréate de transmettre mes félicitations à tous ses membres, particulièrement au Professeur Ahmed Mahfoud, empêché pour des raisons de santé et au Professeur Boussif Ouasti, cet historien marocain qui a été d’un réel apport dans
cette oeuvre collective ainsi qu’à Monsieur Mohamed Zekraoui. La conjugaison de leurs souffles a apporté aux deux langues en dialogue, toute la saveur de l’écriture universelle. On a ainsi livré au public une oeuvre digne d’éloge pour cet apport substantiel à la promotion des
savoirs des deux espaces culturels et linguistiques.

Monsieur le représentant de l’équipe lauréate, je vous félicite et vous dis combien je partage votre bonheur de ce jour. C’est dire combien l’écriture pousse l’homme vers de nouveaux rivages souvent bien loin de nos chemins habituels. Elle nous ouvre de nouveaux horizons.
Voilà la formidable magie du texte qui demeure le lieu et le moyen le plus sûr pour forger les âmes qui animeront le monde de demain, riche de sa diversité culturelle et linguistique. Tout créateur d’oeuvre de l’esprit est non seulement notre mémoire, mais aussi et surtout la
sentinelle avancée du combat essentiel de nos langues communes. En vous engageant sur cette voie de l’écriture et de la recherche, vous savez que les connaissances que vous faites partager sont inestimables. Cet effort mérite d’être soutenu.

Grâce à cette initiative de l’OIF et de l’ALECSO, nous scellons désormais la coopération entre le monde arabe et l’espace francophone. Car, la promotion du dialogue des cultures et des civilisations est au coeur des préoccupations de nos deux organisations.

Je voudrais profiter de cette première cérémonie de ce prix pour souligner le travail incomparable du Directeur général de l’Alecso, Monsieur Mongi Bousnina. Sa grande ouverture d’esprit, son habileté au dialogue et sa croyance profonde au mécanisme de la coopération en font un allié précieux pour créer des solidarités concrètes et je tenais à lui rendre cet hommage.

Mesdames, Messieurs,
L’équipe du Centre de recherche et de coordination qui entre aujourd’hui dans le palmarès du Prix de la traduction Ibn Khaldoun et Léopold Sedar Senghor, nous a livré cette oeuvre. A nous de savoir bénéficier de cette moisson qui illustre la diversité culturelle et son
acceptation. C’est pourquoi, je vous invite à vous approcher de cette oeuvre dans laquelle tout lecteur avisé trouvera matière à réflexion. Lire cet ouvrage constitue sans conteste la meilleure récompense que nous puissions offrir à son auteur et à ses traducteurs.

Je vous remercie.

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