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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - AJACCIO, LE 27 MARS 2010

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie lors de l’ Assemblée générale de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF)

Certains pourraient se demander : quels liens y a-t-il entre la Francophonie et le transport aérien ?

Je répondrais spontanément : beaucoup, et j’ajouterais aussitôt des liens profonds et durables, et sans doute appelés à se développer.

Le lien premier, celui qui fait que nous regardons, me semble-t-il, dans la même direction, réside dans le qualificatif « francophone » qu’affiche avec fierté, depuis 60 ans, votre Association.

C’est dire, Monsieur le Président, Cher Nabil Chettaoui, que je n’ai pas hésité un seul instant à répondre à votre invitation, qui m’honore autant qu’elle me ravit. Et puis il y a la Corse, l’île de Beauté, que j’aurais spontanément envie d’orthographier au pluriel, tant votre terre, Monsieur le Vice-président Pierre-Philippe Ceccaldi, recèle de trésors. Je voudrais aussi saluer le Président Spinetta que j’ai grand plaisir à revoir, ici, ce soir.

Nous avons célébré, le 20 mars dernier à Paris, les quarante ans de la Francophonie, l’occasion, bien sûr, de rendre hommage aux Pères fondateurs Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori, Habib Bourguiba, Norodom Sihanouk, mais de rendre hommage, également, aux militants, aux hommes de bonne volonté, qui avaient préparé, bien en amont, l’éclosion de cette idée qui reste, en 2010 encore, une idée neuve, et je le revendique haut et fort !

La Francophonie institutionnelle et la francophonie associative n’ont cessé depuis lors de marcher l’amble !

Bien plus, si la Francophonie a pu, au fil de ces années, se renforcer, s’imposer et essaimer, c’est bien grâce à la galaxie d’institutions, d’associations, de structures qui se déploient bien au-delà de l’espace des 70 États et gouvernements qui ont choisi, spontanément, de rallier notre mouvement.

Votre association est totalement partie prenante de cette galaxie. Elle participe, vous participez toutes et tous, à cette dynamique qui fait tout à la fois, la créativité, l’originalité, la modernité de la Francophonie. Et je tenais, ce soir, à vous en remercier.

Ce 20 mars 2010, je le disais, aura été l’occasion de revenir aux sources, mais il aura été, surtout, l’occasion d’embrasser résolument l’avenir, un avenir que nous devons affronter et construire ensemble.

Un avenir placé sous le signe du nomadisme : nomadisme des hommes, des idées, des cultures, nomadisme des marchandises, des biens, des services.

Vous êtes, à cet égard, des acteurs-clés, du développement de l’économie, du commerce, des technologies, du tourisme. Vous êtes des acteurs clés, en matière de circulation des hommes, de mise en contact des cultures. C’est là tout à la fois une haute responsabilité, et un défi permanent.

Mais j’ai la conviction que vous avez un rôle à jouer qui dépasse, qui transcende le cadre de vos activités professionnelles.

Si vous avez choisi de vous retrouver entre francophones, non pas comme les membres d’un cercle fermé, mais avec la conscience aigue que partager une langue, c’est aussi partager des valeurs, c’est parce que, comme nous, vous ne voulez pas d’un avenir qui acterait et laisserait se développer les dérives de la mondialisation. Une mondialisation, certes riche de promesses et de potentialités, mais qui, pour l’heure, accroît les inégalités de tous ordres, consacre la loi du plus fort, sert les profits de quelques uns au détriment du bien être de tous, érige les intérêts stratégiques en projets politiques.

Alors, même si j’ai bien conscience que vous êtes, les uns et les autres, placés dans une logique de concurrence, même si j’ai bien conscience que vous devez prioritairement promouvoir le développement de vos entreprises et surmonter les difficultés liées à la crise économique mondiale, je reste persuadé que vous êtes en mesure de développer et de renforcer certaines dynamiques positives déjà à l’œuvre.

Qu’il s’agisse de préserver et de valoriser ce capital, cet atout irremplaçable que constituent une langue et une culture juridique et administrative souvent partagée. Je regrette, à cet égard, que dans le monde des entreprises, l’uniformisation linguistique tende à s’imposer. Nous savons trop que cette uniformisation est en réalité un appauvrissement. Je sais que vous en êtes conscients, et que l’ATAF restera fortement mobilisée en faveur du rayonnement du français dans le monde des entreprises et dans celui des instances internationales spécialisées dans le transport aérien.

Qu’il s’agisse de la solidarité francophone qui vous permet de renforcer vos liens en matière de transfert de technologie, de formation ou d’emploi. Vous avez, dans ce domaine, multiplié de remarquables projets : l’Institut africain de formation aux métiers de l’aérien à Bamako, le Centre d’assistance informatique à Libreville, la RAM Académie à Casablanca, l’ATCT pour la formation des pilotes à Tunis, les filiales de la SERVAIR qui développent l’emploi local…Et puis l’ASECNA, que j’ai toujours considéré comme un des plus remarquables exemples de coopération régionale en Afrique francophone et qui apporte tant à nos pays. Enfin, je dois également mentionner le Groupe Accor, votre partenaire commercial qui déploie avec dynamisme ses capacités d’accueil dans les pays que vous desservez.

Aujourd’hui, et plus que jamais, je vous encourage à amplifier cette coopération et à constituer un modèle, une référence de l’exemplarité francophone.

Je vous encourage, en particulier, à renforcer votre association en l’élargissant à d’autres partenaires francophones qui seraient susceptibles de participer utilement à vos efforts : je pense, sans les citer tous, aux Canadiens, aux Égyptiens, aux Roumains, aux Vietnamiens et à tous ceux qui, ces dernières années, ont rejoint l’OIF.

Et puis je ne vous surprendrai pas en insistant pour que, au nom de la solidarité francophone, vous accordiez une attention toute particulière au continent africain, qui souffre dramatiquement de rester le parent pauvre du transport aérien, ce qui constitue un handicap majeur pour son développement, pour le renforcement nécessaire des échanges interafricains, pour son désenclavement et sa capacité à occuper la place qui doit lui revenir dans un monde plus solidaire.

Si j’ai tenu à être parmi vous ce soir, c’est pour saluer votre action et vous assurer de ma pleine disponibilité et de celle de l’OIF pour vous accompagner dans vos efforts, c’est aussi pour que nous continuions à regarder et à agir dans la même direction.

Je voudrais donc vous inviter, pour conclure, à faire nôtre cette belle formule de l’aviateur célèbre, et du passeur d’idéal que fut Saint-Exupéry : « Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions arrivent. »

Je vous remercie.

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