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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - BUCAREST, LE 20 MARS 2006

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie à l’occasion du Concert des 20 ans des Sommets francophones à Bucarest (Roumanie).

Laissez-moi vous dire, Mesdames et Messieurs, Chers Amis, toute mon émotion de vous voir rassemblés ici ce soir pour célébrer la Francophonie. Je sens bien que cette soirée, cette grande manifestation culturelle préparée pendant des mois, exprime avec beaucoup
de coeur, de plaisir, d’enthousiasme, un attachement profond et sincère de la Roumanie à la Francophonie. Cet attachement dure depuis plus de quatre siècles. Il est devenu si fort qu’il a surmonté les épreuves les plus douloureuses, qu’il a résisté aux bouleversements
qui ont si profondément marqué cette partie de l’Europe. Il marque à jamais l’histoire de la Roumanie. Il a permis à la Roumanie de déployer ses talents, ceux de ses brillants créateurs, penseurs, artistes et même sportifs au-delà de ses territoires, et dans bien des pays de l’espace francophone, où ils ont été aimés et admirés. Ce soir, comme tous les francophones du monde entier, je suis fier de la Roumanie, je suis fier du peuple roumain, de son engagement pour la liberté et la modernité, de sa volonté déterminée de participer activement à ce combat fondamental pour le monde entier qu’est la construction européenne, et de le faire avec cette admirable fidélité à la Francophonie. Merci de faire vivre la Francophonie avec autant de conviction dans votre si
beau pays. Merci de lui donner une place de choix dans vos grands desseins nationaux et internationaux.

Nous savions depuis longtemps, et en particulier depuis votre adhésion comme membre observateur dès 1991, et comme membre à part entière de la Francophonie à partir de 1993, quelle était la valeur de votre participation à nos activités, quelle était la qualité de
votre contribution à l’ambition francophone. Mais vous avez encore brillamment franchi une étape en cette année 2006 en organisant une impressionnante série de grands rendez-vous francophones, jusqu’au Sommet qui nous réunira à Bucarest en septembre prochain, et qui viendra, comme une apothéose, couronner vos efforts.

Vous avez accueilli le 20 septembre dernier l’Orchestre national de France, sous la baguette du Chef polonais Kurt Masur, premier événement culturel de cette Année de la Francophonie en Roumanie. Vous vous êtes pleinement associés aux manifestations du
Festival francophone en France. Vous avez voulu donner de l’éclat et du sens à la Journée internationale de la Francophonie de cette année 2006 avec cette grande soirée et les Etats généraux de la Francophonie en Roumanie que nous ouvrirons demain, et qui rassembleront pendant plusieurs jours toutes les forces vives francophones et francophiles du pays, en partenariat avec la France et son Ambassade que je tiens à
féliciter, et avec notre Organisation.

Je n’irai pas jusqu’à penser que avez cherché à nous impressionner. Mais je vous dis quand même ce soir, que vous y êtes parvenus ! C’est vers vous, c’est vers la Roumanie que tous les regards du monde francophone sont tournés aujourd’hui. Vous nous donnez
à tous un magnifique exemple. Vous me donnez à moi une motivation encore plus forte pour redoubler nos efforts en faveur de la langue française, de la diversité culturelle et linguistique, de notre conception de la paix, de la démocratie, des droits de l’Homme, de la
solidarité, dans cette Europe complexe, difficile, mais si riche de sa diversité, si porteuse d’espoir pour le monde entier.

Oui, je le dis avec une certaine solennité, même si ce soir c’est dans une ambiance festive que nous sommes rassemblés : l’année 2006 est importante pour la Francophonie parce qu’elle est importante pour la Roumanie. Nous avons besoin d’une entrée réussie et fructueuse de votre pays dans l’Union Européenne. Nous avons besoin d’une Roumanie vivante, active, créative et militante de la Francophonie dans l’Union Européenne. Vous êtes dans cette Europe un pilier, une référence pour notre langue française et pour les actions que mène notre Organisation. L’OIF compte actuellement 11 États membres de
l’Union européenne et bientôt 13, et pas moins de 21 de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Avec la Roumanie, et ses voisins membres de notre organisation, membres ou proches de l’Union européenne, on mesure l’importance de la dimension européenne de la Francophonie. On mesure aussi la difficulté de ce défi européen pour nous tous et l’immense responsabilité qui vous revient pour le relever.

Quoiqu’il en soit, votre vision du monde ne s’arrête pas aux frontières de cette Europe. Vous vous êtes attachés à montrer le sens de votre solidarité francophone et votre goût pour l’universalisme, en donnant votre marque à la célébration de l’Année Senghor et à ce qu’il représente pour nous tous. Vous savez combien j’y suis sensible. Vous avez eu la gentillesse de m’associer cet après-midi au lancement de l’émission d’un timbre à l’effigie de notre père fondateur qui enrichit heureusement la collection de la vingtaine de timbres déjà émis pour l’occasion par nos pays. Ce concert ce soir lui est dédié. En célébrant le
vingtième anniversaire des Sommets, il rend hommage à son combat pour que notre communauté, avec sa langue et ses valeurs, avec la vision prémonitoire du besoin vital d’échange et de partage dans le respect des identités qu’il nous lègue, que notre communauté se structure, s’institutionnalise pour mieux occuper la place qui lui revient
dans le monde aujourd’hui.

En rassemblant ici, au coeur de l’Europe centrale et orientale tous ces talentueux artistes venus des quatre coins du monde francophone, c’est encore le message de Léopold Sédar Senghor qui s’exprime, celui de la primauté de la culture qui donne du sens à la politique ou à l’économie, celui de la fraternité et de la dignité humaine, celui de l’aspiration à cet « humanisme intégral qui se tisse autour de la Terre ».

J’évoquais il y a un instant mon émotion et ma fierté. Je veux vous dire ma reconnaissance pour ce moment de joie, et adresser mes plus vives félicitations à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette manifestation : A l’équipe de l’OIF et du Commissariat à l’Année Senghor, à Son Excellence Mihai Ungureanu, votre Ministre des
Affaires étrangères, à Son Excellence Christian Preda, Secrétaire d’État à la Francophonie et ses collaborateurs. Merci à toutes et à tous d’être présents, et merci et bravo aux artistes pour ce grand plaisir qu’ils vont nous procurer.

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