Organisation internationale de la Francophonie

  • Lettre d’information
  • English

DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE, LE 17 JANVIER 2007

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie à l’occasion du 40e anniversaire de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à Châlons-en-Champagne (France)

Je suis tout à la fois heureux et honoré d’être parmi vous, ici, ce matin. Qu’il me soit permis, à cet égard, de remercier Monsieur le Député-Maire, Bruno Bourg-Broc, pour son accueil chaleureux dans cette belle ville de Châlons-en-Champagne. Nous saluons, en Bruno Bourg-Broc, un avocat inlassable et inspiré de la cause francophone, en France et
hors de France.

Si j’ai tenu à être à vos côtés aujourd’hui, c’est parce que cette réunion de votre Bureau – la première de l’année 2007 -, revêt un caractère tout particulier à mes yeux. Et ce pour plus plusieurs raisons. La première est que nous sommes à quelques semaines du Sommet de la Francophonie, qui constitue toujours un temps fort pour la réflexion et
l’action de notre organisation.

Mais il est une autre raison, toute personnelle, celle-là. L’année 2007 marque, en effet, le 40ème anniversaire de la création, à Luxembourg, de l’Association internationale des parlementaires de langue française. Et je tenais à être l’un des premiers à rendre hommage à votre action, et à vous dire tout ce que vous représentez pour la Francophonie, tout ce que la Francophonie vous doit, tout ce que je vous dois. J’ai pu à
maintes reprises, dans la conduite de mon action politique et diplomatique, m’appuyer sur les hautes compétences de votre Assemblée. Et je veux, une nouvelle fois, vous en remercier très sincèrement.

Croyez bien qu’il ne s’agit pas, dans mon esprit, de propos convenus. Il suffit de porter son regard sur les quarante années écoulées pour mesurer le rôle toujours plus important qui est le vôtre.

Véritables pionniers de l’aventure francophone, vous avez su donner corps à cette aspiration nourrie, dès 1966, par le Président Senghor, de « réunir, dans une association interparlementaire, les parlements de tous les pays où l’on parle le français. »

Vous avez épousé, les devançant souvent, les évolutions qui ont scandé la montée en puissance de la Francophonie.

Vous vous êtes, dans un parfait mouvement de synchronisme, transformés et renforcés au fil des réformes, sans jamais renier l’esprit qui vous anime.

Vous êtes et vous restez, en surplomb de notre organisation intergouvernementale, l’incarnation des parlements, le relais, le trait d’union, - bien plus- le trait de communion entre la Francophonie et ses peuples.

En cela, vous garantissez le fonctionnement démocratique de notre institution. Et vous m’autoriserez à penser que l’indépendance de parole et la liberté de ton que cela vous confère deviennent, du même coup, celles de la Francophonie toute entière.

En cela, vous consacrez, également, la modernité de notre organisation. Nous savons, bien, en effet, que sous l’impact de la mondialisation, les lieux de pouvoir tendent à se déplacer à un niveau supranational, mettant à mal les démocraties nationales, et la participation des citoyens aux décisions qui engagent pourtant leur avenir. Et je suis
convaincu que, dans ce contexte, les coopérations interparlementaires sont appelées à devenir une des clés de voûte de cette nécessaire démocratie mondiale qui peine à s’instaurer.

J’en veux pour preuve le renforcement de votre rôle politique, au fil de ces quarante années, et singulièrement depuis le Symposium de Bamako, qui a constitué une étape décisive dans l’avènement d’une Francophonie politique et diplomatique.

Vous êtes non seulement une aide à la décision, à travers les Avis et recommandations que vous transmettez à l’OIF, mais aussi une aide à la réflexion. Disant cela, je pense, notamment, à la contribution déterminante qui a été la vôtre dans l’établissement des
modalités de mise en oeuvre de la Déclaration de Bamako. Je pense aussi à la part active que vous prenez dans notre engagement en faveur du respect et de la promotion de la diversité culturelle.

Vous êtes, surtout, une aide à l’action dans notre combat commun au service de la démocratie, des droits de l’Homme et de la paix. A cet égard, je voudrais m’arrêter quelques instants, pour le saluer, sur l’état d’esprit dans lequel vous oeuvrez, parce qu’il me paraît emblématique du comportement exemplaire qui doit être le nôtre en la matière. Ce
comportement, je le qualifierais d’exigeant, d’indépendant, de solidaire.

C’est bien d’exigence qu’il s’agit lorsque vous prenez des sanctions contre les pays dont l’ordre constitutionnel a été renversé. C’est bien d’exigence qu’il s’agit lorsque vous refusez de reconnaître les organes du pouvoir législatif non issus d’élections libres et transparentes.
C’est bien d’exigence qu’il s’agit lorsque vous décidez de suspendre ceux de vos membres qui se sont rendus coupables de violations graves des droits de l’Homme. Et cette exigence engage la crédibilité de la Francophonie toute entière. Tout comme l’indépendance que
vous revendiquez dans la conduite des missions d’information et de contacts ou d’observation électorale, auxquelles vous êtes légitimement associés.

Mais cette exigence, cette indépendance, si indispensables soient-elles, ne sauraient suffire, sous peine de réduire notre rôle à celui de « donneurs de leçons ». Ce serait alors aller à l’encontre de l’esprit de solidarité qui est au fondement de toutes nos actions. Car les
sanctions ne sont, en dernier ressort, que la manifestation douloureuse d’un échec et d’une carence, l’échec de la prévention, la carence de l’accompagnement des pays en crise, ouen sortie de crise.
Nous devons être présents à toutes ces étapes ! Et vous l’êtes !
Le maillage privilégié que constitue vos sections réparties sur l’ensemble de l’espace francophone, et même au-delà, vous confère la capacité de lancer des alertes précoces, de suivre les crises quand elles éclatent, d’aider à leur résolution. Et vous exploitez au mieux cette capacité, pour notre bénéfice à tous.

Qu’il s’agisse de votre contribution à la réalisation de la fonction d’observation et d’évaluation permanentes des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés. Vos parlementaires sont devenus des experts en la matière. J’en veux pour preuve l’excellent
rapport sur le suivi de Bamako que vous m’avez transmis en 2005.
Qu’il s’agisse de l’appui que vous apportez aux pays en transition dans le cadre des missions de facilitation, d’information ou de contacts.

Qu’il s’agisse de votre rôle de conseil et de catalyseur des coopérations propres à renforcer durablement les capacités des nouvelles Assemblées, au terme des élections destinées à parachever ces processus de sortie de crise et de consolidation de la paix. Je pense à votre action en République centrafricaine, aux Comores, en Haïti, et bientôt en Mauritanie, j’en suis convaincu. Car c’est là un champ prometteur du déploiement de vos activités, auquel j’attache le plus haut intérêt.

Je veux, enfin, évoquer, au nom de cette solidarité, le soutien que vous apportez aux Assemblées dans les domaines de l’initiation des élus à la fonction parlementaire, de la formation des fonctionnaires d’assemblée et de l’informatisation des procédures législatives.

C’est de tout cela que je voulais vous remercier, et vous féliciter aujourd’hui ! Et vous comprendrez que je veuille associer à cet hommage tous ceux qui ont contribué, au cours de ces quarante ans, à faire de l’Assemblée parlementaire le porte étendard de la
démocratie en Francophonie !

Mes pensées vont tout naturellement vers les différents présidents qui ont servi votre Assemblée, mais aussi vers ces deux Secrétaires généraux parlementaires talentueux qu’ont été Xavier Deniau et André Delehedde. Ils ont trouvé en notre ami, le Sénateur Jacques Legendre, un remarquable successeur, qui a su perpétuer l’esprit de la première
heure tout en relevant les défis de la modernité.

Je souhaiterais, en terminant, dire toute ma reconnaissance et ma gratitude au Président Bernard Patry, pour son engagement sans faille dans l’action politique de la Francophonie, un engagement que vous avez choisi d’honorer, comme il se doit, en lui décernant, aujourd’hui, l’Ordre de la Pléiade. Toutes mes félicitations, Monsieur le Président !
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
« Ce sont les élus du peuple qui poussent les gouvernements à aller de l’avant » disait Léopold Sédar Senghor. Vous en êtes la preuve éclatante ! Puissiez-vous nous aiguillonner dans cette voie pour les quarante ans à venir !

Documents à télécharger

Haut de page

COORDONNÉES


© 2013 Organisation internationale de la Francophonie
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.     En savoir plus...Fermer