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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - LAUSANNE (SUISSE), LE 4 JUIN 2010 (ETATS GÉNÉRAUX DU FRANÇAIS)

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie lors des Etats généraux du français

Ici à l’Université de Lausanne, dans ce haut lieu où souffle l’esprit, ici dans cette vieille institution enracinée au plus profond d’une cité au carrefour de la culture, du sport, de l’économie et de la formation, après l’honneur qui vient de m’y être fait, il m’est particulièrement agréable d’y procéder au lancement des États généraux du français en Francophonie.

Mais qu’il me soit permis, avant toute autre parole, de remercier l’ensemble des organisateurs de cette importante rencontre qui est une perle dans le chapelet des 12 colloques et autres événements culturels qui jalonnent la belle route qui nous conduit au XIIIe Sommet des chefs d’États et de gouvernement ayant le français en partage, Sommet qui se tiendra à l’automne prochain, à Montreux, dans cette belle et accueillante Suisse, si chère à mon cœur, je l’ai dit tout à l’heure.

Qu’il me soit également permis de saluer la grande mobilisation de la société civile suisse, une mobilisation qui, je n’en doute pas, permettra à un large public d’être sensibilisé aux questions qui seront abordées lors du Sommet de Montreux.

Je voudrais aussi saluer la mobilisation des milieux académiques suisses et en particulier celle des universités romandes qui, sous le pilotage de Monsieur Laurent Gajo, membre du Conseil scientifique de l’Agence universitaire de la Francophonie, accueillent et soutiennent ces États généraux.

Or donc, Mesdames et Messieurs, en route vers le Château de Chillon où seront clôturés vos États généraux, vous voici ici réunis autour d’une langue qui relie des hommes et des femmes vivant aux quatre coins du monde, sous des latitudes diverses, dans des cultures diverses et souvent différentes. Nous sommes ici réunis, sous la bonne étoile d’une langue qui est cet instrument essentiel qui, par delà nos différences, nous relie les uns aux autres en nous permettant de communiquer et de vivre ensemble.

Mesdames et Messieurs, élément majeur de l’aventure humaine, la langue nous permet d’appréhender le monde, d’en percevoir le sens en même temps qu’elle nous donne aussi le moyen d’y jouer un rôle citoyen. Et d’ailleurs, dès lors que nous avons ainsi perçu la langue dans quelques-unes de ses fonctions essentielles, il nous est alors aisé de comprendre le respect qui lui est dû, qui est dû à toutes les langues du monde, tout comme la nécessité des actions destinées à les protéger.

La Francophonie, c’est donc cette langue française que nous avons en partage, une langue en situation et en mouvement, une langue face aux défis des temps modernes, dans un monde en perpétuel mouvement, une langue vers laquelle convergent de nombreuses questions auxquelles vos États généraux tenteront d’apporter les réponses qui lui donneront la force de regarder demain, pour utiliser la belle formule du grand poète et homme politique martiniquais, Aimé Césaire.

Mais Mesdames et Messieurs, où mieux qu’ici pourrait-on s’interroger sur les langues ? Où ailleurs mieux qu’ici, dans cette Suisse, terre multiculturelle au carrefour de l’allemand, du français, de l’italien et du romanche, ses quatre langues nationales et officielles, où mieux qu’ici, pourrait-on évoquer l’importance qui s’attache aux langues ?

Pour ma part, ici et maintenant, je voudrais juste rappeler que la langue qui nous réunit ce matin, est l’une des dix langues les plus parlées sur les quelques 2 000 langues du monde. Elle est parlée partout, sur tous les continents. Elle est, avec l’anglais, la seule langue enseignée dans tous les pays du monde.

Instrument de communication internationale, elle est langue officielle et langue de travail dans les organisations les plus importantes, et d’abord aux Nations unies.

Mesdames et Messieurs, vous en conviendrez avec moi, l’influence d’une langue ne se mesure pas au seul langage des chiffres. La langue est à la fois le véhicule de la pensée et le reflet des cultures et à cet égard, la Francophonie peut être fière du combat qu’elle mène en faveur de la diversité culturelle et linguistique.

Parce qu’elle refuse l’impérium d’une langue unique, parce qu’elle se bat contre un monolinguisme porteur d’un appauvrissement culturel certain, l’influence intellectuelle de notre langue française dans le monde reste très importante.

Mesdames et Messieurs, je ne saurais terminer sans saluer la parution aux Editions Suzanne Hurter de Traversées francophones, ouvrage collectif dirigé par Katia Malausséna et Gérard Sznicer de la Faculté des Lettres de l’Université de Genève, un ouvrage qui fera l’objet d’une présentation ici même à l’occasion des États généraux du français en Francophonie.

Par la diversité de ses thématiques et la polyphonie des voix qui y résonnent, cet ouvrage reflète et exprime notre Francophonie, je veux dire cette autre belle manière de lire un monde à la fois un et multiple.

C’est cela, c’est bien cela, qui faisait dire à Léopold Sédar Senghor que la Francophonie c’est cet humanisme qui se tisse autour de la terre : cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents et de toutes les races qui se réveillent à leur chaleur complémentaire.

Mesdames et Messieurs, je déclare ouverts les travaux des États généraux du français en Francophonie et vous remercie de votre aimable attention.

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