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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - LYON, LE 19 MARS 2008

Allocution prononcée par le Secrétaire général de la Francophonie à l’occasion de l’inauguration de la Maison de la Francophonie à Lyon (France), le 19 mars 2008

J’ai bien conscience de vivre, aujourd’hui, ici à Lyon, un événement hautement symbolique. C’est pourquoi, malgré les diverses manifestations qui entourent la célébration du 20 mars,
cette année encore, j’ai répondu sans hésiter à l’invitation de Monsieur Christian Philip, Représentant personnel du Président de la République française au Conseil permanent de la Francophonie, heureux de pouvoir inaugurer, à vos côtés, cette première Maison de la Francophonie. Et je tenais, ici, à l’en remercier vivement, d’autant plus que je reviens toujours avec un plaisir renouvelé dans cette magnifique ville de Lyon que j’ai visitée à maintes reprises, et que j’apprécie tout particulièrement.

Il faut dire que cette ville a tout pour séduire : située au coeur de la France et de l’Europe, Lyon, cité historique, cité culturelle, cité carrefour, constitue un lieu privilégié de rencontres, de dialogue et d’échanges entre le Nord et le Sud. C’est dire que beaucoup de choses nous
rapprochent.
« Lieu d’ouverture, de dialogue et d’échanges », cette définition rendrait parfaitement compte, en effet, de ce qu’est profondément la Francophonie.

J’ajouterais aussitôt qu’elle est, aussi, un lieu de solidarité, dans la mesure où notre organisation compte parmi ses membres quelques uns des pays les plus riches, mais aussi plusieurs Etats parmi les plus
pauvres de la planète. La solidarité se doit donc d’être le maître mot de toutes nos missions, qu’il s’agisse de nos actions en faveur de l’éducation, de la formation, de l’enseignement
supérieur et de la recherche, qu’il s’agisse de nos actions en faveur de la démocratie, des droits de l’Homme et de la paix, qu’il s’agisse de nos actions en faveur du développement durable.

Je n’oublie pas cette autre mission essentielle qu’est la promotion de la langue française et plus largement de la diversité culturelle et linguistique. Cet enjeu n’est pas seulement culturel. Il est aussi économique et politique, et porte en lui-même une certaine vision de l’Homme et du Monde pour les générations présentes et à venir.

C’est dire que la Francophonie, n’entend pas vivre cette diversité, qui la caractérise au plus haut point, repliée sur son espace, mais qu’elle veut la partager avec le reste du monde.

C’est tout le sens de notre engagement et de notre mobilisation en faveur de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée à l’UNESCO en octobre 2005. Nous avons été aux avant-postes de ce combat pour que
l’égale dignité de toutes les cultures soit reconnue, pour que la culture ne soit pas reléguée au rang de marchandise, pour que chaque peuple et chaque nation puisse continuer à exprimer et faire partager son génie propre dans un dialogue enrichissant pour tous, dans un
dialogue synonyme de progrès, de démocratie et de paix.

La diversité culturelle est bien entendu indissociable de la diversité linguistique. Et de la même manière que nous voulons vivre, avec le reste du monde, l’épanouissement de toutes les cultures, nous entendons militer en faveur du rayonnement de toutes les langues. Et c’est bien dans cet esprit de revendication du droit au multilinguisme qu’il faut comprendre notre engagement pour le respect de la langue française dans les organisations internationales, aux Jeux olympiques ou dans le mouvement sportif international. C’est dans cet esprit, aussi,
qu’il faut comprendre notre volonté de tisser des liens étroits avec les autres grandes aires linguistiques : hispanophones, lusophones, latines, arabophones, et anglophones.

A la lumière de ces valeurs qui nous rapprochent, il n’est, dès lors, rien d’étonnant à ce que la Ville de Lyon et sa Région se soient résolument engagées en faveur de la Francophonie, et ce depuis quelques années déjà.

Je pense, notamment, à la création au sein de l’Université Jean Moulin, sous l’impulsion du Professeur Michel Guillou, de « l’Institut pour l’Etude de la Francophonie et de la Mondialisation », à la création, également, de la première Chaire Senghor de la Francophonie. Neuf autres Chaires ont vu le jour depuis, en Alexandrie, à Bucarest, Beyrouth, Cluj, Hanoi, Maurice, Montréal, Ouagadougou, et Yaoundé.

C’est dire que je me réjouis vivement de la signature, cet après-midi, d’une convention-cadre entre l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Université Jean Moulin à laquelle me lie affectueusement, je ne l’oublie pas, un Doctorat Honoris Causa, et qui nous permettra de renforcer, pour notre bénéfice à tous, notre partenariat avec l’Institut Iframond.

Il faut aussi rappeler que c’est encore à Lyon, à l’initiative de la Région Rhône-Alpes, que se sont réunies, pour la première fois, en 2002, les Régions francophones du monde. De cette rencontre est née l’Association internationale des Régions francophones, une organisation
forte de 118 régions membres, un acteur efficace de la coopération décentralisée francophone.

C’est dans ce contexte d’une forte mobilisation de la Ville de Lyon et de toute sa Région en faveur de la Francophonie, que vient s’inscrire l’événement qui nous rassemble aujourd’hui.
Je voudrais, à cet égard, adresser mes chaleureuses félicitations à tous les partenaires qui ont permis à ce très beau projet de voir le jour : la Ville de Lyon, le Conseil général du Rhône, le Conseil régional, la Chambre de commerce et d’industrie, l’Alliance française, le Centre
Jacques Cartier et l’AIRF.

La Francophonie n’est pas seulement l’affaire des Sommets, comme on le dit trop souvent. Tous nos programmes sont d’abord là pour répondre aux attentes et aux besoins des citoyens de nos pays membres. Et j’invite les « franco-sceptiques » à prendre connaissance
de nos réalisations, à parcourir l’espace de nos 68 Etats et gouvernements. Ils feraient alors le constat, à n’en pas douter, que la Francophonie est d’abord l’affaire des populations
francophones, et qu’elle a beaucoup à apporter, à tous, au grand « rendez-vous du donner et du recevoir ».

Des lieux tels que celui que nous inaugurons, aujourd’hui, et qui dans l’esprit, rejoint notre vaste Réseau de Centres de lecture et d’animation culturelle, implantés dans les zones rurales de 18 pays du Sud, ou encore notre projet de création, avec l’Association internationale des Maires francophones, de Maisons du savoir à destination des jeunes en
milieu urbain, des lieux tels que celui-ci, nous montrent à quel point il est essentiel pour les 200 millions de Francophones, présents sur les cinq continents, de disposer d’espaces où ils puissent entendre battre le coeur de la Francophonie, d’espaces où ils puissent découvrir,
lire, écouter, chanter l’immense richesse et l’extrême diversité des créations en langue française, d’espaces où ils puissent partager ces valeurs de tolérance, de respect et de
solidarité qui nous unissent.

Il est essentiel, pour la Francophonie et pour les Français, que de tels espaces, de tels lieux d’accueil et d’échanges, existent également en France. C’est dire que je me réjouis vivement, en cette veille du 20 mars, en cette veille de la Journée internationale de la Francophonie, qui
sera au coeur de millions de Francophones, de voir la Francophonie s’installer au coeur de Lyon, s’installer au coeur de la France ! Et je forme le voeu, en terminant, que beaucoup d’autres Maisons voient le jour, un peu partout dans l’Hexagone.

Je vous remercie.

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