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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - PARIS (FRANCE), 3 MAI 2010

Discours prononcé par le Secrétaire général de la Francophonie lors de la remise du Prix Albert Londres 2010 à la Maison des journalistes

Mes premiers remerciements veulent aller vers vous, Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication, Cher Frédéric Mitterrand, et vers vous, Monsieur le Maire de Paris et Président de l’AIMF, Cher Bertrand Delanoë, pour l’intérêt fidèle et toujours renouvelé que vous portez à la Francophonie.
Mes remerciements s’adressent également à la Présidente Josette Alia. Je voudrais, Chère Madame, en votre personne, féliciter tous les membres du jury pour avoir su garder, intacte, la flamme qui animait Albert Londres.

Je suis heureux et fier d’être parmi vous aujourd’hui, heureux et fier que la Francophonie ait choisi de soutenir, depuis trois ans, le Prix Albert Londres. Notre vœu le plus ardent, en effet, est d’offrir à ce prix le rayonnement qu’il mérite dans tout l’espace francophone, parce que les valeurs défendues par votre illustre parrain et que vous perpétuez de si belle manière, sont précisément celles qui nous guident au quotidien.

Cette distinction vient, certes, d’abord consacrer le talent journalistique, mais je sais aussi, pour avoir parcouru la liste des prestigieux lauréats des précédentes éditions, que nombre d’entre eux ont parfois été contraints, dans l’exercice de leur métier, de braver les interdits, au nom de la liberté d’informer.

Si vous, comme nous, êtes attachés à un journalisme de qualité, et vous le prouvez cette année encore, il faut dire et redire, aussi, singulièrement en cette Journée mondiale de la liberté de la presse, qu’une presse de qualité ne peut germer que sur le terrain fertile de la démocratie et de la liberté d’informer. Bien plus, elles se renforcent l’une l’autre.

Albert Londres, en son temps, s’est farouchement battu contre la censure, contre toute forme de propagande officielle, parce que « ce n’est pas en cachant ses plaies, disait-il, qu’on les guérit ».

Dénoncer pour progresser, tel fut, des années durant, son maître mot. Tel est l’enjeu qui demeure, aujourd’hui encore. Et il n’est pas, en la matière, de pays pauvres ou de pays riches.

Car si la liberté d’expression et d’opinion est, sous certaines latitudes, ouvertement bafouée, elle prend, dans d’autres lieux, la forme plus pernicieuse d’une marchandisation de la presse, de la disparition, année après année, de dizaines de titres, garants d’un véritable pluralisme d’idées, ou encore de pressions plus ou moins déguisées exercées par le pouvoir politique et économique.

Alors, après tant d’années, le combat d’Albert Londres reste malheureusement d’actualité. Et si j’ai tenu à être, parmi vous, aujourd’hui, c’est d’abord pour vous assurer que vos préoccupations, vos aspirations, vos revendications rejoignent totalement celles de la Francophonie dans son combat pour la diffusion et l’enracinement de la démocratie, des droits et des libertés, dans son combat pour un pluralisme culturel pacifiquement assumé, et dont on ne dira jamais assez combien la presse peut contribuer à son avènement.

Vous le voyez, ce n’est pas seulement l’existence ou le fonctionnement des démocraties qui est en jeu, mais plus largement un véritable projet de civilisation.

Puisse-t-il continuer à inspirer les lauréats de cette édition 2010 à qui j’adresse, par anticipation, mes plus vives félicitations, et tous ceux qui ont la tâche passionnante, mais aussi la responsabilité exigeante de toujours mieux informer.

Je vous remercie.

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