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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - PORT-AU-PRINCE, 13 OCTOBRE 2011

Discours prononcé par le Secrétaire général lors de la visite d’une école de la petite enfance à Port-au-Prince.

Je voudrais d’abord vous dire tout le plaisir que j’éprouve à me retrouver parmi vous aujourd’hui pour cette visite, entreprise ensemble, d’une école publique nationale.

Vous vous souviendrez que, au lendemain du séisme, en dégageant une contribution financière exceptionnelle dévolue à l’aide humanitaire et en appelant massivement à la mobilisation et aux dons, la Francophonie a été des toutes premières à rejoindre la communauté internationale pour tenter, aux côtés des Haïtiens, de répondre à l’urgence.

Mais, cette étape franchie, l’entreprise la plus pertinente en termes de développement durable passe nécessairement par la formation des hommes et des femmes, par l’éducation. Celle-ci est à coup sûr un investissement à effet durable dans l’espace et dans le temps. Nous espérons pouvoir vous aider à relever le défi de former, d’ici 2015, 15 000 maîtres et à refonder l’éducation et l’enseignement supérieur de votre pays.

Consciente de la solidité de cette approche, la Francophonie n’avait pas attendu le séisme pour s’investir dans la formation en Haïti.

Je pense au lancement, en 2007, d’un projet visant à l’amélioration des capacités des enseignants du primaire. Un projet qui a la particularité de prendre en compte les acquis cognitifs premiers de l’apprenant, en l’occurrence le créole, pour mieux enseigner la langue française en raison de la très grande parenté génétique entre le créole et le français. Il s’agit plus simplement de vous aider à instaurer un bilinguisme créole français.

Je pense au lancement, en 2009 également, de l’initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), conjointement mise en œuvre par l’OIF et l’AUF.

Malgré la catastrophe survenue en janvier 2010, et les conditions de travail particulièrement difficiles qui en ont découlé, les activités de la phase d’expérimentation d’IFADEM en Haïti ont pu se poursuivre par des actions très concrètes. Les espaces numériques d’IFADEM, aménagés aux Cayes et à Jacmel, inaugurés successivement en 2010 et 2011, seront désormais des lieux d’initiation des instituteurs aux TIC.

Et à ce jour, 419 enseignants ont participé au premier regroupement d’IFADEM en Haïti : 245 aux Cayes et 174 à Jacmel, soit 83,8% de l’effectif prévu au départ.

Le bilan de ce premier regroupement est positif, non seulement grâce à la présence massive des instituteurs, mais aussi grâce à l’engagement des formateurs et tuteurs, à la qualité de la coordination assurée par tous les partenaires et à l’intérêt renouvelé des autorités haïtiennes.

Mais j’en viens maintenant plus directement à ce qui nous amène en ces lieux, et à la justesse de la décision prise par le gouvernement haïtien d’accorder la priorité à ce maillon essentiel de la chaîne éducative qu’est le développement de la petite enfance. A cet égard, je tiens à saluer l’engagement permanent de l’UNICEF qui vise à préserver les droits de l’enfant et qui a accompagné à vos côtés la rentrée scolaire.

Nous avons voulu être à vos côtés. Et c’est ainsi que la Direction de l’Éducation et de la Formation de l’OIF a produit, conjointement avec le Ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, en collaboration avec les éditions Deschamps, un « guide du maître pour la Petite enfance en didactique convergente français/créole ». Cet outil pédagogique, adapté aux spécificités du créole haïtien, sera expérimenté pendant toute l’année scolaire 2011-2012. Ainsi, dans 100 écoles, retenues sur l’ensemble du territoire, les moniteurs et jardinières bénéficieront d’une formation et les enfants de 4 et 5 ans vont pouvoir disposer d’imagiers, de jeux de cartes bilingues qui les aideront à se familiariser avec le créole et le français.

Quel lieu plus propice que celui-ci, que cette école pilote et emblématique, pour saluer la pertinence de la décision que vous avez prise d’instaurer la gratuité de l’éducation en Haïti ? Je salue l’action exemplaire que vous avez entreprise afin de réintégrer, dès cette rentrée scolaire, près de 490 000 enfants exclus du système scolaire.

Pour vous, mieux qu’en un autre endroit, c’est ici même, proche des besoins exprimés par les Haïtiens, que je puis dire avec vous, Monsieur le Président de le République : « tout timoun dwe al lekol gratis rapid rapid ! »

Je voudrais vous dire, pour conclure, que l’OIF reste disponible pour accompagner Haïti dans la réalisation des objectifs de son Plan opérationnel 2010-2015 liés à la qualité de l’enseignement, à la gestion du système éducatif, à l’insertion socioéconomique des jeunes, à la recherche de l’équité dans l’offre des services éducatifs.

Vous le savez, l’OIF, l’APF, l’AUF, TV5, l’AIMF et l’Université Senghor d’Alexandrie se sont associées pour présenter aux autorités haïtiennes une offre francophone cohérente et significative fondée sur les besoins exprimés par les Haïtiens eux-mêmes. À ce titre, permettez-moi de vous dire, au nom du Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, que le Bureau régional travaille sans relâche avec la Conférence régionale des Recteurs, Présidents et Directeurs d’Institutions universitaires membres de l’AUF dans la Caraïbe (CORPUCA) à la reconstruction des universités d’Haïti.

Et je suis persuadé que les contacts permanents instaurés avec vos équipes et avec les autres partenaires multilatéraux, déboucheront sur des actions très concrètes et coordonnées pour le plus grand bénéfice de la jeunesse d’Haïti ainsi que de toutes les Haïtiennes et de tous les Haïtiens.

Je vous remercie.

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