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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF - SOA, LE 15 OCTOBRE 2005

Discours du Secrétaire général de la Francophonie lors de la Cérémonie de collation du titre de Docteur Honoris causa de l’Université de Yaoundé II à Soa (Cameroun).

Comment dissimuler les sentiments de joie et d’optimisme qui m’habitent à la faveur d’un séjour en terre camerounaise ? Ce pays constitue en effet par la vérité de l’histoire et l’ouverture sociale de ses ressortissants, une vitrine de la convivialité africaine et un
vecteur fécond de l’idée francophone, à savoir le partage des valeurs de différence, de solidarité, de communauté et de progrès à travers la langue française.

A cet égard, je voudrais, Monsieur le Recteur de l’Université de Yaoundé II à Soa, tout en vous remerciant pour vos propos hospitaliers et aimables, souligner la pérennité et la qualité des liens humains et institutionnels entre l’OIF et le Cameroun.

Il convient ici de rappeler que le Cameroun, Etat de tradition bilingue de par le legs colonial, s’est officiellement affilié à l’OIF en 1991 et se sera dès lors impliqué sans relâche dans la promotion des idéaux chers à notre organisation, une démarche dont les fruits les plus visibles furent entre autres :

- la cooptation de hauts responsables et d’éminents intellectuels au sein de l’appareil francophone. Vous en êtes, Monsieur le Recteur Jean Tabi Manga, en tant qu’ancien Directeur général de l’Education-Formation et ancien Directeur de l’Ecole internationale de Bordeaux, une parlante illustration,
- l’établissement de partenariats scientifiques avec les institutions universitaires camerounaises à l’instar de la création d’une Chaire Léopold Sédar Senghor baptisée « Francophonie et Mondialisation » à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC).

La vision du monde qui est celle de la Francophonie, bâtie autour de la foi en la diversité culturelle, du renforcement du dialogue des civilisations et de la croissance équitable des nations, trouve certainement au Cameroun un terreau privilégié d’expression, car votre
société, plurale puisque traversée par une multitude de courants ethniques, religieux ou linguistiques, a su rester pacifique, harmonieuse et exemplaire.

Mon souhait, dans cette optique, est de voir l’Université et le savoir mis au service de la préservation de cette forme de concorde en dépit des contrastes ou des divergences.

Sur un tel plan, la Francophonie, certes structurée à la base par la langue et l’identité française, se veut à l’oeuvre, un laboratoire d’expérimentation de la sauvegarde des patrimoines culturels distincts de ses composantes afin d’en faire une communauté soudée et fonctionnelle, un véhicule du principe multilatéral, un socle respectable et utile de l’universel contemporain.

La nécessité de la paix, l’impératif de son maintien, passent, cela va sans dire, par la permanence du dialogue entre les peuples et les Etats, par l’acceptation de la différence et par l’enrichissement que procure le contact des expériences réciproques.

Dans cette perspective, le spectacle offert par l’Afrique, continent déchiré par toutes sortes de conflits internes et de replis identitaires, est pour nous aujourd’hui une source de perplexité et d’inquiétude, tant la vocation naturelle de cet espace, d’âge en âge, aura été celle de la fusion et de la convergence.

L’esprit des pères fondateurs de la Francophonie, (Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori et Norodom Sihanouk), l’esprit de Niamey nous interpelle ! Il s’agit de convoquer les ressources propres du continent, de remettre au goût du jour ses réflexes et ses convictions profondes, son sens de la concertation, de la négociation et du pardon, dans le but d’apaiser les souffrances et les malheurs des populations. Le droit et la justice, ne nous y trompons point, ne produisent leurs effets bénéfiques que lorsqu’ils traduisent l’imaginaire et le vécu des peuples. L’approche coutumière, l’approche ancestrale, tolérante et consensuelle par définition a, si j’ose dire, montré son utilité pour l’élaboration du droit positif.

La Francophonie se démarque de la pensée unique, elle prône la paix, le dialogue et l’émulation entre les cultures et les peuples. C’est le sens fondamental de son combat, c’est le socle de son action.

La sagesse antique affirmait, je cite « commencer, c’est échouer ; continuer, c’est réussir ».

Sachons nous montrer fermes et volontaires dans nos convictions et déterminés dans notre action.

Je ne saurais clore ce bref propos sans exprimer à l’intention de S.E. Paul Biya ma sincère gratitude pour l’accueil si cordial et chaleureux qui m’a été réservé, tout comme à la délégation qui m’accompagne, et sans lui réitérer l’estime et la fraternité qui sont les miennes à son égard.

Merci une fois encore à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun de l’Université de Yaoundé II pour cette noble distinction qui m’honore et m’engage à davantage de mobilisation et d’abnégation au service de l’idéal Francophone.

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