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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF À PARIS, LE 14 JANVIER 2014

Lors du lancement du REFFOP

C’est avec un immense plaisir que j’ai l’honneur de vous accueillir aujourd’hui dans notre Maison de la Francophonie.

Je tiens particulièrement à remercier pour sa présence Monsieur l’Ambassadeur Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de maintien de la paix, dont le soutien indéfectible à chacune des initiatives de l’OIF visant à promouvoir l’usage de la langue française et la participation francophone dans les opérations de paix, ne s’est jamais démenti. Je souhaite également remercier Monsieur Nicolas de Rivière et Monsieur Emile Perez d’avoir bien voulu être associés à l’évènement qui nous réunit aujourd’hui.

C’est l’appel qui m’a été lancé en 2004 par le Secrétaire général des Nations Unies Monsieur Kofi Annan – afin que j’encourage, en ma qualité de Secrétaire général de la Francophonie, nos Etats et gouvernements à prendre part à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) – qui a constitué le point de départ de l’engagement de la Francophonie en faveur des opérations de paix.
Il y a dix ans, la problématique de la participation des pays francophones aux opérations de paix s’articulait autour de deux points fondamentaux. D’une part, la hausse significative du nombre d’opérations de paix menées dans des pays francophones ; et, d’autre part, le faible volume des personnels francophones déployés dans ces opérations.

Nos chefs d’État et de gouvernement se sont mobilisés en engageant l’OIF à agir pour corriger ce déficit criant. Comme vous le savez, l’OIF n’est pas un acteur direct en matière de maintien de la paix puisqu’elle ne déploie pas d’opérations ou de contingents propres. Mais elle a pour vocation de renforcer la participation des francophones à ces opérations, en développant des partenariats avec les grands acteurs du maintien de la paix, au premier rang desquels les Nations unies.
Pour contribuer à l’émergence d’une vision stratégique qui rassemble les francophones autour des enjeux contemporains du maintien de la paix, les efforts de l’OIF se sont concentrés autour de trois axes.

Le premier de ces axes est centré sur « le renforcement du multilinguisme à travers l’usage du français dans les opérations de maintien de la paix ». Si la promotion de l’utilisation de la langue française constitue bien entendu une priorité pour l’OIF, notre Organisation est plus largement préoccupée par la nécessité de favoriser la diversité linguistique dans les opérations de paix afin que celles-ci reflètent le principe défendu par le Secrétaire général des Nations unies, Monsieur Ban Ki Moon, selon lequel « le multilinguisme doit être perçu comme l’autre versant du multilatéralisme ». Tout en reconnaissant, bien sûr, l’importance de la maîtrise de l’anglais au nom de l’impératif d’interopérabilité en contexte international, la Francophonie a pour ambition d’être chef de file afin que priorité soit donnée aux Lusophones dans les opérations menées en milieu lusophone, aux Arabophones dans les opérations menées en milieu arabophone, aux Hispanophones dans les opérations menées en milieu hispanophone, et, évidemment, aux Francophones dans les opérations menées en milieu francophone.

Le deuxième axe de nos interventions consiste en des « actions de plaidoyer auprès des Etats membres de l’OIF », pour leur rappeler la juste part que chacun se doit de prendre aux efforts de solidarité internationale en faveur de la paix, mais aussi pour les sensibiliser aux avantages stratégiques procurés par la participation aux opérations de maintien de la paix. Déployer du personnel au sein des missions de paix contribue en effet au rayonnement politico-diplomatique des Etats contributeurs ainsi qu’à la modernisation de leurs appareils de défense et de sécurité, enjeu majeur dans nos pays francophones.

Enfin, le troisième axe de l’intervention de l’OIF vise à « l’amélioration des capacités de participation des pays francophones aux opérations de paix ». Nous avons ainsi accompagné au plan politique et pratique la montée en puissance des personnels militaires, policiers et civils de nos pays, aussi bien en apportant notre soutien à de nombreux programmes de formation, qu’en déployant une expertise de haut niveau dans les missions techniques de planification ou d’évaluation des opérations de paix.

Je veux, aujourd’hui avec vous, me réjouir que l’engagement de la communauté francophone et de l’OIF commence à porter ses fruits. La participation des Etats francophones aux opérations des Nations unies n’a cessé d’augmenter ces dernières années, cinquante-trois (53) d’entre eux y ayant pris part en 2013. La contribution des personnels francophones engagés sous l’égide de l’Union africaine ou des organisations régionales a également gagné en importance.

Il me plaît à croire que l’OIF a modestement contribué à l’amélioration de ces résultats. Je suis particulièrement heureux de constater que l’appel que j’ai lancé en juin 2013 à nos États-membres et observateurs afin qu’ils apportent une contribution à la MINUSMA a été entendu : pour la première fois dans l’histoire du maintien de la paix, une opération des Nations unies est ainsi composée à plus de 80% d’effectifs francophones.

Néanmoins, les efforts de l’OIF et de la communauté internationale dans son ensemble ne devront pas faiblir, tant les besoins se révèlent toujours plus importants, ainsi que nous le rappelle tristement la situation dramatique qui prévaut aujourd’hui dans certains de nos pays.

Mesdames et Messieurs,
L’action de l’OIF en faveur du maintien de la paix se veut un engagement dans la durée qui ne peut se concevoir qu’en complément des actions menées par les autres acteurs internationaux, au sein de l’espace francophone bien sûr mais aussi dans les autres zones culturelles et linguistiques auxquelles appartiennent nombre d’entre vous.

C’est pourquoi, je tiens de nouveau à vous faire part de la détermination de la Francophonie à appuyer la mobilisation internationale en faveur des opérations de paix et de son intention d’apporter un soutien aux différents partenariats qui pourront émerger afin de faire progresser nos idéaux communs. Le REFFOP sera, je l’espère, l’un des outils pouvant être mis au service de nos ambitions partagées visant à promouvoir, partout dans le monde, la paix, la démocratie et les droits de l’Homme.
Je vous remercie.

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