Organisation internationale de la Francophonie

  • Lettre d’information
  • English

DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF À MONTRÉAL, LE 19 SEPTEMBRE 2013

Au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM)

Je vous remercie pour vos bons mots, M. le Ministre Lisée, vous qui revenez d’une mission en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Sénégal, accompagné d’une centaine d’entreprises et institutions québécoises. Je me réjouis que vous ayez à cœur de créer de nouveaux partenariats économiques et institutionnels avec l’Afrique.

Je suis ravi d’être à Montréal en ce début d’automne, saison tant vantée et chantée pour ses couleurs ravissantes et sa lumière spectaculaire.

C’est toujours un grand plaisir pour moi de me retrouver parmi mes amis Québécois.

L’invitation de Monsieur Lemonde, votre Président-directeur général, m’offre une nouvelle fois la chance de m’adresser à vous et de partager quelques réflexions sur les défis du monde qui interpellent la Francophonie.

Mon propos portera sur trois grands domaines où la Francophonie est engagée et où nous avons la conviction d’apporter utilement notre pierre à l’évolution du monde :
• Quel est l’apport francophone dans les champs de la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme ?
• Qu’en est-il de notre action en matière de gouvernance économique ?
• Et finalement, comment la Francophonie s’acquitte-t-elle de ses responsabilités relatives à l’usage du français, à sa place dans le monde ainsi qu’à la diversité culturelle et linguistique ?

Vous le savez, de nombreux États membres de la Francophonie sont confrontés à des conflits, des situations de crises récurrentes, ou encore à des processus de transition en panne.

Devant cette situation, la Francophonie a, depuis une vingtaine d’années, investi les champs de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme.

L’OIF n’a certes pas les moyens financiers et humains d’autres organisations internationales comme les Nations unies ou l’Union européenne. Mais elle a des atouts uniques qui nous ont permis de bâtir une stratégie et des modes d’action efficaces, reconnus et appréciés par les Etats auprès desquels nous intervenons.

Tout d’abord, le partage d’une langue – et au-delà de référents culturels – permet à la Francophonie de détenir des avantages stratégiques de poids : une meilleure compréhension de l’univers politique et une aptitude remarquable à proposer des intervenants de qualité aptes à travailler dans une même langue. La Francophonie possède également une expérience et une connaissance du terrain, des acteurs locaux et des modes de fonctionnement des institutions, qui lui permettent de proposer des réponses adaptées aux contextes nationaux. À cela s’ajoute notre présence sur le terrain et auprès des partenaires internationaux, via nos représentations dans les lieux clés du multilatéralisme – à New York, Addis-Abeba, Genève ou Bruxelles-, ainsi que dans le cadre des groupes d’Ambassadeurs francophones constitués dans nombre de nos États membres et auprès des organisations internationales.

Deuxième atout majeur de la Francophonie : son expertise. L’OIF travaille depuis longtemps avec des réseaux institutionnels qui couvrent l’étendue des institutions essentielles à la démocratie. Ces réseaux, au nombre de 15, sont en mesure d’apporter une expertise adaptée et ciblée dans les domaines clés des processus de transition et de sortie de crise, notamment l’appui à l’élaboration de textes juridiques ou encore le soutien au processus de réconciliation nationale.

Je tiens à saluer la contribution remarquable des institutions québécoises à la plupart de ces réseaux, votre Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, votre Commission d’accès à l’information, le Directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec ainsi que le Protecteur du citoyen ont joué un rôle clé dans la création de ces réseaux et continuent de les animer, de les coordonner ou de les présider.

Permettez- moi de vous illustrer plus particulièrement le travail que nous menons avec deux d’entre eux.
Il s’agit d’abord du Réseau international francophone de formation policière ce que nous désignons par FRANCOPOL ce réseau que l’École nationale de police du Québec, la Sûreté du Québec ont contribué à créer avec leurs homologues français et auquel ils apportent leurs compétences. Nous travaillons étroitement avec FRANCOPOL pour organiser, par exemple, des formations à la gestion de la sécurité publique en contexte électoral, comme ce fut le cas en Tunisie en 2011 et au Mali, cette année. Le réseau FRANCOPOL apporte aussi un appui considérable pour le recrutement de policiers francophones dans les contingents de maintien et de consolidation de la paix des Nations unies.

En outre, le Réseau des compétences électorales francophones est le dernier né des 15 réseaux institutionnels grâce à l’initiative et à l’appui constant du Directeur général des élections du Québec. Il regroupe une quinzaine d’administrations électorales francophones, et constitue un vivier d’expertise sur lequel l’OIF s’appuie pour mener à bien ses programmes de soutien aux processus électoraux. Ce Réseau participe également à la réflexion engagée par l’OIF pour la consolidation de l’état civil dans nos États membres dont dépend la crédibilité des listes électorales et, par conséquent, la bonne tenue des élections.

Les Réseaux institutionnels de la Francophonie bénéficient des compétences, des approches, du dynamisme et de l’efficacité des Québécois et des Canadiens pour continuer de construire cette expertise qu’on lui envie.

Enfin, le troisième avantage comparatif de la Francophonie est sa réactivité. Dotée d’une structure légère - contrairement à d’autres organisations internationales et régionales - l’OIF est capable de réagir en quelques heures à des situations qui appellent la plus grande diligence. Cette réactivité se combine à une souplesse d’action unique qui se traduit notamment par le déploiement rapide de ressources humaines sur le terrain.

Ces atouts indéniables ont renforcé la qualité et la crédibilité de l’action de la Francophonie en matière d’accompagnement des situations de crises. Dans un contexte de concurrence entre acteurs multilatéraux, il est essentiel que notre action se déploie en complémentarité de celles de nos partenaires internationaux. Ce partenariat se traduit par une répartition des rôles qui a permis à la Francophonie de s’investir dans les domaines où son appui s’est révélé à la fois pertinent, utile et efficace.

Dans quelques jours nous organisons, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies et en présence du Secrétaire général des Nations-Unis, M. Ban Ki-Moon, la seconde concertation ministérielle francophone sur l’accompagnement des situations de crise et de transition. Nous ferons alors le point sur le soutien, à la fois politique et technique, que l’OIF déploie non seulement auprès de ses États suspendus - Madagascar, Mali, République centrafricaine et Guinée-Bissau – mais aussi dans les pays en situation de consolidation de la paix et de la démocratie.

Voilà une illustration de cette montée en puissance de notre Organisation sur la scène internationale.

Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de vous parler de l’accompagnement de deux pays membres de notre Organisation, soit le Mali et l’Égypte.

Au Mali, suspendu de nos instances depuis le 30 mars 2012, suite au coup d’État, la Francophonie a fondé sa stratégie sur l’échange avec les institutions de l’État, les partis politiques et la société civile. Sur la base des évaluations conduites à l’occasion de missions que j’ai dépêchées sur le terrain nous mettons en œuvre un plan d’action articulé autour des principaux objectifs de la feuille de route de la transition, à savoir : le soutien au processus de dialogue et de réconciliation, l’appui au processus électoral, le renforcement des capacités en matière de justice et de droits de l’Homme, l’appui aux capacités en matière de maintien de la paix et le soutien à la réforme du système de la sécurité. Ce plan a permis une intervention de proximité à la fois réactive et efficace fondée sur le dialogue et la confiance avec les institutions maliennes, mais aussi sur la complémentarité avec nos partenaires internationaux sur le terrain.

En Égypte, à la suite des évènements de la fin juin, la Francophonie a adopté une approche à la fois responsable, exigeante et constructive. J’ai ainsi immédiatement décidé de l’envoi d’une mission chargée d’évaluer précisément la situation politique et les conditions de mise en œuvre de la Feuille de route de transition ainsi que le respect des droits de l’Homme et des libertés. Sur la base de ses recommandations, le Comité ad hoc consultatif restreint sur l’Égypte, que j’ai réuni le 5 août dernier a proposé de maintenir ce pays sous observation tout en réitérant la disponibilité de la Francophonie pour accompagner les efforts menés, notamment ceux en faveur de la réconciliation nationale et de la promotion des droits de l’Homme.

Pour s’imposer sur la scène internationale, la Francophonie a donc cherché à développer une approche à la fois innovante et efficace dans un système multilatéral marqué par sa complexité et sa fragilité.

Qu’en est-il maintenant de nos actions en matière de gouvernance économique ?

Nous le voyons, l’économie globalisée poursuit sa marche en avant. Elle tend à imposer des modes de production et de consommation uniformes et dérégulés que nous savons risqués voire sans issue. Elle fonde la croissance sur l’augmentation exponentielle de la consommation – que ce soit la nôtre ou celle des nouvelles classes moyennes des pays émergents. Elle ignore délibérément le fait que nous dévorons déjà la production d’une Terre et demie par an et que nous amputons d’autant l’héritage que nous laisserons à nos descendants.

Je ne suis pas ici en train de me faire l’avocat de la décroissance. Je ne nie pas non plus les possibilités de la technique, ni les merveilles qu’elle a produites et continue d’inventer. Mais faut-il pour autant ignorer qu’en tout processus, physique ou social, il existe des seuils au-delà desquels il n’est pas de retour en arrière, ni de repentir possible face aux événements qui s’enchaînent ? Et faut-il cacher que ce seront d’abord les plus petits, les plus pauvres, les plus faibles, qui subiront les conséquences des choix discutables que nous avons faits et dans lesquels nous persistons ?

C’est pourquoi la Francophonie a le devoir de poursuivre sans faillir les différents plaidoyers qu’elle a initiés en faveur d’une économie plus transparente, mieux régulée et plus responsable. Elle doit continuer de construire les réseaux qui permettent d’avoir une juste connaissance des problèmes. Elle doit continuer d’œuvrer, avec le Commonwealth et avec d’autres communautés, pour trouver des réponses adaptées à la variété des situations et à l’universalité des enjeux en matière de développement durable et équitable.

L’IEPF, créé à Québec en 1988, et devenu l’Institut de la Francophonie pour le développement durable contribue grandement à accompagner et à outiller les acteurs de développement de l’espace francophone. Depuis la Conférence de Rio, il y a vingt ans, il a permis à notre Organisation de participer à la conscientisation sur les questions d’environnement et de développement durable en usant de son plaidoyer et de sa diplomatie d’influence sur la scène internationale.

Mesdames et Messieurs,

Cocteau disait : « puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». C’est un peu ce que font les différents groupes qui se retrouvent dans ce que Pascal Lamy nomme le triangle de la gestion mondialisée. Ce triangle a trois sommets : le sommet de la légitimité – soit les Nations Unies et les organisations apparentées ; le sommet de la technicité – soit l’OMC, l’OMS, l’OMPI, l’OACI et le BIT, toutes ces organisations qui tentent d’édicter des règles et de mettre de l’ordre dans la complexité des marchés et des services ; le sommet de l’initiative enfin , qui réunit le G8, le G20, le G33, le G77, tous ces G, qui naissent en réponse à une crise, mais qui lui survivent sans justification.

Tous s’efforcent certes de maîtriser des phénomènes de plus en plus vastes, de plus en plus rapides, de moins en moins identifiés. Mais, en réduisant toute activité à des critères et indicateurs quantitatifs, ils s’exposent à ignorer la richesse et la variété des propositions issues de nouveaux territoires, de nouvelles générations.

Par sa constitution autour d’une langue partagée, ses capacités de concertation, sa souplesse et son ouverture, la Francophonie se situe au cœur du triangle, à égale distance des trois sommets : elle offre, plus que jamais, un lieu permettant l’expression d’initiatives communes et de bonnes pratiques transposables.

Par sa recherche obstinée de nouvelles mises en relations, de nouveaux modes et outils de communication, elle appelle ses réseaux à étendre leur champ d’intervention, à se coordonner et à se multiplier. A eux de lui répondre, de l’aider à nourrir et à déployer son action en faveur d’un monde meilleur.

A ce titre et pour conclure ce point, je voudrais rendre hommage à la vision dont vous avez fait preuve d’abord en lançant en 2008 une Rencontre Internationale de la Francophonie Economique, la RIFE, et en saisissant l’occasion du premier Forum mondial de la langue française à Québec en 2012 pour tenir une seconde RIFE, qui a inspiré les opérateurs économiques africains et qui a fait parvenir son message jusqu’aux chefs d’État.

Cet élan donné par les opérateurs économiques québécois constitue les premiers jalons d’une stratégie économique réclamée au Sommet de Kinshasa et qui sera proposée pour adoption, aux chefs d’État et de gouvernement, à Dakar en 2014.

J’en viens maintenant à mon dernier point…

Les profondes mutations politiques en cours tout comme les crises économiques et financières successives nous enseignent que l’économie et le pouvoir ne sont pas une fin en soi et que seule la personne humaine dans sa dignité, sa liberté, ses droits fondamentaux, mérite d’être au centre de nos préoccupations, de nos engagements, de nos institutions.

C’est la mission constante de la Francophonie que de rechercher ce qui nous rapproche plutôt que ce qui nous sépare, en privilégiant le dialogue, l’addition des idées et des visions afin de parvenir à cet « accord conciliant » cher au Père fondateur de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor, qui aura été tout au long de ma vie, mon mentor et le promoteur infatigable de ce qu’il appelait un « humanisme intégral ».

Pour nous, la diversité culturelle ne relève pas d’une lointaine théorie, elle est une grille de lecture transversale à nos actions de coopération, à toutes nos interventions politiques et diplomatiques, en même temps que l’objet d’un plaidoyer constant dans les enceintes internationales parce que nous pensons que la prise en compte de cette diversité des cultures doit être au fondement de tout projet humaniste.

Comme l’a écrit mon ami Jean-Louis Roy, ce francophone de la première heure aussi convaincu qu’infatigable : « La Francophonie est politique par nécessité et culturelle par essence. »

Après une mobilisation sans précédent de la Francophonie en faveur d’une Convention qui consacre la diversité des expressions culturelles au patrimoine commun de l’humanité, cette conviction est désormais partagée par 129 États parties à la Convention de l’Unesco sur la diversité culturelle. Je veux profiter de cette tribune, pour rendre à nouveau hommage, au Québec et au Canada qui ont été des acteurs de premier plan pour la mobilisation des États membres de la Francophonie.

Les négociations récemment amorcées pour un accord de libre-échange transatlantique entre votre grand voisin, les États-Unis d’Amérique, et l’Union Européenne nous ont permis de confirmer, si besoin était, toute la pertinence de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée à l’UNESCO en 2005. Elles nous ont du même coup permis de constater la vulnérabilité de cette Convention et des principes qu’elle veut protéger et promouvoir devant des logiques de marché purement économiques et financières.

À l’heure de l’ère numérique, où des secteurs tels que l’audiovisuel vivent une révolution, la culture ne peut, ne doit être victime d’une marchandisation brutale, dérégulée sous prétexte d’une dématérialisation de l’économie de la culture et de sa mondialisation.

Depuis déjà plusieurs décennies le Québec a su concilier culture et économie. Vous proposez à toute la Francophonie un modèle d’affirmation du droit de soutenir sa culture tout en s’enrichissant de celles des autres. Un modèle ambitieux de soutien des artisans de la culture et d’appui aux industries qui portent et exportent fièrement votre culture dans le monde.
« La fatalité est l’excuse des âmes sans volonté. » écrivait Romain Rolland ; la Francophonie s’engage vigoureusement à lutter contre cette fatalité, cette démission devant les forces uniformisatrices.

Je n’ai pas à vous convaincre, ici à Montréal, de la nécessité de rester vigilants pour éviter que les accords commerciaux ne viennent miner et vider de son sens une Convention âprement négociée et librement adoptée dans le cadre de l’UNESCO. Sachant que 66 de nos 77 membres ont adopté et ratifié cette convention, je peux cependant vous affirmer que la Francophonie ne se démobilisera pas car la diversité culturelle de demain doit se défendre aujourd’hui pour garantir un pluralisme culturel en phase avec la diversité de notre monde.

Mesdames et messieurs,

La Francophonie a pris la mesure de la responsabilité qui lui incombe, de conforter et d’accroître la place et l’usage de la langue française dans notre espace et dans le monde. Aucune autre organisation internationale publique ne peut se substituer à elle en ce domaine. Même élargie, même diverse elle reste toujours et fondamentalement définie par sa relation indissociable au français. Comme le rappelle le préambule de sa Charte fondatrice, « la langue française constitue… un précieux héritage commun qui fonde le socle de la Francophonie… »

Le français est la langue officielle ou administrative de 32 membres de l’OIF qui compte 57 membres et 20 observateurs.

En Afrique francophone, le français est la langue du développement d’États modernes, la langue d’une jeunesse de plus en plus informée et instruite aspirant à la justice et à la démocratie. Selon les prévisions démographiques, en 2050, 85% de la population francophone mondiale sera africaine.
La Francophonie doit être en mesure de saisir cette chance et préparer l’avenir de la langue française.

« Le français est une chance » ce thème que nous avons adopté l’an dernier pour célébrer la journée internationale de la Francophonie trouve toute sa résonnance au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans tout le Canada, vous avez su tirer le meilleur parti de votre situation de francophones en cette terre d’Amérique. D’une situation de précarité, parfois de lutte et de combat, vous avez fait une chance, un défi, un appel au dépassement.

C’est pourquoi, quand il est question de protection et de promotion de notre langue commune, la Francophonie a naturellement, instinctivement les yeux tournés vers vous, vous êtes son inspiration la plus stimulante et la plus audacieuse.

Il y a plus de 50 ans, l’un des vôtres le visionnaire et fervent militant de la langue française, Jean-Marc Léger a fondé, ici à Montréal, ce qui est devenue depuis l’Agence Universitaire de la Francophonie. L’AUF, dont le siège est à quelques kilomètres d’ici, est devenue l’une des grandes associations d’universités du monde utilisant le français comme langue d’enseignement, de recherche et du savoir.

C’est grâce à l’initiative d’un Québécois, M. Jean Pelletier, alors maire de la ville de Québec et de l’ancien Président français M. Jacques Chirac, alors maire de Paris, qu’a été créée il y a bientôt 35 ans, l’Association internationale des maires francophones. Ce réseau de villes et de collectivités, opérateur de la Francophonie, est maintenant implanté dans 48 pays et continue, à travers sa coopération, à essaimer notre langue.

En outre, TV5, bien enracinée dans le paysage télévisuel d’ici, témoigne de la vitalité de la langue française et permet, aux francophones et aux francophiles d’Amérique, l’accès à des émissions dans un français aux accents et aux sonorités provenant de tous les continents. TV5 Québec Canada vient de rendre compte remarquablement des Jeux de la Francophonie qui ont réuni à Nice plus de 3000 jeunes artistes et athlètes issus de 54 pays.

C’est à Québec, au Sommet de 2008, que la langue a été débattue pour la première fois comme l’un des enjeux vitaux de la Francophonie. C’est aussi le Québec qui a pris l’initiative d’accueillir le premier Forum mondial de la langue française en juillet 2012. Cette rencontre festive et studieuse, qui a réuni près de 2000 jeunes et membres de la société civile, nous a enrichis de pistes novatrices sur l’avenir de notre langue commune. Je me félicite que la ville de Liège et nos amis de la Fédération Wallonie-Bruxelles accueillent la deuxième édition de ce Forum en 2015.

Si le Québec a eu besoin de la Francophonie pour se projeter à l’international, c’est maintenant la Francophonie qui a besoin du Québec. Elle ne serait pas la même sans l’élan et l’ambition que le Québec lui insuffle.

Mesdames et messieurs, en conclusion, je tiens à souligner que la lutte que la Francophonie mène en faveur de la langue française n’est pas une lutte contre une autre langue. C’est une lutte en faveur du respect de toutes les langues et de toutes les cultures.

Ainsi, la Francophonie milite pour le multilinguisme dans la vie internationale et notamment dans les organisations internationales et le mouvement olympique. Convaincus que nous sommes que l’unilinguisme va à l’encontre du droit fondamental de chacun de communiquer, de comprendre et de se faire comprendre dans une langue et selon une approche qui lui permettent aisément de partager sa vision du monde.

Le choix de l’unilinguisme dans la vie internationale, souvent présenté comme celui de la commodité et de l’efficacité budgétaire, constitue implicitement l’acceptation d’un appauvrissement des savoirs, des expertises et des modes de réflexions.

Faire vivre le multilinguisme, c’est reconnaître que, derrière chaque langue, chaque culture, il y a une manière propre de concevoir le monde.

Faire vivre les identités francophones, c’est faire vivre la diversité et la richesse du monde.

Mesdames et Messieurs, voilà les quelques réflexions que j’ai souhaité partager avec vous. Je vous entendrai maintenant avec plaisir et je répondrai à vos questions.

Documents à télécharger

Haut de page

COORDONNÉES


© 2013 Organisation internationale de la Francophonie
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.     En savoir plus...Fermer