Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE M. CLÉMENT DUHAIME À ABIDJAN, LE 31 MAI 2013

Lors du Comité de pilotage d’IFADEM

Madame la Ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique de la Côte d’Ivoire,
Il était particulièrement important pour nous que cette réunion du Comité de pilotage d’IFADEM se déroule ici, en Côte d’Ivoire, en terre africaine.

Mesdames et messieurs les Ministres en charge de l’éducation de base des pays participant à IFADEM,
Madame, messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le Secrétaire général de la CONFEMEN,
Monsieur le Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie,
Monsieur le Conseiller du Secrétaire général de la Francophonie,
Mesdames et messieurs les membres des délégations,
Mesdames et messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers,
Chers collègues,

Madame la Ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique de Côte d’Ivoire, je souhaite remercier le Président de la Côte d’Ivoire, S.E.M. Alassane Ouattara, pour son haut patronage, et le Premier Ministre S.E.M. Daniel Kablan Duncan pour son parrainage. Merci pour votre engagement. Merci pour l’engagement francophone de la Côte d’Ivoire.

Je saisis cette occasion pour saluer le nouveau Directeur de l’éducation et de la jeunesse de l’OIF, Monsieur Ma-Umba Mabiala.

Je vous transmets également les salutations chaleureuses du Secrétaire général de la Francophonie, le Président Abdou Diouf, qui sera ici en juillet lors de l’assemblée des parlementaires de la Francophonie.

Cette réunion du Comité de pilotage d’IFADEM représente un moment fort dans le développement de ce magnifique projet.

Pour quelles raisons ?

Je sais combien l’éducation a toujours été une priorité, bien avant les Objectifs du millénaire pour le développement, pour la famille francophone. L’AUF dans les années 1960, a fédéré plusieurs dizaines d’universités francophones ; elles sont aujourd’hui près de 800. La CONFEMEN également, dès les années 1960 et depuis son siège à Dakar, a incarné l’importance donnée à l’éducation en Francophonie. Elles démontrent bien cette préoccupation indispensable au développement.

Lors de mon passage à Dakar en 1979-1980 auprès de la CONFEMEN, j’ai pu voir la place, le rôle et la légitimité de la Francophonie dans le domaine de la coopération éducative se développer, prendre de l’ampleur et enregistrer de belles réalisations. Je crois aujourd’hui que l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres incarne d’une certaine façon aussi la force et la pertinence de notre action, pour tous les acteurs du domaine, et ce bien au-delà de l’espace francophone.

La Convention de Niamey, signée en 1970, est l’acte de naissance de l’Agence de coopération culturelle et technique. Elle plaçait l’éducation parmi les missions de la coopération francophone.
Cette préoccupation pour l’éducation, la formation et la recherche a été affirmée au Sommet de Dakar en 1989, au Sommet de Ouagadougou en 2004, au Sommet de Bucarest en 2006 qui marque la naissance d’IFADEM et dernièrement au Sommet de Kinshasa en 2012.

Depuis plusieurs décennies, l’OIF mène des programmes dans le domaine de l’éducation de base, qu’il s’agisse de la gestion et de la régulation des systèmes éducatifs, de l’édition scolaire, des langues nationales d’enseignement, je ne saurais tous les citer.

Comment promouvoir la langue française, comment encourager sa diffusion et son enrichissement, sans s’investir pleinement dans les questions d’éducation ? C’est à l’école que les jeunes générations apprennent, souvent aux côtés des langues nationales, notre langue partagée, cette langue promesse d’ouverture et de possibilités pour l’avenir.

Mesdames et messieurs les Ministres,
Chers amis,

J’ai toujours pensé que c’est en nous appuyant sur notre passé, forts de notre héritage et de notre expérience, que nous pourrons forger l’avenir avec confiance, avec espoir et avec conviction. Dans la Convention de Niamey sont inscrits trois mots qui sont la devise de l’OIF. Ces trois mots sont l’égalité, la complémentarité, la solidarité. Et je trouve qu’ils représentent bien l’action que nous menons avec IFADEM.

L’égalité, nous la trouvons dans notre conception du partenariat qui est mis en œuvre avec les pays qui décident de s’engager dans IFADEM. Lorsque Michèle Gendreau-Massaloux, puis Bernard Cerquiglini, et moi avons reçu pour mandat, par le Secrétaire général de la Francophonie, suite au Sommet de Bucarest en 2006, de développer cette Initiative, nous avons pris le parti d’un partenariat fondé sur la confiance et l’équilibre entre tous les acteurs : les pays, l’OIF et l’AUF.

Pour répondre au mieux au défi auquel nous étions confrontés, pour répondre au mieux aux besoins des pays, il était indispensable que chacun puisse s’exprimer et faire valoir ses vues en toute égalité. Le principe de co-construction d’IFADEM, qui est un des piliers de notre action commune, est une manifestation très concrète de cette volonté. C’est aussi une raison du succès d’IFADEM.

Les acteurs nationaux s’investissent réellement dans cette Initiative qui est la leur, qu’ils ont eux-mêmes contribué à construire. Je saisis d’ailleurs cette occasion pour les féliciter pour leur travail au quotidien. Je veux qu’ils sachent que nous l’apprécions à sa juste valeur.

La complémentarité, évidemment, est aussi une des clefs d’IFADEM. Cette Initiative se trouve en effet à la confluence de l’expérience et de l’expertise de plusieurs institutions – qui sont aujourd’hui rassemblées. C’est ce qui lui donne sa force. Bien sûr, la légitimité et la connaissance des gouvernements donnent à IFADEM sa portée et lui assurent un ancrage durable dans les systèmes où elle intervient.

Il y a aussi notre expérience dans le domaine de l’éducation de base, le sens de l’écoute, la proximité avec les ministères de l’éducation et la confiance qu’ils nous ont toujours accordée, notamment avec la CONFEMEN. Il y a l’expertise essentielle de l’AUF. Le déploiement de plateformes numériques et l’élaboration de contenus mais surtout la complémentarité de nos forces et de nos expertises. IFADEM est le résultat d’une alchimie rare, que les acteurs du développement peinent souvent à obtenir et qui tirent le meilleur des potentialités et des forces de chacun. Il faut en être conscient.

La solidarité, enfin. Elle est la raison même de l’action de la Francophonie depuis sa naissance, et ce dans tous ses domaines d’intervention. Je voudrais revenir sur ce mot de solidarité. La solidarité, pour nous, celle que nous voulons pour tous nos programmes et initiatives, celle qui s’incarne dans IFADEM, n’a rien à voir avec une idée d’assistance donnée par les uns à d’autres.

La solidarité, telle que nous l’entendons, c’est un engagement réciproque, l’assurance d’une compréhension mutuelle qui nous fait rechercher à atteindre des objectifs communs. Cette solidarité, c’est un rapport horizontal où l’expertise et le dernier mot n’appartiennent pas à un seul.

Nous le voyons au niveau international, où l’expertise déployée provient de nombreux pays de l’espace francophone, avec des rapports entre les acteurs des pays IFADEM qui se sont multipliés. Au niveau national également, avec une expertise de haut niveau et une grande compétence mise en œuvre par les ministères, qui nourrissent le travail de tous et assurent la réussite de nos actions.

Je n’oublierai pas d’autres acteurs de cette solidarité, qui sont nos partenaires ici présents, l’Agence française de développement (AFD), la première à nous avoir fait confiance, suivie récemment par l’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger (APEFE) et Wallonie Bruxelles International, l’Agence canadienne de développement international (ACDI), le Ministère des relations internationales du Québec (MRI). Votre apport est précieux, il concrétise la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide ; il nous permet de donner toujours plus d’ampleur à nos actions. Sachez que nous apprécions votre appui à sa juste valeur. Soyez-en remerciés.

Notre travail est reconnu au plus haut niveau international, que ce soit par le système des Nations unies ou les bailleurs de fonds internationaux. La nouvelle Directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation, Madame Alice Albright, nous faisait savoir il y a quelques jours, qu’elle regrettait de ne pouvoir être parmi nous aujourd’hui, et qu’elle portait le plus grand intérêt à IFADEM. Le Partenariat mondial nous appuie déjà sur l’Initiative ELAN, école et langues nationale en Afrique. Je ne doute pas que, bientôt, ce sera également le cas pour IFADEM. Le Groupe des Etats Afrique Caraïbes Pacifique, avec l’Union européenne, devraient, quant à eux, confirmer sous peu leur appui au développement d’IFADEM dans de nouveaux pays. Parmi les prochains pays concernés, nous pouvons citer le Burkina Faso, le Cameroun, le Togo, mais aussi le Liban qui signera sa convention-cadre dans très peu de temps.

Nous connaissons nos forces, je viens de les rappeler. Mais que voulons-nous pour demain ?

• Nous voulons qu’avec le soutien de tous cette Initiative s’améliore, qu’elle apprenne de son expérience et de son histoire afin d’obtenir des résultats encore meilleurs ;

• Nous voulons que nos pays partenaires continuent à nous accorder leur confiance et à mettre à la disposition de l’Initiative leurs meilleures ressources humaines.

• Nous voulons que, toujours plus, IFADEM s’intègre aux systèmes éducatifs, que les pays utilisent au mieux ses acquis pour former davantage d’enseignants. Qu’ils s’approprient toujours plus ce dispositif qui est le leur. Qu’ils l’intègrent aux plans sectoriels de l’éducation pour faire l’objet d’importantes demandes de financement additionnel.

• Nous voulons qu’IFADEM continue d’être un modèle d’innovations et d’expérimentations, à la fois technologiques et pédagogiques.

• Nous voulons qu’à la prochaine réunion du Comité de pilotage d’IFADEM, nos conclusions nous donnent à nouveau raison d’avoir misé sur l’égalité, la complémentarité et la solidarité.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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