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DISCOURS DE MME IRINA BOKOVA À KINSHASA, LE 13 OCTOBRE 2012

La Directrice générale de l’Unesco s’exprime à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du XIVe Sommet de la Francophonie

Monsieur le Président
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Mes premiers mots sont pour remercier, M. le Président Kabila et le peuple
congolais pour son accueil si chaleureux.

C’est un plaisir de participer à ce 14ème Sommet de la Francophonie, au nom du Secrétaire général des Nations Unies, avec M. Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix.

L’UNESCO et l’OIF entretiennent une relation très spéciale, privilégiée même, et je voudrais commencer par rendre hommage au Président Abdou Diouf, en saluant son action pour une Francophonie ouverte, dynamique, en première ligne de la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la diversité culturelle.

Permettez-moi également de saluer M. Boni Yayi, et le remercier de porter si haut les valeurs de la Francophonie à la Présidence de l’Union africaine, pour la défense de la paix et la dignité de ce continent.

Ce sommet, Mesdames et Messieurs, est le premier à être organisé en Afrique centrale, et l’UNESCO y est sensible : l’Afrique est l’une des priorités de l’UNESCO, et j’y suis personnellement très attachée.

L’Afrique est comme un miroir du monde : un immense potentiel face à d’immenses défis.

L’Afrique est riche : riche de sa jeunesse, de ses ressources, de sa diversité culturelle… aujourd’hui c’est le continent de la croissance… demain, celui des énergies renouvelables…

Dans le même temps, au Sahel, 20 millions de personnes sont dans une situation critique, affectés par une crise alimentaire, environnementale et humaine.

Les conditions climatiques extrêmes s’ajoutent aux tensions politiques. Elles creusent le lit de la violence, de l’extrémisme et se renforcent mutuellement.

Et pourtant, que de choses peuvent changer, et si rapidement !

Depuis le dernier sommet de Montreux, avec quelle énergie les mouvements démocratiques ont-ils traversé ce continent, pour résonner dans le monde entier !

Nous pouvons accompagner ces transitions, et nous devons le faire, pour édifier des sociétés plus justes, plus inclusives, plus fortes.

Comment y parvenir ?

Une partie de la réponse tient dans ce qui réunit les membres de cette Organisation : une langue en partage, et plus encore, les valeurs que cette langue à porté dans l’histoire – les valeurs de dignité humaine, de liberté, d’égalité, de solidarité.

Ces valeurs doivent nous guider lorsque l’essentiel est en jeu, et c’est le cas aujourd’hui.

Une autre partie de la réponse tient dans une solidarité plus forte, plus profonde entre les Etats. Les conclusions de la Conférence des Nations Unies sur le

Développement durable (Rio + 20) nous exhortent à mieux intégrer les trois dimensions du développement durable – économiques, sociales et environnementales – et maintenant il faut avancer, construire des partenariats plus solides et nous devons le faire vite.

Ce travail commence par l’éducation.

Sans formation de qualité, il n’y a ni croissance, ni développement, ni paix durable, tant la paix et le développement sont indissociables.

Le Secrétaire général des Nations Unies vient de lancer l’initiative « l’éducation avant tout », pour accélérer le mouvement de l’Education pour tous, et nous devons tous y contribuer.

Aujourd’hui, dans le monde, 1 jeune de 15 à 24 ans sur 8 est sans emploi, et bien davantage dans certaines régions. Le chômage de masse est la négation du pacte social. Il nourrit les inégalités, il annonce la violence civile.

Devant l’ampleur du phénomène, il faut un effort sans précédent pour l’apprentissage professionnel et l’éducation au travail.

C’est l’éducation qui donne les moyens d’exercer un métier, de sortir du chômage, de développer l’économie.

C’est l’éducation qui permet d’encourager la tolérance, de dénoncer les stéréotypes
culturels, de fortifier la cohésion sociale.

J’ai vu qu’il y a des solutions.

Je l’ai vu à Abidjan – à la conférence régionale sur la culture de la paix – au forum économique de Libreville, au tout premier forum sur la science, la recherche et la technologie en Afrique, à Nairobi, organisé par l’UNESCO : des milliers de jeunes s’en remettent au dialogue pour résoudre les conflits, même les plus profonds.

Ils appellent à protéger le patrimoine culturel et naturel, qui est aujourd’hui saccagé au Mali, avec la destruction des Mausolées de Tombouctou, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ils appellent à protéger les écoles – les enfants soldats recrutés par les milices. Ils réclament la liberté d’expression et la liberté de la presse

Ils appellent à stopper les violences contre les femmes – elles dépensent encore trop d’énergie à faire valoir leurs droits, alors que cette énergie pourrait être une force incroyable de développement économique et social.

Ils nous adressent un message clair : le respect des droits de l’homme est une condition de survie et de développement de toute société.

Ils le disent en français – et cette langue donne à leur espoir un écho planétaire. La langue française est essentielle à la diffusion de ce message, et à la construction d’une coopération plus forte pour le mettre en œuvre, pour renforcer notre diversité culturelle, protéger les droits de la personne et la dignité de l’individu.

C’est l’engagement du Secrétaire général, M Ban Ki-moon, c’est l’engagement de l’UNESCO, et c’est l’engagement de tout le système des Nations Unies.

Je vous remercie.

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