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GENRE ET CLIMAT


La problématique de genre dans la lutte contre les changements climatiques apparaît de plus en plus présente dans les débats, puisque le changement climatique est un problème de développement humain et qu’il menace les libertés humaines et le choix des individus en augmentant la vulnérabilité de certaines catégories de population. De nombreuses études et données récentes ont prouvé que la recrudescence de catastrophes naturelles tend à exacerber les inégalités économiques, les inégalités sociales et les inégalités de droit, entre les hommes et les femmes, et ce, plus sévèrement dans les pays en développement du fait même de la nature des activités prises en charge par les femmes. Compte tenu de la forte implication des femmes de ces pays dans les activités liées à la sécurité alimentaire, l’agriculture, la santé, l’énergie, ainsi que leurs responsabilités dans la collecte d’eau et du bois, les effets de la sécheresse, de la désertification, et les fortes précipitations deviennent pour elles un lourd fardeau, au détriment de leurs activités rémunératrices, de leur éducation et de celle de leurs enfants ou de leur santé.

Ainsi, les difficultés des femmes à accéder aux ressources, la restriction de leurs droits, la réduction de leur mobilité et de leur participation aux prises de décision les rendent plus vulnérables au changement climatique alors qu’elles sont en première ligne. L’agriculture et la sécurité alimentaire sont particulièrement touchées vu la contribution estimée des femmes dans ce secteur. Les inégalités entre hommes et femmes affectent la capacité des femmes à faire face aux catastrophes (qui devraient augmenter en nombre et en gravité à la suite du changement climatique). Par exemple, en Asie, les femmes sont 14 fois plus susceptibles de mourir au cours d’une catastrophe naturelle, et ce essentiellement en raison de contraintes culturelles. Les changements climatiques ont résolument des impacts différenciés sur les femmes et les hommes. Aussi, les politiques doivent-elles être sensibles aux besoins des hommes et des femmes. Des pays de toutes les régions du monde ont reconnu ce fait, en soutenant les efforts en vue de la prise en compte du genre dans les négociations internationales sur le climat, et dans plusieurs cas, dans les politiques et processus nationaux de développement durable.

A la lumière de ce constat ou bilan sommaire, il ressort que des efforts devraient être faits pour soutenir une intégration plus effective de l’approche genre dans les politiques et initiatives de manière générale et pour renforcer la capacité des femmes et des hommes à participer de manière plus équitable et représentative aux initiatives, aussi bien au plan international que national. De plus, les barrières linguistiques ont toujours constitué une difficulté majeure pour l’implication effective des pays francophones dans les débats multilatéraux sur l’environnement en général, et ceux portant sur les changements climatiques en particulier. Nous pensons donc que la Francophonie a un rôle moteur à jouer afin que les pays francophones prennent pleinement part aux réflexions engagées en matière de genre et climat ; que, d’une part, les femmes francophones soient reconnues dans les politiques nationales comme plus vulnérables aux changements climatiques en vue de mesures adéquates ; et que, d’autre part, qu’elles voient leurs capacités renforcées pour devenir des réelles actrices du développement durable.

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