Organisation internationale de la Francophonie

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INTERVENTION DE CLÉMENT DUHAIME, LE 30 NOVEMBRE 2011 À PARIS

Prononcée par l’Administrateur de l’OIF à la 82e Session du Conseil permanent de la Francophonie

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie de me donner l’occasion de m’adresser à nouveau
devant les membres du Conseil permanent de la Francophonie pour
faire état, comme à l’habitude, du suivi de la coopération et de la
gestion administrative de notre Organisation.

Je voudrais m’arrêter un instant pour faire état des principales
avancées de nos programmes enregistrées au cours de ces derniers
mois.

Tout d’abord, notre programme majeur, l’Initiative francophone de
formation à distance des maîtres (IFADEM) vient de connaitre une
nouvelle étape dans son développement et son déploiement grâce à
l’appui accordé par l’Agence française de développement (AFD) ainsi
que l’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation à
l’étranger (APEFE), notamment pour consolider les acquis enregistrés
au Bénin, au Burundi, en Haïti et en République démocratique du
Congo.

Les contacts avancés avec le Réseau Aga Khan de développement
laissent présager des perspectives prometteuses pour IFADEM.
J’espère être en mesure de vous annoncer de bonnes nouvelles au
cours de notre prochaine rencontre.
Par ailleurs, je me réjouis que les deux équipes de l’OIF et de l’AUF,
qui forment le Comité de coordination IFADEM, soient bientôt réunies
sous le même toit, à la Maison de la Francophonie. Le Recteur de
l’AUF et moi-même sommes convaincus que ce regroupement
permettra de renforcer les synergies entre nos deux institutions, pour
le plus grand bénéfice de l’Initiative.

J’en profite pour mentionner que j’ai eu l’honneur, à la demande du
Secrétaire général, de le représenter lors des festivités organisées, à
Montréal, pour le 50e anniversaire de l’Agence universitaire.

Revenons maintenant au volet coopération. Je m’en voudrais de ne
pas partager avec vous le plaisir que j’ai eu d’inaugurer, lors de mon
déplacement en République démocratique du Congo en septembre
dernier, le premier réseau de neuf Centres de lecture et d’animation
culturelle (Clac), tous situés dans des zones péri-urbaines et rurales.
Ces nouveaux Clac portent à près de 300 le nombre de centres
répartis dans 21 pays francophones d’Afrique, de l’océan Indien, de la
Caraïbe et du Proche-Orient.

Le 8 septembre dernier, l’Agence française de développement a
officialisé son appui, à hauteur de 4,5 millions d’euros, à la mise en
oeuvre de l’initiative ELAN « Ecole et langues nationales en Afrique »
pour promouvoir dans huit pays d’Afrique subsaharienne francophone
l’enseignement bilingue français/langues nationales. L’OIF joue le rôle
de maître d’oeuvre du projet qui – il faut le rappeler – est
conjointement mené avec l’AUF, l’AFD et le MAEE. Le comité de
coordination internationale vient de tenir, le 16 novembre 2011, sa
réunion annuelle consacrée à la consolidation des plans d’action des
pays. Une cérémonie de lancement est prévue à Bamako, en janvier
prochain, où l’OIF procédera à la signature des accords-cadres avec
les pays concernés.

Parmi les projets pilotes confirmés dans la dernière programmation, il
en est un qui est entièrement destiné à la jeunesse de nos pays
membres. Après une première cohorte de quarante volontaires, les
cinquante nouveaux jeunes volontaires de la Francophonie, pour
l’année 2011, se sont retrouvés à Paris en septembre dernier pour
suivre une formation de mise en route avant leur départ. Ils ont
ensuite rejoint leur affectation pour une période de douze mois en
Afrique, en Europe centrale et orientale ainsi qu’en Asie, dans les
Caraïbes et l’Océan Indien. Comme en témoigne le très grand
nombre de candidatures reçues pour la promotion 2011 (plus de
3000), ce programme a vocation à se poursuivre comme prévu avec
le départ, en 2012 et 2013, de deux nouvelles cohortes de cinquante
jeunes chacune.

Dans le cadre de notre nouveau programme de développement local
et communautaire (PROFADEL), l’OIF a signé un Accord Cadre avec
le Togo (juillet 2011) et un autre avec le Sénégal (octobre 2011) qui
ont permis la tenue des ateliers de lancement et d’harmonisation
méthodologique. Les activités opérationnelles devront démarrer dans
ces deux pays en début d’année prochaine après la signature des
contrats de prestation avec les organismes relais retenus. L’Accord
Cadre avec le Rwanda et celui avec la République centrafricaine sont
en cours de signature. Les ateliers dans ces pays sont programmés
pour le mois de décembre.

S’agissant du Forum mondial de la langue française prévu en 2012, je
tiens à réitérer tous nos remerciements au gouvernement du Québec
pour son précieux soutien. Monsieur Michel AUDET, Commissaire
général du Forum, prendra la parole dans un instant pour vous
présenter les travaux en cours pour cette importante manifestation de
la Francophonie.

Comme à l’accoutumée, l’Organisation demeure activement présente
lors des grands rendez-vous de l’agenda international. Comme vous
le savez, se déroulent en ce moment même, deux réunions
internationales d’une importance particulière.

Depuis le début de la semaine, et encore pour une dizaine de jours, à
Durban, en Afrique du Sud, notre Institut de l’énergie et de
l’environnement a programmé une dizaine d’activités d’information,
d’aide à la négociation et d’échanges pendant la 17e Conférence des
parties de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement
climatique. Au cours de ces journées, une concertation ministérielle
francophone est prévue sous le thème des partenariats innovants, au
sein de l’espace francophone, dans la lutte contre les changements
climatiques.

Dans un autre domaine, alors que vient de s’ouvrir le 4e Forum de
Haut Niveau sur l’efficacité de l’aide, à Busan, nous avons élaboré le
diagnostic de l’Organisation dans sa mise en oeuvre de la Déclaration
de Paris et du Programme d’Action d’Accra pour l’efficacité de l’aide,
tant aux niveaux de son engagement global que de ses stratégies et
de ses actions spécifiques.

D’autre part, nous avons également cerné plusieurs pistes de
réflexion pour alimenter le débat et la présence francophone lors de
ce Forum, notamment autour des opportunités pour l’aide au
développement que représentent la coopération sud-sud ainsi que la
coopération tripartite.

Enfin, comme je vous l’avais annoncé, la préparation de notre
mobilisation à la Conférence des Nations unies sur le développement
durable, ou « RIO+20 » (juin 2012), avance à grand pas. Nous avons
d’ores et déjà prévu une dizaine d’activités (ateliers et colloques) et
de débats portant sur des thèmes qui retiennent l’attention particulière
de la Francophonie. Le but étant de mobiliser des acteurs et des
réseaux francophones afin de favoriser les initiatives de partenariat et
d’identifier des convergences communes en vue de la Conférence.

Pour parachever les activités et manifestations francophones
organisées en amont, nous tiendrons un Forum international les 8 et 9
février prochain. Il sera présidé par notre Secrétaire général en
présence de Monsieur Denis Sassou NGUESSOU, Président de la
République du Congo, Monsieur Mahamadou ISSOUFOU, Président
de la République du Niger, Monsieur Alain JUPPE, Ministre d’Etat,
Ministre des affaires étrangères et européennes, Monsieur Jean-
Pierre RAFFARIN, Ancien Premier ministre, Représentant personnel
du Président de la République française au Conseil permanent de la
Francophonie, Monsieur Gérard COLLOMB, Maire de la ville de Lyon,
et d’autres personnalités gouvernementales, régionales et locales
françaises.

La première journée, après la séance inaugurale officielle, constituera
un moment important de restitution des travaux et des différentes
manifestations organisées par les réseaux et communautés de
pratiques francophones tandis que la seconde journée sera l’occasion
de débattre autour de deux tables rondes portant respectivement sur
l’économie verte et la gouvernance du développement durable, qui
sont les deux thématiques à l’ordre du jour de la Conférence des
Nations unies pour le développement durable.
· Enfin, je voudrais évoquer avec vous le suivi du travail de refonte des
relations entre notre Organisation et les OING, ONG et autres
organisations de la société civile qui a débuté lors de la 7e Conférence
générale de Genève, en juin 2010. L’objectif de ce travail est de
renforcer le rôle de la société civile et de l’encourager à nous
accompagner dans nos missions et activités. Le projet de directives
qui sera soumis à l’adoption par la conférence ministérielle s’inscrit
dans cette logique partenariale renforcée que nous souhaitons
entretenir.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Un grand nombre de pays traversent actuellement une des plus
graves crises économiques. Les déficits publics et, dans la foulée, le
poids des dettes souveraines, des pays du Nord mais également ceux
du Sud, limitent de manière significative la marge de manoeuvre des
États et gouvernements. Cela a eu et aura évidemment un impact sur
le niveau de mobilisation de nos ressources, tant statutaires que
volontaires. Cette situation m’a amené à présenter à la Commission
administrative et financière un budget rectificatif afin de tenir compte
des ressources budgétaires disponibles, pour 2012.

A cet égard, je reste, avec le Secrétaire général, préoccupé par les
arriérés que nous enregistrons depuis quelques mois ainsi que la
baisse tendancielle des contributions volontaires. Et je salue le travail
conduit, à la demande du Secrétaire général, par Monsieur Philippe
SUINEN.

En attendant les résultats concrets auxquels ne manquera pas
d’aboutir – j’en suis convaincu – les recommandations du groupe de
travail conduit par Monsieur Philippe SUINEN, je voudrais cependant
signaler – comme j’ai eu l’occasion de l’indiquer devant la
Commission administrative et financière, mais également à la
Commission de coopération et de programmation – que nous avons
veillé, dans le cadre du budget réajusté, à maintenir la cohérence de
la programmation quadriennale, par le maintien des actions
stratégiques et structurantes, et en différant, à chaque fois que cela a
été possible, seulement les actions qui pouvaient l’être.

Cet exercice a été amplement facilité par la mise en pratique de la
méthode de gestion axée sur les résultats. En effet, la revue de
programmes – que j’ai effectuée avec toutes les équipes – a permis
un suivi plus méthodique de la mise en oeuvre des projets et de la
mesure de l’atteinte des objectifs qui leur sont assignés. Et en
conséquence, nous avons soumis à votre appréciation une
programmation réajustée au niveau des ressources prévisibles, tout
en maintenant – autant que possible, une cohérence d’ensemble.

Parallèlement, cela signifie également que nous allons poursuivre les
efforts engagés pour identifier les niches d’économies possibles au
niveau des frais de gestion et de fonctionnement. Cet exercice nous
amènera à prendre un certain nombre de mesures, pour lesquelles le
soutien de votre Conseil nous sera déterminant.

Cela étant, dans la mesure où ces postes de dépenses sont
pleinement maîtrisées, le passage à une programmation réajustée
peut se révéler une opportunité si nous l’inscrivons comme un prélude
à la réflexion stratégique que nous initierons prochainement. Une
réflexion qui devra permettre d’élaborer les orientations d’une
nouvelle programmation quadriennale fondée sur de nouveaux choix
et de nouvelles priorités en fonction du potentiel de mobilisation
effective des ressources.

C’est dans cette perspective que nous avons initié, à votre demande,
un travail de renouvellement de notre stratégie, respectivement, en
direction de la jeunesse et dans le domaine des technologies de
l’information et de la communication. Ce travail qui a mobilisé nos
équipes ainsi qu’un large éventail d’expertise de notre espace, a
abouti au dépôt de premières analyses qui feront l’objet d’échanges
plus approfondis au cours des prochaines réunions de la Commission
de coopération et de programmation, et dans la perspective du débat
général stratégique qui aura lieu l’année prochaine.

Dans le cadre de ces réflexions, j’ai d’ores et déjà tenu à associer les
responsables des structures nationales chargées de la Francophonie
que j’ai réunis à Paris en septembre dernier. Cette rencontre a été
précédée de six réunions régionales qui a permis de mieux éclairer
les voies d’une coopération renforcée au triple plan régional,
institutionnel et francophone, permettant de situer l’Organisation en
dehors de la logique de bailleur de fonds et de s’inscrire davantage
dans une relation solidaire et responsable où chaque Etat et
gouvernement membre est conçu comme un acteur majeur et à part
entière de la Francophonie.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Pour être à la hauteur des objectifs que nos chefs d’Etat et de
gouvernement nous ont assignés, nous recherchons les modalités
permettant d’étendre ou d’intensifier nos projets « phare ». Ainsi,
comme je l’ai déjà mentionné, les programmes CLAC, IFADEM ou
encore l’enseignement des langues nationales, attirent, quant à eux,
un intérêt financier de partenaires bi ou multilatéraux (AFD, ACDI,
etc.) ou privés.

C’est cette logique qui a présidé à la tenue des deuxièmes journées
du Plan de gestion stratégique consacrée à la thématique des
partenariats innovants.

Ces journées ont réuni près de 250 participants, dont de nombreux
représentants de nos États et gouvernements membres, des
représentants d’organisations internationales et régionales avec
lesquelles nous collaborons, des représentants des coopérations
bilatérales, des représentants des opérateurs de la Francophonie
ainsi que des acteurs de la société civile et du secteur privé. Le
colloque a été l’occasion de rechercher la meilleure complémentarité
possible avec des acteurs partageant avec la Francophonie des
engagements convergents.

De manière générale, et comme il a été largement souligné lors des
journées du Plan de gestion stratégique, le partenariat apparait
comme un pilier indispensable pour la coopération au développement
à double titre. D’abord en tant que nécessité pour favoriser la
rencontre des acteurs, l’enrichissement et la mutualisation des
moyens financiers, du savoir-faire, de la méthodologie et de la
crédibilité. Ensuite en tant que possibilité de généraliser ou de
décupler les effets levier des programmes de l’Organisation pour
toucher davantage les cibles de son action au plan quantitatif ou
territorial.

C’est pour avancer ensemble dans cette direction que je sais pouvoir
compter sur votre appui.

Je vous remercie de vous aimable attention.

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