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Lensemble de ces réseaux institutionnels - ainsi que les promoteurs des réseaux en émergence qui visent à regrouper les Hautes Autorités de laudiovisuel et de la communication dans une Union francophone des instances de régulation de la communication (Ufirc) et les compétences électorales au sein dun Réseau (Recef) - ont été invités à participer activement aux réunions dinformation et de concertation que la DDHD a organisées, notamment à Brazzaville (avril 2003) et à Marrakech (février 2004) ainsi quà Ouagadougou (juin 2004), à loccasion du Colloque organisé conjointement par lAIF et lAUF sur le développement durable. Ces différentes réunions ont permis daffiner le cadre de partenariat avec les réseaux pour la mise en uvre des engagements de Bamako comme pour celle du dispositif dobservation et dévaluation permanentes.
Les réseaux institutionnels ont de même été appelés à contribuer à la préparation du cadre stratégique décennal de lOIF ainsi quà la table ronde, organisée en marge de la réunion du Comité de suivi de Brazzaville, à Marrakech sur le thème « Partenariat et développement solidaire : la dimension des droits de lHomme ». Plus généralement, le rôle consultatif des réseaux a été renforcé pour lensemble des activités de coopération de la Francophonie avec leurs Institutions membres. Ce rôle sest également illustré à loccasion du Séminaire sur la gestion de la transition en République démocratique du Congo organisé à Kinshasa, en avril 2004 (voir la rubrique « La paix »).
Lensemble de ces partenariats actifs donne à la Francophonie une réelle assise à la fois pour approfondir la réflexion dans le domaine de la gouvernance démocratique, et contribuer avec une voix autorisée à lidentification et à la mise en uvre de projets porteurs. Ainsi, la DDHD a participé aux travaux du groupe mis en place par le gouvernement français sur « la gouvernance vue du Sud », à loccasion notamment dune réunion à Yaoundé (juillet 2003), en marge des travaux de la 2e Conférence internationale régionale de lInstitut international des Sciences administratives. Elle a aussi été associée à une réunion à Maputo (mars 2004) qui sinscrivait à la fois dans la perspective de la mise en uvre du Nopada/Nepad et du suivi de la concertation entre les Trois Espaces linguistiques.
Tous les acteurs impliqués dans ce domaine, représentants des Etats, Organisations internationales, OING, coopérations bilatérales, réseaux et personnalités du monde académique, ont participé aux travaux de lAtelier et du Forum sur la gouvernance, dans le cadre du Symposium sur laccès aux financements internationaux du développement (Paris, mai 2004). Les participants se sont engagés, à cette occasion, à mettre en place une plate-forme de concertation permanente afin de coordonner leurs démarches et leurs pratiques et de conjuguer leurs ressources.
Cest également en sappuyant sur ces espaces privilégiés de concertation et de production de pratiques institutionnelles et juridiques, que lOIF est à même de mobiliser une expertise avérée dans le cadre régional et international. Il en a été ainsi lors de la préparation et de la tenue de la première Conférence panafricaine sur « La justice, le droit et le développement », à Abuja (février 2003), sous légide de la Banque mondiale et de la Cour suprême du Nigeria. Cest cette même dynamique qui inspire les travaux du groupe « Droit et stratégies », chargé par le Secrétaire général dapprofondir les ressorts comparés de lefficacité des différents systèmes juridiques qui coexistent dans lespace francophone, afin de valoriser les initiatives les plus performantes, comme lOhada.
II. Accompagnement des processus électoraux
Expression symbolique et essentielle du retour au pluralisme, à la fin des années 1980, dans nombre de pays membres de la Francophonie, puis de lapprofondissement de la vie démocratique, les élections constituent lun des domaines où laction francophone sest particulièrement déployée. Cet engagement sest traduit par lenvoi de missions dobservation et par lappui au renforcement des capacités électorales. Forte de cette expérience, lOIF, comme elle lavait fait précédemment, à Bordeaux (1995), à Dakar (1997), puis lors de la préparation du Symposium de Bamako (2000) a entrepris une série de nouvelles concertations avec ses partenaires internationaux, notamment avec lONU, lUnion africaine, lUnion européenne et le Commonwealth. Cette réflexion partagée, à partir de ses modes dintervention et de ses pratiques, est destinée à préciser les ajustements souhaitables, à linterne comme dans les relations de lOIF avec ses partenaires, notamment la société civile. Dans ce cadre, la DDHD a notamment publié lintégralité des rapports des missions exploratoires et dobservation des élections, déployées par la Francophonie de 1992 à 2004.
1. Missions exploratoires et dobservation des élections
Le Secrétaire général, à la demande des Etats concernés et en concertation avec dautres Organisations internationales ou régionales impliquées, a continué de procéder à lenvoi de missions exploratoires et dobservation des élections.
Lobservation a été effectuée sur la base des principes directeurs adoptés en 1996 mais surtout sur celle de la grille dindicateurs contenus dans la Déclaration de Bamako (2000), dont les paramètres ont été largement précisés au cours de lannée 2004. A ce titre, les informations contenues dans les rapports élaborés au terme de ces missions concourent de façon notable à lévaluation in situ de létat du fonctionnement de la démocratie.
Ainsi, lOIF, en liaison étroite avec le Secrétariat général de lAPF, a envoyé neuf missions dobservation des élections dans huit pays membres en 2003-2004.
Missions dobservation des élections envoyées
Sept missions ont aussi été consacrées à lidentification des besoins électoraux, quil sagisse de la mission exploratoire au Cameroun en vue des élections présidentielles doctobre 2004 (23-31 juillet 2004), ou de missions concernant des pays en situation de crise ou de post-crise. Pour ces derniers, lorganisation et la tenue de scrutins fiables et transparents représentent un enjeu majeur devant marquer le retour à une vie politique réconciliée et à une normalisation de leurs relations avec la Communauté internationale. Au-delà de leur objectif premier qui est celui didentifier les modalités utiles de la contribution de la Francophonie, ces missions exploratoires se sont voulues loccasion dune mise à disposition immédiate, auprès des structures nationales compétentes, dune expertise qualifiée (élaboration des textes électoraux, organisation des travaux préparatoires). Observation et assistance se sont donc trouvées confondues dans une démarche spécifique.

2. Assistance électorale
Le renforcement des capacités de tous les acteurs impliqués dans le processus électoral est un volet essentiel des engagements pris par les Etats et gouvernements à Bamako (2000), avec le soutien de la Communauté internationale, afin dassurer la fiabilité du dispositif en vue délections non contestées.
A ce titre, les actions menées par la Francophonie, au cours des deux dernières années, outre les fonctions de conseil précédemment évoquées pour les pays en situation de crise ou de post-conflit, ont concerné : linformation et la sensibilisation des citoyens, la formation des agents électoraux, lappui logistique et le perfectionnement technique à lintention des structures chargées de lorganisation des scrutins, de la régulation médiatique et du contentieux électoral.
Missions exploratoires dépêchées
La Francophonie a aussi continué dapporter son soutien à la presse et aux ONG ainsi quà des rencontres nationales dévaluation des conditions de déroulement des scrutins, afin daccompagner les initiatives qui sinscrivent résolument dans le dispositif national dobservation et de veille.
En 2003 et 2004, les actions suivantes ont été menées :
Bénin :
- fourniture de matériels informatiques à la Commission électorale nationale autonome dans le cadre des élections législatives du 30 mars 2003 ;
- aide à lAssociation des femmes juristes du Bénin, pour la formation et la sensibilisation des femmes, à loccasion des élections législatives de 2003 et des élections municipales ;
- appui aux actions de formation et à lacquisition de matériels informatiques et bureautiques par la Cour constitutionnelle ;
- aide à la Cour suprême du Bénin pour lorganisation dun Séminaire de restitution sur le contentieux des élections locales.
Union des Comores :
- contribution financière à lorganisation du scrutin législatif pour les Assemblées des Iles et lAssemblée de lUnion, dans le cadre du Fonds fiduciaire multilatéral, géré par le Pnud ;
- mise à disposition dun expert de haut niveau auprès de la Commission électorale durant le premier trimestre 2004.
République démocratique du Congo :
- soutien à latelier spécifique consacré à la Commission électorale indépendante lors du Séminaire international sur « Le rôle des Institutions dappui à la démocratie dans la gestion de la transition en République démocratique du Congo » (avril 2004).
Guinée Bissau :
- prise en charge de la participation des observateurs de la Rencontre africaine des droits de lHomme (Raddho) dans le cadre des élections législatives du 28 mars 2004.
Haïti :
- dotations en matériels bureautiques et informatiques au Conseil électoral provisoire ;
- mise à disposition dune expertise de longue durée pour lélaboration des textes, touchant notamment le contentieux électoral et la régulation médiatique en période électorale, de même que lorganisation des étapes préparatoires aux scrutins de 2005 (août-septembre 2004).
Rwanda :
- financement de la publication des Actes de la Conférence internationale sur les élections (7-9 juin 2004).
La réunion déchanges sur les politiques multilatérales comparées en matière électorale, organisée par la DDHD à Paris, le 9 février 2004, a permis aux représentants de différentes Institutions impliquées dans lassistance électorale et lobservation des élections de poser les jalons propres à une redéfinition commune de leur cadre de partenariat en la matière.
La Francophonie a également pris part à trois rencontres sur les élections à :
Addis-Abeba, (15-17 mai 2004)
Organisée par lUnion africaine, cette réunion avait pour objet dexaminer les « Documents de la Conférence de Pretoria » relatifs aux élections, à la démocratie et à la bonne gouvernance, qui ont été ensuite soumis aux chefs dEtat de lUnion africaine lors du Sommet de Addis-Abeba (7-8 juillet 2004). Ces documents préconisent la création dune cellule électorale au sein du Département politique de la Commission de lUnion africaine et la mise en place dun fonds dassistance électorale.
Kigali, (7-9 juin 2004)
Les participants à cette Conférence, organisée par la Commission nationale électorale rwandaise sur « Les élections libres et transparentes : clés de la bonne gouvernance en Afrique », ont émis un ensemble de recommandations structurées autour de la nécessité de mettre en place un espace africain déchanges réguliers dexpériences en matière électorale et dappui à lorganisation des élections libres et transparentes sur le continent.
Ouagadougou, (28-30 septembre 2004)
A la demande du président de la Commission électorale nationale indépendante du Burkina Faso, en sa qualité de président de lAssociation des autorités électorales africaines, la Francophonie a soutenu, financièrement et scientifiquement, lorganisation dune Conférence extraordinaire de cette Association, sur le thème «Commissions électorales indépendantes comme soutien des démocraties émergentes en Afrique». Il sagissait, dune part, de mieux impliquer les pays francophones dans cette instance panafricaine, et dautre part, denrichir la collecte des informations et des pratiques pertinentes sur les questions afférentes aux moyens dagir des structures chargées du scrutin, aux listes électorales et à la formation de tous les acteurs concernés.
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III. Contribution à une vie politique apaisée
La Francophonie sest efforcée, à côté des Institutions officielles et des pouvoirs publics, dapporter son soutien à laffirmation du rôle et du statut des acteurs politiques et des Organisations de la société civile, aptes à générer des modes créatifs, adaptés et consensuels, de dialogue et de diffusion dune culture de la paix. Dans un premier temps, ses interventions ont porté en priorité sur les pays en sortie de crise. Partout ailleurs, la Francophonie sest attachée au renforcement des capacités de formation, de médiation et dobservation de structures actives, comme les Barreaux, les partis politiques, la presse et les Organisations non gouvernementales, de même quelle a tenu à accompagner les initiatives mobilisant les forces de réflexion.
Dans cette perspective, lOIF a notamment soutenu la valorisation de la démarche francophone dans la réflexion internationale sur les questions de gouvernance, de paix, de sécurité et de réconciliation nationale, à loccasion de Colloques et rencontres organisés à linitiative de :
lAssociation africaine de Sciences politiques (Durban, Afrique du Sud, juin 2003);
la Communauté de San Egidio (Aix-la-Chapelle, Allemagne, septembre 2003);
lUniversité de la Paix (Verdun, France, septembre 2003 et septembre 2004);
la Rencontre africaine pour la défense des droits de lHomme (Dakar, avril 2004);
lAcadémie Alioune Blondin Beye pour la paix (Cotonou, juillet 2004);
lUnion africaine, en concertation avec le gouvernement sénégalais, en vue de lorganisation de la Conférence des intellectuels africains (Dakar, octobre 2004).
La Francophonie a également appuyé la mobilisation des compétences des partenaires pour la sensibilisation et le renforcement des capacités des acteurs de la vie démocratique :
poursuite du partenariat avec Reporters sans frontières pour lanimation du réseau « Presse et démocratie » ;
appui à la radio Ndéké Luka animée par la Fondation Hirondelle, à Bangui, pour contribuer à la paix et au développement en République centrafricaine ;
création dune banque de données sur les partis politiques en Afrique centrale, sur la base dune enquête et dun Séminaire sur les politiques comparées en matière de formation des partis politiques, organisés à linitiative de lObservatoire des partis politiques de Kinshasa ;
réalisation dune enquête sur les droits économiques, sociaux et culturels par le Comité syndical francophone de léducation et de la formation ;
appui au séminaire de formation sur la médiation civile et commerciale organisé par le Barreau du Sénégal, en partenariat avec le Centre de formation à la médiation de lInstitut catholique de Paris (Dakar, mai 2004) ;
soutien au Colloque organisé par le Barreau du Congo, sur le droit à la santé et sur le rôle des comités nationaux déthique (Brazzaville, décembre 2003) ;
aide à lédition dun ouvrage collectif sur les questions migratoires, publié à linitiative de lAssociation africaine de Sciences politiques.
IV. Promotion dune culture démocratique
La Déclaration de Bamako (2000) a fait de lancrage des valeurs, et des droits correspondants, dans les esprits, les comportements et les pratiques, un enjeu fondamental, gage de la pérennité des efforts déployés dans dautres domaines. Linterdépendance entre démocratie et droits de lHomme, tout comme le caractère indivisible des droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels, y compris le droit au développement, ont conduit les Etats et gouvernements membres de lOIF à sengager à assurer la promotion dune culture démocratique intériorisée et le plein respect des droits de lHomme.
Dans cette double perspective, les actions de la Francophonie ont porté, non seulement sur le développement institutionnel, mais aussi sur léducation et la formation et sur la contribution aux efforts internationaux. Il sest agi, de plus, dapprofondir la réflexion sur une approche intégrée des objectifs de la Francophonie qui conjugue droits de lHomme, démocratie et droit au développement.
1. Développement institutionnel
Dans le prolongement de ses actions dappui aux Institutions nationales et aux réseaux qui les regroupent, la Francophonie a mis en place, sous limpulsion dun Groupe dinitiative composé des ministres compétents du Burkina Faso, du Congo, du Maroc et du Sénégal, un réseau des structures gouvernementales chargées des droits de lHomme dans lespace francophone.
Celui-ci a été institué à la Conférence de Brazzaville (avril 2003) et a été doté dun Comité de suivi, composé des représentants de 24 Etats et gouvernements membres, qui sest réuni pour la première fois à Marrakech (février 2004) où il a été officiellement installé dans ses fonctions par le Secrétaire général. Les travaux de Brazzaville et de Marrakech ont mis laccent sur le développement de la concertation francophone, lors des grands rendez-vous de lAgenda international, sur la mise en uvre des engagements internationaux relatifs aux droits de lHomme et à la démocratie et sur les modalités de la contribution utile du réseau au dispositif dobservation et dévaluation permanentes, prévu au chapitre V de la Déclaration de Bamako.

Le Comité a également recommandé un ensemble de mesures propres à renforcer les capacités des structures gouvernementales et à faciliter le déploiement des activités du réseau, en sappuyant sur la DDHD, en tant que secrétariat. Il a constitué son Bureau, présidé par le Maroc ainsi que par le Congo et comprenant sept Vice-présidents (Burkina Faso, Canada, France, Liban, Macédoine, Maurice et Sénégal). Dores et déjà, un appui en matériels informatiques et bureautiques a concerné le Haut Commissariat aux droits de lHomme et à la paix du Sénégal ainsi que le Comité déthique du Burkina Faso.
La Francophonie a décidé daccompagner en 2003 et 2004 les activités de lAssemblée des Instituts francophones des droits de lHomme, de la démocratie et de la paix en matière déducation et de formation.
2. Education et formation
Poursuivant ses actions en faveur des diverses catégories socioprofessionnelles, en sappuyant sur des organismes à la compétence reconnue en matière déducation et de formation aux droits de lHomme, à la démocratie et à la paix, la DDHD a soutenu :
la participation de francophones aux sessions de formation annuelles dInstitutions partenaires aux compétences éprouvées, telles que lAcadémie de droit international de La Haye, lInstitut international des droits de lHomme de Strasbourg, lInstitut international de droit humanitaire de San Remo, Italie, le Centre international de formation des avocats francophones de Cotonou, lInstitut arabe des droits de lHomme de Tunis - qui a notamment organisé en mai 2004 un bilan de la Décennie des Nations unies dans le domaine de léducation aux droits de lHomme - ainsi que lEcole nationale dadministration de Paris, qui organise des sessions annuelles avec le Comité consultatif national français des droits de lHomme ;
lédition ou la recherche en matière de publications pédagogiques, en collaboration, notamment, avec lAssociation mondiale pour lécole - instrument de paix, pour un ouvrage sur léducation aux droits de lHomme au Burkina Faso, ou avec lInstitut arabe des droits de lHomme de Tunis, pour lorganisation dun Séminaire sur « La place des droits de lHomme dans les programmes et les manuels scolaires de lenseignement secondaire » (Beyrouth, en 2003) ;
des opérations de sensibilisation aux droits de lHomme, à la démocratie et à la paix comme la 2e édition du concours de dissertation, organisée par le Bureau régional de lAIF en Afrique centrale, sur «La démocratie, la paix et le développement par référence à la Déclaration de Bamako» (20 mars 2003) ; le Colloque du Centre Césairien de Fort-de-France (juin 2003) ; la traduction de plusieurs ouvrages sur les droits de lHomme de larabe en français, en partenariat avec lInstitut arabe des droits de lHomme ; les programmes déducation populaire à lintention de la jeunesse africaine, mis en uvre par la Fondation canadienne des droits de la personne ; le Colloque des écrivains francophones pour la paix organisé conjointement par le ministère des Droits humains et par celui de la Culture (Ouagadougou, 17-20 novembre 2004) ;
des projets pilotes déducation à la citoyenneté et de formation des électeurs à la démocratie, lancés par le Comité syndical francophone de léducation et de la formation ainsi que le projet déducation à la citoyenneté en cours de lancement au Burundi, sous légide de la Fondation pour lUnité, la Paix et la Démocratie ;
lélaboration de plans nationaux pour les droits de lHomme, comme au Burkina Faso ou à Djibouti, dans le cadre de la tenue dun forum national, ainsi quen République démocratique du Congo, dans le cadre de la Transition.
A la lumière de la diversité des interventions en la matière, un Fonds francophone dinitiatives pour la démocratie, les droits de lHomme et la paix a été mis en place. Il comprend deux volets :
un Fonds de concours destiné aux Organisations de la société civile, aux ONG en particulier, qui fonctionne selon les critères et procédures habituels de lappel à propositions ;
un Fonds de partenariat fonctionnant dans le cadre dune relation contractuelle avec les réseaux institutionnels ainsi quavec lAssemblée des Instituts et Centres de formation, appelés à planifier et à présélectionner, en liaison avec la DDHD, mais selon leurs propres procédures, les requêtes émanant des Institutions membres et des organismes de formation.
Un premier appel à proposition du Fonds de concours a été lancé en septembre 2004, en vue de sélectionner une première série de projets au début 2005.
3. Contribution aux efforts internationaux
Conformément à la Déclaration du IXe Sommet de Beyrouth (2002), dans lesprit des recommandations de la Conférence des structures gouvernementales de Brazzaville (2003), et plus encore, de la réunion du Comité de suivi à Marrakech (2004), la Francophonie sest attachée à renforcer et à valoriser ses contributions aux efforts internationaux.
Réactivation des partenariats
A la suite des visites de travail du Secrétaire général, et en liaison avec les Représentations permanentes de lOIF, la DDHD sest employée à renforcer, dans le domaine des droits de lHomme et de la démocratie, ses relations de concertation et de coopération avec les Nations unies, en particulier le Haut Commissariat aux droits de lHomme, leProgramme des Nations unies pour le développement, lOrganisation internationale du travail et lUnesco. De même, à léchelle régionale, elle sest rapprochée de lUnion africaine, dans le cadre, notamment, de la Commission africaine des droits de lHomme et des peuples, des Organisations européennes, en particulier la Commission européenne et le Conseil de lEurope, ainsi quà léchelle communautaire, de la Ligue des Etats arabes et du Commonwealth. Quant au niveau non gouvernemental, il faut signaler lintensification de ses relations privilégiées avec la Fédération internationale des ligues des droits de lHomme (FIDH).
Des représentants de ces différentes Organisations ont ainsi été invités à sassocier, dès la phase préparatoire de grands rendez-vous de la Francophonie comme ceux de Brazzaville et de Marrakech, pour le Réseau des structures gouvernementales, ou celui de Paris, pour le volet « Gouvernance » du Symposium sur laccès aux financements internationaux du développement. Ils ont, de même, été impliqués dans la constitution du réseau dinformation et de concertation ainsi que dans des missions concertées dobservation délections.
Réciproquement, la Francophonie a apporté une contribution active et a soutenu la participation de délégués gouvernementaux et dexperts à dimportantes réunions et Conférences internationales organisées par ses partenaires internationaux :
sessions de la Commission des droits de lHomme des Nations unies (Genève, mars 2003 et avril 2004) ;
sessions de la Commission africaine des droits de lHomme et des peuples (Niamey, mai 2003 et à Banjul, Gambie, mai 2004) ;
1ère Conférence panafricaine sur la justice, le droit et le développement et réunion du Comité technique de suivi (Abuja, Nigéria, février et octobre 2003), sous légide de la Banque mondiale ;
Forum mondial des droits de lHomme que lUnesco a consacré à « La lutte contre toutes les formes de discrimination et dexclusion dans le contexte de la mondialisation » (Nantes, France, mai 2004) ;
Congrès et Forum de la FIDH sur « Démocratiser la mondialisation » (Quito, Equateur, mars 2004).
De façon plus spécifique, la Francophonie a entrepris de préciser avec le Secrétariat de la Commission africaine des droits de lHomme et des peuples les termes dune collaboration plus concrète, en particulier en matière de formation, de mise en uvre des instruments régionaux et dappui en expertise francophone.
Dans le même esprit, lOIF et le Haut Commissariat aux droits de lHomme ont tenu à Genève, en 2003, une réunion préparatoire qui a permis de déterminer les domaines et modalités de collaboration pour la prochaine Commission mixte prévue avec la nouvelle Haut Commissaire, Louise Arbour.
La principale initiative a consisté à assurer la présence et la concertation francophones lors de la 60e session de la Commission des droits de lHomme de lONU, du 15 mars au 23 avril 2004. La DDHD a ainsi mandaté une experte-consultante, ancienne conseillère juridique de la nouvelle Haut Commissaire aux droits de lHomme, pour suivre, aux côtés de la Représentation permanente de lOIF à Genève, lensemble des travaux de fond de la Commission, pour apporter son concours aux délégations des pays membres de lOIF et pour contribuer à lorganisation des consultations francophones. Celles-ci ont pris la forme dune rencontre des chefs des délégations francophones au début de la session, le 16 mars, puis de réunions dexperts, notamment à loccasion de la concertation organisée sous légide de la délégation suisse. Ces concertations ont permis aux délégations des pays francophones de sinformer mutuellement sur leurs préoccupations et leurs initiatives respectives, en vue de développer des stratégies convergentes dans des domaines dintérêt commun tels que léducation aux droits de lHomme, les droits culturels, le droit au développement, la démocratie, la question des migrations ou lappui au Nopada/Nepad.
Dans le prolongement de ces concertations, la DDHD a entrepris de suivre les mouvements dexperts et de fonctionnaires dans les organes des Nations unies chargés des droits de lHomme, en vue de développer, avec les pays membres de lOIF, des stratégies concertées dappui à la présence francophone.
Engagements internationaux
Afin de mener des actions utiles pour la promotion et lapplication effective des principaux instruments internationaux relatifs aux droits de lHomme, la Francophonie a mis en place un dispositif de suivi des ratifications et des rapports nationaux. Il sest concentré, dans un premier temps, sur les activités des organes et mécanismes conventionnels de lOrganisation des Nations unies et de lOrganisation internationale du travail ainsi que sur les procédures de la Commission africaine des droits de lHomme et des peuples. Ce dispositif, qui sarticule avec la fonction dobservation permanente menée par la DDHD, doit faciliter lélaboration de programmes dappui à la rédaction et au suivi des rapports nationaux ainsi quà lincorporation des normes internationales dans le droit interne.
Cest dans cet esprit que la Francophonie sest associée au Centre de recherches sur les droits de lHomme et le droit humanitaire (Credho) de lUniversité Paris-Sud pour publier la nouvelle édition du « Recueil juridique des droits de lHomme en Afrique ». Cest le sens également du soutien apporté au gouvernement nigérien pour présenter son rapport initial devant la Commission africaine des droits de lHomme et des peuples, lors de sa 35e session, en mai 2004.
4. Approche intégrée
Dans le cadre de la préparation du Xe Sommet de Ouagadougou, lOIF a cherché à identifier les moyens susceptibles de mieux intégrer lobjectif fondamental des droits de lHomme et de la démocratie à ceux du développement et de la diversité culturelle. Cette approche, fondée non pas seulement sur des besoins mais sur des droits propres à conférer un caractère durable et solidaire au développement dans les domaines de prédilection de la coopération multilatérale francophone, a inspiré un certain nombre dinterventions, en vue du Xe Sommet, notamment lors de la table ronde de Marrakech (février 2004), et surtout, du Colloque international de Ouagadougou sur le développement durable (juin 2004).
Cette réflexion, qui sinscrit dans les évolutions en cours à lONU ou à lUnesco, vise à dégager des orientations et des directives qui conjuguent les dimensions centrale et transversale des droits de lHomme et de la démocratie dans laction francophone.
Cest en ce sens que la Francophonie sest associée au lancement, en juillet 2004, de lObservatoire de la diversité et des droits culturels par lInstitut interdisciplinaire déthique et des droits de lHomme de lUniversité de Fribourg, Suisse.
Cest également lune des significations que revêt lengagement de la Francophonie dans un programme détude sur lefficacité comparée des différents systèmes juridiques, notamment en réponse au rapport publié par la Banque mondiale, sous le titre « Doing business in 2004 ».
Les Actes publiés de la table ronde sur la diversité et les droits culturels, organisée à Tunis par lOIF, avec lInstitut arabe des droits de lHomme, illustrent la volonté de la Francophonie de mieux prendre en compte la dimension juridique des enjeux et défis qui la mobilisent, dans la perspective, notamment, de lélaboration de la Convention de lUnesco sur la diversité culturelle mais aussi dans le cadre dobjectifs plus spécifiques du Millénaire, fixés par les Nations unies, comme celui de léducation ou celui du droit à la solidarité et à la paix.
V. Laction des maires
Opérateur spécialisé dans le développement urbain, lAssociation internationale des maires francophones (AIMF) rassemble 115 capitales et métropoles réparties dans 46 pays. Elle constitue, au sein de lOIF, le vecteur privilégié dune coopération décentralisée et dune démocratie de proximité.
Grâce à ses séminaires et ses colloques réunissant les maires, l'AIMF entend consolider la démocratie locale. Avec ses réunions thématiques, avec ses projets concrets, elle aide les maires à renforcer les capacités d'action des services municipaux et à améliorer les conditions de vie des populations.
1. Le maire médiateur
LAIMF a tenu sa 23e Assemblée générale à Dakar, du 22 au 24 octobre 2003, sur le thème « Le maire médiateur ».
Quatre commissions ont permis d'esquisser un tableau des expériences de médiation, réussie ou pas, dans les villes membres de l'AIMF. La plupart des maires ont en effet témoigné de cas concrets où le recours à la médiation a porté ses fruits. Ils ont également montré les limites de la médiation face à la persistance de certains conflits. Il est apparu que, d'une manière générale, les antagonismes économiques et sociaux sont le plus souvent liés à la volonté de modernisation municipale qui s'oppose à un mode de vie traditionnel. La création d'un marché, la maîtrise de l'habitat spontané, les règles de circulation ne font pas toujours l'unanimité.
Le maire est également médiateur dans les différentes institutions décentralisées avec lesquelles il collabore, notamment pour rapprocher certains services de l'Etat et les populations locales dans la gestion de la voirie et du domaine foncier. Des cas de conflits de compétences entre mairie centrale et mairies d'arrondissement, ville centre et villes périphériques, ont également été évoqués.
Face aux risques identitaires, la médiation est aussi apparue comme un moyen d'apaiser les tensions confessionnelles et sociales. En conclusion, les participants sont convenus que le maire n'est pas qu'un médiateur. Car il arrive toujours un moment où il lui appartient de prendre une décision parfois contre la volonté des parties et de l'opinion publique pour défendre le bien commun.
LAssemblée générale de Dakar a aussi été l'occasion, pour les membres du Bureau, denvisager le développement de l'association. En premier lieu, sous l'impulsion de son président, Bertrand Delanoë, une réflexion collective sur l'ouverture de l'association à un plus grand nombre de villes a été mise en place. Pour que l'AIMF soit le réseau des réseaux des villes francophones, il a ainsi été décidé d'offrir aux associations de villes la possibilité d'adhérer à l'AIMF.
A lissue de cette Assemblée, six nouvelles villes ont adhéré à lAIMF : Gao (Mali), Iasi et Ploiesti (Roumanie), Ngozi (Burundi), Tanger (Maroc) et Tillaberi (Niger).
Quelques mois auparavant, 15 maires sétaient réunis à Paris (juillet 2003) pour réfléchir sur la place de l'AIMF dans les instances internationales compétentes en matière de médiation. Il s'agissait des maires d'Abidjan (Côte dIvoire), de Bamako (Mali), de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), de Bouaké (Côte dIvoire), de Brazzaville (Congo), de Diego-Suarez (Madagascar), de Kaolack (Sénégal), de Mopti (Mali), de Ouagadougou et Ouahigouya (Burkina Faso), de Sikasso (Mali), de Yamoussoukro (Côte dIvoire), de Yaoundé (Cameroun) et de Ziguinchor (Sénégal), accompagnés de conseillers ou de coordonnateurs de quartier. En avril 2004, l'AIMF a réuni des délégations de quatre villes - Bamako, Cotonou, Dakar et Ouagadougou - pour élaborer une démarche de médiation dans la gestion des crises engendrées par les marchés de vente au détail. Ces derniers constituent un véritable enjeu car ils sont le reflet du sérieux, du professionnalisme de l'administration municipale et ils illustrent l'étendue des services qu'apporte une ville à ses citoyens. La maîtrise des conflits que peuvent engendrer les commerçants est un exemple de l'efficacité, de la capacité de médiation des autorités locales.
La 24e Assemblée générale se tient à Ouagadougou, du 23 au 25 novembre 2004, sur le thème «Rôle et moyens des villes dans le développement durable et la solidarité ».
Enfin, lAIMF a réuni ses membres lors de deux colloques :
à Phnom Penh, du 12 au 13 mars 2003, sur la «Décentralisation et aménagement de lespace urbain» ;
à Paris, les 30 avril et le 1er mai 2004, sur « Villes et nouvelles technologies de linformation et de la communication » (voir le chapitre « La coopération dans les domaines des technologies de linformation et des médias »).
2. Renforcement des capacités municipales
Par le biais de ses programmes de formation, avec son expertise et la réalisation d'outils adaptés, l'AIMF contribue à la diffusion des connaissances et des savoir-faire en matière détat civil et de
gestion municipale.
Modernisation de létat civil
Autour de l'état civil, apparaissent des enjeux économiques. En effet, si la maintenance de l'état civil est une charge pour la collectivité, ses dérivés sont rémunérateurs : cartes d'identité, passeports, cartes d'électeur, permis de conduire, droit au logement, scolarité, droit à la santé, informations statistiques.
Les enjeux politiques dérivés de l'état civil sont également très importants : reconnaissance de l'Homme dans son genre, dans sa nationalité, maîtrise des flux migratoires, sécurité internationale et nationale, démocratie.
Alors que dans certains pays l'état civil est centralisé, la méthode de lAIMF consiste à s'appuyer sur les municipalités, échelons administratifs en charge de l'état civil dans le cadre de la décentralisation actuellement en cours en Afrique.
Après avoir effectué l'état des lieux et étudié la faisabilité d'une telle opération, l'AIMF suscite la création d'un comité de pilotage, associant les élus locaux, les utilisateurs et les experts. De ce groupe émane l'expression et la spécification des besoins ainsi que la validation opérationnelle des solutions proposées puis retenues. Il est ensuite chargé de la stricte conformité des fonctionnalités du logiciel aux articles du code civil. Le groupe valide enfin les différentes options organisationnelles qui seront appliquées lors de la mise en uvre de l'outil informatique dans les services.
Depuis 2003, l'AIMF a étendu cette méthode et son savoir-faire aux villes de : Cotonou, Parakou et Porto-Novo (Bénin), Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), Yaoundé (Cameroun), Brazzaville et Pointe-Noire (Congo), Antananarivo et Diego-Suarez (Madagascar), Bamako, Kayes et Sikasso (Mali), Dakar, Kaolack, Thiès et Ziguinchor (Sénégal).
Pour renforcer sa démarche, l'AIMF entend promouvoir la coopération internationale francophone en matière d'état civil à travers un Observatoire de l'état civil pour les pays d'Afrique francophone.
L'Observatoire de l'état civil pour les pays d'Afrique francophone est un exemple de dialogue entre les villes et leurs autorités de tutelle.
Deux réunions de cet Observatoire ont eu lieu depuis 2003 :
à Dakar, du 20 au 22 octobre 2003, sur « Le rôle de l'Observatoire dans la structuration de l'état civil en Afrique de l'Ouest ». Les représentants des villes dAbidjan, de Bamako, de Conakry, de Dakar, de Niamey et de Ouagadougou ont donné une orientation sur les méthodes de travail à appliquer au sein de cet instrument. Ils ont notamment insisté sur la mise en oeuvre d'un enregistrement plus efficient des déclarations d'état civil qui suppose une action forte de sensibilisation des populations. L'Observatoire s'est également donné pour objectif d'appeler l'attention des élus et des responsables ministériels sur les difficultés rencontrées dans le secteur de l'état civil. A l'unanimité, ils ont souhaité que les outils et la démarche de l'AIMF soient validés par les représentants des Etats afin que les populations soient mieux associées à la modernisation de l'état civil. Ils ont aussi souhaité que les villes soient associées à la mise en place des états civils centraux garantie d'un système fiable, protecteur et ouvert à la mise en oeuvre de listes électorales incontestées ;
à Cotonou, du 21 au 23 septembre 2004, sur « La communication en matière d'état civil : une question de société ». Les acteurs de la communication, les initiatives à mettre en oeuvre ainsi que le rôle de l'AIMF ont été débattus au cours de cette réunion à laquelle ont participé des représentants élus, des représentants des Etats et des cadres municipaux. Pour la première fois, la ville de Port-au-Prince, Haïti, a participé à l'Observatoire, en qualité dobservateur, aux côtés des capitales africaines suivantes : Abidjan, Bamako, Bangui, Brazzaville, Conakry, Cotonou, Dakar, Lomé, N'Djamena, Niamey, Ouagadougou et Yaoundé. Cette Conférence a été suivie, le 11 et 12 octobre 2004, d'un échange par visio-conférence entre les représentants des villes et des Etats.
Ce choix, en matière d'animation de son réseau, permet à l'AIMF d'être à la fois plus réactive et plus collégiale dans la conduite de son programme de modernisation de l'état civil dans l'espace francophone.
Amélioration des services comptables
L'évolution des contextes juridique et économique des dernières années rend nécessaire la mise à disposition d'outils comptables et de gestion adaptés aux nouvelles responsabilités et obligations des maires. L'informatisation progressive de l'administration permet en effet d'obtenir une analyse des coûts et d'offrir aux maires un bon outil de prévision. En assurant ainsi un meilleur contrôle sur l'utilisation des deniers publics, la municipalité accroît l'efficacité et la transparence de son administration.

Quatre pays bénéficient de lextension de la solution informatique de gestion budgétaire mise en uvre par lAIMF : le Cameroun, avec Yaoundé et Douala ; Madagascar, avec Antananarivo et Diego-Suarez ; le Mali, avec Bamako ; le Sénégal, avec Dakar.
Un séminaire sur « Les recettes municipales : comment améliorer les finances de la ville? » sest tenu à Paris, du 14 au 18 juin 2004. Des directeurs administratifs et financiers, receveurs municipaux et inspecteurs, représentant les villes de Bobo Dioulasso (Burkina Faso), Douala (Cameroun), d'Antananarivo, Diego-Suarez et Toamasina (Madagascar), Dakar et Ziguinchor (Sénégal) et N'Djamena (Tchad) ont échangé leurs expériences sur ce sujet technique et décisif pour la modernisation des collectivités locales.
Les participants ont constaté que si la décentralisation et l'émergence des villes comme acteurs du développement urbain se traduisent par la recherche d'une plus grande implication financière des collectivités, les ressources ne suffisent pas à répondre aux nécessités de développement qui s'imposent à elles. En effet, le recouvrement des taxes municipales qui représentent jusqu'à un tiers des recettes locales, est souvent irrégulier. L'imposition directe ne constitue généralement pas une ressource suffisante pour les municipalités. Dans ces conditions, afin daugmenter les ressources propres des collectivités, les participants ont considéré quil est nécessaire destimer le potentiel fiscal de la ville, daméliorer le recouvrement des services marchands et de la matière imposable, dinnover en matière de fiscalité locale et de construire un cadre comptable et organisationnel transparent.
Afin de stimuler la coopération entre les villes membres d'une même zone géographique, l'AIMF a organisé à Port-Louis (Maurice), du 5 au 9 juillet 2004, un séminaire sur la « Mise en oeuvre de pratiques de gestion ». Cette réunion s'est inscrite également dans le cadre plus général de l'appui apporté par la Francophonie au processus de sortie de crise de lUnion des Comores.
3. Appui aux populations
LAIMF sattache également à améliorer les conditions de vie des populations des villes membres dans le cadre de la coopération décentralisée
francophone.
Santé de quartier
L'amélioration des conditions socio-sanitaires des populations et la lutte contre le VIH/Sida sont les deux grands axes d'intervention de l'AIMF dans le domaine de la santé. Cela se traduit d'une part par la construction de Centres de santé et, d'autre part, par la mise en place de Centres d'accueil et d'information sur le VIH/Sida.
Dans ce cadre, lAIMF a permis en 2004 la création :
dun Centre de dépistage et dinformation sur le VIH/Sida à Ouagadougou ;
dun département de petite chirurgie ophtalmologique dans le Centre municipal de Bamako ;
dun Centre de santé à Sikasso, Mali ;
dun Centre municipal durgence à Phnom Penh.
Equipements publics
L'AIMF finance des équipements publics à caractère commerciaux. Il s'agit de marchés de quartier et de marchés à bétail. Depuis le Sommet de Beyrouth, elle a permis le développement de ceux de Douala (Cameroun), Lubumbashi (République démocratique du Congo), Maradi (Niger), N'Djaména (Tchad) et Ouahigouya (Burkina Faso).
Des écoles et des Centres socioculturels ont été créés à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), à Porto-Novo (Bénin), à Praïa (Cap Vert), à Saint-Louis (Sénégal), à Vientiane (Laos) et à Yamoussoukro (Côte dIvoire).
Enfin, lAIMF a mis en place des Centres multimédias dans des établissements municipaux et dans des lycées publics (voir le chapitre « La coopération dans les domaines des technologies de linformation et des médias »).
Développement urbain
LAIMF a également soutenu des projets dassainissement :
l à Ho Chi Minh-Ville (Vietnam), alimentation en eau potable du secteur Hung Long ;
à Hué (Vietnam), assainissement du canal royal ;
à Phnom Penh (Cambodge), construction dune station de pompage ;
à Rosso (Mauritanie), réalisation dun centre denfouissement des ordures.
VI. Laction des parlementaires
Organe consultatif politique de lOIF, lAssemblée parlementaire de la francophonie (APF) regroupe 65 Parlements membres. Véritable « Parlement des Parlements » des pays de la Francophonie, elle constitue le trait dunion privilégié entre les peuples de lespace francophone et leurs gouvernants.
LAPF est considérée comme la « vigie de la démocratie » au sein de lespace francophone, uvrant en faveur de la promotion de la démocratie représentative et du respect des droits de lHomme. Elle est intangible sur un certain nombre de principes : tout pouvoir ne peut procéder que du suffrage universel exprimé à travers des processus électoraux fiables ; les Parlements doivent pouvoir assurer pleinement leur rôle de législateur et contrôler laction des exécutifs ; lopposition doit voir ses droits garantis. Cest sur leur fondement quelle nhésite pas à suspendre les Parlements des pays où lordre constitutionnel a été renversé :
cela lui confère une réelle expertise et une forte légitimité dans le cadre de la mise en uvre de la Déclaration de Bamako. Cest également en référence à ces principes quelle est amenée à participer aux missions de médiation ou dinformation organisées à sa propre initiative, ou demandées par lOIF dans les pays en situation de crise politique.
Le second axe de son engagement est le respect de la diversité culturelle et linguistique. Dans ce domaine, laction de lAPF est illustrée, en particulier, par la Déclaration en faveur dune Europe plurilingue (Strasbourg, 2003) et considérée aujourdhui comme un manifeste francophone dans le cadre de lélargissement de lEurope.
LAPF intervient pour renforcer la place des femmes dans la vie publique et pour faciliter laccès des jeunes à la citoyenneté. Elle sest aussi engagée dans la lutte menée contre la propagation du VIH/Sida, avec la création dun réseau parlementaire exerçant sa vigilance sur laction des pouvoirs exécutifs et diffusant linformation sur les initiatives prises dans ce domaine par les différents Parlements.
Reproduisant les systèmes de fonctionnement de ses membres, lAPF adopte au cours dune session annuelle les textes préalablement examinés par ses quatre Commissions permanentes : politique ; éducation, communication et affaires culturelles ; affaires parlementaires ; coopération et développement.
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