Sommaire De Ouagadougou à Bucarest, par Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
I. Paix, démocratie et droits
de l’HommeI. Les grandes étapes depuis le Sommet de Ouagadougou
II. Prévention et règlement des crises
et des conflitsIII. Sorties de crise, transitions,
consolidation et maintien de la paixDÉMOCRATIE, DROITS
DE L'HOMME ET ÉTAT DE DROITI. Développement institutionnel
et gouvernance démocratiqueII. Diversité culturelle
et linguistiqueI. La coopération internationale
en matière de gestion et de
régulation de la diversité culturelleII. Le développement des politiques
nationalesIII. La production et la diffusion
des produits et contenus culturelsIII. Technologies
de l’information et médiasI. Les défis de la société
de l’informationII. La présence francophone dans
le paysage médiatique internationalIV. Le français dans les organisations internationales
I. La place de la langue française
aux Nations uniesII. La place de la langue française
en EuropeIII. La place de la langue française
au sein des organisations africainesV. Éducation, formation, enseignement supérieur
et rechercheI. L’accès des enfants aux études
primairesII. L’enseignement et l’apprentissage
du français et en françaisVI. Solidarité et développement durable
I. La réduction de la pauvreté
dans une stratégie
de développement durableII. L’intégration des pays
en développement et des pays
les moins avancés à l’économie
mondialeVII. Une Francophonie modernisée
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Diversité culturelle et linguistique
L’adoption à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le 20 octobre 2005, de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, a consacré les efforts entrepris par la Francophonie au cours de ces dernières années au service de cette grande cause universelle. L’implication continue et multiforme de la Francophonie, fondée sur la Déclaration et le Plan d’action de la Conférence ministérielle de Cotonou (juin 2001), et sa capacité à entraîner l’adhésion de plusieurs espaces linguistiques partenaires ont conféré à son action une visibilité et une crédibilité renforcées.
Pour le Secrétaire général de la Francophonie : “La mobilisation francophone aura été exemplaire et nous devons nous féliciter de cette victoire et de l’engagement déterminé de nos États et gouvernements […] la bataille de la ratification est désormais cruciale. Quant à nous, OIF, il nous faut sur deux aspects nous mettre immédiatement au travail […] : le premier contrôle l’appui au renforcement des politiques et des industries culturelles du Sud ; le second concerne la mise en œuvre d’une coopération culturelle internationale renouvelée et renforcée.”
Au-delà de cette étape importante dans le processus de gestion et de régulation de la diversité culturelle, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) apporte en effet son concours à l’expression de cette diversité en encourageant le développement de politiques culturelles et linguistiques nationales mais aussi la production et la diffusion des produits et contenus culturels, notamment le livre, le cinéma et les échanges artistiques.
En 2005 et 2006, la Francophonie n’a pas ménagé ses efforts en faveur de la diversité culturelle à travers une série de grandes manifestations illustrant les richesses des expressions culturelles francophones. À Niamey (Niger), en décembre 2005, se sont déroulés les Ves Jeux de la Francophonie. Tout au long de l’année 2006, plusieurs centaines de manifestations ont marqué le festival francophone en France, baptisé “francofffonies !”. Le 100e anniversaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor a suscité un enthousiasme et une mobilisation dans le monde entier.
1. Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles
La Francophonie est l’un des artisans majeurs du projet de Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée à l’Unesco en octobre 2005, premier instrument juridique contraignant universel qui montre que la dimension culturelle des relations internationales est devenue un enjeu politique majeur du nouveau millénaire. La Convention établit un garde-fou contre les risques induits par une libéralisation sans entrave du secteur des biens et services culturels et audiovisuels.
Issue d’une négociation multilatérale, impliquant l’ensemble des États membres de l’Unesco, la convention se veut une réponse aux inquiétudes des pays développés et des pays en développement sur l’évolution de la culture à l’ère de la mondialisation.
Si la Francophonie s’est massivement mobilisée en faveur de son élaboration et de son adoption, c’est notamment parce que ses objectifs recoupent parfaitement les principes d’action défendus depuis toujours dans l’espace francophone. En effet, la convention en évoquant la protection et la promotion de la diversité, vise l’établissement d’un fondement juridique international pour les politiques culturelles nationales, le développement de la coopération culturelle et le renfoncement des industries culturelles du Sud.
Le vote du 20 octobre 2005, approuvant la convention, a couronné six années d’effort de la Francophonie. Le Secrétaire général de la Francophonie s’est employé, depuis, à faire aboutir les ratifications par les États le plus rapidement possible en mobilisant les acteurs concernés : l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, la société civile par le biais des 33 coalitions pour la diversité culturelle, les ministres de la Culture réunis au sein du Réseau international pour les politiques culturelles (RIPC), les groupes d’ambassadeurs francophones à l’Unesco, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à l’Organisation des Nations unies et à l’Office des Nations unies à Genève…
La ratification rapide et large de la convention est une condition de la progression du dossier de la diversité culturelle. Elle doit être plus large que les 30 ratifications nécessaires à la mise en œuvre de la convention pour refléter la quasi-unanimité révélée lors de la 33e Conférence générale de l’Unesco (148 votes pour, 2 contre et 4 abstentions) et, surtout, pour rendre réaliste l’objectif d’une maîtrise effective de la mondialisation dans ce domaine.
La mise en place des organes de la convention constitue la prochaine étape, et il convient de donner aux pays du Sud une représentation suffisante pour garantir la prise en compte de leurs points de vue.
La Conférence des parties doit élire le comité intergouvernemental dès l’entrée en vigueur de la convention. Ce dernier, composé de 18 membres, a un rôle stratégique dans la mesure où il élabore les projets de directives opérationnelles et les recommandations et où il décide de l’utilisation du Fonds international pour la diversité culturelle. La ratification de la convention revêt de ce point de vue aussi un enjeu important, puisque les 30 premiers États décideront de la composition des différents organes.
La poursuite du soutien à l’élaboration de politiques culturelles nationales et des capacités d’appui aux productions culturelles que protège la convention sera la vraie mesure de son succès. Néanmoins, cet objectif reste hypothéqué par l’éventuelle adoption de dispositions concernant l’audiovisuel dans le cadre de l’accord général sur le commerce et les services, négocié au sein de l’OMC, ou par des accords de libre-échange bilatéraux qui, sans clause de sauvegarde, pourraient compromettre l’avenir des industries culturelles des pays signataires. Afin de prévenir un tel risque, l’OIF a maintenu son dispositif de veille et d’alerte.
L’OIF s’est fortement investie ces dernières années pour susciter puis maintenir la mobilisation des États en faveur de l’adoption et de la mise en œuvre d’une convention à l’Unesco. Il s’agissait d’établir un cadre réglementaire international qui assure effectivement la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques, facilite le développement des politiques et des pratiques culturelles plurielles. Cette mobilisation a pris plusieurs formes, parmi lesquelles:
– la réalisation de trois études : “L’analyse pour la veille juridique” ; “Les enjeux économiques de l’adoption d’une Convention internationale sur la diversité culturelle” ; “Les accords de libre-échange avec les États-Unis”. Ces études, diffusées sur le site de la Francophonie et portées à la connaissance des États et gouvernements, ainsi que des ambassadeurs francophones à l’Unesco, leur ont offert des éléments de réflexion et une base solide d’argumentation pour défendre le pluralisme des expressions culturelles. Un document synthétique a été produit pour chacune d’entre elles.
– le soutien à la participation de 18 pays du Sud à la réunion des organisations professionnelles de la culture à Ouahigouya (Burkina Faso, 22-23 novembre 2004), en marge du XIe Sommet de la Francophonie.
– la réunion des ambassadeurs des trois espaces linguistiques à l’Unesco (26 octobre 2004) en présence des secrétaires généraux de l’OIF, de l’Organisation des États ibéro-américains (OEI), de l’Union latine et de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). Elle a permis une approche concertée du processus d’élaboration du projet de convention. Un peu moins d’un an plus tard, une seconde réunion (30 septembre 2005) a permis l’adoption d’une déclaration conjointe en faveur de l’adoption du projet de convention.
– l’appui à la participation de cinq experts spécialisés de pays membres (Bulgarie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire) à plusieurs sessions de négociations sur l’avant-projet de convention à Paris (20-25 septembre 2004 ; 31 janvier-12 février 2005 ; et 25 mai-4 juin 2005).
Recueil documentaire sur la diversité culturelle :
http://www.francophonie.org/diversiteculturelle/recueil.cfm
Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles :
http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001429/142919f.pdf
2. Coopération avec les autres aires linguistiques
La coopération avec les autres aires linguistiques s’est intensifiée à l’occasion de la réflexion sur le projet de convention. Elle a démontré l’intérêt de maintenir un contact régulier entre les espaces francophone, hispanophone, lusophone et arabophone. Ce lien est d’autant plus important que les organisations régionales et spécialisées trouvent à nouveau toute leur place sur le terrain de la concertation politique et de la défense des valeurs partagées dans un contexte mondialisé et uniformisateur.
La collaboration avec les autres espaces linguistiques partenaires, engagée en préparation du IXe Sommet de la Francophonie tenu à Beyrouth (Liban, 2002) sur le thème du “Dialogue des cultures”, figure désormais dans le Cadre stratégique décennal parmi les actions visant la préservation et la mise en valeur de la diversité culturelle et linguistique.
Née des réflexions menées avec le monde arabe, cette coopération originale s’est progressivement institutionnalisée et élargie aux organisations internationales représentatives des aires hispanophone et lusophone sur la base de leur origine latine commune.
Les cinq organisations des trois espaces linguistiques – l’OIF, le Secrétariat exécutif de la coopération ibéro-américaine, l’OEI, le Secrétariat exécutif de la CPLP et l’Union latine – sont passées de premiers projets conjoints dans les domaines linguistiques et technologiques à une collaboration sur le plan politique.
Les secrétaires généraux et exécutifs des trois espaces linguistiques ont invité, le 26 octobre 2004, au siège de l’Unesco les délégués permanents de leurs 80 pays membres. Afin d’assurer la visibilité de leurs actions communes, ils ont débattu ensemble de l’origine du dialogue des trois espaces linguistiques, de leur stratégie politique et de leur rôle en faveur de la diversité culturelle. Cette rencontre fut assurément un fait marquant de la collaboration des trois espaces linguistiques qui prenait ainsi une dimension nouvelle, basée sur la solidarité des espaces linguistiques partenaires dans une enceinte à vocation universelle.
Conscients de leur poids sur la scène internationale, et afin d’y faire valoir leur ferme résolution en faveur de la diversité culturelle, les délégués des trois espaces linguistiques à l’Unesco ont adopté, le 30 septembre 2005, une déclaration conjointe appelant les États membres à adopter le projet de convention, tel qu’issu des travaux du groupe des experts gouvernementaux, lors de la 33e Conférence générale qui devait s’ouvrir quelques jours plus tard. Cette déclaration, lue le 17 octobre 2005 par le Cap-Vert au sein de la commission “Culture” chargée d’examiner le projet de convention, a été vivement saluée par la communauté internationale.
Forte de ce succès, l’OIF souhaite aujourd’hui privilégier le dialogue politique qui permet un échange précieux d’informations sur les grands sujets d’actualité et, surtout, la mise au point de solidarités au service de positions communes sur la scène internationale.
La réforme de l’OIF et la création récente d’un nouveau Secrétariat général ibéro-américain, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande cohésion interne de cet espace et de donner aux communautés hispanophone et lusophone une voix propre dans les forums internationaux, ont encore permis de renforcer cette évolution. Ces nouvelles impulsions conduisent en effet les plus hauts représentants des trois espaces linguistiques à se réunir à nouveau, à Paris, en octobre 2006, afin d’intensifier leur dialogue, plus que jamais d’actualité suite à la session du Conseil exécutif de l’Unesco et à la veille des rencontres annuelles du RIPC et du Regroupement international pour le développement culturel.
Plus d’informations : http://www.3el.org
Enfin, le Forum permanent sur le pluralisme culturel poursuit ses débats, en trois langues, autour de cinq thèmes d’actualité : “Les enjeux géoculturels”, “Politiques publiques et culture”, “Économie et culture”, “Communication et culture” et “Maîtriser la mondialisation culturelle”. Pouvoirs publics, acteurs civiques et sociaux, entreprises, experts sont concernés par ces questions majeures:
Plus d’informations : http://www.planetagora.org
Pour garantir le renforcement de la diversité culturelle il est nécessaire d’aider les États et gouvernements à se doter de politiques culturelles, et d’améliorer l’efficacité de leurs choix et de leurs actions dans ce domaine. Il s’agit non seulement de faire face aux tendances uniformisatrices induites par la mondialisation et de préserver ainsi leur identité, mais aussi de concourir au développement économique, tant il est avéré que la promotion des industries culturelles consolide les stratégies globales de développement.
1. Appui aux politiques en faveur des créateurs et des acteurs culturels
À l’échelle nationale ou sous-régionale, l’action de l’OIF tend à soutenir les pays du Sud dans la définition et la mise en œuvre de politiques et de législations culturelles. Renforcer leurs capacités en matière d’organisation et de réglementation de la vie culturelle, contribuer au respect et à la protection des droits des créateurs, faciliter l’échange et la circulation de l’information sont les principaux objectifs de ce soutien.
Dans ce cadre, un appui financier a par exemple été apporté au Burundi pour l’élaboration de sa politique culturelle nationale. Le même objectif a conduit l’OIF à soutenir le colloque sur “L’apport des industries culturelles au développement durable des pays du Sud : l’approche francophone”, qui a réuni une centaine d’opérateurs culturels à Ouagadougou (Burkina Faso, 3-5 décembre 2004), et le Salon international des industries culturelles à Abidjan (Côte d’Ivoire, 26-30 avril 2005).
Deux approches complémentaires ont fédéré les choix des autres projets soutenus : l’une a concerné les droits et le statut des créateurs, l’autre s’est intéressée à la filière musicale par des actions de sensibilisation et de formation:
– soutien au programme d’appui aux politiques de structuration de la filière musicale dans les villes d’Afrique et des Caraïbes, initié par l’association Culture et Développement, dans trois capitales d’Afrique de l’Ouest (Abidjan, Dakar, Ouagadougou). Ce soutien s’est traduit en particulier par un séminaire de formation et de sensibilisation, organisé à Ouagadougou (29 novembre-3 décembre 2004) ;
– séminaire de formation à l’élaboration de projets et à la gestion d’entreprises culturelles de la filière musique, à Dakar (13-18 décembre 2004) ;
– formation de 27 entrepreneurs culturels de la filière de la musique d’Afrique de l’Ouest et de 21 entrepreneurs culturels de la filière musicale d’Afrique centrale, de 26 entrepreneurs culturels des filières du livre et de la musique d’Afrique du Nord ;
– formation de 36 magistrats, avocats, huissiers, policiers, douaniers et gendarmes nigériens aux droits d’auteurs et à la lutte contre la piraterie.
2. Aménagement du français et des langues partenaires africaines et créoles
Les situations linguistiques des pays membres du Sud sont généralement riches mais complexes : le français cohabite avec plusieurs langues de communication quotidienne qui, dans la plupart des cas, sont les seuls moyens d’accès à l’information pour les populations. Face à cette situation, chaque État a vocation à déterminer les conditions et les modalités de gestion de son multilinguisme. L’OIF s’engage, auprès des États qui le souhaitent, à favoriser le développement et l’usage des langues partenaires africaines et créoles, à faciliter leur inscription dans un environnement de l’écrit, en harmonie avec le français.
Cette démarche passe par la mise à disposition des pays qui le souhaitent d’une expertise-conseil en vue d’établir et/ou de mettre à jour des politiques linguistiques nationales et des plans d’aménagement linguistique. Dans le cadre de la stratégie retenue par le Plan d’action de Cotonou (Bénin, 2001), l’OIF suscite des actions de partenariat linguistique avec d’autres institutions et organismes, encourage la concertation et l’échange d’informations entre gestionnaires des langues des différents pays et assure la production de publications.
Ainsi, l’OIF a participé à l’organisation (octobre-décembre 2004) de sept stages de formation pratique des terminologues des pays suivants : Burkina Faso, République centrafricaine, Guinée, Haïti, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Roumanie et Sénégal, ainsi qu’à la tenue d’un stage de formation à l’intention de 45 participants en provenance de 12 pays sur le thème “Terminologie et société” à Dakar (Sénégal).
Afin de créer un réseau d’expertise au Sud permettant la mise en commun de la réflexion et le partage des compétences, l’OIF a soutenu la réunion du Conseil international francophone des langues, ainsi qu’un atelier francophone dans le cadre de la rencontre annuelle du Consortium Unicode à Berlin (Allemagne, mai 2005). De même, les publications des Cahiers du Rifal et de quatre numéros de la collection “Langues et développement” entretiennent une circulation régulière de l’information sur l’aménagement des langues.
D’autres éditions d’ouvrages ou de revues ont été soutenues :
– publication et diffusion de quatre numéros de la revue Études créoles ;
– soutien à la numérisation du Grand Dictionnaire encyclopédique de la Côte d’Ivoire ;
– édition de quatre ouvrages bilingues français/langues nationales sénégalaises à l’usage des centres villageois et des écoles.
Les travaux du Réseau international des langues africaines et créoles sur le projet “Élaboration des dictionnaires plurilingues africains DICO+”, regroupant la coordination scientifique et les équipes techniques nationales (Burkina Faso, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal), se sont poursuivis.
L’OIF a également soutenu, en janvier 2005, la maison d’édition Champion-Électronique pour la réalisation de banques de textes littéraires numérisés, l’une constituée d’un large échantillon de la littérature française, l’autre des littératures francophones d’Afrique et de l’océan Indien des origines aux indépendances.
Dans le cadre de la promotion des langues africaines et créoles, la Francophonie a contribué à la première édition du Festival des langues d’Afrique, qui s’est tenue en République démocratique du Congo, du 12 au 14 juin 2006. L’OIF apporte également un soutien substantiel à l’Académie africaine des langues basée au Mali, devenue en 2006 une institution spécialisée de l’Union africaine.
La 6e édition du Prix Kadima, créé pour donner une impulsion aux recherches appliquées sur les langues nationales des pays francophones et encourager la création littéraire et la traduction dans ces langues, a été également lancée en 2006.
Une réflexion en profondeur de l’ensemble du projet “Aménagement du français et des langues partenaires africaines et créoles” est en cours afin de permettre une programmation plus resserrée avec des résultats escomptés plus visibles.
3. Soutien aux industries culturelles
Fonds de garantie des industries culturelles
La sensibilisation des pouvoirs publics à la prise en compte des industries culturelles dans les stratégies nationales de développement et de lutte contre la pauvreté a permis de mettre en place en 2003 le Fonds de garantie des industries culturelles (FGIC) dans un certain nombre de pays africains.
Ce fonds facilite l’accès des entreprises culturelles au financement, tout en minimisant le risque pour l’établissement de crédit qui finance un projet culturel. En prenant en charge une partie du coût du risque des opérations financées, le FGIC permet aux établissements de crédit de soutenir des projets considérés comme trop risqués.
Il est opérationnel dans les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Togo, Tunisie.
Afin de promouvoir le FGIC auprès des établissements financiers et de ses utilisateurs potentiels, une réunion d’information a été organisée à l’occasion du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (novembre 2004). De même, l’OIF a participé au Salon international sur le financement des entreprises, organisé à Lomé (Togo) par le Circuit de financement. Deux rencontres banquiers-entrepreneurs culturels ont aussi eu lieu, l’une en marge du séminaire sur la filière image pour la zone Afrique du Nord à Hammamet (Tunisie), et l’autre en marge du séminaire sur la filière musique pour la zone Afrique centrale à Yaoundé (Cameroun).
Formation
La mise en place de ce dispositif s’accompagne de formations à l’attention de cadres des banques pour améliorer leur capacité à analyser des projets culturels ainsi que des promoteurs culturels en vue de renforcer leurs compétences dans la formulation, l’analyse et le montage de projets culturels.Deux séminaires de formation sur “L’analyse du risque culturel” et huit autres sur “La formulation de projet et gestion d’entreprises culturelles” ont été organisés en Afrique, à l’intention des banquiers et des entrepreneurs culturels :
– Afrique de l’Ouest : un séminaire de formation et de sensibilisation pour les banquiers à Lomé, et cinq séminaires pour les entrepreneurs culturels : pour la filière image à Bamako (Mali) et Ouagadougou (Burkina Faso), pour la filière musique à Dakar (Sénégal), et, enfin, pour la filière livre, à Ouidah (Bénin) et à Niamey (Niger).
– Afrique du Nord : un séminaire de formation et de sensibilisation pour les banquiers à Rabat, et deux séminaires pour les entrepreneurs culturels, dont l’un pour la filière musique et édition à Casablanca (Maroc) et l’autre pour la filière image à Hammamet (Tunisie).
– Afrique centrale : un séminaire de formation pour les entrepreneurs culturels de la filière musique à Yaoundé (Cameroun).
Au total, environ 300 entrepreneurs des filières édition, image et musique ont été formés.
De plus, 23 experts et opérateurs économiques africains ont été formés en tant que formateurs. Progressivement, un réseau informel d’experts des secteurs culturels et un groupe de formateurs se constituent en Afrique. Il sert de relais d’information et de formation dans le domaine de l’économie de la culture.
Au-delà de la sensibilisation aux enjeux politiques de la diversité culturelle et du soutien apporté à la définition de politiques nationales adaptées dans les pays du Sud, l’OIF mène des actions de terrain. Elle appuie en effet les filières de l’audiovisuel – fonds de soutien à la production, diffusion et exploitation – et du livre – lecture publique, Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) et diffusion – tout en assurant la circulation des artistes – arts vivants et arts visuels.
De plus, des actions transversales, mentionnées dans d’autres chapitres de ce rapport, sont menées dans le domaine de la diversité linguistique (en faveur de la langue française au sein des institutions européennes, africaines et du mouvement olympique, des langues partenaires et de la diversité linguistique dans les systèmes éducatifs) et des technologies de l’information et de la communication (gouvernance de l’Internet, numérisation des patrimoines écrits et langues partenaires, etc.). Les appuis apportés par la Francophonie aux télévisions du Sud sont mentionnés au chapitre III.
1. Diffusion et circulation du livre francophone
La lecture publique, et donc l’accès aux livres, aux journaux, à l’information représente un enjeu majeur pour les pays en développement. Le succès des Clac témoigne de l’attente et du besoin de lecture des populations, surtout dans les zones les plus reculées. Le réseau des Clac, la meilleure intégration de la lecture publique dans les politiques culturelles et le soutien à la diffusion et à la circulation du livre francophone débouchent sur l’émergence d’une filière livre de mieux en mieux structurée.
Les actions menées par l’OIF ont parallèlement permis d’offrir une meilleure visibilité et facilité l’accès au secteur par la participation des professionnels aux grandes manifestations régionales et sous-régionales comme par l’organisation de prix littéraires.
Implanté dans des agglomérations rurales de 5 000 à 20 000 habitants, le Clac est un espace de convivialité, de loisir et de culture. Il regroupe une bibliothèque, une salle polyvalente, un équipement audiovisuel et, pour certains, un équipement informatique.
L’OIF apporte son expertise pour le choix de l’implantation du local, forme des cadres nationaux et offre l’équipement et les dotations : un minimum de 2 000 livres, 50 journaux éducatifs, 30 films ou documentaires sous forme de cassettes vidéo, une antenne parabolique, un téléviseur, un magnétoscope et une minichaîne radiocassette. À cela s’ajoutent, dans certains cas, des capteurs solaires ou un équipement informatique connecté à Internet. En accord avec le pays concerné, l’OIF assure un suivi régulier du bon fonctionnement et le renouvellement des matériels.
La réforme des Clac
En 2006, 215 Clac intégrés dans 20 réseaux implantés dans 18 pays sont en activité. Tous n’atteignent pas les mêmes niveaux de performance, qui varient selon de nombreux facteurs liés au milieu mais principalement aux taux d’alphabétisation, de scolarisation et de locuteurs francophones. Toutefois, les abonnés aux prêts de livres dans un Clac sont proportionnellement deux fois plus nombreux que ceux des bibliothèques des pays du Nord. En moyenne, les activités d’un réseau fonctionnel représentent 160 000 visiteurs, 6 000 abonnés pour 90 000 prêts d’ouvrages (78 % des abonnés ont moins de dix-huit ans), 8 500 prêts de jeux pour 60 000 utilisateurs, 800 projections vidéo pour un public de 30 000 spectateurs, 130 spectacles, concours ou conférences pour 14 500 participants.
La réforme du programme, engagée à titre expérimental en 2003 dans deux pays, le Burkina Faso et la Mauritanie, a été menée à terme. Elle a pu démarrer dans cinq nouveaux pays (Burundi, Haïti, Madagascar, Maurice, Rwanda) désireux d’initier ou de développer une politique nationale de lecture publique, dans la perspective de la création d’un réseau de bibliothèques couvrant l’étendue de leur territoire. Des missions d’expertise et des études de faisabilité ont été menées à Maurice (20 novembre-8 décembre 2004), en Haïti (13-28 février 2005) et au Rwanda (11-22 avril 2005) pour évaluer le fonctionnement et les besoins des réseaux de lecture publique, informer les autorités du pays sur les enjeux de la réforme et identifier des partenaires techniques et financiers potentiels.
Du fait de son caractère expérimental, chaque étape de la mise en œuvre de la réforme nécessite un long travail de réflexion et une adaptation constante du concept “Clac” aux réalités et aux moyens de chacun des pays concernés. Ainsi, la réforme avance à un rythme différent selon les pays : à Madagascar, la lecture publique a officiellement intégré la politique culturelle du pays. En avril 2005, le gouvernement a voté la loi créant le Centre malgache de lecture et d’animation culturelle. Les infrastructures allouées au centre ont été réhabilitées. La sélection et l’acquisition des dotations (24 000 livres) pour 12 nouveaux Clac ont été effectuées.
Au Burundi et à Maurice, les textes de loi sont en cours d’adoption par les gouvernements respectifs. Les cadres du futur Centre burundais pour la lecture et l’animation culturelle ont été formés entre juin et décembre 2005. En Haïti, les textes de loi ont été adoptés par le gouvernement en mars 2006. Le responsable de la lecture publique du Rwanda a effectué un séjour dans les Clac de Madagascar et du Burundi. Les statuts du futur centre national sont en cours d’élaboration.
Localisation des réseaux de Clac
Cliquez pour agrandirConsolidation du réseau des Clac et soutien au fonctionnement courant
La mise en place de nouveaux réseaux ne se fait pas au détriment de la consolidation des Clac existants, bien au contraire. L’OIF soutient fermement ces derniers par l’apport de nouveaux équipements et le renouvellement des dotations.
En 2005, 85 600 ouvrages ont été sélectionnés, acquis, reliés, traités et expédiés. 14 coordinations de réseaux Clac ont reçu du matériel informatique fonctionnel, 14 autres ont vu remplacer leur matériel déficient. Tous les réseaux en activité ont bénéficié d’une remise à jour de leurs outils de gestion, de leurs équipements audiovisuels et de leur matériel didactique.
Les animateurs et les coordonnateurs sont régulièrement formés : aux Comores, en Guinée, au Niger, au Sénégal, au Tchad et au Togo (2005-2006). Parallèlement, l’évaluation des réseaux demeure une priorité pour garantir leur pérennité. Elle a concerné les Clac de Madagascar, du Burkina Faso, de Guinée, du Tchad, du Liban, du Bénin, du Niger, du Sénégal et du Burundi. Par ailleurs, le processus de décentralisation de la gestion des réseaux dans les bureaux régionaux de l’OIF s’est encore renforcé par la délégation accrue à son Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest d’opérations relatives à la gestion technique et financière des réseaux Clac de l’Afrique de l’Ouest.
Formation à l’édition
Formation à l’édition
L’OIF maintient une politique active de formation dans les divers métiers du livre et facilite l’expertise et l’assistance technique aux États et aux entreprises du Sud dans le secteur de l’édition.
Quatre sessions de formation ont eu lieu en 2005-2006 au Centre africain de formation à l’édition et à la diffusion (Cafed) de Tunis pour environ 30 participants, sur “L’édition électronique” (4-15 juillet 2005), le “Secrétariat d’édition du livre” (3-10 décembre 2005 et 19-30 juin 2006) et la “Gestion de projet manuel scolaire” (9-13 mai 2006). Deux autres sessions décentralisées ont été organisées sur la formulation des projets à Niamey (Niger, juillet 2005) et sur la gestion collective des droits d’auteurs à Ouagadougou (Burkina Faso, avril 2005).
Le Cafed a célébré le 20 mai 2005 à Tunis ses quinze ans d’activité. Ce programme décentralisé du livre avait en effet été mis en place en 1990, grâce à un accord avec le gouvernement tunisien, afin d’assurer la formation permanente des professionnels dans les métiers du livre. Deux axes de travail prioritaires ont fondé, depuis le départ, l’action du Cafed : le livre scolaire, priorité des priorités en
Afrique et la diffusion du livre de littérature générale.
Le bilan présenté à l’occasion de cet anniversaire est riche : 546 professionnels de 28 pays francophones du Sud et 3 du Nord ont été formés aux différents métiers de la chaîne du livre : de la politique éditoriale à la librairie, en passant par la gestion, la fabrication et la diffusion-distribution.
Ces résultats n’ont pu être obtenus que grâce à une politique volontariste de formation de formateurs qui a permis de doter l’Afrique francophone de compétences humaines dans les métiers du livre : 34 formateurs ont ainsi rayonné sur le continent, démultipliant la mission du Cafed sur le terrain à l’occasion de sessions décentralisées de formation ou au service de militants du livre, comme le Réseau des éditeurs africains, et d’organismes internationaux comme l’Unesco ou la Banque mondiale.
Les libraires ont également reçu des formations, en collaboration avec le Bureau international de l’édition française, à Beyrouth, Antananarivo et Yaoundé. Une trentaine de libraires des pays du Sud ont participé à des projets de promotion dans 100 écoles partenaires. L’OIF s’est également associée à l’Association internationale des libraires francophones pour la formation des libraires, la promotion du livre et de la littérature francophones, et le développement de la communication en réseau pour les professionnels du livre francophone.
Promotion et diffusion du livre francophone
Grâce à ce vivier de professionnels du livre, les ouvrages de qualité se sont multipliés mais leur diffusion et leur circulation ont été difficiles à réaliser efficacement, la connaissance et la disponibilité du fonds littéraire francophone demeurant trop réduites. L’OIF s’est donc engagée à soutenir plus fortement ce maillon de la chaîne du livre à l’occasion des salons, foires du livre et autres rencontres interprofessionnelles, qui ouvrent aux éditeurs du Sud un meilleur accès au marché international du livre et leur permettent de développer des partenariats (coédition, codistribution, cession de droits).
L’OIF a ainsi assuré la participation de 45 éditeurs (du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Maroc, du Sénégal, de Guinée) à sept foires et salons (quatre dans les pays du Sud et trois dans les pays du Nord) en 2005. En mars 2006, des professionnels du Sud étaient présents au Salon international du livre de Paris, qui a mis à l’honneur la Francophonie, et à celui de Québec.
Pour faciliter le chemin du livre jusqu’à son lecteur et acheteur potentiel, l’OIF s’est engagée dans la diffusion avec Afrilivres, qui propose la commande en ligne de tous les titres non scolaires publiés par 54 éditeurs d’Afrique francophone regroupés en association. Son cyber-catalogue regroupe plus de 1 300 titres disponibles.
Plus d’informations : http://www.afrilivres.com
L’OIF soutient les éditions Riveneuve pour la publication des deux numéros annuels de La Revue des littératures de langue française, qui contient les extraits des ouvrages finalistes des prix littéraires de la Francophonie.
Les prix littéraires de la Francophonie
De façon complémentaire, l’OIF organise et soutient des prix littéraires destinés à favoriser et à mettre en valeur la création littéraire et éditoriale dans l’espace francophone.
En 2004, le Prix des cinq continents de la Francophonie, qui consacre annuellement un roman témoignant d’une expérience culturelle spécifique enrichissant la langue française, a été attribué à Mathias Enard, pour son livre La Perfection du tir, publié chez Actes Sud. Le prix lui a été remis à Ouagadougou, le 20 novembre 2004, en marge du Xe Sommet de la Francophonie et à l’occasion du Forum des écrivains et intellectuels francophones.
La cérémonie de remise du Prix des cinq continents s’est déroulée le 11 octobre 2005 au Palais des Académies à Bruxelles. Le prix a été attribué à l’écrivain congolais Alain Mabanckou pour son roman Verre Cassé paru aux éditions du Seuil (France).
La remise du Prix de la Francophonie a lieu une année sur deux à Bruxelles pendant la manifestation annuelle Fureur de lire. À ce titre, les 12 et 13 octobre 2005, les membres du jury, ainsi que le lauréat, ont participé aux débats “Quelle littérature pour quelle Francophonie”, organisé à la bibliothèque publique de Louvain-la-Neuve, et “Littérature et développement : en route vers l’idéal ?”, organisé à la Maison du Livre de Bruxelles.
Le Prix du jeune écrivain francophone récompense des œuvres inédites en prose écrites en français par des jeunes, âgés de quinze à vingt-sept ans, de nationalité autre que française. Il a été décerné en 2005 à Mireille Gagne (vingt-deux ans, Canada) pour Des oies vertes mangeaient dans mes yeux.
Le Prix d’édition Alioune Diop, en récompensant la qualité éditoriale et la conception graphique, contribue au renforcement des capacités éditoriales en Afrique francophone et à l’émergence de maisons d’édition africaines de qualité. Le premier prix a mis en valeur le travail de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, le second prix est allé aux éditions Ruisseaux d’Afrique du Bénin. Ces prix ont été remis dans le cadre de la 10e Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar en décembre 2005.
Le Prix Kadima pour la valorisation des langues africaines et créoles, récompense tous les deux ans la meilleure œuvre dans les trois domaines suivants : Prix des langues (étude linguistique ou production d’outils didactiques) ; Prix de littérature (tous genres confondus, écrits ou oraux) ; Prix de traduction (du français vers les langues partenaires ou inversement). Il en est à sa 6e édition.
L’OIF soutient enfin le Prix Afrique de l’Association des écrivains de langue française. En 2006, il a été décerné à Véronique Tadjo pour Reine Pokou, Concerto pour un sacrifice, publié chez Actes Sud.
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Spectacles, expositions, colloques, publications, concours, projections… de Dakar à Hanoi, d’Alexandrie à Genève ou de Bruxelles à Kinshasa, des milliers de manifestations sont organisées tout au long de l’année 2006 à travers l’espace francophone, pour célébrer le centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor.
Sur proposition de son Secrétaire général, l’OIF rend hommage au chef d’État, à l’homme de lettres, au promoteur de la diversité culturelle, qui personnifie les valeurs, les combats et les idéaux de la Francophonie moderne dont il a été l’un des pères fondateurs.
États et gouvernements membres de la Francophonie, institutions culturelles, créateurs, intellectuels et artistes de tous horizons qui, en plus du français, ont l’héritage de Senghor en partage, ont répondu à l’appel de l’OIF en multipliant les initiatives pour enrichir le contenu et le programme de cette Année Senghor.
Quelque 2 200 manifestations éclairent l’œuvre de Senghor, interrogent les esprits, exhument une mémoire parfois méconnue. Des actions dans les écoles, des séminaires proposés aux étudiants, des concours de dictées, des conférences et des projections de films, en passant par des soirées littéraires et musicales, les formes ne manquent pas pour célébrer la vie et l’œuvre du poète-président.
Parallèlement, 20 pays ont décidé d’éditer un timbre commémoratif et 20 capitales baptiseront une rue, une place du nom de Senghor.
Parmi les temps forts de cette célébration, il faut retenir le concert des vingt ans des Sommets francophones à Bucarest le 20 mars 2006, la Journée internationale de la Francophonie organisée dans le monde entier, le colloque “Senghor et les puissances de l’écriture” organisé le 9 octobre 2006 à la Bibliothèque nationale de France, l’exposition “L’Universel ?” présentée en novembre-décembre à l’Unesco.
Au Salon du livre de Paris (17-23 mars), un espace de 800 m2 était dédié à la diversité et l’expression de toutes les cultures francophones. Cet évément a vu le lancement de francofffonies !, le festival francophone en France, et a accueilli de nombreuses manifestations autour de Senghor. Parmi elles : deux tables rondes sur “Senghor aujourd’hui” et “Senghor, père fondateur de la Francophonie” ; la remise du Grand Prix international de poésie Senghor organisé par la Nouvelle Pléiade.
Senghor est aussi célébré au-delà de l’espace francophone grâce notamment au réseau des Alliances françaises d’Europe et des États-Unis.
L’Année Senghor, c’est également une occasion pour la Francophonie de produire, de coproduire ou de soutenir la production d’œuvres de référence sur Senghor. Expositions, livres, cd et dvd, autant de supports créés dans le cadre de partenariats et qui donnent l’occasion à chacun de s’immerger dans l’univers du Président Senghor www.senghor.francophonie.org, le site Internet mis en ligne en décembre 2005, permet de visualiser les projets qui ont reçu le label “Année Senghor”, les activités organisées par les États et gouvernements membres ou encore de consulter un dossier bibliographique sur Léopold Sédar Senghor.
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Le festival francophone en France célèbre le visage d’une Francophonie moderne, vivante, créative, engagée et enracinée dans les 63 pays qui la composent sur les cinq continents.
Artistes, écrivains, entrepreneurs, scientifiques, intellectuels invités mettent en valeur les réalités de la Francophonie, la richesse et la vitalité de leurs cultures. Depuis le 16 mars 2006 et jusqu’en octobre 2006, plus de 4 000 artistes et personnalités du monde francophone participent à plus de 450 manifestations sur l’ensemble du territoire français. http://www.francofffonies.fr
“francofffonies ! le festival francophone en France, initié par la volonté du président de la République, célèbre de mars à octobre 2006 la diversité des 63 États et gouvernements membres ou associés de l’OIF. Et, au-delà, de tous ceux qui veulent partager l’aventure francophone ; car celle-ci n’est pas affaire de frontières.
Ce festival a pour vocation, en réunissant artistes, entrepreneurs, écrivains, scientifiques, intellectuels, venus de tous les horizons, de mettre en valeur les réalités de la Francophonie, la richesse et la vitalité des peuples qui la composent. Et d’illustrer aussi les combats pour l’égale dignité des cultures.
La Francophonie a pris son essor après la décolonisation à partir de la culture, et s’est progressivement élargie aux droits de l’Homme, à la démocratie et au développement durable, dans une volonté de faire cohabiter et progresser ensemble des peuples et des traditions que tout, dans la durée, devait séparer. L’édification d’une géopolitique originale fondée sur les solidarités historiques et culturelles en fait un modèle possible pour une autre mondialisation.
Le français appartient à tous ceux qui le parlent, à ceux qui en ont hérité comme à ceux qui l’ont choisi et qui l’enrichissent de leurs apports continuels. L’objet du festival est de prendre au mot les paroles de liberté, d’égalité, de diversité qui s’expriment aujourd’hui sur les cinq continents en langue française.
Il s’agit encore de montrer que la France est elle aussi francophone, dans les tissages de son identité, en invitant l’Hexagone à se confronter aux singularités culturelles et à partager, sans peur, tous les cousinages qui l’ouvrent à une autre vision de la mondialisation, créative et joyeuse.
Le festival francophone en France est une grande fête des dits et des écrits, des gestes et des couleurs, échappés aux frontières des peaux et des drapeaux, aux langues et aux pensées de bois. Il est également l’occasion de populariser la Francophonie comme terrain d’expérimentation d’une autre relation possible entre politique, culture, éducation, commerce, économie et communication.
La Francophonie n’est pas encore une évidence en France : il est urgent de montrer qu’elle est une réalité dynamique, riche de ses racines lucidement assumées et d’un avenir commun revendiqué. Et qu’elle n’est ni un combat d’arrière-garde ni une utopie, mais un mouvement d’émancipation, inventif, hors des cadres, incarnant une modernité décomplexée. Qu’elle est une réponse vivante, différente, positive à la mondialisation. Un refus de l’uniformisation au profit de l’acceptation de la complexité du monde et de ses enjeux internationaux. Comme en témoigne le nombre croissant de pays qui veulent y adhérer.
Faire revivre en France l’esprit qui a soufflé sur la fondation de l’espace francophone, c’est donc mettre en valeur une réalité vivante, riche de promesses. Une chance pour l’avenir.”
Monique Veaute, Commissaire générale de francofffonies ! le festival francophone en France
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Les Jeux de la Francophonie se sont tenus à Niamey (Niger) du 7 au 17 décembre 2005. Organisés tous les quatre ans, ils sont basés sur un concept original et sans équivalent : offrir une tribune d’envergure internationale alliant sport et culture, corps et esprit.
Le 7 décembre 2005, le président de la République du Niger Mamadou Tandja donnait le coup d’envoi des Jeux de la Francophonie en présence de 35 000 personnes réunies au stade Général Seyni Kountché. Cette édition à Niamey, capitale berceau de la Francophonie, a été un succès auquel ont contribué un large public nigérien et la jeunesse venue de 44 États et gouvernements francophones.
La ville de Niamey a été transformée pour ces Jeux avec la construction du Village de la Francophonie, dont la première pierre avait été posée en décembre 2001, et de l’Académie des arts martiaux qui a accueilli les épreuves de judo et de tennis de table. Le Centre culturel Oumarou Ganda et le Palais des congrès, deux sites dévolus aux épreuves culturelles, ainsi que l’Arène de lutte, l’annexe du stade municipal, et le stade Général Seyni Kountché ont été rénovés.
Avec 2 100 participants dont 500 artistes et 1 200 sportifs, ces Ves Jeux ont confirmé la volonté des États et gouvernements francophones de participer à cette grande manifestation culturelle et sportive. La qualité était également au rendez-vous tant au niveau sportif que culturel.
Dans les sept épreuves culturelles programmées – chanson, danse de création et d’inspiration traditionnelle, contes et conteurs, littérature, peinture, photographie et sculpture – les pré-sélections mises en place conjointement par le Comité international des Jeux de la Francophonie et l’OIF ont permis de découvrir de jeunes artistes.
Au niveau sportif, six épreuves étaient en compétition : athlétisme, football, judo, boxe, tennis de table, basket-ball féminin. En athlétisme, le record des Jeux a été battu dans le 10 000 m femmes par la Marocaine Zhor El Kamch et dans le marathon hommes par le Marocain Rachid Kisri.
Comme à chaque édition, les épreuves des Jeux étaient inscrites au calendrier des fédérations internationales concernées. Celles-ci, outre leur aide à la sélection pour chacune des épreuves, ont fait don au Niger de matériel sportif. Le Comité international olympique a lui-même encouragé les Jeux de la Francophonie par l’intermédiaire de la Solidarité Olympique. La Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays d’expression française a également permis de réaliser les sélections en tennis de table à Paris.
Enfin, discipline incontournable au Niger, réunion de la culture et du sport, la lutte traditionnelle, programmée en animation aux Jeux, a remporté un vif succès : l’épreuve a attiré un public nombreux et a permis des échanges inattendus entre des lutteurs de tous les horizons.
Lors de la cérémonie de clôture, le drapeau des Jeux a été confié au Liban qui, à son tour, s’apprête au prochain grand rendez-vous de la jeunesse francophone en 2009.
Plus d’informations : http://www.jeux2005.ne
http://jeux.francophonie.org
Un fonds de solidarité francophone pour le Niger
Ces Jeux ont revêtu un caractère un peu particulier du fait de la crise alimentaire à laquelle le Niger avait dû faire face en 2005. En accord avec le gouvernement du Niger, l’OIF a décidé de maintenir néanmoins cette manifestation en signe de solidarité avec la population nigérienne. Ainsi, les Jeux ont aussi pu servir de plateforme à la mobilisation de la communauté francophone et des organisations internationales grâce à l’engagement des sportifs, des artistes et des médias.
Face à la crise alimentaire, la communauté francophone s’est mobilisée aux côtés des organisations internationales pour apporter son aide au Niger. Parallèlement à l’aide bilatérale apportée par plusieurs pays francophones, l’OIF a créé un fonds “Solidarité avec le Niger” pour recueillir les dons de ses États et gouvernements membres. Le fonds a recueilli près d’un million d’euros en provenance de la France, du Canada, de la Communauté française de Belgique, de la Principauté de Monaco et de l’OIF. Il a permis la construction ou la réhabilitation des centres de récupération nutritionnelle et de projets d’irrigation pour la sécurisation alimentaire.
2. Circulation des artistes et diffusion de leurs œuvres
La Francophonie soutient la circulation des artistes et la diffusion de leurs œuvres, afin de mettre en valeur la vitalité de la création artistique du Sud et d’aider les pays membres à trouver leur place sur le marché international. L’objectif est double : faciliter l’accès des publics du Sud à la production artistique de leur région tout en encourageant l’inscription de cette production dans la programmation des festivals et des expositions du Nord. L’effort porte surtout sur l’articulation efficace entre production culturelle et accès au marché pour les produits culturels francophones.
Une visibilité est ainsi accordée à la création contemporaine du Sud dans le domaine des arts vivants, que ce soit le théâtre, la musique ou la danse, comme dans celui des arts visuels. Preuve en est le développement de la carrière d’artistes soutenus au départ et désormais reconnus sur la scène internationale, comme Rokia Traoré (Mali) ou Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire). En 2005, l’OIF a assuré la présence d’artistes francophones du Sud dans une centaine de tournées et festivals internationaux.
Grâce à son soutien, un nombre croissant d’artistes plasticiens du Sud participent à des manifestations d’envergure internationale y compris hors espace francophone (La Havane, Kassel, San Paolo, Venise, Düsseldorf, etc.).
La Francophonie est partenaire des rendez-vous incontournables de la création contemporaine, tels que la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako ou le Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan.
La Francophonie assure la promotion des musiques du monde francophone au Marché international du disque et de l’édition musicale (Midem) de Cannes, comme elle le fait dans le cadre d’autres marchés internationaux, tel le World Wide Music Expo (Womex).
30 sociétés de production phonographique de 15 pays francophones en 2005 et 20 entreprises de 13 pays en 2006 ont été invitées à participer au Midem de Cannes, marché de référence des professionnels de l’industrie musicale où se signent contrats et licences. En 2006, des professionnels confirmés, comme la société Showbiz (Côte d’Ivoire) productrice d’Ismaël Lô et de Magic System, Africa Fête Diffusion (Sénégal) avec Positive Black Soul, Crammed Discs (Belgique) avec Zap Mama, ou producteurs de nouveaux artistes qui montent, tels que Djongo Diffusion (Burkina Faso) avec Bill Aka Kora, Campool (Cameroun) avec Marakass, Elefteriades Productions (Liban) avec les frères Chehade ou encore Harmonia (Cap-Vert) qui produit Tcheka, sont venus présenter leurs nouvelles créations sur le stand de la Francophonie.
Par ailleurs, une dizaine de maisons de production des pays du Sud ont participé au Womex à Newcastle (Royaume-Uni, 26-30 octobre 2005), qui a réuni plus de 2 000 professionnels venus de 82 pays. Ils ont ainsi pu participer aux débats en cours concernant l’univers musical, comme la propriété intellectuelle et les nouveaux canaux de distribution de la musique (Internet, téléphonie mobile).
À Bruxelles, la représentation permanente de l’OIF a appuyé le festival de chanson Francofolies de Spa, le Rallye de la chanson de la Communauté française de Belgique Chantons français ! et l’édition 2005 du festival international Voix de femmes mettant à l’honneur les richesses des cultures du monde dans leurs expressions musicales, théâtrale et chorégraphique.
Lancé à l’occasion du Midem 2006, un 8e CD rassemblant les musiques de pays francophones d’Afrique, du Moyen-Orient et de l’océan Indien a été produit par l’OIF en collaboration avec le Conseil francophone de la chanson. Baptisée “Francophonie 2006”, cette triple compilation reflète la diversité des tendances en matière de musique du Sud avec 46 artistes. Produit attendu des professionnels, il a fait l’objet d’une large diffusion sur tous les continents grâce au réseau de radios partenaires Francophonie Diffusion, il complète la collection des sept compilations déjà éditées pour promouvoir les musiques du Sud.
Par ailleurs, l’OIF s’est engagée dans un partenariat avec Radio France internationale pour l’organisation de deux prix :
– RFI Découvertes Musiques du Monde a pour vocation d’encourager de jeunes talents de la scène africaine et des Caraïbes ayant déjà commercialisé un ou deux albums en France ou un à trois dans leur pays. Le lauréat 2004 était le Malien Idrissa Soumaoro et le lauréat 2005 le chanteur capverdien Tcheka ;
– RFI Danse, décerné tous les deux ans, consiste à inviter une compagnie contemporaine à se produire sur une grande scène parisienne. En 2004, la lauréate était La Compagnie (Mali).
3. Cinémas du Sud
La plupart des pays francophones en développement n’ont pas réussi à mettre en place de mécanismes structurés de financements suffisants pour développer de manière significative la production audiovisuelle, qu’elle soit cinématographique ou télévisuelle. Cette situation handicape grandement le développement d’une production locale, la mise en place d’infrastructures minimales de production et l’émergence de sociétés privées qui pourraient alimenter les marchés en productions locales. Aussi, nombreux sont les pays devenus presque totalement dépendants des images extérieures avec les risques de perte d’identité que cela implique.
Dans ce domaine comme dans celui du livre, l’OIF se situe dans la perspective de la consolidation d’une filière image. Elle aide les cinéastes des pays francophones du Sud à réunir les moyens financiers de production, à parfaire leurs talents et à distribuer leurs films de manière à toucher les publics les plus larges possible. Dans ce secteur, l’OIF se concerte avec les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, en particulier la coopération française et l’Union européenne.
Fonds de soutien à la production audiovisuelle du Sud
Géré conjointement avec le Conseil international des radios et des télévisons d’expression française, le Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud contribue à la sortie de nombreux longs et courts métrages. En 2004-2005, l’aide affectée au titre du fonds a permis de finaliser 157 heures de productions inédites : 22 longs métrages et 6 courts métrages, 31 aides à la finition et 9 aides au développement.
En 2005, la commission du fonds s’est réunie trois fois et, sur les 238 projets examinés, elle en a retenu 60, dont 13 aides à la production cinématographique. Les financements ont bénéficié aux pays suivants : Burkina Faso, Cameroun, Congo, République démocratique du Congo, Égypte, Guinée, Liban, Mali, Maroc, Sénégal, Tunisie, Laos, Vietnam et Tchad.
Promotion
Pour favoriser la circulation des films produits dans les pays francophones du Sud auprès des professionnels et du grand public, la Francophonie établit des partenariats avec des festivals et des rencontres professionnelles :
– Vues d’Afrique (Montréal, 14-24 avril 2005) ;
– Festival du film de Paris (29 mars-4 avril 2005) avec une section films francophones ;
– Festival international du film francophone de Namur (23-30 septembre 2005) ;
– Paris Cinéma (29 juin-12 juillet 2005) ;
– Festival du film francophone d’Athènes (17-25 mars 2005) ;
– Festival international du film de Ouidah (7-11 janvier 2005) ;
– Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou – Fespaco (26 février-5 mars 2005) ;
– Écrans noirs (Yaoundé, Douala, Libreville, Brazzaville, 4 juin-12 novembre 2005).
Plusieurs films soutenus par le Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud ont été récompensés lors de festivals :
– Prix de la Francophonie au Festival du film de Paris 2005 : Tarfaya, du Marocain Daoud Aoulad-Syad ;
– Fespaco 2005 : Étalon d’argent pour La Chambre noire, du Marocain Hassan Benjelloun ;
– Journées cinématographiques de Carthage 2004 : Tanit d’or pour le court métrage Visa, d’Ibrahim Letaief, et mention spéciale pour le long métrage Noces d’été, de Mokhtar Ladjimi ;
– Festival de Cannes 2005 : Prix de l’espoir dans la section “Un certain regard” attribué à Delwende (lève-toi et
marche), du Burkinabè Simon Pierre Yaméogo.
La Francophonie offre un appui logistique fourni aux professionnels du Sud (réalisateurs, producteurs) pour présenter leurs films aux acheteurs potentiels lors du Marché international du film à Cannes et du Marché international du cinéma africain organisé à Ouagadougou en parallèle du Fespaco.
En 2006, pour la quatrième année, un pavillon “Cinémas du Sud” a été installé durant le Marché international du film de Cannes 2006, en partenariat avec le ministère français des Affaires étrangères, l’Union européenne et Radio France internationale. Espace dédié à la promotion des productions cinématographiques des pays en développement, ce pavillon est devenu le lieu incontournable de tous les professionnels du Sud qui s’y retrouvent pour des rencontres, des débats, des projections et des entretiens.
Parmi les réalisateurs invités par l’OIF pour présenter leurs dernières œuvres, Abderrahmane Sissako (Mali-Mauritanie), dont le long métrage Bamako a été présenté en sélection officielle hors compétition le 23 mai. En outre, trois producteurs-réalisateurs ont participé, grâce au soutien de l’OIF, au Réseau des producteurs, qui offre un ensemble de services concrets et efficaces destinés à rapprocher les producteurs et à favoriser la recherche de nouveaux partenaires. Ainsi, un entraînement individuel à la présentation s’est notamment déroulé les 19 et 20 mai 2006 sur le pavillon “Cinémas du Sud”. En 2005, l’OIF avait permis aux producteurs de participer à un programme de mise en relation.
La représentation permanente de l’OIF à Bruxelles a participé à la 20e édition du Festival international du film francophone de Namur, en septembre 2005. Cette édition a mis à l’honneur plus de 200 films ainsi que plusieurs manifestations culturelles.
Le 28 septembre 2005, à l’occasion de la traditionnelle Journée de la Francophonie du festival, ont eu lieu l’inauguration officielle de l’exposition Voyage en cinémas du Sud et la proclamation du lauréat de la Bourse francophone de promotion internationale d’un film du Sud.
La 6e Bourse francophone de promotion internationale d’un film du Sud, décernée le 28 septembre 2005, a récompensé Gardien de buffles, de Minh Nguyen Vo (Vietnam). Le second prix est allé à L’Enfant endormi, de Yasmine Kassari (Maroc). Cette bourse permet aux producteurs et distributeurs de réaliser une campagne de promotion, afin de mieux pénétrer les marchés : tirage de plusieurs copies, sous-titrage dans d’autres langues en plus du français, réalisation d’outils promotionnels, campagne d’affichage, projections de presse, etc.
Diffusion
Afin d’améliorer la diffusion et l’exploitation des films, prolongement indispensable de l’aide à la production, l’OIF a apporté son soutien au projet Africa Cinémas, mené en partenariat avec le ministère français des Affaires étrangères et l’Union européenne. Africa Cinémas a contribué à la sortie de 9 films africains dans un réseau de 28 salles africaines, permis la réhabilitation de 13 salles, octroyé un soutien à deux structures de distribution au Cameroun et au Sénégal, et effectué des cycles de formation continue destinés aux distributeurs et aux gérants de salle. Par ailleurs, durant le Festival de Cannes 2005, l’association Cinéma numérique ambulant a projeté les DVD produits par l’OIF dans les quartiers de la ville : 10 000 spectateurs ont ainsi pu découvrir des films du Sud.
Enfin, la Francophonie assure la diffusion numérique de films africains en zones rurales africaines, en s’appuyant notamment sur le réseau des Clac. Ce dernier couvre neuf pays (Bénin, Burkina, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, République démocratique du Congo, Sénégal, Togo) et dispose de plus de 100 points de diffusion. Pour renouveler la programmation, une quatrième collection de 10 nouveaux films africains en DVD a été réalisée.
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