Sommaire

De Ouagadougou à Bucarest, par Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie

I. Paix, démocratie et droits
de l’Homme

II. Diversité culturelle
et linguistique

III. Technologies
de l’information et médias

IV. Le français dans les organisations internationales

V. Éducation, formation, enseignement supérieur
et recherche

VI. Solidarité et développement durable

VII. Une Francophonie modernisée

I. Une organisation internationale
rénovée

II. Une stratégie globale

Annexes

Sigles et abréviations

Remerciements

Le rapport complet en PDF

Éducation, formation, enseignement supérieur et recherche

L’éducation est la condition d’un développement non seulement économique mais aussi humain, social et citoyen. Cependant, les systèmes éducatifs d’une majorité de pays du Sud, notamment francophones, restent déficients.

“Parler d’éducation ne revient évidemment pas à parler uniquement d’enseignement. L’éducation englobe l’acquisition des savoirs, mais aussi la formation citoyenne, la sensibilisation à l’environnement et aux questions de santé, la transmission des valeurs et bien d’autres choses”, soulignait le Secrétaire général, lors de l’ouverture de la 3e session du Haut Conseil de la Francophonie à Paris (France) le 16 janvier 2006. La Francophonie est impliquée dans la réalisation de l’objectif prioritaire d’éducation pour tous. Le Cadre stratégique décennal souligne qu’elle doit impérativement y contribuer. L’ensemble du dispositif institutionnel francophone est mobilisé pour y répondre : l’Organisation internationale de la Francophonie tout d’abord, dans sa programmation biennale (2004-2005) puis quadriennale (2006-2009). Mais aussi l’Agence universitaire de la Francophonie, dont les programmes visent notamment à réduire le fossé entre les universités les plus riches et les plus pauvres de l’espace francophone. Les autres opérateurs directs – TV5, l’Université Senghor, l’Association internationale des maires francophones – ainsi que la Conférence des ministres de l’Éducation des pays ayant le français en partage participent également à cet élan.

L’action de la Francophonie dans ce domaine s’inscrit dans le fil de grandes conférences mondiales sur l’éducation : Jomtien (Thaïlande, 1990) et Dakar (Sénégal, 2000), dont les objectifs pour 2015 ont été repris dans la Déclaration du Millénaire. Elle dispose d’une expérience unique et reconnue, de réseaux de partenaires – experts, chefs d’établissement, enseignants, chercheurs, étudiants. La Francophonie s’est assigné deux grands objectifs stratégiques décennaux tenant compte de sa spécificité. Il s’agit de contribuer à l’effort international pour permettre aux États et gouvernements d’assurer l’accès de tous les enfants à un cycle complet d’études primaires en éliminant les disparités entre les sexes et de favoriser l’enseignement, la formation et la recherche orientés vers le développement et l’emploi.

I. L’accès des enfants aux études primaires

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) déploie son action vers les États membres qui se sont résolument engagés dans la réhabilitation et le développement de leurs systèmes éducatifs dans le cadre de plans nationaux d’éducation. Renforcer les concertations, aider à la capitalisation des expérimentations réussies, diffuser les bonnes pratiques, mieux former les formateurs, soutenir la production locale de manuels scolaires de qualité : telle est la stratégie d’action de la Francophonie dans le domaine de l’éducation de base.
De réelles avancées ont été obtenues depuis 2000, mais la perspective d’éducation pour tous est encore lointaine. Actuellement, 120 millions d’enfants dans le monde ne sont pas scolarisés et 771 millions d’adultes sont analphabètes ou illettrés. Selon les prévisions de la Banque mondiale, en 2015, 15 % des enfants en âge de fréquenter l’école seront en Afrique. Or, 75 % des jeunes Africains ne seront pas scolarisés si les systèmes éducatifs africains ne sont pas dotés de moyens conséquents permettant d’accélérer le rythme actuel de scolarisation.

1. Politiques nationales d’éducation

La principale inquiétude concerne la faible capacité de rétention de l’école africaine. Les plus récents travaux de l’Institut des statistiques de l’Unesco, responsable du suivi des progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs de l’éducation pour tous, montrent que dans 19 pays africains sur 44 plus de la moitié des enfants ne terminent pas le cycle primaire. L’OIF a donc développé trois types d’interventions : l’appui aux politiques nationales d’éducation ; le renforcement des capacités des acteurs du système éducatif ; et l’éducation des filles.

1.1 — Appui à la conception et la mise en œuvre des politiques

La Francophonie apporte son appui aux réformes des systèmes éducatifs des États membres d’Afrique subsaharienne. Elle met à leur disposition des données quantitatives et qualitatives sur les systèmes éducatifs nécessaires à la définition des priorités et à l’élaboration d’une politique. Elle favorise également l’échange d’expériences entre les États, notamment en dressant un inventaire des bonnes pratiques. Elle les accompagne dans l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’éducation pour tous. Elle promeut les intérêts et la vision des francophones en favorisant leur concertation et leur participation aux réunions internationales.

Diagnostic et évaluation des systèmes éducatifs

L’évaluation est un préalable à l’élaboration des réformes des systèmes éducatifs, c’est aussi l’un des points forts de la Francophonie dont l’expertise dans ce domaine est ancienne et reconnue. La Conférence des ministres de l’Éducation des pays ayant le français en partage (Confémen) tient un rôle central dans la réflexion sur l’efficacité des politiques nationales d’éducation. Pour gagner en cohérence et en efficacité, un comité de suivi Confémen-OIF permet d’articuler les orientations qu’elle définit aux activités inscrites dans la programmation de l’OIF.

En 2005 et 2006, la Confémen a poursuivi et développé son travail d’évaluation dans le cadre de son Programme d’analyse des systèmes éducatifs (Pasec) en collaboration avec les pays bénéficiaires. À raison de cinq évaluations tous les deux ans, 17 pays ont bénéficié d’une évaluation diagnostique ou thématique dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre de leurs politiques éducatives. Les rapports d’évaluation 2006 concernent le Tchad et la Mauritanie.

En plus des missions d’appui ponctuel, l’équipe Pasec du Secrétariat technique permanent de la Confémen a organisé en 2005-2006 deux séminaires internationaux de formation sur l’évaluation à l’attention des experts nationaux. Ces activités favorisent le développement de réseaux régionaux d’expertise inscrits dans le Cadre stratégique décennal.

En soutien à ce programme, l’OIF a contribué à la tenue d’un atelier international du Pasec à Ouagadougou (Burkina Faso, 21-30 novembre 2005). Il a permis aux experts nationaux de s’approprier les instruments et les méthodes d’évaluation des systèmes éducatifs. L’OIF a également aidé au recrutement d’un expert en évaluation des systèmes éducatifs.

En partenariat avec la Confémen et l’Association francophone internationale des directeurs d’établissements scolaires, l’OIF a organisé les Assises francophones de la gestion scolaire à Madagascar (4-8 avril 2006), qui ont abouti à l’adoption d’un cadre d’action pour l’amélioration de la gouvernance des systèmes éducatifs. La gestion scolaire était aussi le thème de la session ministérielle de Niamey (Niger, juin 2006), soulignant ainsi l’importance de la qualité de l’éducation.

Programme d’analyse des systèmes éducatifs : de l’évaluation à l’action

Après la 1ère Conférence mondiale sur l’éducation pour tous de Jomtien, la Confémen s’est dotée en 1991 d’un nouvel outil : le Pasec. Ce programme francophone de recherche en éducation évalue la qualité des systèmes éducatifs. Il remplit quatre missions :

– identifier des modèles d’école efficaces et peu coûteux en comparant, à l’échelle nationale et internationale, les performances des élèves, les méthodes d’enseignement et les moyens mis en œuvre ;

– développer, dans chacun des États participants, une capacité interne et permanente d’évaluation du système
éducatif ;

– diffuser librement les résultats obtenus, de même que les méthodes et les instruments d’évaluation préconisés ;

– renforcer le rôle d’observatoire permanent des systèmes éducatifs du secrétariat technique permanent de la Confémen.

En menant des évaluations nationales qui font ressortir les points forts comme les faiblesses de l’enseignement primaire, le Pasec est à même de motiver les décisions politiques. Une méthodologie, fondée sur l’examen de 16 normes reconnues internationalement et spécifiquement adaptées au contexte des pays francophones d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien, garantit l’objectivité de ces études.

Partenariat institutionnel

La Francophonie agit en partenariat avec les autres acteurs du monde de l’éducation et développe des relations avec les organisations internationales relevant du système des Nations unies, en particulier l’Unesco et ses différentes agences régionales ou associées, tels le Bureau régional de l’Unesco pour l’éducation en Afrique (Breda), l’Institut de l’Unesco pour l’éducation, le pôle de Dakar et l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adea).

Un volet significatif de ce partenariat a consisté à soutenir, à travers l’appui apporté à l’Unesco, le Programme d’éducation pour tous, lancé au Forum mondial sur l’éducation en 2000 à Dakar. En mai 2005, l’OIF a apporté son soutien à l’organisation du Forum régional Dakar + 5, au cours duquel près de 200 spécialistes de l’éducation ont dressé le bilan des progrès accomplis par les pays africains vers la scolarisation universelle espérée pour 2015 et examiné les nouvelles mesures pour accélérer les changements.
L’OIF entretient également des relations de partenariat avec les organisations de la société civile qui inscrivent leurs actions dans les objectifs de l’éducation pour tous. Elle a ainsi financé un atelier de formation et de sensibilisation aux objectifs de l’éducation pour tous, organisé en 2005, et apporté son soutien aux programmes menés par des ONG. L’appui aux ONG et aux associations spécialisées, conjugué aux travaux menés avec la Confémen, permet de suivre au quotidien l’évolution des situations et d’apporter ainsi des réponses précises aux États membres.

Pour remédier à l’analphabétisme qui concerne en Afrique près de 60 % de la population, l’OIF s’emploie à dynamiser les efforts de ses partenaires en faveur de l’éducation non formelle. Les conclusions d’une étude sur “L’état, les pratiques et les besoins en éducation non formelle dans neuf pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo)” ont été présentées au comité directeur du Conseil régional pour l’éducation et l’alphabétisation en Afrique en août 2006, en vue de la définition d’un plan d’action destiné à redynamiser les partenariats.

Les plans d’action nationaux d’éducation pour tous

L’élaboration et la mise en œuvre des plans d’action nationaux d’éducation pour tous constituent un des grands objectifs définis à Dakar en 2000. Les bilans établis, notamment à l’occasion du Forum régional Dakar + 5, montrent que tous les pays ont achevé l’élaboration de leur plan. Cependant, beaucoup d’entre eux, le plus souvent par manque de moyens financiers, ne parviennent toujours pas à mettre en œuvre les plans élaborés et dans la plupart des cas validés.

Suite aux recommandations du Symposium sur l’accès aux financements internationaux de Paris (mai 2004), l’OIF a organisé deux tables rondes sur le financement de l’éducation avec les responsables de l’éducation et les partenaires du développement, à Bamako (Mali, octobre 2005) pour l’Afrique de l’Ouest et à Yaoundé (Cameroun, novembre 2005) pour l’Afrique centrale et l’océan Indien. Elles ont abouti à la mise en place d’un cadre concerté d’intervention impliquant les autorités nationales et les bailleurs de fonds, en vue de mobiliser des ressources pour l’éducation. La stratégie préconisée passe par le renforcement des capacités des cadres ministériels qu’il s’agit de former aux procédures d’investigations financières. Enfin, ces tables rondes ont permis d’identifier les sources potentielles de financement de l’éducation pour tous et de familiariser les participants avec les procédures et techniques d’accès à différents mécanismes. À cet effet, l’OIF s’est dotée d’une structure permanente de suivi des recommandations des tables rondes.

La Confémen a pour sa part développé des relations avec les partenaires techniques et financiers internationaux afin d’analyser les conditions d’éligibilité des systèmes éducatifs aux ressources que nécessitent les réformes en cours. Des rapprochements ont eu lieu notamment avec la Banque mondiale, la Banque islamique de développement, l’Adea, l’Unesco, le Secrétariat du Commonwealth.

Dakar + 5 : les engagements pris ont-ils été tenus ?

Les participants au Forum mondial sur l’éducation de Dakar, en avril 2000, alarmés par le bilan tiré dix ans après la Conférence sur l’éducation pour tous (Jomtien), avaient fixé six objectifs prioritaires à la communauté internationale :

– Développer d’ici à 2015 la protection et l’éducation de la petite enfance ;
– Réaliser l’enseignement primaire universel ;
– Améliorer les chances d’apprendre des jeunes et des adultes ;
– Améliorer de 50 % le niveau d’alphabétisation de ceux-là ;
– Parvenir à l’égalité des sexes ;
– Renforcer sous tous ses aspects la qualité de l’éducation.

Les progrès sont indéniables mais le manque de cohérence de certains plans de réforme, l’incapacité à mobiliser des ressources pour leur mise en œuvre ont été soulignés lors du Forum régional Dakar + 5 organisé en juin 2005 par l’Unesco-Breda, avec le concours de l’OIF.

En Afrique subsaharienne persiste un écart important avec le reste du monde quant à l’efficacité des réponses apportées aux besoins éducatifs fondamentaux. Quelques chiffres l’attestent : le taux de rétention en 5e année est inférieur à 67 % dans la moitié des pays pour lesquels on dispose de données. La qualité de l’éducation reste insuffisante et le fossé entre le nombre d’élèves qui terminent l’école et celui qui, parmi eux, maîtrisent un minimum de compétences cognitives est profond.

Concertations francophones

L’OIF et la Confémen promeuvent une position commune et une vision francophone à l’occasion de grands débats sur l’éducation en développant la concertation des francophones ainsi que leur participation aux réunions internationales.

L’OIF facilite la présence à ces réunions de représentants et d’experts, en particulier du Sud, gouvernementaux ou issus de la société civile. À titre d’exemple, sept experts du Cameroun, de la Guinée, du Mali, du Niger et de la République démocratique du Congo ont pu se rendre au séminaire sur “Environnements lettrés et industries du livre en langues nationales”, organisé par le Breda à Dakar (13-15 décembre 2005). Des représentants de l’OIF étaient présents à ce séminaire ainsi qu’à celui organisé conjointement avec le Programme des Nations unies pour le développement sur les Objectifs du millénaire en septembre 2005, à New York (États-Unis).

La Confémen soutient le point de vue francophone dans les instances internationales en charge du suivi du Forum de Dakar. Elle a ainsi participé aux réunions de concertation internationales, parmi lesquelles :

– la réunion régionale des ministres de l’Éducation de base sur l’accès des professionnels du livre au marché des manuels scolaires dans les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et en Guinée (Niamey, février-mars 2005) organisée par l’OIF ;

– la Conférence des ministres de l’Éducation de l’Union africaine à Alger (Algérie, avril 2005) ;

– le Forum sur l’éducation pour tous en Afrique/Dakar + 5 (juin 2005) ;

– la table ronde des ministres en charge de l’Éducation sur l’éducation pour tous, lors de la 33e Conférence générale de l’Unesco à Paris (octobre 2005).

1.2 — Soutien aux politiques de formation dans les systèmes éducatifs

L’OIF a mis en place un pool multilatéral d’experts en sciences de l’éducation chargé d’élaborer et de conduire un programme de développement des capacités en ingénierie pédagogique des formateurs et des responsables de la gestion et du pilotage des systèmes éducatifs de formation. Ce programme vise les personnes-ressources des systèmes éducatifs auxquelles il dispense une formation qu’elles sont destinées à diffuser dans leur pays pour parvenir à une éducation de qualité.

En 2005, trois séminaires régionaux ont été organisés sur l’analyse des documents pédagogiques et des pratiques de suivi dans l’approche par compétence ; et deux séminaires de sensibilisation à l’approche par les compétences dans l’enseignement de base ont concerné les pays membres lusophones et Haïti.

Un nombre important de personnes-ressources étant désormais formé, l’étape suivante consiste à démultiplier ces formations. Dans ce but, un soutien est apporté à la République démocratique du Congo et au Bénin.

D’autre part, l’OIF encourage le développement des échanges d’expertises, d’expériences et d’outils en matière d’éducation, en particulier sur le réseau électronique. Un ouvrage a ainsi été réalisé en 2005 pour regrouper l’ensemble des outils de formation produits lors des séminaires régionaux. Une banque de données sur les activités du pool a également été constituée. Elle met à disposition des membres du pool, des personnes-ressources et des acteurs des systèmes éducatifs une importante documentation sur un site Internet et un cédérom.

1.3 — Aide à l’éducation des filles

L’amélioration de l’accès des filles et des femmes à l’école primaire comme à l’éducation permanente est au cœur des objectifs de la communauté internationale. Dans de nombreux pays du Sud, le poids des traditions ainsi que la situation économique entravent en effet un égal accès. L’OIF a choisi d’appuyer les programmes d’éducation des filles de ses pays membres qui se sont inscrits dans une démarche volontariste pour faire évoluer les attitudes, valeurs et pratiques en cours.

Soutien à l’intégration de l’égalité garçons-filles dans le “projet d’école” du Sénégal

Un travail sur la révision des curricula a plus particulièrement été engagé avec le Sénégal. Il s’agit d’une expérience originale dans la mesure où les modules de formation en genre mis en place par l’OIF n’existent nulle part ailleurs. En outre, la méthode de “formation en cascades” permet d’intéresser non seulement les concepteurs de l’outil mais aussi les membres de la communauté éducative et les élèves.

La question du genre est désormais intégrée au “projet d’école” du Sénégal. Cette démarche peut être dupliquée dans d’autres pays à partir du guide qui a été conçu pour être adapté à des situations de formation diverses et dans la perspective de partenariats Sud-Sud. En témoigne le soutien accordé par l’OIF pour l’organisation à Moroni (Comores, 29 mai-2 juin 2006) d’un atelier d’élaboration des modules de formation à l’approche genre pour le personnel enseignant comorien.

Appui aux initiatives à effets démultiplicateurs

L’OIF est également intervenue, au niveau national ou régional, pour soutenir un certain nombre de projets à effets démultiplicateurs :
– Au Bénin : par un soutien à la mise en œuvre de programmes spécifiques d’alphabétisation des femmes dans les six départements du pays.
– Au Cameroun (Douala, 15 avril-30 novembre 2004) : par un soutien à un projet de formation professionnelle des filles et jeunes femmes non scolarisées.
– Au Mali (Bamako, 24-27 novembre 2004) : avec un atelier sur l’insertion socio-économique des filles déscolarisées de la région de Kayes.
– Au Burkina Faso (février 2005) : avec un atelier de formation sur le thème “Équité, genre en éducation à destination des ONG et associations intervenant en éducation”.

Par ailleurs, l’OIF a accordé un soutien technique et financier aux activités du Centre international pour l’éducation des filles et des femmes en Afrique (Cieffa). Basé à Ouagadougou, le Cieffa est un centre de ressources, de formation et d’information qui a pour mission de renforcer les capacités opérationnelles des pays africains en matière d’éducation des filles et des femmes. Classé établissement de catégorie II de l’Unesco, il a vocation à jouer un rôle régional. Une collaboration entre l’OIF, le Cieffa et l’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger a été mise en place à cet effet.

2. Le français et les langues nationales

L’articulation des langues nationales et du français a été définie par le Haut Conseil de la Francophonie lors de sa 3e session (16-17 janvier 2006) comme un des moyens d’accroître l’efficacité des systèmes éducatifs. Or, peu d’États membres africains en situation de multilinguisme ont encouragé l’utilisation et l’enseignement des langues nationales. La langue française est souvent la seule langue enseignée ou la seule langue d’enseignement. Les langues nationales sont davantage utilisées à l’école pour faciliter la communication pédagogique et non comme langues d’enseignement et d’apprentissage.

Pourtant, les expériences articulant langues natales et français ont prouvé l’efficacité de la méthode. C’est le cas au Burkina Faso, au Niger, au Mali et au Sénégal. La pédagogie expérimentée au Mali établit un partenariat langue maternelle-langue française qui mène à un bilinguisme maîtrisé. Bien entendu, cela suppose une volonté politique forte inscrite dans la continuité ainsi qu’une formation et un encadrement des enseignants.

Extraits des recommandations du Haut Conseil de la Francophonie

Axe : Favoriser l’articulation des langues nationales et du français, pour une efficacité accrue des systèmes éducatifs

1. Pour la comparaison et l’utilisation des expériences
Les expériences fondées sur l’articulation des langues natales avec le français conduites dans plusieurs pays francophones (Burkina Faso, Niger, Mali et Sénégal) restent limitées mais ont démontré leur efficacité, comme celles développées dans d’autres contextes linguistiques (créolophone, arabophone et anglophone d’Afrique).

– La collecte systématique des résultats et l’analyse comparée des différentes expériences permettront à la Francophonie de mettre à la disposition des États qui le souhaitent des éléments de stratégies linguistiques pertinentes. Elles leur offriront ainsi les conditions optimales requises pour leur mise en œuvre suivant les contextes nationaux (rythme et ordre d’introduction des langues, niveau d’appareillage, lexiques, grammaires, terminologie adaptée à l’enseignement…) et le choix de l’utilisation de telle ou telle langue, par exemple.

– L’Académie africaine des langues et les structures nationales correspondantes seront d’un secours particulièrement utile dans cette stratégie. Elle devra être un partenaire privilégiée de la Francophonie.

– La Francophonie connaît des contextes linguistiques variés nécessitant des stratégies modulables.
Dans ce contexte, il serait utile d’échanger avec les autres aires linguistiques (hispanophone, lusophone et Commonwealth).

2. Pour la promotion d’un modèle additif langue nationale-langue française
– Ce modèle correspond notamment à la pédagogie convergente expérimentée au Mali qui repose sur un partenariat langue maternelle/langue française.

– La condition pour que ce partenariat soit efficace est d’aménager la langue, c’est-à-dire passer de l’oral à l’écrit et de l’écrit à l’enseignement, ce qui suppose de former les enseignants et d’assurer leur encadrement. Il convient également de déterminer le statut des langues utilisées pour valoriser les langues maternelles et réhabiliter la langue française.

– La Francophonie doit mettre en place un réseau universitaire de recherche sur la didactique des langues en milieu plurilingue.

– Dans ce domaine, il faut insister, dans le cadre de la décentralisation, sur la proximité qui doit s’établir entre les communautés villageoises et la société civile sur les problèmes auxquels elles doivent faire face. À cet égard, il est intéressant de noter que de tels problèmes se retrouvent dans les pays du Nord, particulièrement dans les pays d’immigration.

3. Pour une norme endogène du français
– La diversité des créations langagières et la variété dans l’utilisation du français à l’échelle de la Francophonie contribuent à sa vitalité et à son rayonnement. La nécessité de conserver une norme commune indispensable à l’intercompréhension de tous les francophones ne fait pas obstacle à l’adoption de normes nationales propres à favoriser l’appropriation et l’usage de la langue française, en particulier dans l’enseignement.

– À ces conditions, la Francophonie se montre par principe favorable à la définition de normes du français correspondant à l’usage des pays qui souhaiteraient les établir.

L’OIF a développé un travail d’étude et d’évaluation de la prise en compte des langues nationales dans l’enseignement ainsi qu’un programme de sensibilisation :

– L’état des lieux précis sur l’intégration des langues nationales, commencé en 2004 et prolongé en 2005, est aujourd’hui terminé. Un ensemble de documents intégrant les informations les plus récentes sur l’utilisation des langues africaines dans 22 pays d’Afrique subsaharienne francophone est désormais disponible. Il renseigne sur le contexte sociolinguistique de ces pays, ainsi que sur les enjeux et contraintes politiques, linguistiques et pédagogiques de la prise en compte des langues nationales dans l’enseignement.

– L’utilisation et l’enseignement des langues nationales ont été l’objet de deux réunions régionales de concertation organisées par l’OIF à Kigali (Rwanda, décembre 2004) et à Antananarivo (Madagascar, avril 2005). Ces séminaires ont permis de sensibiliser les participants aux difficultés rencontrées pour introduire, renforcer et généraliser l’usage des langues nationales dans les systèmes éducatifs.

Un atelier de formation sur l’élaboration et la mise en œuvre des politiques linguistiques et éducatives a été organisé à Kinshasa (République démocratique du Congo, septembre 2005). Il a réuni 23 participants de 10 pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Un module de formation en “Politique linguistique : question de théorie et de méthode”, développé suite à cet atelier, sera utilisé lors des ateliers nationaux de restitution organisés à la demande des pays intéressés, à l’instar de celui tenu à Yaoundé en janvier 2006. En octobre 2005, au Sénégal, l’OIF a soutenu le perfectionnement de 200 personnes-ressources en six langues nationales (wolof, pulaar, serere, soninke, mandinka, joola) dont l’usage dans l’enseignement doit s’étendre ainsi que la publication d’un outil terminologique dans ces langues. Au Congo, elle apporte, depuis novembre 2005, un soutien technique et financier à la formation de 45 personnes-ressources.

II. L’enseignement et l’apprentissage du français et en français

Les objectifs d’accès universel à l’éducation et de transmission de la langue française impliquent la mise à disposition d’outils d’accompagnement scolaires efficaces.
La disponibilité des manuels est nécessaire à la réussite des élèves et au succès des plans de réforme des systèmes éducatifs. L’effort de l’OIF et des opérateurs directs se concrétise donc principalement par un soutien à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques nationales du livre scolaire.

Il s’inscrit dans une politique plus large d’appui à l’enseignement du français en Francophonie qui prend en compte la diversité des situations linguistiques de chaque pays membre.

1. Efficacité de l’enseignement – apprentissage du français en relation avec les contextes plurilingues

Avec plus de 175 millions de locuteurs et 82,5 millions d’élèves l’apprenant comme langue étrangère, le français est l’objet d’une forte demande, particulièrement en Francophonie. Le champ d’action de la Francophonie dans ce domaine se limite à ses membres. Généralement, l’enseignement y est dispensé dans un contexte plurilingue où le français est en relation avec des langues partenaires. En fonction des situations nationales, la position du français dans l’enseignement varie et par conséquent la politique des institutions francophones.

L’enseignement du français en français au sein de l’espace francophone a fait l’objet d’États généraux en Afrique subsaharienne et de six réunions régionales d’experts qui ont abouti à un état des lieux détaillé dans les différentes régions. Ces réunions ont aussi permis de faire des propositions pour les différents niveaux d’enseignement et de construire ou de renforcer les bases d’une coopération régionale active dans ce domaine.

L’enseignement du français dans les 32 États membres où il est langue officielle constitue une priorité et un défi compte tenu des situations actuelles de nombreux systèmes éducatifs. Il s’agit de renforcer la diffusion et la maîtrise de la langue française dans ces pays, en soutenant la réflexion sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement du français et en français au sein des systèmes éducatifs. L’OIF apporte donc un soutien à la mise en place de dispositifs efficients de formation continue des enseignants et formateurs, au développement de l’expertise régionale ainsi qu’au renforcement des capacités nationales.

Les centres africains de français langue étrangère jouent un rôle important dans la formation. Pour renforcer les capacités des pays francophones d’Afrique de l’Ouest et notamment favoriser la professionnalisation et le rayonnement des centres, l’OIF a soutenu la formation de formateurs de français et de conseillers pédagogiques et encadreurs. Les conclusions de l’audit réalisé dans les centres du Bénin et du Togo, ainsi qu’à l’Institut de la Francophonie pour l’entrepreneuriat au Sénégal, invitent à la définition concertée – OIF, Agence universitaire de la Francophonie (AUF), ministère français des Affaires étrangères – d’un pôle de coopération intégré qui faciliterait la professionnalisation des centres de français langue étrangère dans la perspective d’un développement du français comme langue d’intégration régionale, y compris dans les pays où l’anglais est officiellement la langue de communication internationale.

Dans le cadre de l’appui à l’élaboration des réformes de l’enseignement du français, l’OIF a par ailleurs soutenu la formation de 60 enseignants et cadres à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso, août 2005) et celle de 215 enseignants de base seychellois depuis août 2005.

Les pays membres n’ayant pas le français comme langue officielle n’en sont pas moins conscients de l’importance de développer un enseignement de qualité de la langue en partage.

À la suite des réunions régionales, un atelier sur l’enseignement du français dans les pays membres lusophones et hispanophones d’Afrique a été organisé à Dakar, en juin 2005, pour faire un point de la situation du français en Guinée-Bissau, à São Tomé et Principe, au Cap-Vert et en Guinée équatoriale.

Les centres régionaux francophones jouent un rôle important en matière de formation de formateurs de formateurs et de liaison recherche-action dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement du français.

Le conseil d’orientation du Centre régional pour l’enseignement du français en Asie-Pacifique (Créfap) implanté à Hô Chi Minh-Ville (Vietnam) a développé trois principaux secteurs d’interventions : l’ingénierie de la formation, le soutien des activités de recherche-action, l’expertise et le conseil. En 2005, il a mené une cinquantaine d’actions intéressant plus de 1 300 personnes.

Le Centre régional pour l’enseignement du français en Europe centrale (Créfeco) a ouvert ses portes le 28 mai 2005 à Sofia (Bulgarie). Espace commun d’information, d’échanges, d’expertise et de conseil, il rayonne sur les cinq pays de la région membres de la Francophonie (Albanie, Bulgarie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Moldavie et Roumanie). Son programme d’action a été construit suivant les axes qui ont fait la réussite du Créfap. Avec le soutien de ce dernier, le Créfeco a mené ses premières activités nationales et régionales. D’août à octobre 2005, des ateliers nationaux ont été organisés pour les cinq pays d’Europe centrale et orientale.
Le Centre régional pour l’enseignement du français dans l’océan Indien est à nouveau opérationnel à Antananarivo depuis juin 2006.

D’autre part, le site Internet de l’OIF à l’attention des professeurs de français permet d’accéder à des ressources pédagogiques régulièrement actualisées, de communiquer avec les autres enseignants de français à travers le monde, d’acquérir des éléments de formation professionnelle et de bénéficier d’informations pratiques.

Plus d’informations : http://www.franc-parler.org

Parmi les autres actions importantes de l’OIF :
– la participation à un séminaire destiné à 450 enseignants grecs de français à Athènes (Grèce, septembre 2005), en vue de favoriser l’adhésion de la Grèce aux programmes de l’OIF ;

– l’organisation d’une table ronde régionale sur la promotion du français dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient membres, par une stratégie régionale de formation de formateurs, à l’Université Senghor d’Alexandrie (Égypte, décembre 2005). Elle a permis la définition d’objectifs et de priorités communes qui, après validation par les États d’un plan d’action, va permettre la formation de formateurs correspondants jusqu’en 2009 ;

– le projet de valorisation du français en Asie, appelé à évoluer vers un pôle de coopération multilatéral, a permis d’organiser une gouvernance de projet solidaire et de projeter les actions prioritaires pour 2006. Le Créfap joue un rôle important dans la formulation de ce projet. Un mémorandum des partenaires techniques et financiers des pays d’Asie du Sud-Est membres de la Francophonie a été signé en 2006.

Dans le cadre de son programme d’actions déléguées, l’opérateur universitaire de la Francophonie, l’AUF, s’est vu confier un projet d’appui à l’enseignement du français dans les pays d’Asie du Sud-Est, en Moldavie et en Haïti. Ce projet vise à former un contingent d’élèves parfaitement francophones et d’un bon niveau scientifique qui, à l’issue de leur cursus d’études dans l’enseignement général, seront aptes à suivre des études dans le supérieur en partie ou entièrement en français. Il contribue également au développement d’un dispositif de formation des formateurs de l’enseignement du et en français. Deux types de projets sont mis en œuvre en fonction de la langue d’enseignement du système éducatif national :

- les classes bilingues quand la langue d’enseignement du système éducatif général n’est pas le français (Cambodge, Laos, Moldavie, Vietnam) ;

- les classes à français renforcé quand la langue d’enseignement est déjà, partiellement ou entièrement, le français (Haïti).

23 000 élèves ont été concernés en 2005-2006. Ce programme, tel qu’il existait depuis une douzaine d’années au Cambodge, au Laos et au Vietnam est arrivé à une période charnière de son existence.
Le soutien de la coopération française à l’opérateur universitaire est arrivé à échéance en 2006. Il s’inscrira à l’avenir dans le cadre multipartenarial du plan régional de valorisation du français en Asie du Sud-Est.

En outre, l’AUF finance des cours de mises à niveau pour des étudiants créolophones (Haïti) et arabophones (Liban et Syrie) avant leur inscription dans un programme universitaire où la connaissance du français est requise. 1 520 étudiants en ont bénéficié en 2005. Pour les étudiants d’Asie du Sud-Est (Cambodge, Laos, Vietnam) qui ambitionnent de s’inscrire dans une des filières francophones soutenues par l’AUF, des appuis spécifiques en français sont organisés. Ils étaient 2 490 étudiants en 2005.

De plus, l’OIF, en collaboration avec le Centre international audiovisuel d’études et de recherche, a organisé un atelier de formation pédagogique à Mons (Belgique, 25 novembre-4 décembre 2005) à l’intention de 18 cadres dirigeants des ministères de l’Éducation de neuf pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Formés aux enjeux pédagogiques de la convergence langue première-français, ces cadres sont en mesure de promouvoir un bilinguisme actif ; ils serviront de relais pour la démultiplication de la formation sur le plan national.

2. Livre scolaire

La pénurie de manuels scolaires demeure l’un des principaux obstacles à la formation en Afrique. Trop coûteux, car édités et publiés à l’étranger, ils sont aussi souvent mal adaptés au contexte, leur contenu ne rendant pas compte de la réalité sociale, politique, économique et culturelle des pays africains. Cette situation est généralement confortée par l’absence de politique nationale du livre scolaire. Or, si la nécessité de ces politiques a été rappelée par les ministres en charge de l’Éducation lors de leur rencontre, en décembre 2005, au Bénin, seuls le Bénin et le Niger ont pour le moment validé leur document-cadre de politique nationale du livre scolaire. Dans les autres pays concernés, les projets de textes attendent d’être examinés par les conseils des ministres ou les parlements.

Pour soutenir les pays membres dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques nationales du livre scolaire, l’OIF veille au renforcement des capacités de production endogène des manuels et à la formation des intervenants dans les différents maillons de la chaîne éditoriale. Le Bénin, le Congo, la Guinée, le Niger, la République démocratique du Congo ont été particulièrement concernés par son action dans ce domaine.

L’AUF dispose également d’un programme d’édition depuis 1988. Il contribue au maintien d’une production éditoriale en langue française de manuels universitaires d’enseignement et de recherche dans les disciplines où existent d’importantes lacunes. Le catalogue des publications de l’AUF contient 300 titres, dont 250 sont encore disponibles. Neuf titres ont été publiés en 2005. La bibliothèque en ligne de l’AUF permet la consultation gratuite, en texte intégral, de plus de 80 ouvrages numérisés au format PDF avec reconnaissance optique de caractères offrant la possibilité de faire des recherches approfondies.

Catalogue des publications de l’AUF : http://www.catalogue.auf.org
 Bibliothèque en ligne de l’AUF : http://www.bibliotheque.refer.org

Par ailleurs, l’OIF soutient les efforts de concertation et encourage la mobilisation de la communauté internationale. À Niamey, le 3 mars 2005, et à Libreville, le 1er juin 2005, les ministres en charge de l’Éducation de base des pays francophones d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont lancé deux appels en ce sens.

Une stratégie commune pour le développement de l’édition scolaire a pu être adoptée. Ces réunions doivent être complétées par deux missions de sensibilisation et de concertation sur l’organisation et le financement de l’édition scolaire ; l’une auprès du président de la Commission de l’UEMOA à Ouagadougou, la seconde auprès du secrétaire exécutif de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale à Bangui (Centrafrique), pour aboutir, à terme, à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques régionales du manuel scolaire.

D’autre part, une coordination des interventions de l’OIF et de la Banque mondiale a été décidée lors du séminaire de Dakar sur les manuels scolaires en juin 2005. Elle doit à l’avenir faciliter la participation des éditeurs africains au marché du manuel scolaire financé par la Banque mondiale.

L’OIF s’est également intéressée à la formation des différents intervenants dans la chaîne éditoriale et notamment celle des éditeurs africains. Une rencontre sur le marché du manuel scolaire dans les pays africains, à Tunis en décembre 2004, a permis à 18 éditeurs du Bénin, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, de Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Togo et d’échanger sur leurs difficultés et de faire remonter les informations vers les ministres de l’Éducation de leur pays.

Les sessions de formation à la gestion des maisons d’édition et à la formulation des projets éditoriaux ont intéressé 38 participants. Deux sessions sur le droit d’auteur et la gestion des contrats ont concerné les professionnels du livre de l’Afrique de l’Ouest, à Conakry (Guinée) en juin 2005, et ceux de l’Afrique centrale, à Brazzaville (Congo), en novembre 2005. Elles ont permis de mettre en évidence les difficultés rencontrées. La collecte et l’analyse des textes en vigueur sur le sujet contribueront à la formulation, sur le plan national, de propositions de textes de loi.

3. L’action de TV5MONDE en appui à l’enseignement du français

Depuis près de dix ans, TV5MONDE a mis en place, un dispositif gratuit d’information et de services pédagogiques “Apprendre et enseigner avec TV5MONDE”, qui met les technologies de l’information et de la communication au service de l’éducation. Ce dispositif, accessible depuis le site www.tv5.org, exploite des émissions diffusées et d’autres contenus (vidéos, images, textes, etc.). Il intègre de plus en plus d’outils utiles pour l’auto-apprentissage et la formation continue, et propose différentes formules d’accès pour répondre au niveau d’équipement technique des apprenants.

Le site Internet www.tv5.org est devenu un portail de ressources en français. Ses différentes rubriques sont toutes multimédias. Enrichies de textes, photos, vidéos, sons ou musiques, elles constituent un support et un complément pédagogique à l’enseignement en classe.

La vidéothèque est composée de plusieurs journaux télévisés consultables en ligne et par sujet, dont le Journal africain, le Journal de l’économie, le Journal des sciences réalisé par la Cité des sciences et de l’industrie de Paris, et 7 jours sur la planète. La rubrique “Informations” propose en outre des dépêches de l’AFP et la reprise de communiqués d’organisations internationales. Les reportages réalisés pour la collection “Cités du monde” sont également en libre accès ainsi que des extraits de clips musicaux, des courts métrages de cinéma…

Développant les aspects ludiques de l’apprentissage du français et de son perfectionnement, TV5MONDE propose en outre dans sa rubrique “Langue française” un ensemble de jeux sur la langue, dont les dictées en ligne de Bernard Pivot avec leurs corrigés et une compétition entre internautes, la rubrique “Merci, professeur”, de Bernard Cerquiglini ainsi que d’autres outils, tels que un dictionnaire multifonction, des tables de conjugaisons, un dictionnaire des synonymes, des mots croisés et fléchés, des jeux sur la langue, comme Taxi brousse, etc. De plus, les rubriques dédiées à la jeunesse, à la chanson francophone, au cinéma et à la “Francophonie en images” constituent des creusets d’information que les enseignants sont invités à explorer avec leurs élèves, et qui peuvent servir à des recherches et des exercices.

Les programmations de TV5 se distinguent par la grande diversité de leur contenu :
- les sources africaines, belges, canadiennes, françaises, québécoises, suisses des émissions permettent à la chaîne de refléter la vitalité des cultures et des parlers francophones ;
- la grande diversité de situations linguistiques répond aux attentes de publics variés ;
- le sous-titrage en français et dans d’autres langues (allemand, néerlandais, suédois, danois en Europe ; arabe en Orient ; anglais en Asie et aux États-Unis ; espagnol et portugais en Amérique latine) facilite la compréhension ;
- une gamme variée de programmes courts se révèle particulièrement facile à exploiter en classe.

Apprendre et enseigner avec TV5Monde

– 40 fiches pédagogiques à l’intention des enseignants ;
– fiches accompagnant la diffusion hebdomadaire des clips sous-titrés en français ;
– fiches traitant spécifiquement du français à visée professionnelle ;
– ressources interactives à l’usage des apprenants, les “Aventures pédagogiques des Cités du Monde”, qui s’appuient sur des parcours au travers de métropoles ;
– jeu de fiches professeurs/élèves reliées à 50 modules vidéo consacrés aux 10 pays qui ont rejoint l’Union européenne en mai 2004, Un jour en Europe ;
– Lettre pédagogique téléchargeable et diffusée tous les mois à plus de 25 000 enseignants dans le monde, proposant des pistes d’exploration d’émissions programmées ;
– lettre électronique d’information ;
– outils de dialogue avec la communauté éducative (foire aux questions, forums) et des informations professionnelles utiles.

Depuis 2005, TV5 a lancé plusieurs nouveaux produits pédagogiques qui sont venus enrichir considérablement l’offre. Le dispositif “Apprendre et enseigner avec TV5MONDE” s’appuie sur un ensemble de principes pédagogiques clairs tirés de l’expérience de partenaires reconnus. Des centres de formation spécialisés dans l’apprentissage du français langue seconde ou langue étrangère sont, en effet, associés à la conception de plusieurs de ses développements : le Centre d’approches vivantes des langues et des médias (Cavilam) de Vichy, le Centre européen de langue française, l’Alliance française de Bruxelles Europe, l’Alliance française de Paris, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, l’Université de Louvain-la-Neuve. De nouvelles collaborations sont envisagées avec le Centre international d’études pédagogiques et le Centre national d’enseignement à distance, des universités et des chercheurs membres du réseau de l’AUF, et notamment aussi des équipes pédagogiques africaines.

À noter enfin l’accord de partenariat signé entre TV5MONDE et l’Alliance française de Paris, qui comporte un important volet de collaboration pédagogique, de formation et d’incitation à recourir au dispositif TV5MONDE dans le réseau des Alliances.

“7 jours sur la planète”, le fleuron du dispositif

Magazine hebdomadaire conçu par la rédaction de TV5MONDE, 7 jours sur la planète revient sur les temps forts de l’actualité et tient compte des attentes des apprenants et des enseignants.

Le journal est sous-titré en français et diffusé sur l’ensemble des signaux de la chaîne. Il est aussi accessible en ligne, accompagné d’un résumé et d’une transcription intégrale.

En parallèle, on trouve dans la rubrique “Enseignants” de www.tv5.org un dispositif multimédia construit à partir de trois reportages de 7 jours sur la planète et proposant des exercices interactifs et auto-correctifs, des fiches d’activité pour la classe destinées aux enseignants et aux élèves ou étudiants, et, enfin, des modèles génériques pour exploiter d’autres contenus similaires.

Fruit d’un partenariat entre TV5MONDE, le ministère français des Affaires étrangères, l’OIF et l’AUF, 7 jours sur la planète bénéficie de l’expertise pédagogique du Cavilam de Vichy et de l’Alliance française de Bruxelles Europe qui conçoivent les exercices et alimentent l’administration du site de TV5MONDE.

Ce nouveau dispositif, jugé particulièrement innovant et motivant par les dizaines de milliers d’utilisateurs qui s’y sont connectés depuis début 2006 à travers le monde, fait l’objet de nombreuses demandes d’information et de formation dans l’espace francophone et au-delà (Allemagne, Grande-Bretagne, Brésil, États-Unis, etc.). Il a notamment été présenté en mars 2006 aux États généraux de la Francophonie à Bucarest (Roumanie) et il a fait l’objet d’ateliers auprès des formateurs de classes bilingues ou en français renforcé bénéficiant de la convention conclue entre TV5MONDE et l’AUF.

Plus d’informations : http://www.tv5.org

III. La formation vers le développement et l’emploi

Un enseignement, une formation et une recherche orientés vers le développement et l’emploi sont une des exigences définies par le Cadre stratégique décennal de la Francophonie. Non seulement l’éducation et la formation tout au long de la vie sont les fondements d’un développement durable, mais l’importance démographique des jeunes générations dans nombre de pays francophones impose la prise en compte de leur avenir professionnel.

L’adéquation entre la formation et l’emploi a été mise en exergue par la Francophonie depuis les Assises de la formation professionnelle et technique de Bamako en 1998 et présentée comme une des premières conditions de l’insertion des jeunes dans la vie sociale et professionnelle. La Francophonie ne doit pas non plus oublier les moins jeunes pour lesquels l’accès à la formation constitue aussi une condition de réinsertion en même temps qu’il offre la possibilité d’obtenir une qualification et une place dans une société où les savoirs professionnels évoluent rapidement.

Dans l’espace francophone, comme ailleurs, il s’agit donc de contribuer au renforcement de l’enseignement technique et professionnel qui passe notamment par une meilleure prise en compte de l’éducation non formelle. En vue de faire converger les politiques nationales pour atteindre ces buts et développer la pratique de l’ingénierie de système de formation professionnelle et technique, l’OIF déploie une stratégie d’échange et de partage d’expériences entre les États membres, à l’échelle régionale et multilatérale.

1. Concertation et partenariats entre les États

Les partenariats entre États privilégient le transfert des bonnes pratiques de formation et des expertises endogènes par l’utilisation des techniques d’information et de communication. Avec le soutien de l’OIF, une dynamique d’échange d’expériences très riche a ainsi été mise en place entre les systèmes nationaux mais aussi avec les acteurs de la coopération internationale.

Les conférences régionales des ministres en charge de la Formation professionnelle et technique se sont ainsi poursuivies : deux réunions se sont tenues à Dakar (juin 2005) pour l’Afrique de l’Ouest et à Victoria (Seychelles, septembre 2005) pour les États de la Commission de l’océan Indien. Celles des États d’Asie du Sud-Est, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient se sont tenues en juillet et septembre 2006. La conférence d’Asie du Sud-Est sera centrée sur le thème du financement du développement de la formation professionnelle et technique.

Huit réunions de groupes de liaison régionaux et 24 sessions d’activités de partenariat ont été organisées.

2. Systèmes d’éducation, de formation, d’insertion sociale et d’emploi

Sur ce plan, l’action de l’AUF s’illustre par le soutien à un nombre important de formations professionnalisantes et de formations ouvertes et à distance.

Les filières universitaires francophones de formation sont de niveau 2e et 3e cycles. En 2005, elles sont près de 80 auxquelles s’ajoutent quatre instituts internationaux francophones qui proposent des formations d’excellence, de niveau 3e cycle, dans des domaines innovants et répondant à une demande régionale spécifique : la médecine tropicale à Vientiane (Laos), l’information à Hanoi (Vietnam), la gestion et l’administration à Sofia et l’entrepreneuriat à Réduit (Maurice).

L’AUF permet à plus de 8 000 étudiants de suivre une formation universitaire sanctionnée par un diplôme reconnu par une ou plusieurs universités membres dans des domaines liés au développement. Ces actions de formation participent directement à l’intégration des jeunes dans leur pays d’origine et dans le milieu professionnel, ce qui constitue un des objectifs stratégiques de l’AUF.

Au cœur de l’Europe centrale et orientale, un institut de gestion à vocation internationale

L’Institut de la Francophonie pour l’administration et la gestion (Ifag) dispense une formation universitaire de 3e cycle en management et en gestion des organisations. Il est ouvert aux étudiants francophones originaires de tous les pays d’Europe centrale et orientale. Sa mission est de former de futurs gestionnaires, entrepreneurs et cadres des organisations publiques et privées, afin de contribuer au développement des pays de cette région européenne (Albanie, Bulgarie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Ex-République yougoslave de Macédoine, Kosovo, Moldavie, Serbie, Pologne, Hongrie, République tchèque, Roumanie, etc.).

La remise des diplômes à la 8e promotion s’est déroulée à l’Université de Sofia, le 17 mars 2006. Les 55 lauréats de cette promotion, qui rejoint le groupe des 500 anciens diplômés de l’Ifag, sont originaires de neuf pays européens.

Au terme de la formation, les étudiants reçoivent un mastère en administration et gestion des entreprises, équivalent français du MBA, qui leur est délivré par l’Université de Nantes (France).

3. Capacités en ingénierie

Le pool multilatéral d’experts francophones mis en place par l’OIF est désormais un outil efficace de diffusion de l’ingénierie des systèmes de formation professionnelle et technique, d’identification des enjeux stratégiques et de valorisation des expériences francophones. Son rôle est de mobiliser, d’organiser et de valoriser l’expertise francophone.

Il comporte aujourd’hui une soixantaine de personnes-ressources qui ont participé à l’une des 80 missions, réunions et actions menées. À partir de ce groupe s’organisent des travaux thématiques : financement de la formation professionnelle et technique, mise en œuvre locale de la formation, ingénierie du projet, Internet, etc. L’élargissement du pool a permis aux équipes de se structurer et de se stabiliser autour de régions ; et de renforcer leur présence sur le terrain.

Afin de pérenniser les dispositifs régionaux de partenariat inter-États, l’OIF a développé les responsabilités des équipes d’experts du pool chargées du suivi des activités régionales de partenariat et de la mise en place d’une équipe nationale de 10 à 15 personnes-ressources du système formation professionnelle et technique par pays. Les rencontres entre équipes nationales et experts se sont poursuivies en 2005 sur l’apprentissage des outils Internet, sur les stratégies de concertation régionales des équipes nationales ou sur l’analyse du système national de formation professionnelle et technique. Elles ont permis de dégager des actions prioritaires pour améliorer les réformes en cours, de définir les responsabilités institutionnelles nationales et les types de partenariats à envisager.

Base des savoirs francophones : une plate-forme d’échange et de documentation

Le développement des outils Internet de la base des savoirs francophones est assuré par un groupe de travail multilatéral associant trois équipes (sénégalaise, québécoise et franco-lituanienne).

Sept sites Internet interdépendants ont été créés ; 41 groupes de discussion sont ouverts, en Intranet, pour les membres des différentes communautés de travail du programme, représentant environ 330 usagers. Des fonctionnalités particulières ont été développées sur demande des groupes régionaux de concertation (répertoire des centres de formation d’Afrique de l’Ouest, questionnaire d’évaluation des compétences des usagers) et du groupe de travail ingénierie de projet (agenda). L’équipe de l’Université de Dakar a intégré l’ensemble de ces fonctionnalités sur une nouvelle plate-forme Internet développée en code ouvert sur systèmes et logiciels libres.

Ces améliorations permettront au site de devenir rapidement un véritable carrefour francophone pour la formation professionnelle et technique, et ainsi de renforcer l’efficacité et de pérenniser les échanges entre les pays. En mars 2006 à Bruxelles, un premier groupe multilatéral de rédaction a engagé l’actualisation des contenus d’information et de documentation sur le nouveau site.

Base des savoirs en formation professionnelle et technique : http://www.francophoniefpt.org

4. Formation des cadres africains

L’Université Senghor d’Alexandrie est un opérateur directement impliqué dans la formation des cadres africains aux métiers du développement.

En mai 2005, 95 étudiants de la 9e promotion ont obtenu le diplôme d’études professionnelles approfondies de l’Université Senghor et, depuis septembre 2005, la 10e promotion de 109 étudiants prépare un mastère en développement à finalité professionnelle décliné en six spécialités : santé internationale ; politiques nutritionnelles ; gestion de l’environnement ; gestion du patrimoine culturel ; management de projets et gouvernance et management public.

La formation continue étant un secteur clé pour l’Université Senghor, chaque département propose un programme de formations spécifiques de deux à huit semaines, pouvant être organisées soit à Alexandrie, soit dans un pays d’Afrique. Ainsi, au cours de l’année universitaire 2005-2006, quatre formations aux technologies de l’information et de la communication ont eu lieu à Alexandrie, en collaboration avec l’AUF.

Le département administration-gestion a organisé deux formations, l’une sur les bonnes pratiques en microfinance à Alexandrie, et l’autre sur le management de projets à Tunis.

Le département santé a mis en place, à Dakar, une formation sur l’accessibilité des soins hospitaliers et a organisé, à Alexandrie, un colloque international sur le VIH/sida.

Le département patrimoine culturel, en association avec l’Institut national de l’audiovisuel et avec le soutien de l’UEMOA, a organisé une session de neuf semaines, à Alexandrie, consacrée au management de l’audiovisuel. Par ailleurs, en collaboration avec l’Association internationale des maires francophones, ce département a mis en place à Cotonou (Bénin) une formation de guides touristiques pour “la route des esclaves”.

Le département environnement, en collaboration avec l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie, organise chaque année un séminaire consacré à l’économie et la gestion des ressources naturelles.

En outre, plusieurs conventions ont été signées en 2005 avec les universités égyptiennes d’Alexandrie, du Caire, de Mansoura, d’Aïn Shams ainsi qu’avec des universités et entreprises d’Europe, d’Afrique et du Canada, parmi lesquelles l’Institut universitaire d’étude du développement de Genève, le Collège de France, l’Institut de recherche pour le développement, l’Université Paris I, l’Université de Bordeaux IV, l’UEMOA, l’Université de Casablanca ou encore Hydro-Québec et le Forum francophone des Affaires.

Site de l’Université Senghor d’Alexandrie : http://www.usenghor-francophonie.org

IV.  L’enseignement supérieur et la recherche

Le Cadre stratégique décennal précise que les programmations et les actions de la Francophonie devront tendre à “développer la mise en réseaux des universités du Nord et du Sud, favoriser l’éclosion de pôles d’excellence à vocation régionale et appuyer les projets de mobilité des jeunes”. Forte de son réseau, de son expérience dans le domaine des bourses de mobilité et de l’utilisation étendue des technologies de l’information et de la communication, l’AUF est particulièrement concernée par cet objectif stratégique qui rejoint les besoins et les ambitions de ses établissements membres.

Elle a mis en place des programmes d’action et de soutien répondant au double défi du co-développement et de l’excellence. Sa nouvelle programmation quadriennale adoptée en décembre 2005 fixe cinq priorités stratégiques :
– réduire les disparités entre les sexes dans l’enseignement supérieur et la recherche ;
– favoriser l’intégration des jeunes dans leur pays d’origine et dans le milieu professionnel ;
– renforcer les capacités des universités du Sud ainsi que la mise en réseaux de la communauté universitaire ;
– favoriser l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement supérieur et la recherche ;
– favoriser les partenariats avec d’autres organisations francophones et internationales en vue de promouvoir la diversité culturelle.

1. Renforcement des universités du Sud

Conformément à sa vocation d’appui aux établissements universitaires du Sud, l’AUF contribue à leur renforcement institutionnel. Il s’agit de les accompagner dans les réformes institutionnelles favorables à leur développement. Cette démarche des établissements du Sud témoigne de leur volonté de compter parmi les acteurs majeurs du développement de leur pays et de leur région.

L’appui de l’AUF au renforcement de la gouvernance universitaire consiste en l’échange d’expertises entre les universités du Nord et du Sud. Il s’agit notamment d’aborder les questions de gestion académique, de gestion stratégique, de gestion des biens et des services, d’assurance qualité du changement. L’appui de l’AUF est aussi recherché par les universités du Sud pour adapter leurs cursus au système “LMD” (licence, mastère, doctorat) issu du processus européen dit “de Bologne”. Deux séminaires internationaux ont ainsi été organisés :

– en janvier 2005 à la Martinique (France), sur le thème de “La gouvernance universitaire et le développement de la Caraïbe”, en partenariat avec l’Organisation universitaire interaméricaine et l’Université des Antilles et de la Guyane. Il a réuni 34 recteurs, présidents et responsables universitaires de la région Caraïbe et 14 intervenants de 7 nationalités différentes.

– en mars 2005 à Yaoundé, sur le thème des universités africaines dans le contexte mondial de la transformation de l’université. Ouvert aux recteurs et présidents des universités d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien, ce séminaire a orienté ses travaux vers la réforme de l’université africaine au regard des expériences de mise en œuvre du système européen “LMD”. Il a réuni 41 recteurs, 23 intervenants de 18 nationalités différentes.

La dynamique créée a permis le rapprochement entre la Banque mondiale et l’AUF autour d’un programme, “Connaissance pour le développement” (Knowledge for Development), visant à mettre les établissements supérieurs africains au cœur des nouvelles stratégies de développement fondées sur la connaissance.

Deux séminaires ont été organisés dans ce cadre :

- À Niamey (15 juillet 2005) : séminaire de concertation sur les réformes de l’enseignement supérieur, en marge des comités consultatifs du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames).

- À Saly (Sénégal, 30 novembre-2 décembre 2005) : séminaire d’application sur “Les universités d’Afrique francophone et la connaissance au service du développement : quelles leçons tirer des expériences réussies ?”.

Cette collaboration entre les deux organisations s’est à nouveau traduite par la participation de l’AUF à la conférence organisée par l’Institut de la Banque mondiale à Johannesburg (Afrique du Sud, 8-10 mai 2006), sur le thème “Knowledge for Africa’s Development : Innovation, Education, and ICTs”, et la coorganisation avec la Banque mondiale et le ministère français des Affaires étrangères d’une conférence internationale à Ouagadougou (13-15 juin 2006), sur le thème : “L’enseignement supérieur au cœur des stratégies de développement en Afrique francophone : mieux comprendre les clés du succès”.

Plus d’informations : http://www.auf.org/article420.html

2. Émergence de lieux d’excellence au Sud

La coopération inter-universitaire constitue pour l’AUF un instrument majeur d’évolution des institutions universitaires et scientifiques du Sud vers l’excellence scientifique. Deux actions illustrent notamment cette démarche : l’appui aux pôles d’excellence régionaux (PER) et le soutien à des projets de coopération scientifique inter-universitaires (PCSI).

Un PER est un réseau de compétences scientifiques universitaires exerçant dans un cadre régional ou sous-régional articulé autour d’un centre unique ou multiple (laboratoire, centre de recherche, département, faculté, établissement d’enseignement supérieur), dont l’excellence scientifique de niveau international est avérée et reconnue, ou en voie de l’être. L’AUF soutient actuellement 15 pôles d’excellence régionaux dans le monde, dont six en Afrique de l’Ouest, trois en Afrique centrale et un dans l’océan Indien. Ils attirent près de 200 chercheurs de moins de trente-cinq ans. Leur financement, avoisinant 100 000 euros par pôle, s’étale sur quatre années.

Un PCSI, pour sa part, est un projet de recherche et/ou de formation partagé, multilatéral et présentant un impact sur le développement au Sud. Le projet doit être mené par un réseau d’un minimum de trois universités de pays différents, dont au moins une du Sud. 75 projets ont été retenus par le Conseil scientifique lors d’un appel international diffusé en 2005 et seront mis en œuvre en 2006 et 2007. Dans ce cas, le financement est approximativement de 20 000 euros sur deux ans.

L’EXCELLENCE SCIENTIFIQUE RÉCOMPENSÉE

Le 12 mai 2006, l’AUF a décerné les Prix scientifiques de la Francophonie 2005 à Mme Paule Halley, professeure à la faculté de droit de l’Université Laval (Canada-Québec), et à M. Seiamak Bahram, professeur à la faculté de médecine de l’Université Louis-Pasteur (Strasbourg I, France). Mme Paule Halley, juriste, spécialiste du droit de l’environnement, est la lauréate dans la catégorie des sciences humaines et sociales. Le docteur Seiamak Bahram, spécialiste de l’immunologie et de l’immunogénétique moléculaires humaines, est quant à lui le lauréat dans la catégorie sciences et médecine. Chaque Prix scientifique de la Francophonie est assorti d’une bourse de 7 500 euros.

3. Mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs

L’AUF a pour mission de rapprocher les établissements d’enseignement supérieur et de recherche ; et la mobilité des étudiants, enseignants et chercheurs est un des éléments déterminants de cette politique. Ces mobilités visent notamment à développer le niveau scientifique, à renforcer le corps professoral, à promouvoir la coopération internationale et à accompagner les potentiels scientifiques francophones du Sud.

Ce programme favorise en priorité les mobilités intra-régionales entre établissements du Sud et, ensuite, les mobilités Sud-Nord. En 2005, 2 336 bourses ont été octroyées, toutes catégories confondues. On retiendra notamment que les étudiants, les enseignants et les chercheurs du Maghreb sont ceux à qui l’AUF a octroyé le plus de bourses de mobilités. L’Asie-Pacifique arrive en deuxième position, suivie par l’Europe centrale et orientale.

Mobilités octroyées suite à l’appel à candidatures international

Mobilités octroyées suite aux appels à candidatures régionaux

À l’initiative de son Conseil scientifique, l’AUF a mis en place, en 2005, un observatoire des boursiers afin de mesurer l’impact des mobilités financées sur le développement à travers le renforcement des institutions scientifiques et universitaires du Sud et la dimension professionnalisante.

Cet observatoire est chargé de suivre l’évolution des boursiers et anciens boursiers dans leur vie professionnelle, universitaire et scientifique ainsi que dans la poursuite de leurs relations avec l’AUF et ses programmes. Les premiers résultats obtenus par cet observatoire sont encourageants : 42 % des anciens boursiers contactés (bourses octroyées depuis 2002) ont répondu en l’espace de quelques semaines. Toutes les catégories de mobilités mises en place par l’AUF et toutes les régions couvertes par ses neuf bureaux régionaux sont représentées dans les réponses reçues.
À plus long terme, cet observatoire ambitionne de mesurer l’impact des bourses octroyées pour favoriser l’intégration des jeunes dans leur pays d’origine et dans le milieu professionnel.

Espaces boursiers de l’AUF : http://www.boursiers.info

Chaque année, l’AUF permet à plus de 200 experts du Sud de participer à des manifestations scientifiques. Ces appuis sont une autre manière de favoriser la coopération et la solidarité entre les établissements universitaires, et de promouvoir l’expression scientifique francophone sur la scène internationale.

Un répertoire mondial des systèmes d’enseignement supérieur en français

L’AUF et l’Association internationale des universités (AIU) se sont associées pour publier l’édition 2005 du Répertoire des systèmes d’enseignement supérieur dans le monde. Cette publication comporte deux volumes entièrement en français ainsi qu’une édition électronique sur cédérom. L’AIU a mis ses différentes bases de données à la disposition de l’AUF qui a assuré la traduction en français de l’ensemble des données reprises dans le répertoire et la réalisation des éditions imprimée et électronique.

4. Réseaux de chercheurs et institutionnels

Les échanges de savoirs et de compétences, dans le respect des cultures et des identités, sont indispensables pour renforcer la coopération entre les institutions universitaires, tant à l’échelle régionale qu’interrégionale. C’est pourquoi l’AUF s’est engagée à soutenir la mise en réseau de la communauté universitaire, et en particulier :

– La mise en réseau de chercheurs : près de 1 000 spécialistes constituent une communauté de chercheurs regroupés autour d’une vingtaine de domaines. Chaque année, ces réseaux publient des articles et organisent des journées scientifiques.

– L’appui aux réseaux institutionnels, au niveau académique, pédagogique et scientifique : les réseaux institutionnels sont des regroupements, par champs disciplinaires, d’établissements d’enseignement supérieur, composantes d’institutions (facultés, écoles, instituts, etc.), utilisant le français comme langue d’enseignement et de travail. Les réseaux institutionnels contribuent à améliorer la formation universitaire dans les disciplines concernées et alimentent la communauté universitaire francophone en information spécialisée dans leur domaine d’activité.

– L’appui aux conférences régionales de recteurs au niveau politique et stratégique : les conférences régionales de recteurs ont un rôle majeur dans la définition des besoins, des potentialités et des orientations prioritaires dans la région de leur implantation en matière d’enseignement supérieur. L’AUF apporte son soutien à quatre conférences régionales : Conférence des recteurs d’universités francophones d’Afrique et de l’océan Indien (Crufaoci), d’Asie du Sud-Est (Confrasie), de la Caraïbe (Corpuca) et d’Europe centrale et orientale (Confreco).

21 disciplines de travail

- Analyse économique et développement

- Biotechnologies végétales : amélioration des plantes et sécurité alimentaire

- Cultures, identité et dynamiques sociales

- Démographie

- Droit de la santé

- Droits fondamentaux

- Entrepreneuriat

- Environnement et développement durable

- Érosion et gestion conservatoire des eaux et des sols

- État de droit saisi par la philosophie

- Étude du français en Francophonie

- Génie des procédés appliqué à l’agroalimentaire

- Genre, droits et citoyenneté

- Lexicologie, terminologie, traduction

- Littératures d’enfance

- Littérature francophone d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien

- Maladies parasitaires vectorielles

- Observation du français et des langues nationales

- Sociolinguistique et dynamique des langues

- Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement

- Télédétection

5. Offres de formation à distance

Un millier d’étudiants d’universités du Sud, principalement en Afrique, suivent actuellement des formations ouvertes à distance. L’AUF s’est associée avec des universités du Nord, mais aussi du Sud, pour proposer des cours en ligne disponibles à partir de ses campus numériques et centres d’accès à l’information. Ces formations, une fois terminées, donnent droit à un diplôme d’État d’une université française ou canadienne. L’AUF offre également des allocations d’études à 700 étudiants. Des chiffres qui sont amenés à croître puisque l’offre de formations diplômantes est passée de 4 en 2000 à plus de 45 en 2006.


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