Sommaire De Ouagadougou à Bucarest, par Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
I. Paix, démocratie et droits
de l’HommeI. Les grandes étapes depuis le Sommet de Ouagadougou
II. Prévention et règlement des crises
et des conflitsIII. Sorties de crise, transitions,
consolidation et maintien de la paixDÉMOCRATIE, DROITS
DE L'HOMME ET ÉTAT DE DROITI. Développement institutionnel
et gouvernance démocratiqueII. Diversité culturelle
et linguistiqueI. La coopération internationale
en matière de gestion et de
régulation de la diversité culturelleII. Le développement des politiques
nationalesIII. La production et la diffusion
des produits et contenus culturelsIII. Technologies
de l’information et médiasI. Les défis de la société
de l’informationII. La présence francophone dans
le paysage médiatique internationalIV. Le français dans les organisations internationales
I. La place de la langue française
aux Nations uniesII. La place de la langue française
en EuropeIII. La place de la langue française
au sein des organisations africainesV. Éducation, formation, enseignement supérieur
et rechercheI. L’accès des enfants aux études
primairesII. L’enseignement et l’apprentissage
du français et en françaisVI. Solidarité et développement durable
I. La réduction de la pauvreté
dans une stratégie
de développement durableII. L’intégration des pays
en développement et des pays
les moins avancés à l’économie
mondialeVII. Une Francophonie modernisée
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Solidarité et développement durable
La solidarité est un principe fondateur de la communauté francophone. Elle détermine autant sa stratégie politique que ses actions de concertation et de coopération. Dans cet esprit, la Francophonie avec l’ensemble de la communauté internationale travaille à mettre en œuvre les résolutions du Sommet de Rio (Brésil, 1992) et à promouvoir un développement durable et solidaire comme un des principaux objectifs de son Cadre stratégique décennal, adopté lors de son Xe Sommet à Ouagadougou (Burkina Faso, 2004).
Lors de ce dernier sommet, qui avait pour thème la construction d’un espace solidaire pour un développement durable, le Secrétaire général rappelait qu“il détermine l’avenir de notre planète, et qu"il nous faut en maîtriser la dynamique, parce que c’est notre destin qui est en cause”.
La Francophonie est particulièrement attachée à cette démarche, compte tenu de la diversité des situations de ses membres – pays moins avancés, pays pauvres très endettés, petits États insulaires en développement, pays enclavés. Les différents sommets de la Francophonie ont ainsi réaffirmé la nécessité de combiner de façon équilibrée une croissance durable, une répartition équitable des résultats de cette croissance, une gestion soucieuse de l’environnement et le respect des différentes cultures.
Pour y répondre, la Francophonie concentre son action dans deux directions : l’appui aux politiques de lutte contre la pauvreté et le soutien à l’intégration des pays francophones en voie de développement dans l’économie mondiale.
I. La réduction de la pauvreté dans une stratégie de développement durable
La mondialisation croissante des échanges a placé les questions de développement durable, de réduction de la pauvreté et de sécurité parmi les priorités de la communauté internationale. Le rapport d’étape aux Nations unies sur la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement, réalisé en septembre 2005, rappelle néanmoins qu’ils ne seront pas atteints sans une nouvelle mobilisation des pays les plus riches. Or ceux-ci, engagés dans une concurrence exacerbée, sont confrontés d’une part à une situation économique marquée par une croissance inégale et des problèmes d’emploi, d’autre part aux coûts croissants des mesures de sécurité et de gestion des mouvements de populations.
De ce fait, l’utilisation optimale des ressources disponibles, la gouvernance économique et la recherche de nouveaux modes de financement ont pris une place majeure dans les discussions auxquelles la Franco-
phonie participe de façon désormais systématique.
1. Stratégies nationales de développement durable
En adoptant une déclaration de 27 principes, l’Agenda 21 et trois conventions mondiales sur la biodiversité, les changements climatiques et la lutte contre la désertification, la Conférence de Rio sur l’environnement et le développement a suscité, en 1992, une large prise de conscience.
Cette dynamique n’a cependant pas encore enrayé les menaces pesant sur l’environnement, les écosystèmes et les ressources naturelles. Les modes de production et de consommation continuent de porter atteinte à ces ressources, leur impact se fait toujours plus fort, entraînant la dégradation de la biodiversité, l’augmentation des gaz à effet de serre et une désertification accélérée.
Parallèlement, le secteur énergétique est en pleine mutation : nouvelles régulations au niveau mondial, changements technologiques et techniques donnent lieu à une révision des politiques énergétiques aux plans institutionnel, juridique et financier.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), par l’intermédiaire de son Institut de l’énergie et de l’environnement (IEPF), contribue au renforcement des capacités nationales et au développement de partenariats dans les domaines de l’énergie et de l’environnement. Les interventions spécifiques de l’IEPF – formation, information, actions de terrain et concertation – engagent les pays à développer une meilleure gestion et utilisation des ressources énergétiques, à intégrer l’environnement dans les politiques nationales dans une perspective durable et équitable.
1.1 — Mobilisation de l’expertise
L’OIF mobilise et anime en continu des réseaux formels d’experts et des groupes ad hoc de réflexion. Sept experts ont ainsi été mobilisés pour la production d’un avis sur le thème “Diversité culturelle et développement durable” ; neuf autres ont travaillé à la production d’un avis relatif aux “Modes de production et de consommation durables”.
Elle organise également des réflexions collectives autour de différents groupes de travail, à l’exemple du colloque francophone sur la “Décennie de l’éducation en vue du développement durable” de Ouagadougou (18-21 juillet 2005). Une série de recommandations a été adoptée et un comité de suivi constitué.
L’IEPF a renforcé ses activités destinées à comprendre les enjeux et les facteurs qui déterminent les évolutions dans le domaine du développement durable. La veille stratégique, comme la production de réflexions prospectives et d’analyses de politiques de développement permettent de définir et d’orienter des stratégies d’appui pertinentes, adaptées aux pays du Sud.
Par ailleurs, des textes de référence, de consensus ou de médiation, ainsi que des argumentaires sont élaborés afin de défendre des positions communes lors des grandes concertations internationales sur l’énergie, l’environnement et le développement durable. L’information ainsi produite est mise à la disposition des pays membres sur différents supports (revues, guides, cédéroms, Internet, études, séminaires de restitution, etc.) comme outils d’aide à la définition de leurs propres stratégies.
Un chercheur primé par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) sur le point de commercialiser une mobylette respectueuse de l’environnement
Au Vietnam, les mobylettes de faible puissance sont très polluantes et affectent dangereusement l’environnement et la santé des populations. En décembre 2004, l’AUF remettait au professeur Bùi Van Ga, aujourd’hui recteur de l’Université de Dà Nang, le Prix scientifique de la Francophonie assorti d’un montant de 7 500 euros, pour ses recherches sur le développement d’un moteur au gaz de pétrole liquéfié (GPL). Bùi Van Ga travaille à la réalisation d’une moto “propre” depuis les années 80, quand il effectuait son doctorat en mécanique à l’École centrale de Lyon, en France.
L’OIF a, en outre, soutenu l’organisation de la rencontre francophone sur la responsabilité sociétale en marge des travaux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) à Bangkok (Thaïlande, 23 septembre-2 octobre 2005). Cette importante question de la responsabilité sociétale, objet de la future norme internationale (ISO 26000), a également été débattue à l’occasion du séminaire international organisé par l’OIF à Marrakech (Maroc, 13-15 décembre 2005), sur le thème “Normalisation et responsabilité sociétale en vue du développement durable en Francophonie. Les axes d’intervention qui ont été projetés sont pris en charge par le réseau francophone mis sur pied à l’occasion de cette manifestation et dont le comité de pilotage a été reconnu par l’ISO comme le noyau francophone d’intervention dans les discussions sur la future norme ISO 26000. En outre, l’ISO a officiellement reconnu l’OIF comme organisme de liaison sur cette question.
Enfin, la rencontre qui s’est tenue à Roseau (Dominique, 6-12 décembre 2005) sur le déploiement du cadre d’action francophone pour les petits États insulaires francophones en développement de la zone Caraïbe a réuni 17 directeurs et chefs de service des secteurs de l’énergie, de l’environnement et du développement durable de la Dominique, de Haïti et de Sainte Lucie. Tous ont convenu de monter des actions communes qui s’inscriraient dans ce cadre d’action adopté.
La Francophonie a également pris part aux grands débats menés notamment au sein de la Commission du développement durable de l’Organisation des Nations unies (ONU) et participe au suivi du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique du Sud, 26 août-4 septembre 2002).
Une participation active exige la mobilisation des différentes composantes de l’expertise francophone (communauté scientifique, professionnelle, élus et société civile) afin de faire émerger des positions convergentes entre les groupes régionaux de négociation et d’élaborer les meilleures conditions de la mise en œuvre d’un développement durable dans l’espace francophone et dans le respect de la diversité culturelle.
Un document recueillant différentes expériences francophones exemplaires sur l’accès à l’énergie a ainsi été publié et diffusé ainsi qu’un premier document d’inventaire des centres de formation en énergie et en environnement dans l’espace francophone.
L’Union européenne a accepté de cofinancer un projet de mise en réseau des acteurs du secteur de l’accès à l’énergie des pays d’Afrique de l’Ouest impliquant trois partenaires du Nord – Gret, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie France, Association pour la promotion des énergies renouvelables (Région wallonne) – et quatre partenaires d’Afrique subsaharienne – Mali, Sénégal, Entreprise Semis, Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) – dans le cadre du programme Énergie intelligente. Ce projet pourra servir de référence à l’ensemble des pays en développement de la Francophonie mobilisés pour des actions en faveur de l’énergie durable.
1.2 — Information et formation
La mission d’information de l’IEPF s’organise autour de deux axes : un système d’information francophone pour le développement durable, Médiaterre, et des produits traditionnels sous forme de fiches techniques, guides et autres monographies.
Une partie importante des actions d’information dans le domaine de l’énergie et de l’environnement s’articule autour de Médiaterre, système mondial francophone d’information pour le développement durable. Présenté à Johannesburg comme projet francophone structurant, Médiaterre est désormais opérationnel. Il sera renforcé par la fédération d’un plus grand nombre de réseaux et d’acteurs francophones.
21 portails sont maintenant en activité sur le réseau Médiaterre. En 2005, l’ensemble des sites de Médiaterre a cumulé 9 400 000 pages vues, et 2 349 dépêches ont été postées sur l’ensemble des portails du réseau. Ce qui représente une hausse de 350 % du nombre de pages consultées et de 66,2 % du nombre de dépêches postées, par rapport à 2004, et une hausse de plus de 1 000 % du nombre de pages consultées et de 145 % du nombre de dépêches postées, par rapport à 2003.
La production en français et la diffusion dans tous les pays membres de l’information professionnelle et stratégique sur les technologies, les procédés, les idées novatrices ou les négociations dans les domaines de l’énergie, de l’environnement et du développement durable favorisent l’échange entre les acteurs du développement durable.
Plus d’informations : http://www.mediaterre.org
Les publications trimestrielles Liaison-Énergie Franco-phonie et Objectif Terre sont utilisées comme supports de la production d’informations multiples. trois numéros de la revue trimestrielle Liaison-Énergie-Francophonie, avec un tirage moyen de 4 000 exemplaires par numéro, sont sortis en 2005. Quatre numéros d’Objectif Terre et une édition spéciale consacrée aux changements climatiques ont été produits et diffusés en 2005 (1 000 exemplaires par numéro sur support imprimé et environ 800 exemplaires sur support électronique).
Cette production est également enrichie par l’édition et la diffusion de guides, de monographies, d’ouvrages de référence et de fiches techniques, en liaison avec les autres projets mis en œuvre par l’IEPF. Au cours des cinq dernières années, une vingtaine de manuels spécialisés, guides techniques et atlas d’expertise, ainsi que des fiches techniques de vulgarisation scientifique pour l’efficacité énergétique et l’économie de l’énergie ont été publiés par l’IEPF. Six nouvelles fiches du Programme de soutien à la maîtrise de l’énergie ont été élaborées, portant sur la cogénération et la trigénération, les campagnes de mesure des consommations d’électricité, les transformateurs de distribution efficaces, les indicateurs de viabilité des politiques énergétiques, les énergies renouvelables et le code de qualité énergétique des bâtiments. Le site Internet est également un instrument privilégié de diffusion de la production éditoriale francophone dans le domaine de l’énergie et de l’environnement.
Plus d’informations : http://www.iepf.org
L’Université Senghor d’Alexandrie (Égypte) a, pour sa part, mis en place différentes spécialités de masters professionnels dans une stratégie de développement durable. Au cours de l’année universitaire 2005-2006, l’université a dispensé un cycle de formation continue spécifique ainsi qu’une série de séminaires dans des secteurs prioritaires pour le développement du continent
africain :
– Nouvelles stratégies pour la conservation des mémoires, avec la collaboration de l’Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation (Alexandrie, novembre 2005) ;
– Transfert d’innovations pédagogiques en sciences de gestion, avec la collaboration de la Conférence internationale des dirigeants des institutions d’enseignement supérieur et de recherche d’expression française de l’AUF (Alexandrie, décembre 2005) ;
– Économie et politique de gestion des ressources naturelles et de l’environnement, avec la collaboration de l’IEPF (Alexandrie, décembre 2005) ;
– Vingt-cinq ans de VIH/sida, regards croisés sur les pays de la Francophonie, avec la collaboration de l’Institut universitaire d’études du développement de Genève (Alexandrie, février 2006) ;
– Management de l’audiovisuel, avec la collaboration de l’Institut national de l’audiovisuel (Alexandrie, février-avril 2006) ;
– Les bonnes pratiques en microfinance (Alexandrie, mars 2006) ;
– Formation de guides touristiques pour la route des esclaves en collaboration avec l’Association internationale des maires francophones (AIMF), à Cotonou (Bénin, avril 2006) ;
– Management de projets, à Tunis (Tunisie, avril et mai 2006) ;
- Accessibilité et performance des soins hospitaliers, en collaboration avec le pôle universitaire de Bordeaux, la Fédération hospitalière de France, le pôle santé de l’École centrale de Paris et l’Université de Nice, à Dakar (Sénégal, juin 2006).
1.3 — Soutien aux politiques environnementales
Les activités de l’IEPF dans le domaine de l’environnement visent à renforcer les capacités des pays à concevoir puis à mettre en œuvre des politiques environnementales, des stratégies de développement durable et des agendas 21 locaux. Parallèlement, des formations sont conçues et progressivement installées dans des institutions du Sud désireuses de les pérenniser, autour de cinq thèmes :
– Lutte contre la désertification : les formations sur la formulation de projets éligibles au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) sur la lutte contre la désertification, organisées pour 18 pays d’Afrique, ont débouché sur l’élaboration de 17 requêtes de financement soumis au FEM : 11 ont déjà reçu une réponse positive. En 2005, ce programme s’est adressé spécifiquement aux petits États insulaires francophones en développement. La formation s’est tenue en septembre 2005 au Cap-Vert.
– Changements climatiques : dans le cadre de l’initiative francophone de partenariat pour le Mécanisme pour un développement propre (MDP) adopté par le Séminaire de Montréal (Canada-Québec, avril 2005), un portail Internet a été développé et un bulletin hebdomadaire d’information sur le MDP et le marché carbone est diffusé au public francophone.
– Biodiversité : l’atelier des Seychelles (avril 2005) sur l’accès et le partage des avantages a permis de sensibiliser les pays de l’océan Indien à la question et de les accompagner dans la définition d’un cadre juridique de prévention du bio-piratage. Un second atelier, au Gabon (12-16 décembre 2005), a concerné les pays de l’Afrique centrale.
– Développement durable : l’atelier de concertation des Conseils nationaux de développement durable de l’espace francophone, organisé à Paris (France, mai 2005), a débouché sur un portrait-diagnostic des mécanismes institutionnels de concertation existants et des recommandations pour une plate-forme francophone.
– Enjeux environnementaux : l’organisation de trois séminaires de sensibilisation aux enjeux environnementaux au Burundi en 2005 a permis de mobiliser toutes les parties prenantes au développement durable de ce pays.
1.4 — Recherche dans le domaine de la santé
La Francophonie développe deux types d’actions dans le secteur de la santé, rattachées à l’enseignement supérieur et à la recherche.
L’Institut de la Francophonie pour la médecine tropicale, situé à Vientiane (Laos), dispense en français et durant deux ans un enseignement de 3e cycle sur les maladies tropicales prioritaires et leur contrôle, destiné aux médecins francophones d’Asie du Sud-Est (Laos, Cambodge, Vietnam et Chine) et d’autres pays du Sud, dont Madagascar depuis 2005.
Chaque année, 12 à 20 étudiants soutiennent devant un jury international leur master de médecine tropicale et santé internationale. À l’issue de la formation, les meilleurs élèves peuvent prolonger leur recherche grâce à des bourses de thèse ou par un engagement comme chercheur ou enseignant dans les facultés des pays d’origine. D’autres réussissent le concours français d’internat en médecine ou rejoignent les services publics de leur pays (clinique, épidémiologie ou administration de la santé).
Le réseau Droit de la santé de l’AUF, réuni à Dakar les 28-29 mars 2005, a adopté les thèmes de recherche du premier appel à collaboration pour les prochaines actions de recherche en réseau (2006-2007) : accès aux soins, droits fondamentaux et allocation de ressources ; cadre juridique et éthique de la recherche biomédicale ; droit de la santé et ses déterminants culturels ou “droit de la santé et cultures” ; enjeux de la sécurité sanitaire internationale ; sécurité sanitaire.
Une deuxième animation scientifique régionale de ce réseau a été organisée à Dakar du 1er au 3 avril 2005. Elle s’est intéressée aux grandes questions soulevées par l’application du droit de la santé dans la région Afrique de l’Ouest. Elle visait également à réunir les chercheurs et enseignants francophones concernés avec pour objectifs :
– d’établir une cartographie des programmes de formation et de recherche soutenus dans la région par l’AUF, ainsi que ceux développés dans le cadre d’autres coopérations universitaires ou gouvernementales ;
– de fédérer les actions initiées par les établissements de la région membres de l’AUF autour des problématiques qu’ils jugent prioritaires.
L’AUF soutient fortement l’École doctorale régionale en maladie infectieuse, implantée au sein du Centre international de recherches médicales de Franceville. Cette école a vocation à doter la région d’une structure de formation à la recherche par la recherche et des cadres nécessaires dans le domaine concerné.
La première promotion a accueilli 14 auditeurs : six Camerounais, trois Gabonais, trois Congolais, un Tchadien, un Centrafricain.
Le protocole additionnel à la convention instituant l’école a été signé le 7 mars 2006 à Libreville (Gabon) par les ministres de l’Enseignement supérieur des pays concernés.
L’AIMF s’est également intéressée au rôle des villes en matière de santé et notamment à la pandémie VIH-sida dont la propagation est plus élevée en milieu urbain. Elle y a consacré un colloque, “Villes, sociétés et sida”, à Bruxelles
(11-13 mars 2005). : http://maires.francophonie.org
2. Accès aux financements pour le développement
Les besoins financiers des pays en développement sont considérables et les ressources financières allouées par la communauté internationale s’avèrent insuffisantes. Le rapport 2004 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la coopération pour le développement le soulève clairement : à court ou long terme, le niveau de mobilisation des ressources d’aide publique au développement restera inférieur aux besoins estimés pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Dans ce contexte, les chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie ont rappelé lors du Sommet de Ouagadougou toute l’importance qu’ils accordent à “l’accroissement de l’aide publique au développement amorcé à Monterrey” et à la poursuite “des efforts pour accroître l’efficacité de cette aide”. Mais les règles, mécanismes et procédures d’accès à ces financements sont en pleine évolution, et l’OIF a un rôle spécifique à jouer en permettant à ses membres d’accéder aux financements publics et privés. Il s’agit également de faire connaître les expériences réussies et de favoriser, en particulier, le développement d’institutions de microfinance.
La microfinance, dans son acception la plus simple, permet des financements spécifiques, des microcrédits, en faveur de personnes démunies et en vue d’activités génératrices de revenus. Dans les pays en développement, elle concerne des populations exclues du secteur bancaire (80 % de la population n’a pas accès aux services financiers formels), en leur offrant la possibilité de disposer d’un compte en banque pour y déposer leurs économies et servir de support à des opérations de crédit. De plus, les institutions de microfinance offrent de plus en plus souvent des moyens de paiement et en premier lieu des virements de fonds, nationaux ou internationaux (par exemple au sein de l’UEMOA ou de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale - Cemac), dont Nord-Sud (rapatriement des fonds des travailleurs migrants). La microfinance peut ainsi contribuer au développement des pays en développement en permettant l’acheminement des fonds jusque dans les villages et les quartiers, ce que les banques “classiques” ne font pas ou mal.
Sa proximité et sa capacité à gérer les risques non couverts par des garanties traditionnelles expliquent son intérêt dans la lutte contre la pauvreté et pour l’insertion dans les circuits économiques. Tout comme les technologies de l’information et de la communication, la microfinance bien encadrée peut avoir des effets multiplicateurs permettant, notamment aux femmes et aux jeunes, de monter leurs propres projets ou de trouver plus facilement un emploi. L’année 2005 a été déclarée Année internationale du microcrédit par l’ONU.
Depuis sa création en 1988, le réseau de chercheurs Entrepreneuriat de l’AUF s’est intéressé au financement de l’activité, à l’épargne informelle et aux circuits parallèles de financement. Les chercheurs membres de ce réseau ont publié une dizaine d’ouvrages et un nombre important d’articles sur la microfinance. Les journées scientifiques ont toujours accordé une place à ces thèmes, sur lesquels beaucoup d’étudiants africains ont soutenu ou vont soutenir leur thèse, en particulier à l’Université Lumière Lyon II et à l’Université d’Orléans. Le réseau Analyse économique-développement de l’AUF s’est également intéressé à la microfinance.
Compte tenu de l’intérêt suscité par ces expériences, en particulier dans les pays francophones du Sud, du Vietnam au Bénin, de Madagascar à Haïti, et à la suite du colloque sur le développement durable qu’elle a organisé à Ouagadougou, en mai 2004, l’AUF a souhaité mobiliser les chercheurs de ces réseaux et constitué un “groupe de recherche en microfinance” dirigé par M. Michel Lelart de l’Université d’Orléans (France).
Ce groupe est intervenu au cours de plusieurs manifestations :
– Aux Journées francophones de la microfinance, organisées à Tunis (27-28 octobre 2005) par l’OIF et l’Agence tunisienne de coopération technique, auxquelles ont participé 200 représentants d’institution ou de gouvernement.
– Lors de la réunion du comité du réseau Entrepreneuriat à Brazzaville (Congo, 21-26 février 2006), en marge de laquelle une table ronde sur la microfinance avec des universitaires congolais a réuni plus de 50 participants. La microfinance a fait également l’objet d’un exposé à l’Université de Kinshasa (République démocratique du Congo).
– Au séminaire de formation sur les bonnes pratiques en microfinance organisé par le département administration-gestion de l’Université Senghor d’Alexandrie (13-23 mars 2006) qui a réuni 33 participants.
– Aux deux journées de recherche sur “Les coûts d’intermédiation microfinancière et la gestion des risques des institutions de microfinance : expériences européennes et du Sud”, organisées à l’Université de Rouen (France, 6-7 avril 2006) avec le soutien de l’AUF et de la Caisse des dépôts et consignations. Une quarantaine de participants étaient présents.
L’AIMF a par ailleurs organisé la Journée microfinance, à l’occasion de son assemblée générale qui s’est tenue à Antananarivo (Madagascar, 25-27 novembre 2005).
Plus d’informations : http://maires.francophonie.org
2.1 — Information sur les financements
Le Symposium sur l’accès aux financements internationaux (Paris, 5-7 mai 2004) a fait état des préoccupations de l’OIF sur le financement du développement. Il a réuni 385 participants issus de 42 pays et gouvernements dont 32 du Sud, 33 organisations internationales/partenaires au développement, 34 banques et organisations régionales et une trentaine d’organisations non gouvernementales (ONG), pour traiter de l’accès aux financements internationaux dans les domaines de l’économie et du développement durable, de l’éducation et de la formation, de la culture et des médias ainsi que de la bonne gouvernance.
Une série d’activités en a découlé : rencontre sur la mobilisation de l’épargne des migrants (Paris, 10 décembre 2004) ; réunion de concertation sur la problématique de l’aide publique au développement (Londres, 17-18 janvier 2005) ; Journées francophones de la microfinance (Tunis, 27-28 octobre 2005).
L’OIF a également participé au Forum ministériel de Maputo sur la dette (Mozambique, 15-17 mars 2005) et animé deux tables rondes au Forum économique international des Amériques sur “Les infrastructures et services publics : les nouvelles perspectives de financement” (Montréal, 30 mai-2 juin 2005) et “Marché global et développement” (Montréal, 5-8 juin 2006).
Suite aux recommandations des participants au symposium, le projet Amade d’accès aux financements de l’aide publique a été mis en œuvre. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’insertion des pays francophones dans l’économie mondiale et d’appui à l’émergence d’un secteur privé plus efficace. Une rubrique “Accès aux marchés de l’aide publique au développement” a été créée sur le site www.espaceeconomiquefrancophone.com. Elle diffuse de l’information en français sur les mécanismes d’accès aux financements, sur les procédures de passation des marchés et les opportunités d’affaires liées au financement des programmes et projets de développement. Un système électronique de veille et d’alerte sur les projets et programmes financés par les bailleurs de fonds (Banque mondiale, Société financière internationale, Fonds européen de développement et Banque islamique de développement) accompagne cette rubrique qui est en fait un sous-site.
En Afrique centrale et de l’Ouest, 19 points focaux Amade ont été mis en place au sein de structures d’appui aux entreprises, généralement des chambres de commerce. L’accès au système de veille et d’alerte électronique leur permet d’identifier des marchés porteurs et de mettre à la disposition des entreprises cette information. Les premiers séminaires régionaux du projet se sont tenus à Douala (Cameroun, 19-23 septembre 2005), Kinshasa (26-30 septembre 2005), Dakar (14-18 novembre 2005) et Cotonou (21-25 novembre 2005). Ils ont permis de clarifier les logiques d’intervention des bailleurs, d’analyser leurs mécanismes de financement et d’améliorer la connaissance des participants sur les procédures de passation de marchés appliquées dans le cadre des financements de l’aide publique au développement. Des questions, telles que l’identification des marchés, notamment à l’aide de la veille électronique, le montage des offres, les moyens dont disposent les secteurs public et privé pour accroître la part des entreprises nationales sur les marchés de l’aide, etc., ont également été abordées.
L’AIMF a identifié une nouvelle source de financement en France avec la loi du 9 février 2005 relative à la coopération internationale des collectivités territoriales et des agences de l’eau dans les domaines de l’alimentation en eau et de l’assainissement. Dans la limite de 1 % des ressources affectées à leur budget eau-assainissement, les collectivités peuvent mener des actions de coopération. Le secrétariat permanent de l’AIMF est en relation avec plusieurs agences de bassin pour proposer des dossiers de financement au dispositif de solidarité mis en place : celles de Loire-Bretagne et de Rhin-Meuse se préparent ainsi à participer au financement de projets à Phnom Penh (Cambodge), à Kaolack (Sénégal) et à Ngaoundéré (Cameroun).
2.2 — Évaluation des politiques publiques
Le projet de développement des capacités en suivi-évaluation vise à accompagner les États membres du continent africain dans l’évolution de leur mode de gestion publique, conformément au nouvel agenda de l’aide publique au développement. Il s’agit en particulier de favoriser le recours à ces pratiques de suivi et d’évaluation par un travail de sensibilisation, de soutien au diagnostic des capacités nationales en évaluation et à l’émergence d’associations nationales d’évaluation. En outre, l’OIF s’emploie à donner une voix aux positions francophones au sein des instances internationales consacrées à l’évaluation.
La Francophonie a pu marquer son engagement au sein de la communauté internationale de l’évaluation par diverses actions, comme le développement d’un site portail Internet sur l’évaluation dans l’espace francophone (http://evaluation.francophonie.org) ; le soutien et la participation active à la 3e Conférence internationale de l’Association africaine d’évaluation (Afrea) avec 540 participants en provenance de 41 pays africains (Le Cap, Afrique du Sud, 1er-4 décembre 2004).
L’année 2005 a permis de renforcer la présence des francophones dans les instances internationales et de faire émerger des pratiques d’évaluation au sein des pays. Les efforts entrepris depuis plusieurs années ont porté leurs fruits avec la nomination de francophones à la présidence de l’Association internationale de l’évaluation du développement (Ideas) et de l’AfrEa jusqu’ici présidées par des anglophones.
L’OIF a participé et pris en charge la participation des membres francophones du bureau exécutif de l’Afréa à la Ire Conférence internationale de l’Ideas, en avril 2005 à New Delhi (Inde), ainsi qu’au Congrès commun des associations nationales américaine et canadienne d’évaluation à Toronto (Canada), en octobre 2005.
Dans les pays d’Afrique francophone, un important projet d’accompagnement des États dans l’élaboration de plans nationaux de renforcement des capacités en évaluation a été lancé en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Le projet est en phase pilote avec le Congo, le Niger et le Sénégal. En 2005, trois séminaires d’accompagnement ont été organisés dans les pays concernés (Dakar, avril et novembre 2005 ; Niamey, août 2005). D’autre part, un site Internet dédié au projet a été développé pour simplifier l’échange d’informations entre les consultants et les comités nationaux de suivi impliqués.
Plus d’informations : http://www.capacites-evaluation.org
Enfin, l’OIF a organisé en juin 2006 un atelier international sur les formations à l’évaluation en français qui a réuni une trentaine de participants, acteurs clés de l’évaluation du développement et des formations dans ce domaine : les bailleurs de fonds internationaux (Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, Banque africaine de développement, Unicef, Pnud et OCDE) et bilatéraux (Canada et France) ; les directeurs d’instituts régionaux de formation à la gestion publique et des universitaires européens et africains ; des professionnels africains et les coordonateurs des réseaux nationaux d’évaluation (Burkina Faso, Bénin, Mauritanie, Niger) ainsi que l’AUF et l’Université Senghor. En partant du constat que les formations proposées aux pays du Sud dans le cadre du suivi des programmes de lutte contre la pauvreté, et plus globalement pour le suivi des aides internationales, sont actuellement encore presque exclusivement en anglais, l’objectif de l’atelier était de définir en partenariat le meilleur projet qu’il conviendrait de développer pour aider l’Afrique à “s’équiper” d’un cursus international reconnu et pérenne dans ce domaine.
3. Associer les communautés de base
L’OIF s’est résolument engagée à encourager les initiatives locales en vue de contribuer à la lutte contre la pauvreté. La difficulté de ce type d’intervention consiste à bâtir des stratégies qui impliquent les communautés de base, condition indispensable à la pérennisation, et à pouvoir diffuser les expériences réussies. L’OIF apporte aux gouvernements un soutien méthodologique pour la mise en place de cadres propices à la décentralisation et pour l’élaboration d’instruments spécifiques et adaptés. Il s’agit également de mettre à la disposition des communautés de base et des organisations de la société civile des outils pertinents de planification du développement local.
3.1 — Économie de proximité
L’appui à l’économie de proximité implique le développement d’une culture entrepreneuriale à partir d’une filière spécifique au secteur d’artisanat de production. Car si le potentiel de croissance économique local présenté par l’artisanat est réel, il ne peut être encouragé qu’en passant d’un artisanat informel, au développement limité, à un artisanat de production.
Parallèlement, l’OIF encourage les relations et la concertation entre les acteurs économiques (entreprises, chambres de commerce, chambres consulaires, administrations publiques, etc.) en les accompagnant dans la mise en place d’une politique nationale de développement de l’économie de proximité.
L’OIF a pris l’initiative d’une opération pilote visant le développement durable du secteur artisanal, à partir de la filière aluminium au Sénégal. Cette démarche s’inscrit dans la politique nationale du ministère de l’Artisanat du Sénégal. Du 6 au 13 janvier 2005, une mission technique a eu lieu à Dakar auprès des artisans fondeurs pour une formation complémentaire et pour l’installation du matériel technique de formation et de contrôle qualité. Du 2 au 9 juillet 2005, une seconde mission d’assistance technique a permis l’installation d’un groupe d’intérêt économique.
15 étudiants originaires de Roumanie, d’ Ex-République yougoslave de Macédoine, de Moldavie, de Bulgarie et d’Albanie ont achevé en juillet 2005 leur cycle de formation dans le cadre du projet “Formation de conseils experts à la petite entreprise”.
3.2 — Programme spécial de développement
Créé en 1975, le Programme spécial de développement (PSD) est un fonds multilatéral alimenté par les contributions volontaires des États et gouvernements membres de la Francophonie. Il se consacre au soutien des initiatives originales concourant à la satisfaction des besoins essentiels des communautés de base. Une réforme structurelle en 2000 a resserré ses missions. La consolidation des acquis de la réforme s’est poursuivie en 2005 par le resserrement des objectifs : appui aux initiatives communautaires locales et en particulier à l’accès à l’eau ; valorisation des produits locaux et renforcement des capacités ; attention aux communautés de base et aux groupes défavorisés (femmes, jeunes) des pays en développement et des pays d’Europe centrale et orientale ; enfin, amélioration des outils de mise en œuvre et renforcement du dispositif de suivi.
En 2004-2005, le nombre de requêtes enregistrées est resté stable, près de 1 100, mais leurs origines se sont diversifiées. Les projets reçus concernent 34 pays membres sur 39 possibles. La répartition géographique des résultats révèle cependant certains déséquilibres entre les zones.
Sur les 102 projets du biennum 2004-2005, 74 portent sur la sécurité alimentaire dont 37 sur la valorisation des ressources et moyens locaux ; 45 autres touchent à l’accès aux services de base, dont 30 à l’eau. La plupart des projets retenus concernent des thèmes transversaux liés à la jeunesse, à l’intégration sociale et économique des femmes ainsi qu’à la formation informelle et l’acquisition de compétences.
Par ses résultats, le PSD est parvenu à s’imposer progressivement comme un instrument pertinent de promotion des communautés de base. Pourtant, l’appropriation des projets par les populations bénéficiaires reste un défi permanent indissociable de l’objectif de mise en place d’un mécanisme fiable d’accompagnement et de suivi. Le recours aux multiples compétences disponibles au sein des associations locales de développement constitue certainement une piste à explorer plus avant.
3.3 — Développement local
Le projet d’appui au développement local propose des outils méthodologiques pour la conduite des politiques nationales de développement local, en cohérence avec les processus de décentralisation. Il permet également d’accompagner les populations rurales dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs plans locaux de développement.
La période 2004-2005 a été consacrée à la mise en place des cellules d’appui en République démocratique du Congo, au Burkina Faso et en République centrafricaine. Dans ces trois pays, les cellules sont installées et les activités d’appui et d’accompagnement pour l’élaboration des plans de développement local sont lancées.
Au Gabon, les activités du programme ont débuté par la tenue, à Lambaréné (12-17 septembre 2005), d’un atelier d’harmonisation méthodologique.
Au Bénin et au Sénégal, où les cellules sont déjà fonctionnelles et les plans de développement local élaborés, les équipes d’animation ont poursuivi leurs activités d’appui/accompagnement pour l’exécution des projets prioritaires inscrits dans ces plans.
L’intérêt manifesté pour le programme par la Collectivité ingénieuse de la péninsule acadienne du Canada-Nouveau-Brunswick (Cipa) ouvre des perspectives pour une coopération et un transfert de savoir-faire dans le domaine des technologies de l’information et de la communication au service des activités communautaires. Une coopération tripartite OIF-Cipa-communautés de base africaines est amorcée.
4. Gestion durable des ressources naturelles et de l’énergie
La gestion durable des ressources naturelles, l’accès à l’énergie et à l’eau sont les conditions de l’amélioration des conditions de vie des populations et l’assurance d’un système de production inscrit dans le long terme.
Pourtant, le rapport sur l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire, publié par les Nations unies en mars 2005, dresse un bilan très pessimiste de l’impact des activités humaines sur l’environnement mondial et la diversité biologique. Environ 60 % des écosystèmes sont dégradés. Les populations les plus démunies, qui sont aussi les plus dépendantes de leur milieu, sont donc les plus exposées à la dégradation de l’environnement. De nombreux pays du Sud membres de la Francophonie sont dans cette situation.
La mise en place de politiques nationales de gestion durable des ressources et un meilleur accès des populations à l’énergie et à l’eau potable sont primordiaux. L’OIF développe donc un dispositif d’accompagnement des pays membres pour une appropriation des outils de gestion et d’évaluation des ressources naturelles et la maîtrise de l’énergie.
4.1 — Maîtrise des outils de gestion de l’environnement et du développement
Le projet intégré de renforcement des capacités en maîtrise des outils de gestion de l’environnement et du développement encadre l’ensemble des actions destinées à développer la pratique de l’évaluation environnementale et de l’économie de l’environnement. Ces actions vont de la sensibilisation à l’animation de réseaux de recherche et de pratique, en passant par la formation des cadres des administrations et de la société civile.
Ainsi, l’IEPF met au point des sessions de formations spécialisées, édite et diffuse des ouvrages de référence dans les domaines couvrant la valorisation des politiques environnementales et l’évaluation des impacts environnementaux des plans, programmes et projets sectoriels.
Former à l’économie de l’environnement
La conciliation des impératifs de protection de l’environnement et des aspirations au développement économique et social pour une croissance économique durable exige des États et des gouvernements la capacité d’intégrer la valorisation économique et les coûts des politiques environnementales dans les processus décisionnels. Cette valorisation réclame une maîtrise de certains outils et savoirs. En contribuant au développement d’un réseau de spécialistes en économie de l’environnement, l’IEPF œuvre à construire des capacités dans les pays membres en développement afin de parvenir à une maîtrise endogène des problèmes liés à l’énergie.
Le second module de formation de base en économie et politique de gestion des ressources naturelles (Alexandrie, 5-15 décembre 2004) a réuni 34 participants relevant des organismes publics, parapublics et privés, associations et ONG de 20 pays. Par ailleurs, un atelier régional sur l’évaluation économique et la valorisation de la biodiversité en Afrique de l’Ouest s’est tenu à Cotonou (17-21 octobre 2005).
L’AUF soutient également des formations régionales professionnalisantes ou doctorales dans ces domaines porteurs. En Afrique, quatre centres régionaux d’enseignement spécialisé interviennent – trois dans des domaines liés au développement rural et agricole et un en énergie :
– Protection de l’environnement et amélioration des systèmes agraires sahéliens (Université Abdou Moumouni, Niger).
– Équipement rural et hydraulique (École inter-États de l’équipement rural, Burkina Faso).
– Forêts et bois (Université de Dschang, Cameroun).
– Énergie (École supérieure polytechnique de Dakar, Sénégal).
Évaluation environnementale
L’objectif de l’IEPF est de développer des compétences, de former les acteurs qui maîtrisent les enjeux et qui puissent engager des politiques de développement adaptées aux contextes locaux, notamment dans le domaine de l’environnement. Il s’agit de permettre la réalisation et le suivi des études d’impacts sur l’environnement en développant une maîtrise et une pratique généralisée de ces outils.
En 2005, plusieurs ateliers spécialisés, séminaires et cours ont ainsi été organisés :
- la 9e édition de l’école d’été sur l’évaluation environnementale à Angers (France, 14-18 juin 2005) ;
- le 10e Colloque francophone sur l’évaluation environnementale et le développement d’une agriculture durable a réuni 105 participants à Angers (20-24 juin 2005).
- un atelier de consolidation des sessions nationales de formation des formateurs en évaluation environnementale à Ouagadougou (mai 2005) pour 29 participants d’une dizaine de pays ;
- une réunion constitutive du réseau Environnement et Développement durable à Marrakech (23-25 mars 2005), pour une trentaine d’enseignants chercheurs de toutes les régions de l’espace francophone.
En 2006, la 10e édition de l’école d’été sur l’évaluation environnementale a eu lieu à Bamako (6-10 juin), suivie du 11e colloque sur le même thème (12-16 juin).
4.2 — Maîtrise de l’énergie
Alors que la plupart des pays du Nord ont vigoureusement réagi aux crises pétrolières par la mise en place de vastes programmes d’utilisation rationnelle de l’énergie et la promotion des énergies renouvelables, les pays du Sud n’ont pu faire face à cette nouvelle donne. Il existe pourtant dans ces pays d’importants gisements d’économies d’énergie dans les équipements et infrastructures existants, comme dans l’exploitation des ressources renouvelables. Des évaluations de la consommation d’électricité des grands bâtiments mettent en évidence des gisements d’économies allant de 20 à 35 %. Le potentiel de gains sur les équipements à venir est évidemment encore plus important. Quant aux énergies renouvelables, les progrès récents ouvrent des perspectives particulièrement prometteuses.
Avec l’augmentation du coût de l’énergie, sa maîtrise devient une condition de survie plus qu’un critère de performance, aussi bien pour les entreprises du secteur électrique que pour leurs clients. La maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables constituent donc un défi majeur pour de nombreux pays membres de la Francophonie. Par souci d’efficacité, les actions de l’IEPF se sont resserrées, d’une part, autour de l’appui au développement du marché de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables et, d’autre part, autour de l’appui au renforcement institutionnel des administrations et des collectivités locales.
Appui au développement du marché de l’efficacité énergétique
Dans les pays du Sud particulièrement, les mutations en cours imposent une actualisation constante des connaissances sur les approches techniques, organisationnelles et financières des problèmes énergétiques. Par ailleurs, les projets de maîtrise de l’énergie et/ou des énergies renouvelables, qu’ils soient lancés par les pouvoirs publics, les sociétés d’électricité ou des entreprises de services, ne peuvent être efficients que s’ils s’inscrivent dans un cadre législatif et réglementaire approprié.
Le soutien aux institutions du Sud en termes de formation, de mise à disposition d’outils et d’information est donc devenu un axe prioritaire d’intervention de l’IEPF. Ce soutien passe par différents types de formations, ateliers spécialisés, séminaires, cours, etc., ayant pour but commun d’impliquer les acteurs du secteur dans la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables et de favoriser l’appropriation des concepts et des outils :
- Les sessions de formation annuelles sur l’efficacité énergétique dans les domaines du froid
et de la climatisation se sont tenues à Ouagadougou (1er-13 novembre 2004 ; 14-26 novembre 2005) et ont réuni une quarantaine de stagiaires.
– L’édition 2004 de la formation pour le responsable énergie dans le secteur industriel s’est tenue à Yaoundé (22 novembre-3 décembre). En 2005, elle avait intéressé 37 participants
(13-24 juin).
– La formation sur la pérennisation des systèmes énergétiques ERD a eu lieu à Marrakech (Maroc, 13-18 décembre 2004) et a traité du cas des Clac et des centres de santé. En 2005, le cas des agences d’électrification rurale était au programme (21-26 novembre).
Les projets d’efficacité énergétique sont rarement considérés comme prioritaires par les agents économiques publics ou privés. Ils se heurtent à des problèmes de crédibilité et de financement. Pourtant, la maîtrise de l’énergie est encouragée par les bailleurs de fonds dans la mesure où elle peut devenir une activité génératrice de revenus et pérenne.
Le potentiel des énergies renouvelables est aujourd’hui reconnu dans les processus nationaux de développement, tant pour la fourniture d’énergie que pour la protection de l’environnement. Si les freins à leur développement semblent encore considérables, ils sont davantage liés aux conditions réglementaires institutionnelles et aux montages financiers qu’à leur appropriation technique. L’IEPF a donc concentré ses efforts dans cette direction.
À l’issue de la 6e réunion du comité de pilotage du projet Entreprises de services éco-énergétiques (Esco) de Côte d’Ivoire, un schéma de pérennisation a été proposé et adopté. Il sous-tend la mise à contribution des institutions financières privées pour les prêts, la création d’un fonds de garantie et d’un comité de suivi chargé de coordonner l’ensemble. Ce comité associe notamment les ministères ivoiriens concernés et l’IEPF. L’évaluation externe du projet en a souligné la pertinence, l’originalité et les résultats avec, pour les deux Esco opérationnelles sur les quatre créées, des économies substantielles d’énergie (40 % de la consommation des entreprises auditées) et de carbone ; des économies de 1,8 million d’euros sur la facture d’électricité de ces entreprises et des investissements de 2,7 millions d’euros mobilisés en dehors des fonds du projet.
Le programme d’appui en micro-hydroélectricité a fait l’objet d’un accord de financement du FEM. La réunion du comité de pilotage de Vienne (Autriche, avril 2005) a permis de retenir le principe d’une restructuration du projet selon trois groupes de pays.
La phase de mise en œuvre du programme de maîtrise des consommations d’énergie, entreprise avec la ville de Bamako, a abouti à la réalisation d’économies budgétaires annuelles de l’ordre de 247 millions de francs CFA, soit 30 % de la facture annuelle d’électricité. Ces résultats ont été présentés lors d’un colloque de restitution pendant les Journées de l’énergie du Mali en décembre 2004. Pendant la même période, une formation s’est tenue à Beyrouth (Liban, 7-9 décembre 2004). Destinée à l’origine à la seule ville de Beyrouth, la formation a attiré des participants de 12 municipalités libanaises.
Appui au renforcement institutionnel des administrations et des collectivités locales
La situation énergétique mondiale est caractérisée par une utilisation peu rationnelle et surtout inégale de l’énergie : plus de deux milliards de personnes n’ont pas d’accès aux formes modernes de l’énergie.
Le Sommet de Johannesburg sur le développement durable a réaffirmé la place centrale de l’énergie comme moteur du développement économique, de l’équité sociale et de la lutte contre la pauvreté. Ses impacts négatifs ont également été pointés : pollution, surexploitation des ressources, effets néfastes sur la santé et l’environnement, etc. La mondialisation des marchés de l’énergie, qui conduit à une libéralisation accélérée de ce secteur, engendre des risques de marginalisation des plus démunis, mais induit concomitamment des changements techniques, technologiques et organisationnels dont les conséquences peuvent constituer des opportunités pour les pays du Sud. D’où la nécessité d’élaborer des politiques nationales et des cadres de régulation adaptés qui permettront aux pouvoirs publics d’orienter, de planifier et de garantir une gestion transparente du secteur, optimisant l’action de tous les acteurs et facilitant la mobilisation des investissements.
L’IEPF inscrit ses actions dans cette dynamique et vise principalement le renforcement des capacités humaines et institutionnelles pour faciliter le déploiement des politiques nationales et des cadres de régulation.
L’IEPF a assuré le lancement de la deuxième phase du projet d’appui à la mise en place de systèmes d’informations énergétiques nationaux. Des séminaires de lancement nationaux se sont déroulés : au Niger le 16 mars 2005, au Sénégal le 28 avril 2005 et au Togo le 20 octobre 2005. Chaque équipe nationale a défini son plan de travail qui a été approuvé par le Comité de pilotage international à Lomé (Togo) en décembre 2004.
Suite à une première formation tenue en 2004 pour 232 cadres, une seconde édition de la formation à la politique de l’énergie a été réalisée au Mali, (14 novembre-16 décembre 2005). Elle a permis de former 30 cadres des ministères de tutelle de l’Énergie des pays membres de l’UEMOA.
La formation de haut niveau en réglementation économique et financière proposée depuis quatre ans et le module spécialisé en réglementation tarifaire ont été complétés par un nouveau module sur les montages financiers et la négociation de contrats. La sixième édition de la formation intensive de haut niveau sur la réglementation économique et financière des industries de réseau a été réalisée à Longueuil (Canada, 23- 29 octobre 2005). Au total, une centaine de personnes ont été formées depuis le lancement de cette formation.
La formation-action sur les contrats et conventions dans le contexte de libéralisation du secteur énergétique a permis un travail d’analyse sur l’organisation du secteur, le processus d’appel d’offres ou les contrats en vigueur (octobre 2004-juin 2005). Un atelier de restitution et de synthèse s’est tenu à Ouagadougou (6-11 juin 2005). Enfin, un guide sur les contrats et les conventions a été publié fin 2005.
II. L’intégration des pays en développement et des pays les moins avancés à l’économie mondiale
L’intégration accrue des pays les moins avancés et des pays en développement francophones dans l’économie mondiale est l’un des éléments clés d’une stratégie de développement économiquement durable et équitable. Cela nécessite une capacité accrue des États à faire valoir leurs intérêts dans les négociations internationales et à défendre leurs projets auprès des institutions financières internationales et des coopérations bilatérales et multilatérales. À cette fin, l’OIF suscite des concertations permettant l’échange d’informations et l’élaboration de positions communes lors des grands forums internationaux. Elle privilégie simultanément les actions visant l’amélioration de la gouvernance, indispensable condition d’accès aux ressources internationales publiques et aux investissements directs du secteur privé.
1. Processus de régulation multilatérale
Les négociations internationales sur l’environnement mondial connaissent un rythme dense et très exigeant, même pour les pays du Nord. Leurs enjeux deviennent de plus en plus complexes et exigent des compétences variées et spécifiques. Or, les pays en développement membres de la Francophonie ne participent à ces négociations qu’avec des délégations très réduites et généralement trop peu préparées. C’est pourquoi l’OIF s’attache à organiser des concertations francophones afin de multiplier les occasions de rencontres informelles, pour favoriser des rapprochements et ainsi faciliter les négociations formelles. Des positions convergentes peuvent parfois se dégager permettant, à terme, l’élaboration d’une stratégie d’intervention francophone dans le débat mondial.
L’OIF poursuit également des actions de sensibilisation, favorise les échanges, soutient la mobilisation des acteurs afin d’assurer l’application, trop souvent parcellaire, des conventions environnementales.
L’appui de la Francophonie à la mise en œuvre des conventions environnementales contribue au développement durable des pays membres. Cet objectif implique la consolidation de la dynamique existante en poursuivant des actions de sensibilisation sur les thèmes des grandes conventions internationales : le soutien à la mise en œuvre des stratégies de développement durable, la maîtrise des mécanismes de financement et des techniques de négociation et la mise à disposition des pays membres d’une information pertinente sur l’environnement et sur le développement durable.
Trois concertations ministérielles francophones se sont tenues en marge des réunions des Nations unies dans le but de favoriser les échanges entre les pays sur les questions et enjeux d’ordre international :
– en février 2005, à Nairobi (Kenya), au conseil d’administration du Programme des Nations unies pour l’environnement,
– en avril 2005, à New York (États-Unis), à la 13e session de la Commission du développement durable des Nations Unies,
– en septembre 2005, en marge du Sommet mondial sur l’évaluation de la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement.
L’IEPF a également participé à la 7e Conférence des parties à la Convention sur la lutte contre la désertification et a pris une part active dans l’organisation, conjointement avec le PNUD et le FEM, de deux événements parallèles sur le renforcement des capacités pour la mobilisation des financements du FEM et sur l’élaboration des plans d’action nationaux de lutte contre la désertification.
Une série d’activités a également été réalisée dans le domaine des changements climatiques à l’occasion de la 11e Conférence des parties à Montréal en novembre et décembre 2005 : trois ateliers thématiques, une réunion ministérielle et un kiosque sur lequel a été diffusé un ensemble de publications spécialisées.
2. Expertise en négociations commerciales multilatérales
La IVe Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Doha (Qatar, 2001) a placé le développement au cœur des négociations sur la libéralisation du commerce, tout en soulignant le rôle du commerce dans le développement économique et la réduction de la pauvreté. De leur côté, les pays en développement ont fait de l’intégration à la mondialisation une priorité et ont cherché à ouvrir leurs marchés.
Pourtant, de nombreux pays, particulièrement en Afrique francophone, n’ont pu jusqu’alors bénéficier d’une croissance ni d’un développement économique et social. Leur offre commerciale restant peu diversifiée et dominée par des produits primaires à faible valeur ajoutée. Des infrastructures physiques et administratives insuffisantes, un climat politique souvent incertain, un secteur public inefficace, un secteur privé peu performant, des circuits commerciaux peu développés limitent considérablement la participation aux échanges commerciaux mondiaux.
Dans ce contexte, la Francophonie entend jouer un rôle de catalyseur et contribuer au renforcement des capacités en matière de commerce et d’investissement afin de permettre aux pays en développement de s’adapter plus rapidement aux exigences du marché mondial et d’en tirer profit. Pour ce faire, il convient d’identifier et de formaliser, en amont, les intérêts économiques et commerciaux des pays membres et d’élaborer des politiques commerciales et des positions de négociation cohérentes.
2.1 — Négociations et stratégies commerciales
La Francophonie apporte son soutien aux politiques d’intégration régionale et aux communautés économiques régionales, afin de créer des représentations permanentes actives auprès des organisations impliquées dans les négociations commerciales internationales.
Sept pôles régionaux de formation ont été mis en place en Afrique centrale, en Afrique de l’Ouest, en Afrique australe et orientale, en Afrique du Nord, dans l’océan Indien, en Europe centrale et orientale et en Asie-Pacifique. Au total, plus de 300 personnes, dont 75 % d’universitaires et 25 % de cadres des ministères et des organisations économiques régionales, originaires de plus de 25 pays francophones du Sud, ont bénéficié de ces formations entre décembre 2004 et juin 2005.
Des ateliers interactifs sur les “Enjeux de l’accession du Vietnam à l’OMC” ont été organisés à Hanoi (26-29 septembre 2005) à l’intention des décideurs (vice-ministres et directeurs généraux) et des dirigeants des organisations professionnelles.
Des supports pédagogiques ont été distribués durant les sessions de formation des formateurs sous format électronique (cédérom) et papier.
Les formateurs sont des représentants des organisations internationales – OMC, Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, OIF –, des enseignants expérimentés (Cerdi, Université du Québec à Montréal, Université de Brazzaville), des cadres des organisations régionales (UEMOA, Cemac) et des ministères en charge du Commerce.
En partenariat avec l’Institut national d’administration et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l’OIF a soutenu l’organisation à Bucarest (Roumanie, 2-10 décembre 2004) d’un séminaire de formation à la négociation d’accords internationaux sur l’investissement pour une trentaine de participants originaires de cinq pays (Albanie, Bulgarie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Moldavie, Roumanie). Un séminaire intensif du même type sur l’investissement s’est tenu à Tunis (7-18 avril 2005) au bénéfice de 24 personnes.
Les pays du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) signataires des accords de Cotonou montrent un intérêt croissant pour les négociations commerciales internationales et les négociations d’accords de partenariat économique avec l’Union européenne. Aussi l’OIF s’est-elle engagée à favoriser leur insertion dans l’économie mondiale en développant notamment un projet de renforcement des capacités des pays en formulation, négociation et mise en œuvre des différents accords commerciaux mais aussi en conception et formulation de stratégies commerciales cohérentes, tenant compte des intérêts nationaux et des dimensions régionales et multilatérales des politiques commerciales.
Un processus de sélection a permis de recruter deux conseillers régionaux pour la Cedeao et l’UEMOA. 13 conseillers nationaux ont été sélectionnés et attribués à un premier groupe de pays bénéficiaires. Ils ont participé à un séminaire d’information, de coordination et de mise à niveau à Niamey (Niger, 20-24 février 2006).
Une concertation sur l’aide publique au développement à Londres (Grande-Bretagne, 17-18 janvier) ainsi qu’un atelier technique sur les instruments de promotion de l’investissement Euro-ACP (11-12 juillet 2005) ont été organisés conjointement par l’OIF et le Secrétariat du Commonwealth.
2.2 — Conférence de l’OMC à Hong Kong
La VIe Conférence ministérielle de l’OMC, réunie à Hong Kong (Chine, 13-18 décembre 2005) illustre le rôle joué par l’OIF. Afin de soutenir les pays francophones dans leurs efforts de préparation et de participation à cette importante conférence, l’OIF a mis en place un ensemble d’actions de formation, de diffusion d’information en français et de concertation :
– Un séminaire sur les défis de la VIe Conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong a rassemblé à Cotonou (13-14 juin 2005) 80 représentants des États membres et des organisations internationales et régionales. L’état d’avancement des négociations commerciales multilatérales en cours à l’OMC a pu être évalué et les points d’intérêt communs des pays francophones déterminés. Une feuille de route a ainsi été établie en vue de la Conférence de Hong Kong ;
– Quatre ateliers thématiques ont permis aux délégués francophones en poste à Genève et accrédités auprès de l’OMC d’échanger avec des experts confirmés de la négociation sur les produits agricoles, les services, les règles de l’OMC ;
– Un forum électronique de discussion dédié aux négociations commerciales a également été ouvert du 15 octobre au 30 novembre. Il a permis aux pays francophones d’échanger avec des experts sur les questions relatives aux enjeux économiques et politiques des négociations commerciales multilatérales. Un site a donné des informations en français sur les enjeux et les évolutions des négociations : textes des déclarations, documentation analytique autour de thèmes facilitant la compréhension des enjeux, fiches thématiques ;
– Des sessions de concertation entre les négociateurs et les cadres des capitales en charge des négociations commerciales en marge des grandes rencontres multilatérales : concertations informelles des ministres africains francophones du Commerce au Caire (Égypte, juin 2005) et à Mombasa (Kenya, septembre 2005) ;
– Une concertation informelle des ministres du Commerce et des chefs de délégation francophones a enfin eu lieu le 11 décembre 2005.
3. Promotion du commerce et de l’investissement
Il s’agit de renforcer la capacité des États à établir, notamment par la définition et la mise en place de cadres réglementaires, une gouvernance favorable à la création d’activités économiques et au développement du secteur privé et de l’investissement.
3.1 — Commerce inter et intracommunautaire
Dans le cadre de la promotion du commerce inter et intracommunautaire, une rencontre acheteurs/vendeurs sur les produits alimentaires et agroalimentaires s’est tenue à Bamako (8-10 mars 2005) pour 120 participants et 70 entreprises venus d’une vingtaine de pays du continent africain. Une autre rencontre acheteurs/vendeurs sur le bois et ses produits dérivés a eu lieu à Libreville (18-20 octobre 2005).
Un séminaire a permis à 34 participants de 14 pays membres de l’UEMOA et de la Cemac de se former en gestion de l’information commerciale (Dakar, 28 juin-1er juillet 2005). Enfin, l’OIF a organisé un atelier de sélection des produits à fort potentiel d’exportation au bénéfice des pays francophones du Mékong à Vientiane (5-10 novembre 2005).
3.2 — Développement du site Internet
Le lancement officiel du site http://espace-economique-francophone.com a eu lieu en mars 2004, avec pour objectifs le partage de l’information autour de préoccupations communes du Sud et du Nord, la promotion des bonnes pratiques, la capitalisation des savoirs et des expériences pour favoriser les opportunités d’affaires et développer les investissements dans l’espace francophone. De nouvelles rubriques, outre les rubriques thématiques, ont été créées (actualités, direction de la coopération économique, liens utiles). Un forum de discussion sur l’économie de la culture a été ouvert. Ce site Internet, rénové, sera intégré dans l’ensemble du nouveau dispositif multimédia de l’OIF en cours de construction.
Cette activité répond à la volonté d’identifier des filières de produits et marchés porteurs au niveau national et régional. L’OIF prend ainsi en charge et accompagne la participation d’entreprises de pays membres du Sud et d’Europe centrale et orientale à Futurallia 2005.
Cette manifestation annuelle offre aux entreprises un cadre favorable à la recherche de partenariats, de fournisseurs ou de nouveaux marchés. Durant trois jours, les entreprises peuvent rencontrer une vingtaine d’autres entreprises issues de nombreux secteurs d’activité, avoir accès aux services de spécialistes en développement d’entreprises, d’avocats internationaux, d’experts financiers et juridiques. Après la manifestation, les entreprises participantes ont accès à un Intranet permettant de suivre les contacts pris et d’en développer de nouveaux.
Une dizaine d’entreprises (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon, Madagascar, Mali, Roumanie, Cambodge) ont participé à cette manifestation, chacune ayant pris au moins 12 rendez-vous formels avec des partenaires potentiels. Des perspectives de partenariats se dégagent dans 50 % des cas. Des contrats ou des alliances ont été conclus (achat, vente, autre partenariat) à la suite des contacts pris à Futurallia 2005 dans 25 % des cas.
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