Organisation internationale de la Francophonie

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DISOURS DE CATHERINE CANO À BUCAREST, LE 21 JUIN 2019

A la Conférence des ministres francophones de l’enseignement supérieur

Seul le texte prononcé fait foi

Monsieur le Conseiller du Président de la Roumanie,
Madame la Ministre de l’Education de la Roumanie,
Mesdames et Messieurs les Ministres de l’enseignement supérieur,
Monsieur le Président de l’Agence universitaire de la Francophonie,
Monsieur le Recteur de l’AUF, cher Jean-Paul,
Monsieur le Secrétaire général parlementaire de l’APF, cher Jacques,
Madame la Directrice du Bureau régional de l’OIF, chère Rennie,
Merci de votre accueil si chaleureux,

D’emblée je souhaite vous transmettre les salutations de Madame Louise MUSHIKIWABO, Secrétaire générale de la Francophonie, qui me charge de vous dire toute l’attention qu’elle accorde à vos travaux et aux défis éducatifs qui nous interpellent toutes et tous au sein de l’espace francophone. L’éducation est le pilier principal de nos sociétés, tout comme l’ont rappelé le Président de l’AUF, la Ministre de l’Education et le Conseiller présidentiel.

Elle m’a également demandé de réitérer aux autorités roumaines ses sincères remerciements pour leur engagement en faveur de la Francophonie, qu’elle a pu mesurer pleinement lors de la visite officielle qu’elle a effectuée ici du 11 au 13 mars dernier. A cette occasion elle avait souligné l’importance de la Roumanie pour la Francophonie, pays francophone et francophile, qui porte le rayonnement de la langue française dans la région d’Europe centrale et orientale. Aux côtés du Président de la Roumanie, la Secrétaire générale avait également lancé les célébrations de la Journée internationale de la Francophonie, placées sous le thème « En français, s’il vous plait », afin de rappeler que l’ADN de notre communauté est avant tout l’usage du français, dans une coexistence harmonieuse avec toutes les autres langues.

C’est aussi à cette occasion qu’avait été décidé que les rencontres « Initiative pour le Développement du Numérique dans l’Espace Universitaire Francophone » (IDNEUF4), soient placées sous le haut patronage du Président de la Roumanie.

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un plaisir d’être parmi vous aujourd’hui en ma qualité d’Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Une organisation dont on va célébrer en 2020 le cinquantième anniversaire.

Une organisation à vocation originellement linguistique et culturelle mais qui est également très engagée, à la demande de ses 88 Etats et gouvernements, en matière d’éducation.

Ainsi, grâce à la démographie des pays francophones, notamment d’Afrique (+ 15 % de locuteurs francophones entre 2006 et 2014), et à la demande de français qui s’accroît dans plusieurs parties du monde, la situation de la langue française se prête à des pronostics encourageants.

Ces pronostics démographiques auront d’autant plus de chances de se vérifier que l’éducation en langue nationale et en français progressera et se consolidera. Dans ce contexte, l’Afrique apparaît de plus en plus comme le vivier actuel et futur de locuteurs francophones, sous réserve que l’enseignement du français et l’apprentissage du français se fasse, et se fasse dans le cadre de systèmes éducatifs de qualité. Parce qu’il ne faut pas se leurrer – la langue d’usage et les contenus en anglais se multiplient – et surtout sur le numérique. Il est impératif que nos contenus en français soient disponibles pour que nos jeunes puissent être éduqués et formés dans leur langue et culture pour ensuite avoir accès à des emplois en français.

Les défis de l’éducation nous interpellent toutes et tous !
Nous avons l’ardente et l’impérieuse nécessité d’y répondre collectivement et massivement, en ces temps troubles d’extrémisme violent, d’embrigadement et de désespérance de la jeunesse.
Une jeunesse qui représentera plus de 75 % de la population du continent africain d’ici à 2020 et plus de 45 % de sa main-d’œuvre totale. Or la plupart n’ont que peu ou pas de compétences et sont donc pratiquement exclus de la vie économique et sociale.

C’est pourquoi l’OIF agit, avec l’ensemble des partenaires, pour une éducation de qualité, en français et dans les langues nationales, et accessibles pour le plus grand nombre des enfants et jeunes francophones. C’est pourquoi nous avons développé aussi une stratégie numérique – le numérique est une plateforme extraordinaire qui permet de joindre des millions de jeunes qui y accèdent de plus en plus. Cette technologie et celles à venir avec le développement de l’intelligence artificielle – vont amener de nouveaux métiers qui nous amènera à créer de nouveau contenu éducatifs. Un des axes de cette Stratégie, adoptée au Sommet de Kinshasa en 2012, souligne toute l’importance de nos efforts : produire, diffuser et protéger les biens communs numériques francophones.

Mesdames et Messieurs,
L’agenda pour l’Education 2030 repose sur le double constat du chemin parcouru et de celui qui reste à parcourir. Les objectifs fixés sont ambitieux et les moyens à mobiliser sont considérables. Nous le savons bien, il nous faut accroître les sommes consacrées à l’éducation mais aussi trouver des modes d’intervention nouveaux. C’est l’un des objectifs de votre Conférence, du Forum du numérique qui l’a précédée et du méta-portail d’accès aux ressources éducatives libres.

En d’autres termes, il nous faut faire plus et faire mieux, afin de mettre en oeuvre une action commune réellement transformatrice et durable.
C’était l’enjeu l’an dernier de l’importante Conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial de l’éducation initiée par les Présidents Macky SALL et Emmanuel MACRON tenue à Dakar.

Dakar qui abrite également le siège de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF), ce merveilleux outil fédérateur des initiatives francophones en matière d’éducation et de formation dont les programmes attestent fermement de sa pertinence et surtout de la valeur ajoutée qu’il apporte en bonifiant les contributions de tous les acteurs et opérateurs de la Francophonie, qu’il s’agisse de l’AUF - l’opérateur de la Francophonie dédié à l’enseignement supérieur et la recherche-, de la CONFEMEN, de l’Université Senghor d’Alexandrie, de l’AIMF, de TV5Monde ou encore de l’APF.

L’OIF dispose de solides expériences en termes de formation et d’une solide expertise pour la création d’outils innovants. Pour répondre au besoin de former des instituteurs et pour accompagner l’élan démographique dans l’espace francophone, l’OIF a lancé deux initiatives majeures adoptées par le Sommet de la Francophonie tenu en 2006 à Bucarest :

- L’initiative de formation à distance des maîtres (IFADEM), menées conjointement avec l’AUF, forme des dizaines de milliers d’instituteurs dans 14 pays en pédagogie et dans l’enseignement de disciplines linguistiques et non linguistiques.

IFADEM doit compter maintenant sur une nouvelle campagne de fonds auprès des bailleurs afin de passer à une étape supérieure de consolidation et de pérennisation dans les pays participants, d’extension à l’échelle des pays le cas échéant et d’élargissement auprès d’autres pays intéressés. L’OIF et l’AUF présenteront prochainement une note de concept relative au changement d’échelle du programme « IFADEM ».
Dans le même temps et de manière complémentaire, l’AUF ambitionne également le changement d’échelle de son programme « APPRENDRE ».

- Quant à l’initiative École et langues nationales en Afrique (Élan-Afrique), elle encourage l’utilisation de 35 langues nationales dans 12 pays durant les 3 premières années du primaire pour permettre à plus de 225 000 enfants concernés de maîtriser les concepts de base dans leur propre langue avant d’apprendre le français.

A travers l’IFEF, la complémentarité entre l’OIF et l’AUF permet d’apporter une réponse efficace à la demande massive de formation des enseignants de l’éducation de base, notamment par le déploiement d’outils numériques. Ainsi, l’innovation techno-pédagogique a permis d’améliorer les dispositifs de formation déployés, la qualité des apprentissages et d’élargir l’accès à la formation. De nouveaux outils ont été développés et utilisés dans la formation et la supervision pédagogique : cours en ligne ouvert et massif sur l’enseignement du et en français, promotion et diffusion de ressources éducatives libres, utilisation de tablettes individuelles connectées à Internet…

Cette complémentarité entre l’OIF et l’AUF nous la retrouvons aussi ici, entre notre Bureau régional pour l’Europe centrale et orientale qui œuvre en parfaite synergie avec la Direction régionale de l’AUF dans la mise en œuvre d’actions destinées aux jeunes de la région. Permettez-moi de citer : le Festival des étudiants francophones, le Forum entreprises-étudiants, le soutien au projet de Création d’entreprises à l’ESFAM et aussi l’axe de recherche « Francophonie et droits humains » au sein du Centre régional francophone de recherches avancées en sciences sociales.

Mesdames et messieurs les Ministres,
Mesdames et messieurs,

A l’issue de la conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone qui vient de se dérouler à N’Djaména les 18 et 19 juin 2019, et en suivi de la Stratégie de la Francophonie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, les droits et l’autonomisation des femmes et des filles, adoptée lors du dernier Sommet de la Francophonie à Erevan en octobre 2018, les participants venus de tous l’espace francophone ont lancé un appel.
Un appel aux Etats et les gouvernements membres de la Francophonie à redoubler d’effort dans la promotion de l’éducation des filles et la formation des femmes dans les pays de l’espace francophone, et de porter le plaidoyer auprès de nos partenaires internationaux et de toutes les parties prenantes.

Aussi je vous remercie dans votre Déclaration finale de bien vouloir confirmer l’importance du numérique éducatif et des démarches telles que celle adoptée pour l’IDNEUF pour la réduction des inégalités basées sur le genre dans le secteur de l’éducation et celui de la recherche.

Chers Ministres de l’éducation,
Cher Président et cher recteur de l’AUF,
Mesdames et Messieurs,

Il n’y a rien de plus difficile que de constater les difficultés et obstacles auxquels font face plusieurs de nos pays francophones.

Mais il n’y a rien de plus riche que de constater la volonté de fer de ces mêmes pays à s’organiser, voter des lois et proposer des cadres juridiques, s’engager réellement à améliorer le niveau d’accès à l’éducation de ses populations et s’assurer que les jeunes se rendent au niveau d’enseignement supérieur. Pas plus tard que mardi j’échangeais au Tchad avec 12 ministres de l’éducation, de la famille, du genre et de l’économie sociale sur les enjeux et les solutions. J’ai été impressionnée par leur détermination et les avancées obtenues dans des conditions quasi impossibles.

Mesdames et Messieurs,

Il n’y a rien de plus extraordinaire que de voir sur le terrain les résultats de projets comme Apprendre, IFADEM, ELAN ou IDENEUF et de réaliser qu’ils font une différence, que nous faisons une différence.
Le besoin est là et il est immense ! Nous ne sommes pas encore assez nombreux pour répondre à la demande et appuyer les pays qui le souhaitent.

Je crois sincèrement que le moment est propice et qu’il ne peut pas être plus clair pour mettre toutes nos connaissances et nos expertises en commun. Et de constituer une force d’intervention massive avec un niveau de collaboration, de coopération jamais vu pour relever cet énorme défi et réaliser notre rêve commun d’une francophonie fière de ses citoyens éduqués et formés, futurs acteurs de leur développement économique, social et civique.

L’OIF est fière de travailler avec l’AUF dans cette nouvelle mission d’amener nos programmes à l’échelle.

Il n’y a pas de raison qu’on y arrive pas !

Aux pessimistes qui pensent avoir raison, opposons-leur l’optimisme de notre volonté !

Avec notre passion, détermination et actions combinées, notre Francophonie sera un modèle de vision réussie.

Je vous remercie.

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