Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS D'ADAMA OUANE À PARIS, LE 30 MAI 2018

A la clôture des 6es Journées des Réseaux institutionnels de la Francophonie

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les Présidents et Secrétaires généraux des réseaux institutionnels de la Francophonie,
Mesdames et Messieurs les représentants des réseaux institutionnels,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales et régionales,
Chers amis de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et des Opérateurs de la Francophonie,
Monsieur le Directeur de la DAPG, cher Georges, chers collègues de la DAPG,
Mesdames et Messieurs,

Nos deux Journées des réseaux institutionnels de la Francophonie ont constitué un temps fort de notre mobilisation à l’heure où des évolutions démocratiques majeures mettent à rude épreuve l’action de notre Organisation menée en faveur de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme dans l’espace francophone.

Un temps fort qui est celui de l’affirmation déterminée de nos engagements et du respect que nous devons aux institutions de l’État de droit.

En effet, la Déclaration de Bamako sur la démocratie, les droits et les libertés, adoptée le 3 novembre 2000 par les Etats et gouvernements francophones, engage la Francophonie à promouvoir des institutions fortes et indépendantes, à soutenir dans ce sens l’action de réseaux exemplaires et opérationnels.

C’est dans ce cadre que la mise en place, selon des rythmes divers, des seize réseaux institutionnels de la Francophonie constitue pour la Francophonie, en général, et l’OIF en particulier, un formidable levier pour affirmer une présence déterminante dans les dynamiques de renforcement de l’État de droit.

Le regard que nous portons sur les réseaux institutionnels de la Francophonie est un regard empreint de fierté. Notre politique partenariale est une de nos spécificités, et, indéniablement, une de nos forces. Ce maillage abouti et perfectionné du paysage institutionnel des Etats et gouvernements membres de la Francophonie est au cœur de la valeur ajoutée de l’action francophone. Il doit être encouragé, promu et même protégé, car il est à la fois utile et inédit.

Note coopération se déploie, comme vous le savez, et j’y suis particulièrement attaché, dans le plein respect de l’indépendance des différents réseaux, de leurs missions et de leurs modalités d’intervention.

Mesdames et messieurs,
Au regard de la maturité de notre partenariat, je veux saisir ce moment pour vous redire, à la fois notre reconnaissance et notre volonté de toujours mieux affirmer que les réseaux institutionnels sont un rouage fondamental de la Francophonie institutionnelle.

Vous contribuez à approfondir la nécessaire stratégie d’influence de la Francophonie. Je me réfère en particulier à notre plaidoyer en faveur de la promotion de la diversité des cultures juridiques mais aussi à la protection et à la promotion de la gouvernance démocratique et des droits de l’Homme qui sont des priorités dans le déploiement des actions francophones.

Vous pouvez démontrer aussi l’utilité de nouvelles solidarités agissantes et nous permettre de redonner un nouvel élan à l’action multilatérale. Au regard de leur composition et de leur fonctionnement collégial, les réseaux institutionnels constituent, sur ce terrain également, des intervenants exemplaires.

Parallèlement, la Francophonie développe des partenariats avec plusieurs organisations internationales et régionales, dont je salue la présence de nombreux représentants qui ont su apporter leur vision et leur analyse à vos travaux. Nous faisons ainsi la démonstration d’une volonté partagée de conduire une action cohérente, efficace, à la fois spécifique et complémentaire de celle des autres organisations. Cette approche est, comme vous le savez, chère à notre Secrétaire générale de la Francophonie, Mme Michaëlle Jean.

Puisqu’il me revient le plaisir de clôturer nos travaux, je veux saluer le travail et la richesse des débats durant ces deux journées de réflexion dédiées au dialogue. Je me félicite aussi que ce rendez-vous majeur ait enregistré une forte participation des principaux acteurs institutionnels.

Ceci confirme tout l’intérêt de cet espace de concertation qui renforce la pertinence du dialogue permanent entretenu entre les réseaux institutionnels et l’OIF. Il permet de valoriser et d’approfondir les synergies entre acteurs institutionnels francophones, la rationalisation des activités et l’intensification de nos relations.

Les conclusions de ces Journées des réseaux institutionnels sont actées en tant que pistes concrètes de collaborations futures entre l’OIF et ses réseaux. Les trois ateliers tenus en parallèle concernant les actions menées dans les secteurs de la démocratie et des droits de l’Homme, du droit et de la justice et enfin des processus démocratiques dans l’espace francophone, ont débouché sur des recommandations opérationnelles.

Elles seront, comme à l’accoutumée, prises en compte dans le contexte de la préparation du prochain Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie qui se tiendra à Erevan, en Arménie, en octobre prochain.

Dans le cadre de la préparation en cours de notre prochaine programmation quadriennale 2019-2022, je me réjouis que vos travaux aient mis en évidence combien les réseaux institutionnels de la Francophonie doivent contribuer davantage encore à nos différentes actions pour répondre aux enjeux qui interpellent les organisations multilatérales et par conséquent l’Organisation internationale de la Francophonie.

Vous avez rôle déterminant à jouer dans les multiples actions en faveur de la préservation de la paix et de la stabilité soutenues par l’OIF dans les pays francophones en crise et en sortie de crise, et sur l’accompagnement des femmes et des jeunes, de la société civile et des acteurs locaux. Ces derniers étant les plus touchés par ces situations alors qu’ils sont les plus à même d’être porteurs du renforcement et de la modernisation des institutions nationales de l’État de droit.
Je veux également souligner la contribution majeure des réseaux institutionnels de la Francophonie à l’appropriation nationale du savoir-faire dans les domaines du droit. En outre, ils contribuent à la professionnalisation et à l’indépendance des institutions électorales qui restent des priorités majeures pour les Etats et qui comptent à cet égard sur l’appui essentiel de l’OIF.

Mesdames et messieurs,
Ces défis et enjeux globaux et transversaux nécessitent des réponses complémentaires et intégrées au sein de la Francophonie institutionnelle. L’OIF s’y emploie et s’en assure à la demande de ses 84 Etats et gouvernements, en lien étroit avec les autres institutions de la Charte de la Francophonie que sont : l’APF, l’AUF, l’AIMF, l’Université Senghor, TV5Monde, la CONFEMEN et la CONFEJES.

L’OIF le fait également avec l’ensemble des acteurs des relations internationales : organisations internationales et régionales ; OING et ONG avec qui nous sommes en train de revoir notre partenariat ; et avec ce qui nous unit et réunit aujourd’hui : les réseaux institutionnels.

Tous ces partenaires sont associés et mobilisés pour nourrir les documents qui seront débattus à l’occasion des instances d’Erevan, qu’il s’agisse de la programmation 2019-2022, du projet de Déclaration d’Erevan, de la stratégie de la Francophonie pour l’égalité femme-homme ou encore du Pacte pour le vivre ensemble.

L’expertise des réseaux nous est par ailleurs précieuse dans le contexte international actuel marqué, hélas, par des enjeux et des défis auxquels nous devons contribuer en les prenant en compte dans notre nouvelle programmation. C’est tout l’enjeu aussi de cette 6ème édition des Journées des Réseaux institutionnels.

D’ailleurs, je suis heureux que vos réflexions se soient inscrites dans cette dynamique : identifier, à partir du potentiel de notre Organisation, comment les réseaux institutionnels pourraient contribuer efficacement aux côtés de l’OIF à surmonter les défis tels que notamment la lutte contre le terrorisme et la radicalisation violente, les phénomènes migratoires, les opérations de maintien de la paix face aux menaces asymétriques.

Face à tous ces défis présents et à venir, permettez-moi d’emprunter la maxime de Beaumarchais « la difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre ».

Nous vous donnons donc tous d’ores et déjà rendez-vous pour la 7ème édition biennale des Journées des Réseaux institutionnels en 2020, année du 50e anniversaire de notre Organisation et dès demain pour travailler ensemble sur les défis de notre espace, au nom des valeurs qui l’anime.

Je vous remercie pour votre aimable attention.
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