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DISCOURS M. NDOUTOUM, DIRECTEUR DE L'IFDD, À QUÉBEC, LE 10 JUILLET 2018

Au colloque organisé pour les 30 ans de l’IFDD

Seul le texte prononcé fait foi

Madame la Secrétaire générale de la Francophonie,
Monsieur le Ministre de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, en charge de la Capitale Nationale
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et membres du Corps diplomatique
Madame et Messieurs les anciens directeurs de l’Institut
Mesdames et messieurs les membres du Conseil d’orientation de l’IFDD
Chers collègues et amis,
Mesdames et Messieurs

Tout d’abord je voudrais vous remercier chaleureusement d’être tous là, présents à nos côtés pour célébrer les 30 ans d’existence de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable. Une joie partagée est une double joie

Beaucoup sont venus de très loin pour partager avec nous ces moments de célébration, mais aussi de réflexion, car depuis son 10ème anniversaire, l’Institut a pris l’habitude de réunir tous les 10 ans ses anciens directeurs et ses partenaires pour faire le point et se donner une vision prospective.

Je voudrais aussi humblement demander à nos chers participants de n’intenter aucune action en justice contre nous pour publicité mensongère, car dans des versions antérieures du programme de notre colloque, on peut lire les interventions de M. Pascal Canfin, Directeur général du Fonds Mondial pour la Nature de France ou de Madame Marion Barthelemy du Bureau de l’appui intergouvernemental et de la coordination pour le développement durable, Département des affaires économiques et sociales des Nations-Unies.

M. Canfin a malheureusement eu un conflit de calendrier, mais l’équipe de Madame Barthelemy sera bien représentée par Madame Irena Zubcevic, qui interviendra tout à l’heure.

Quant à moi, j’ai le redoutable privilège de vous présenter en 10 minutes le bilan des 30 dernières années de l’IFDD, ce qui implique parfois de parler d’activités qui se sont déroulées avant mon arrivée à l’IFDD, alors que ceux qui les ont mises en œuvre sont présent dans cette salle !

Vous conviendrez avec moi que ce bilan ne peut être que partiel, raison pour laquelle je ne l’aborderai que sous l’angle qualitatif et programmatique.

Énergie

Créé sous le nom d’Institut de l’énergie des pays ayant en commun l’usage du français, l’Institut avait pour mission l’accompagnement des pays membres en développement en matière d’élaboration et de mise en œuvre de politiques énergétiques : Depuis 1988, son action fut fondée sur trois piliers :
-  L’accès à l’énergie (électrification rurale)
-  Le développement des énergies renouvelables
-  L’efficacité énergétique (notamment avec son programme PRISME)

Le bilan que nous en tirons est plutôt satisfaisant : l’action de l’Institut a incité plusieurs ministères de nos pays membres :
-  à intégrer des éléments de maîtrise de l’énergie dans leurs énoncés de politique
-  à se doter d’outils de planification et de gestion énergétique, en particulier les systèmes d’information énergétique (SIE)
-  à initier des programmes spécifiques d’électrification rurale
-  à intégrer progressivement les énergies renouvelables dans le mix énergétique, grâce à plusieurs projets pilotes démontrant, l’intérêt des EnR, considérés à tort – à l’époque – comme l’énergie des pauvres

Une autre raison de satisfaction est le lancement par le Secrétaire général des Nations-Unies en septembre 2011 de son initiative SE4ALL fondée sur les trois piliers abordés par l’Institut 23 ans plus tôt ! Nous étions donc dans la bonne direction.

En partenariat avec l’Union européenne, l’Institut a contribué à la mise sur pied du Club-ER, Association africaine pour l’Électrification Rurale, structure autonome qui traite désormais des problèmes d’accès an zone rurale.

L’Institut a systématisé son approche de l’efficacité énergétique, de la formation à la réalisation de projets dont les plus emblématiques sont les projets d’étiquetage énergétique des appareils électroménagers et de code énergétique des bâtiments, projets en cours au sein des pays de l’UEMOA.

L’Institut a également formé un grand nombre de professionnels du secteur dans tous les pays membres en développement et a initié la dynamique d’appropriation des enjeux par le secteur privé, notamment en contribuant à la création d’entreprises de services écoénergétiques.

Environnement et Négociations internationales

En accueillant le programme Environnement de l’OIF en 1996, l’institut s’est donné pour mission de promouvoir les outils de gestion de l’environnement qui sont :
-  l’évaluation d’impacts environnementaux et sociaux
-  l’économie de l’environnement
-  le droit de l’environnement
-  la participation citoyenne à la décision environnementale

Sur ce programme Environnement, le bilan est tout aussi encourageant :

Sur tous les thèmes évoqués, plusieurs formations ont eu lieu et une abondante documentation a été produite.

L’Institut a participé à la création du Secrétariat international francophone pour l’évaluation environnementale (SIFÉE), basé à Montréal et se propose de mettre en place un réseau africain de l’évaluation environnementale avec le concours de la BAD

L’Économie de l’Environnement a donné lieu à la mise sur pied d’une initiative sur l’économie verte, très demandée par les pays désireux de prendre le virage de la durabilité et de s’inscrire dans les modes de production et de consommation durables.
De même, l’Institut contribue actuellement à la mise en place d’indicateurs de l’effectivité du droit de l’Environnement dans ses pays membres et a initié des formations en faveur des magistrats, en partenariat avec l’UICN et ONU Environnement

Enfin, pour ce qui concerne la participation citoyenne, l’Institut a lancé l’initiative Objectif2030 (www.objectif2030.org), plateforme de formation sur le développement durable, de diffusion et promotion des bonnes pratiques et de recherche de partenariats actifs. La formation en ligne sur cette plateforme a déjà touché plus de 7200 personnes !

Il convient de rappeler que la période post-Rio est aussi celle du suivi des principales Conventions internationales qui ont découlé du Sommet de la Terre (à savoir les conventions sur le climat, la diversité biologique et la désertification)

Pour les trois conventions l’Institut a développé le même type d’approche basée sur la formation des négociateurs en amont de conférences des parties, l’appui aux négociations par la mise à disposition d’outils d’aide à la décision (guide des négociations, résumé pour les décideurs, note de décryptage), la mise à disposition d’un espace de concertation francophone.

Il me plait de relever à cet effet que les outils d’aide à la négociation sur les enjeux environnementaux font partie des rares contributions francophones traduites par des partenaires internationaux (ONU Environnement, Secrétariat des conventions) en plusieurs langues notamment en anglais, en espagnol et en arabe.

Plus récemment et depuis l’Accord de Paris sur le climat, le suivi des conventions s’est enrichi d’une approche terrain comprenant l’appui méthodologique à l’élaboration des contributions déterminées au niveau national et la réalisation de projets locaux d’atténuation ou d’adaptation.

L’Institut est actuellement observateur du Fonds vert pour le climat et est en passe de devenir partenaire de mise en œuvre du FVC.

ODD et Agenda 2030

La dernière grande période ayant marqué la vie de l’Institut commence en 2012 avec la conférence Rio+20, quand la communauté internationale réalise – avec effroi - que les OMD lancés à Johannesburg en 2000 risquaient de ne pas être atteints en 2015 comme prévu, et qu’il était nécessaire de se doter d’un nouvel agenda à partir de cette dernière date.

L’Institut a eu le privilège de participer aux Nations-Unies, à toutes les étapes de négociation des ODD et de l’agenda 2030, jusqu’à son adoption en septembre 2015

L’Institut a alors développé, avec la chaire Eco-Conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi, un ensemble d’outils d’analyse systémique de la durabilité et mis place un programme de formation sur ces outils dont la diffusion est très appréciée par nos pays membres, et dont certains ont été inclus dans la panoplie d’outils du système des Nations-Unies

Et c’est à partir de ces outils que nous avons lancé l’idée de réalisation d’un rapport développement durable de la Secrétaire générale de la Francophonie, actuellement en cours d’élaboration.

Perspectives

Mesdames et Messieurs

Comme vous avez pu le constater, l’Institut a successivement été
-  l’institut de l’énergie des pays de la Francophonie
-  l’institut de l’énergie et de l’environnement des pays de la Francophonie
-  l’institut de la Francophonie pour le développement durable

L’énergie, l’environnement et les objectifs de développement durable sont donc au cœur de son action et constituent le socle de sa programmation actuelle

L’ancrage sur les ODD oblige à un partenariat plus large, notamment au sein de l’OIF.

Au sein de l’OIF,

Nous avons eu récemment des programmes communs avec la DFEN en matière d’économie et d’entreprenariat. Ce partenariat devra s’élargir avec les enjeux liés au numérique (dématérialisation, robotique, intelligence artificielle)

Nous partageons également avec la DEJ des enjeux sur la jeunesse (notamment l’initiative jeunesse et climat du Québec ou le FIJEV) et nous comptons nous rapprocher de la Direction des Affaires politiques et de la Gouvernance sur des questions de responsabilité sociale ou de la Direction de la culture pour un meilleur ancrage de la culture dans nos programmes

Au plan externe,

Nous ouvrons de nouveaux chantiers comme
-  la prévention des catastrophes naturelles,
-  l’intégration des ODD dans toutes les politiques sectorielles, ce qui nécessitera une réforme structurelle des administrations (du nord et du sud)
-  l’ancrage du droit de l’environnement dans les législations nationales
-  la mise en cohérence des Agendas 2030 et 2063
-  et bien d’autres programmes encore car la liste n’est pas exhaustive

Les attentes sont grandes et l’Institut doit nécessairement se restructurer pour répondre aux besoins

Permettez-moi de terminer en remerciant l’ensemble de nos partenaires techniques, financiers ou stratégiques, l’ensemble de nos amis que vous êtes, sans oublier la formidable équipe de l’Institut.
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