Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À PARIS, LE 6 AVRIL 2018

Lors de la 103e session du Conseil permanent de la Francophonie (CPF)

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les Représentantes et Représentants personnels,

Avant d’aborder notre traditionnel examen des activités politiques, diplomatiques et économiques de la Francophonie, je souhaiterais, comme depuis un certain temps, saisir cette occasion pour partager, avec vous, quelques réflexions qui touchent à nos préoccupations communes et s’inscrivent dans la préservation des valeurs fondamentales de notre organisation.

Le thème que je souhaite aborder avec vous, aujourd’hui, est celui de l’État de droit.

Comme vous le savez, notre Déclaration de Bamako, ce texte normatif et de référence adopté en 2000, il y a 18 ans déjà, fait de la consolidation de l’État de droit, l’un des principes constitutifs de la démocratie.

Un principe fondamental auquel nos États et gouvernements ont solennellement affirmé leur adhésion et qui implique, je cite : « la soumission de l’ensemble des institutions à la loi, la séparation des pouvoirs, le libre exercice des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, ainsi que l’égalité devant la loi des citoyens, femmes et hommes ». Fin de citation

Durant ces 18 années, notre espace a connu d’incontestables avancées en matière d’enracinement de l’État de droit. Nous pouvons nous en féliciter.

Mais nous savons aussi combien c’est un investissement et un engagement de tous les instants, et dans le long terme, sous peine de voir les acquis menacés et l’État de droit affaibli.

Je pense, par exemple, aux révisions constitutionnelles inappropriées, ou qui ne sont pas inscrites dans une approche inclusive.

Nous constatons également que certaines constitutions elles-mêmes peuvent venir bousculer l’État de droit.

Nous l’avons vu avons sur le terrain avec :

  • des constitutions qui énoncent les droits et libertés, mais sans donner au juge constitutionnel les moyens de les garantir ;
  • des constitutions qui proclament la séparation des pouvoirs, sans permettre la mise en place réelle de contre-pouvoirs ;
  • ou encore, des constitutions qui, au lieu d’être source de régulation et d’apaisement, sont génératrices de tensions et de conflits politiques.



Nous connaissons les causes, et les risques que ces atteintes à l’État de droit peuvent porter à nos démocraties.

Des atteintes qui peuvent aller jusqu’à induire des crises et des conflits qui, ne l’oublions pas, ont aussi des répercussions sous-régionales.

Il nous faut donc redoubler de vigilance dans une logique d’alerte précoce.

Je m’y emploie au quotidien, avec les équipes de l’OIF, en m’appuyant sur nos Instances et nos textes normatifs et de référence.

Sur le terrain, cela se traduit, concrètement, par des actions de prévention structurelle :

  • pour soutenir l’indépendance et l’effectivité des institutions de l’État de droit ;
  • pour appuyer le fonctionnement optimal des institutions parlementaires avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ;
  • pour promouvoir une justice, libre, efficace et accessible à tous les citoyens et les citoyennes ;
  • pour mobiliser une expertise de haut-niveau lors de processus constitutionnels ;
  • ou encore pour favoriser des dynamiques de dialogue politique inclusives.



Ces actions de prévention structurelle, cette mobilisation constante sont d’autant plus nécessaires que nombre de pays sont aussi en proie à des menaces externes qui sont autant de facteurs de déstabilisation qui affaiblissent les processus démocratiques.

Vous pensez comme moi à ces nouveaux défis, notamment sécuritaires, que sont – je le disais à l’ouverture de nos travaux – le terrorisme, mais aussi la criminalité transnationale organisée et de tous les trafics, qui favorisent la corruption, la prolifération d’économies souterraines et qui minent également les structures économiques des pays.

Ces menaces transversales nient les principes qui sont au fondement de l’État de droit, jusqu’à parfois menacer son existence.

C’est pourquoi nous nous mobilisons aussi pour aider nos pays à faire face aux menaces externes.

Avec la conscience que ces défis appellent, de la part de nos États et gouvernements et des différents acteurs nationaux, régionaux et internationaux, des réponses pluridimensionnelles, intégrées et coordonnées, dans une approche globale, désormais incontournable, qui allie sécurité , démocratie et développement.

Voyez notre contribution pour rendre plus opérationnelle la force conjointe du G5 Sahel, dans une volonté de garantir un cadre efficace à la lutte contre le terrorisme dans cette région.

Qu’il s’agisse du renforcement des capacités de veille, d’alerte précoce, d’analyse stratégique, de collecte de données, ou de notre accompagnement pour la mise en place de Centres d’études stratégiques dans chacun des pays du G5 Sahel. Ces dispositifs sont essentiels.

Dans la même logique, nous portons aussi attention aux efforts conduits par la Commission du Bassin du Lac Tchad, dont la force mixte multinationale est toujours en proie aux exactions terroristes et prédatrices perpétrées par le groupe Boko Haram.

L’OIF a la préoccupation, aussi, que les mesures prises s’inscrivent dans le respect des principes de l’État de droit.

C’est le sens de notre appui à la 4ème réunion de travail des Cours suprêmes des pays du G5 Sahel qui s’est tenue, il y a un mois, à Dakar, et qui a abouti à l’adoption de lignes directrices sur le rôle des Cours suprêmes dans la lutte contre le terrorisme.

C’est aussi dans ce sens que l’OIF a soutenu, avec les autorités djiboutiennes, l’organisation, à Djibouti, en décembre dernier, de la 5ème Conférence régionale de l’Association internationale des procureurs et poursuivants francophones sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme et la criminalité.

Cette 5ème conférence, destinée à favoriser la mise en place de dispositifs nationaux performants en la matière, s’adressait aux Etats francophones de l’Afrique de l’Est et de l’Océan Indien.

C’est encore cette ambition pour un État de droit, reposant sur le libre exercice des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, qui sous-tend notre engagement résolu pour la défense des droits des migrants.

Les discussions en cours aux Nations unies sont à cet égard cruciales. Nous les suivons de près et faisons en sorte que les délégations francophones puissent efficacement et effectivement prendre part aux négociations sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Voilà plusieurs semaines, que nous organisons, à New York et à Genève, des concertations régulières au sein des Groupes d’Ambassadeurs francophones ; que nous mobilisons, aussi, des expertises de haut-niveau, et que nous mettons à disposition une traduction de courtoisie en langue française de l’avant-projet de texte. Ce que la Représentante spéciale de l’ONU pour les migrations, Madame Louise Arbour reçoit comme un renfort bienvenu et j’ajouterais indispensable.

Faut-il rappeler, combien les mouvements migratoires sont une problématique majeure pour nos pays ?

Combien d’États francophones, en effet, sont des pays de départ, de transit ou de destination, parfois même tout cela à la fois ?

Il est donc légitime et primordial qu’ils puissent exprimer leur point de vue et participer à l’élaboration de ce texte qui les engagera.

Ils doivent pouvoir le faire en français et l’information aussi doit être disponible en français.

Il reviendrait à l’ONU, organisation universelle, de s’en assurer. Je m’en suis d’ailleurs encore entretenue avec le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le 13 mars dernier, à New York. J’y reviendrai tout à l’heure.

Ce long entretien a aussi été l’occasion de formuler le souhait que ce Pacte soit véritablement ambitieux, respectueux des valeurs universelles et soucieux de la situation d’extrême vulnérabilité des migrants.

Sur ce point, j’ai réitéré au Secrétaire général l’Appel issu de la Déclaration forte, adoptée par les ministres et chefs de délégation des États et gouvernements membres de la Francophonie, réunis à huis-clos à Paris, les 25 et 26 novembre 2017.

Nous disions, l’impérieuse nécessité d’une action immédiate, concertée et coordonnée de la communauté internationale et du Conseil de sécurité des Nations unies, pour que cessent les violences contre les migrants en Libye, au nom de la responsabilité commune de protéger qui guide nos actions.

Nous disions l’urgence d’agir pour retrouver et libérer ces pauvres parmi les pauvres vendus et réduits en esclavage.

Nous disions l’urgence de rendre à ces hommes, à ces femmes, leur humanité, leur dignité, leur intégrité physique, leur existence et leur identité.

Nous disions l’urgence de remonter les filières, de démanteler les réseaux de trafiquants, d’identifier les auteurs de ces crimes et d’encourager les instances judiciaires nationales et internationales à les poursuivre et à les traduire en justice.

J’ai partagé avec Antonio Guterres l’indignation de voir que la mobilisation n’a pas été à la hauteur de l’horreur, et que si peu a été engagé, plus de 3 mois après.

Nous n’accepterons jamais que ce déni d’humanité soit relégué au rang de simples faits divers.

Je voudrais dire, enfin, que la lutte que nous menons, depuis plus de 20 ans, contre les discriminations, et les violences dont les femmes sont victimes répond également à cette ambition de faire progresser l’État de droit, en instaurant une pleine égalité entre les citoyennes et les citoyens, non seulement devant la loi, mais aussi dans les faits.

La stratégie francophone pour l’égalité femme-homme, qui sera soumise aux chefs d’État et de gouvernement au Sommet d’Erevan, constituera, à cet égard, un levier important pour la communauté francophone. J’aurai l’occasion d’y revenir au point 4 de l’ordre du jour.

Je voudrais, pour conclure cette réflexion, dire combien est déterminant l’appui unique que nous fournissent les 16 Réseaux institutionnels de la Francophonie qui déploient leur expertise, partagent leurs expériences et développent des partenariats au service d’institutions de l’État de droit, fortes et indépendantes. C’est aussi cela la société civile francophone en action.

Notre organisation peut être fière d’avoir encouragé la création de ces réseaux qu’elle soutient avec détermination.

Nous aurons du reste, lors des prochaines Journées des Réseaux institutionnels qui se tiendront les 29 et 30 mai au siège de l’OIF, l’occasion d’approfondir encore cette collaboration exemplaire.

Mesdames et Messieurs,

Venons-en maintenant, si vous le voulez bien, aux situations difficiles que connaissent encore un certain nombre de pays de l’espace francophone, ce qui nous conforte dans notre volonté de promouvoir sans relâche un État de droit.

J’aborderai en premier lieu la situation au Burundi.

Le processus de révision constitutionnelle qui va aboutir, le 17 mai, à un référendum, doit être inclusif et permettre la libre expression de tous les acteurs politiques.

Il est urgent que le dialogue inter-burundais, facilité par le Président Benjamin MPAKA – qui a tout notre appui -, associe les acteurs politiques nationaux présents, tant au Burundi qu’à l’extérieur du pays.

Cela est d’autant plus essentiel que la situation des droits humains demeure grandement préoccupante. Un État de droit se jauge, aussi, comme vous le savez, à sa capacité à faire respecter les droits et libertés.

Dans ce contexte, le plein respect des principes de l’Accord d’Arusha demeure la priorité. La responsabilité des pays de la région, qui sont les garants de ce texte, est cruciale.

J’observe que, depuis le discours du Nouvel An du chef de l’État, le Président Pierre Nkurunziza, des décisions de libération de prisonniers, notamment liés aux événements de 2014 et 2015, ont eu lieu. J’y vois, avec espoir, une volonté d’apaisement.

Fidèle à sa logique de solidarité et de coopération, la Francophonie reste mobilisée pour contribuer à faire émerger des solutions consensuelles à cette crise.

C’était bien le sens de la mission menée, en décembre dernier, par mon Envoyé spécial pour les Grands Lacs, Le Président Pascal Couchepin, quelques semaines après que la délégation conduite par le Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, M. Jacques Chagnon, s’était rendue à Bujumbura.

À cet égard, je tiens à saluer la qualité de la coopération entre l’OIF et l’APF.

L’APF qui a rappelé aux autorités parlementaires du Burundi, lors de sa réunion de Bureau, la nécessité de veiller à ce que tous les représentants de l’opposition puissent s’exprimer librement.

Concernant les conclusions que Pascal Couchepin a présentées en Commission politique, en janvier dernier, elles portent principalement sur la nécessité d’appuyer le processus politique de stabilisation du Burundi et sur le maintien des mesures adoptées par le CPF en juillet 2016.

Nous avons également transmis ces conclusions à la Commission de consolidation de la paix des Nations unies en février. J’y suis revenue lors de mon entretien avec Antonio Guterres.

Je vous informe, enfin, que je dépêcherai dans quelques jours une mission conduite par un expert de très haut-niveau pour coordonner nos efforts avec ceux de l’ensemble des acteurs internationaux présents à Bujumbura.

Autre source de préoccupation dans notre espace : la préparation et la tenue d’échéances électorales importantes qui génèrent, encore, de réelles difficultés dans plusieurs de nos pays.

Il en est ainsi en République démocratique du Congo, où la dégradation de la situation politique, sécuritaire et humanitaire, liée au blocage de la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, est source d’inquiétude.

J’ai condamné avec fermeté, au nom de la Francophonie, les violences policières qui ont fait plusieurs morts et blessés, et qui ont donné lieu à de nombreuses arrestations lors des manifestations organisées par le Comité laïc de coordination.

En toutes circonstances, les autorités sont tenues de prendre les mesures appropriées en vue de garantir le respect et le plein exercice de l’ensemble des droits et des libertés, y compris, le droit de manifester pacifiquement.

C’est aussi une exigence fondamentale de l’État de droit.

Permettez-moi de rappeler l’espoir que porte la publication du calendrier électoral du 5 novembre 2017 pour tout un peuple.

Une action déterminée des autorités nationales est nécessaire pour éviter toute situation susceptible de fragiliser la RDC et, par-delà, toute la sous-région.

Dans ce contexte, il est indispensable que les partenaires internationaux fassent front commun, tant dans les démarches politiques, que dans les actions sur le terrain, et ce, dans l’intérêt des Congolaises et des Congolais.

Je lance donc un appel à la mise en place effective de l’équipe conjointe d’Experts internationaux en soutien au processus électoral.

Cette proposition, je tiens à le souligner, émanant de l’OIF, a été soutenue et entérinée par les partenaires internationaux, en marge de la dernière Assemblée générale des Nations unies en 2017. De cela aussi il a été question avec Antonio Gutterres.

Nous pensons que ce dispositif peut jouer un rôle de vigie et de conseil auprès de la Commission électorale nationale indépendante, la CENI, afin de recréer la confiance entre cette institution, et les acteurs nationaux et internationaux.

Cela devrait également faciliter la mobilisation du soutien technique, financier et logistique nécessaire au processus électoral.

Il est donc essentiel que les mesures permettant son déploiement soient prises par les autorités nationales.

L’OIF s’est également mobilisée pour renforcer les capacités de la Cour constitutionnelle en matière de contentieux électoral, dont l’indépendance est une condition indispensable à la crédibilité des élections.

En outre, à la demande de la CENI, l’OIF va mettre à disposition son expertise pour la consolidation du fichier électoral avant de procéder à son audit.

Nous avons proposé à la CENI des conditions, en vue d’assurer la transparence et le caractère inclusif de ces opérations particulièrement délicates.

Nous suivons aussi avec beaucoup d’attention la situation politique au Cambodge à l’approche des élections législatives du 29 juillet prochain.

Nous encourageons, une nouvelle fois, les autorités cambodgiennes à tout mettre en œuvre pour garantir le pluralisme indispensable à la tenue d’élections démocratiques, libres et crédibles. Et je veux redire que la Francophonie appuiera toutes les initiatives qui iront dans ce sens, en faveur de l’État de droit.

La Guinée, également, rencontre des difficultés, suite aux élections locales du 4 février dernier, dont les résultats sont contestés par une partie de l’opposition.

Nous déplorons vivement les violences perpétrées lors des manifestations et qui ont entraîné la mort de plusieurs personnes.

J’exhorte toute la classe politique guinéenne à toujours privilégier le dialogue et les voies de recours pacifiques pour faire entendre ses revendications.

A cet égard, je salue la récente rencontre, à l’initiative du chef de l’Etat, entre le président Alpha Condé et son principal opposant Cellou Dalein Diallo, qui se sont entendus pour trouver une solution à la crise politique.

La Francophonie demeure disponible pour apporter son concours afin, notamment, d’améliorer le cadre électoral dans la perspective des prochains scrutins nationaux.
Le Président Alpha Condé, a du reste sollicité l’OIF pour mener, dès à présent, l’audit du fichier électoral.

Mesdames et Messieurs,

L’établissement d’un climat de dialogue approfondi et respectueux, est essentiel à la tenue de consultations électorales et référendaires apaisées.

En Thaïlande, nous espérons que les conditions de préparation des élections générales, attendues au plus tard en février 2019, permettront le retour d’un pouvoir civil, garant des droits et des libertés individuelles, et le retour de cet État observateur au sein de nos Instances.

Au Cameroun, dans un contexte où la sous-région est déjà fortement confrontée aux attaques terroristes du groupe Boko Haram, les violences récurrentes survenues dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest compromettent la paix et la stabilité.

Là encore, il est crucial de privilégier les voies pacifiques et le dialogue, selon les modalités nationales, afin de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Cameroun.

Je salue les premières mesures prises par les autorités camerounaises, notamment l’annonce par le Chef de l’État, de l’accélération du processus de décentralisation.

Je les encourage, au nom de notre Organisation, à œuvrer dans ce sens alors que s’est ouverte, avec les élections sénatoriales du 25 mars dernier, une année électorale majeure.
J’ai du reste, dès le mois dernier, dépêché une mission d’information et de contact, conduite par M. Désiré Kadré Ouedraogo, ancien Président de la Commission de la CEDEAO.

Cette mission, était aussi composée de la Représentante personnelle du Premier ministre du Canada au CPF et Ambassadrice du Canada au Sénégal, Madame Lise Filiatrault, et du Secrétaire général parlementaire de l’APF, M. Jacques Krabal, soutenus par les équipes de l’OIF.

Cette mission a rassemblé, mis en présence et appelé tous les interlocuteurs à privilégier le dialogue et à œuvrer pour que les élections se tiennent dans un climat apaisé, tout en les assurant du suivi de notre Organisation pour accompagner ces efforts.

Au Gabon et dans la perspective des élections législatives attendues pour la fin avril, nous encourageons les acteurs politiques à poursuivre leurs efforts pour établir, de manière consensuelle, les conditions d’un scrutin inclusif, libre et transparent.

Cela est d’autant plus important, que ce processus électoral va se tenir dans un contexte encore marqué par des crispations politiques liées aux récentes dispositions constitutionnelles adoptées par le Parlement en janvier.

A Madagascar, dans la perspective des prochaines élections présidentielle et législatives, prévues à la fin de l’année, tout doit être mis en œuvre pour asseoir un environnement propice au bon déroulement de ces scrutins.
Aussi ai-je dépêché sur la Grande Ile, il y a quelques semaines, une mission d’information et de contact conduite par mon Envoyé spécial pour le suivi du processus électoral à Madagascar, M. Salou Djibo.

La mission a rencontré les autorités locales, nationales et internationales afin, d’une part, d’évaluer l’état d’avancement du processus électoral et, d’autre part, d’encourager les différentes parties prenantes à faire prévaloir l’impératif de stabilité et l’intérêt supérieur du pays.

Je saisis d’ailleurs l’occasion pour saluer l’implication personnelle du Président Hery Rajaonarimampianina, qui a présidé, le 22 mars dernier, l’ouverture du 6ème séminaire international d’échanges de notre Réseau des compétences électorales francophones.

L’OIF continuera, dans les prochains mois, à déployer un appui technique auprès de la Commission électorale nationale indépendante, la CENI, auprès également de la Haute cour constitutionnelle et des médias.

Cette exigence de dialogue est tout aussi importante dans les pays où s’engagent des réformes institutionnelles et constitutionnelles.

Ainsi, au Togo, où nous encourageons le processus engagé à travers le dialogue politique inter-togolais avec le soutien, notamment, des Présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de Guinée.

La reprise des discussions doit permettre d’aborder, de manière responsable, les questions institutionnelles et constitutionnelles prévues par l’Accord politique global.
Afin que ce dialogue puisse se poursuivre dans un climat de confiance et de responsabilité, j’encourage les autorités nationales à renforcer les initiatives de décrispation déjà engagées.

Au Tchad, nous suivons avec attention le processus de réformes institutionnelles engagé par le Président Idriss Déby Itno.

Nous souhaitons que la finalisation de ce processus puisse créer les conditions de consolidation de l’État de droit dans ce pays déterminé à relancer son développement et son économie, durement éprouvée, aussi, par les investissements considérables consacrés à la lutte contre les assauts terroristes sur toute la région.

La consécration, dans les faits, de l’État de droit se traduit, également, par une justice indépendante et efficace, en particulier dans des contextes de tensions et de crises politiques.

A cet égard, je salue la volonté récemment exprimée par le Président Sassou Nguesso de la République du Congo de voir se tenir, dans les plus brefs délais, les procès des personnes interpellées dans le cadre des contestations électorales de 2015 et 2016.

La bonne organisation et la bonne tenue de ces procès est essentielle pour la mise en œuvre de l’Accord dit « de Kinkala », conclu en décembre dernier.

Tous les signataires de l’Accord, et la Commission ad hoc mixte paritaire, instituée à cet effet, doivent s’engager à travailler de manière inclusive afin de contribuer à restaurer un climat politique apaisé.

Mesdames et Messieurs,

J’ai souvent rappelé, devant vous, la nécessité, pour notre Organisation, d’inscrire ses actions de consolidation de la paix et de la démocratie sur le long terme. Car, bien que sortis formellement de situations de crises et de conflits, certains de nos États et leurs populations demeurent encore très vulnérables.

Prenez la République centrafricaine (RCA) et les actions que mène l’OIF dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de redressement et de consolidation de la paix et de la reconstruction nationale.

La situation sécuritaire, marquée par la recrudescence d’attaques violentes de groupes armés, demeure préoccupante, malgré les efforts des autorités nationales et des forces internationales.

La communauté internationale doit se mobiliser, et nous le disons depuis un moment, pour qu’une armée centrafricaine républicaine, professionnalisée et équipée, puisse au plus vite se déployer de manière concertée aux côtés de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique, la MINUSCA.

Pour sa part, l’OIF poursuit ses actions de renforcement des institutions de l’État de droit.

Nous avons ainsi organisé, du 17 au 19 mars dernier, une importante retraite interinstitutionnelle de haut niveau à Bangui.

Je tiens à souligner le caractère inédit de cet exercice, présidé par le Chef de l’État, Faustin Ange Touadéra.

Cette retraite a permis d’amener à la même table les représentants des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, ainsi que de différentes institutions de la République, avec une forte participation de femmes activement impliquées dans ces institutions, pour réfléchir à des modes de fonctionnement plus harmonieux, plus efficaces, plus intégrés. Séparation des pouvoirs n’étant pas synonyme de cloisonnement des pouvoirs.

Les participants ont entendu les témoignages et les analyses de personnalités de haut-niveau, anciens Premiers ministres, Présidents d’institutions, de Cours constitutionnelles, d’organisations régionales, venues de tout l’espace francophone pour partager leur expérience.

Au Mali. Les efforts nationaux et internationaux en faveur de la consolidation de la paix et du renforcement de l’État de droit demeurent primordiaux.

Le pays continue à faire face à des attaques de groupes terroristes qui attisent aussi des affrontements de nature intercommunautaire, notamment dans le Centre.

Il nous revient d’accompagner les autorités maliennes, pour, qu’au-delà des actions sécuritaires, soient menées des démarches favorisant le dialogue avec les communautés, le retour des services publics, mais aussi une dynamique décentralisatrice, dans un but aussi de prévention de l’extrémisme violent.

Les élections générales approchent à grand pas – l’élection présidentielle étant prévue pour le 29 juillet 2018.

Il est donc impératif que tout soit mis en œuvre afin que, dans ce délai très court, l’ensemble des acteurs politiques et techniques s’engagent, de concert, à la tenue d’un scrutin libre, fiable et transparent.

Dans ce cadre, l’OIF demeure aux côtés du Mali.
D’ailleurs, nous avons déjà répondu favorablement à la sollicitation des autorités en vue de l’audit du fichier électoral qui s’effectuera entre les 15 et 25 avril.

C’est dans cette perspective, que j’ai dépêché à Bamako, en mars, une mission d’information et d’évaluation conduite par mon Envoyé spécial, M. Dileita Mohamed Dileita, ancien Premier ministre de Djibouti, pour convenir avec nos partenaires maliens des conditions de la réalisation de cet audit.

Par ailleurs, plusieurs activités sont déjà prévues auprès des organisations de la société civile impliquées dans l’observation électorale, ainsi que de la Commission électorale nationale indépendante, la CENI.

Au Niger, comme je m’y étais engagée lors de ma visite officielle l’an passé, l’OIF poursuit son soutien à la consolidation de l’État de droit et à la promotion d’une vie politique apaisée.

Nous avons ainsi déployé une mission d’évaluation électorale, au mois de décembre, et mobilisé un expert auprès de la Commission électorale nationale indépendante, la CENI, pour favoriser la mise en place d’un fichier électoral biométrique, compatible avec un fichier d’état civil modernisé.
Au regard des difficultés qui émaillent ce processus de réforme du cadre des élections, j’ai également dépêché, ces dernières semaines, des missions de haut-niveau afin de contribuer à rapprocher les points de vue.

Enfin, en Haïti, l’OIF continue à apporter un appui aux institutions de l’État de droit.

Nous organiserons, dans quelques jours, avec la FOKAL - la "Fondation connaissance et libertés" dirigée par l’ancienne Première ministre d’Haïti, Mme Michèle Duvivier Pierre Louis - un séminaire sur l’autorégulation des médias, notamment ceux en ligne.

Cette manifestation interviendra alors qu’il nous faut déplorer la disparition, depuis deux semaines, du photojournaliste haïtien Vladjimir Legagneur, parti en reportage dans un quartier sensible de la capitale.

Nous apporterons, par ailleurs, notre soutien à la mise en place d’un Conseil électoral non plus provisoire mais enfin permanent, dont les membres sont en cours de désignation.

Au titre des processus électoraux que nous avons suivis, nous avons mobilisé en Égypte un expert pour assister la Commission nationale des Droits de l’homme dans le cadre de l’Observation nationale des élections qui ont vu, comme vous le savez, la réélection du Président Abdel Fattah Al-Sissi.

La Francophonie continuera à se mobiliser aux côtés de ses partenaires égyptiens, pour renforcer les institutions de l’Etat de droit, mais je voudrais dire plus largement, que me réjouis de voir l’Égypte, qui a donné à la Francophonie son premier Secrétaire général, en la personne de Boutros Boutros-Ghali, renouer des liens de coopération multidimensionnelle avec notre Organisation.

Les premières pistes ont été identifiées avec les autorités dans le cadre de la mission de l’OIF que j’ai dépêchée fin décembre dans ce pays : renforcement de la coopération avec l’OIF dans le domaine de l’entrepreneuriat et du numérique, de la création d’incubateurs dans les régions, ou encore d’échange entre les acteurs de la filière du coton dans un vrai désir d’ouverture, de partenariat et de partage d’expérience notamment avec les pays d’Afrique subsaharienne francophone.

Mesdames et Messieurs,

Avant d’en venir à l’engagement résolu de l’OIF dans le domaine du maintien de la paix, quelques mots sur la situation d’un pays lourdement éprouvé, l’Ukraine. L’aggravation de la situation humanitaire dans l’Est du pays ces derniers mois continue de nous inquiéter.

Nous restons fermement attachés au plein rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. La mise en œuvre des accords de Minsk, en particulier dans le cadre du format Normandie, est, comme nous l’avons toujours dit, la seule voie possible pour la résolution de ce conflit, qu’il importe de ne pas perdre de vue et qui reste majeur pour l’Europe.

Notre implication dans le maintien de la paix dans tout l’espace francophone, répond également à notre volonté d’asseoir durablement l’État de droit dans nos pays les plus fragilisés.

L’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix, lancé en mars 2017, est à cet égard, un levier essentiel.

C’est ainsi qu’après l’organisation, il y a quelques mois, d’un séminaire technique à New York, avec les Nations unies, sur la planification de l’engagement des contributeurs francophones dans les OMP, toujours dans le cadre de l’Observatoire, nous avons tenu, en décembre dernier, au siège de l’OIF, le deuxième séminaire de formation des points focaux nationaux pour le recrutement d’experts – et en particulier d’expertes – civils francophones au sein des OMP onusiennes.

Mesdames et Messieurs,

Vous l’aurez compris, à travers mes propos et les actions multiples que nous menons sur le terrain en faveur de la consolidation de l’État de droit, c’est aussi une action structurelle de prévention des crises et des conflits que nous promouvons.

Cette question sera du reste au cœur de la Conférence, « Saint-Boniface, 12 ans après », que nous organiserons à Ottawa, du 9 au 11 mai prochain, avec le soutien très apprécié du Canada, et en partenariat avec l’Université d’Ottawa.

Cette Conférence permettra de procéder à une évaluation de la mise en œuvre de cet autre texte normatif et de référence qu’est la Déclaration de Saint-Boniface, avec la Déclaration de Bamako. L’idée est d’en ressortir avec une Feuille de route concrète.

C’est dans un même souci d’optimisation de nos instruments normatifs, que j’ai demandé à la Direction des affaires politiques et de la gouvernance démocratique, appuyée par des experts de haut-niveau, d’élaborer un Manuel de procédures sur la mise en œuvre du Chapitre 5 de la Déclaration de Bamako.

Ce document technique devrait nous permettre d’en avoir une compréhension commune, à la lumière des pratiques des Instances de la Francophonie et des recommandations issues de la Conférence « Saint-Boniface, 12 ans après. »

Mesdames et Messieurs,

Quelques mots, maintenant, sur nos actions en matière économique.
Sur le plan de la diplomatie économique multilatérale, nos réseaux de ministres francophones ont été particulièrement dynamiques.

Le réseau des ministres francophones du Commerce s’est réuni en marge de la 11econférence ministérielle de l’OMC.

Cette réunion avait été précédée par des concertations régionales, organisées par l’OIF. La rencontre tenue, en décembre dernier, à Buenos Aires, en Argentine, pays observateur de l’OIF , a connu une forte participation avec près de 70 délégations présentes, témoignant ainsi de l’intérêt de nos Etats membres pour porter des positions communes dans les négociations internationales en cours.

Les développements des dernières semaines, avec l’annonce par l’administration américaine, de nouvelles taxes à l’importation sur un certain nombre de produits, soulignent combien le commerce international reste un sujet clé dans les rapports de force économiques mondiaux.

Aussi, est-il important, que l’OIF continue de soutenir ses Etats membres, notamment les pays en développement, et accompagne leur plaidoyer pour un accès équitable aux marchés.

En outre, l’OIF déploie, sur le terrain, des programmes de renforcement des capacités pour la structuration des chaînes de valeur ajoutée dans des filières porteuses, telles que la production du coton et la filière textile.

Le réseau des ministres des Finances des pays francophones à faible revenu a lui aussi poursuivi ses travaux sur les PPP, partenariats public-privé,avec la tenue d’un atelier technique, à Cotonou, auquel ont pris part de nombreux représentants d’institutions financières internationales.

Ce sujet a été également l’objet d’une session de haut niveau lors de la conférence de Paris, organisée à l’OCDE, par le Forum économique international des Amériques, dont l’OIF est partenaire.

Nous avons réuni, à cette occasion, autour du Président Mahamadou Issoufou du Niger et de la Présidente Ameenah Gurib-Fakim de Maurice, plusieurs ministres du réseau des ministres des finances, qui ont échangé avec des représentants du secteur privé sur le thème du financement de l’émergence.

Alors que les pays en développement voient leurs besoins de financement s’accroître, en raison des plans nationaux d’émergence et de la poursuite des ODD, et que le FMI alerte sur le risque d’une reprise du cycle de la dette, notamment en Afrique, le pilotage bien maîtrisé des partenariats public-privé continuera d’être à l’ordre du jour du réseau.

Par ailleurs, l’OIF a continué d’encourager la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) par ses Etats membres concernés.
A travers ces actions, l’OIF s’engage pour une meilleure régulation de l’économie internationale, et reste persuadée des vertus du système multilatéral et de l’action collective pour parvenir à une mondialisation plus équitable.

Sur le terrain, les programmes portant sur l’appui au développement local, d’une part, et d’autre part sur la promotion de l’emploi par l’entrepreneuriat chez les jeunes et les femmes en Afrique subsaharienne francophone et dans l’Océan indien, ont poursuivi leur déploiement à un rythme soutenu.

À cet égard, l’inauguration le 8 mars, au siège de l’OIF, de la plateforme numérique portée par le Réseau des femmes entrepreneures, a couronné la dynamique lancée lors de la Conférence des femmes de la Francophonie de Bucarest, en novembre dernier.

Cette plateforme est un outil stratégique qui répond, au plus près, aux besoins exprimés par les centaines de femmes entrepreneurs rassemblées à Bucarest. Elle a d’ailleurs immédiatement montré son utilité notamment pour le réseautage, l’information, le partage d’expériences, la formation, le mentorat.

Nous voulons donc poursuivre cette mise en réseau des forces économiques, des entrepreneurs, des organisations patronales pour contribuer à faire émerger les potentialités de partenariat d’affaires, encore insuffisamment exploitées, que recèle l’espace francophone.

A cet égard, je souhaite exprimer ma reconnaissance aux autorités andorranes pour la contribution exceptionnelle apportée au financement de la plate-forme numérique du Réseau des femmes entrepreneures, qui, soit dit en passant, est pleinement inclusive, ouverte aux hommes.

Je tiens aussi, à travers vous, Madame la Représentante personnelle, chère Cristina Rodriguez, à remercier les autorités andorranes pour l’accueil des plus chaleureux qui m’a été réservé lors de ma visite officielle du 26 au 28 février dernier, qui a marqué un renforcement significatif de la coopération entre l’OIF et la Principauté.

Dans le droit fil de ce que je viens d’évoquer, je veux souligner que la Francophonie est aussi très active dans la mise en œuvre de sa stratégie numérique.

Dans nos pays membres, les programmes de formation au numérique, tout comme les sessions de type « innovathon », destinées aux jeunes, connaissent un succès et une demande toujours croissante de la part des administrations nationales.

Nous savons répondre à cette demande et nous en voyons l’impact sur le terrain, tant, nombre de ces jeunes, filles et garçons, hommes et femmes, que nous formons et accompagnons, créent des applications et des dispositifs des plus ingénieux et surtout d’utilité publique.

Nous sommes présents aussi sur le plan de la gouvernance internationale de l’internet et des systèmes d’information.

L’OIF s’est, par exemple, mobilisée lors de la 60e rencontre de l’ICANN, la société pour l’attribution des noms de domaines sur internet, et l’une des principales instances de régulation d’internet.

Nous y avons porté les positions élaborées lors de concertations francophones et promu, avec un succès certain, la nomination de plusieurs francophones à des postes clés de cette organisation.

Je pense que nous devons aller plus loin encore, en nous projetant vers l’avenir, dans une démarche prospective.

Les enjeux liés à la régulation d’internet restent certes considérables, sans oublier la cybersécurité, mais nous devons être conscients qu’il s’agit là d’une technologie qui a pris son essor dans les années 1990.

Or, nous sommes, aujourd’hui, à la veille d’une nouvelle révolution numérique qui s’annonce d’une ampleur et à une vitesse sans précédent.

Les perspectives ouvertes par l’intelligence artificielle, les transactions par blocs de chaînes (block Chain) et les cybermonnaies, peuvent transformer, de fond en comble, nos économies, supprimer des millions d’emplois, changer nos modes de vie et jusqu’à l’organisation de nos sociétés.

A la différence des révolutions industrielles précédentes, que les Etats avaient accompagnées et canalisées, les gouvernements sont aujourd’hui en situation d’asymétrie d’information et de moyens face aux multinationales de la technologie.
Il n’est pas besoin de rappeler qu’aucun de ces acteurs privés, de taille mondiale, n’appartient à l’espace francophone.

C’est pourquoi, j’ai la conviction que la Francophonie doit s’emparer de ce défi, se mobiliser pour peser dans le débat sur la nécessaire régulation de ces acteurs et de ces technologies, régulation quasi inexistante à l’heure actuelle.

Au-delà du champ économique, c’est la souveraineté même des Etats qui peut en être affectée.

On le voit avec le débat en cours sur l’influence supposée des entreprises de technologie sur la dernière campagne présidentielle aux États-Unis.

Face à ces défis majeurs, les pays francophones ont tout intérêt à élaborer des positions communes au plan international et à partager leurs expériences mises en œuvre au plan national.

Il nous faut aussi accompagner les pays membres en développement, en renforçant leurs capacités, afin qu’ils puissent participer, à armes égales, à ce nouveau chapitre de la mondialisation.

Ils ne doivent pas être soumis à une colonisation numérique qui risque d’être aussi brutale que les précédentes.

C’est pourquoi je crois utile que les ministres, en charge des questions et des économies numériques dans nos Etats et gouvernements, puissent, comme le propose le Président Patrice Talon du Bénin, se réunir régulièrement pour aborder ces questions essentielles au sein d’un réseau constitué, à l’instar du Réseau des ministres de l’économie et de celui des ministres des finances que l’OIF accompagne déjà.

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