Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À EREVAN, LE 12 SEPTEMBRE 2018

A l’ouverture de la XIe Conférence des OING et ONG de la Francophonie

Seul le texte prononcé fait foi

Excellence, Monsieur le Premier Ministre, cher Nikol Pachinian,
Monsieur le Maire par intérim d’Erevan,
Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs,
M. Hervé Cohen, représentant du Président sortant de la Conférence des Organisations internationales non gouvernementales (OING) et des organisations non gouvernementales (ONG) de la Francophonie, Roger Ferrari qui pour des raisons indépendantes de sa volonté n’a pu être avec nous ...
Mesdames et Messieurs les Représentantes et Représentants des OING et des ONG de la Francophonie
Mesdames et Messieurs les Représentantes et Représentants des Opérateurs de la Francophonie,
Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités,
Chers amis,

Qu’il me soit tout d’abord permis de vous dire, Monsieur le Premier Ministre, cher Nikol Pachinian, combien je suis heureuse, à un mois, presque jour pour jour, du XVIIe Sommet de la Francophonie, d’être de nouveau en Arménie, dans ce pays si attachant qui a réussi au printemps dernier à mener une transition politique pacifique, une « révolution de velours » unanimement saluée.

Je sais, Monsieur le Premier Ministre, que vous attendez avec beaucoup d’impatience, comme nous toutes et nous tous, cet événement qui fera d’Erevan la capitale de la Francophonie institutionnelle. Votre engagement constant et la forte mobilisation de tout le gouvernement depuis plusieurs mois, renforcent ma conviction que ce grand rendez-vous international sera une réussite majeure de l’Arménie, dont l’ensemble de la population s’apprête à accueillir la grande famille francophone, fidèle aux traditions d’hospitalité et de générosité qui caractérisent le peuple arménien.
Nous avons déjà eu des preuves tangibles du savoir-faire de votre pays, qui, en octobre 2015, a si magnifiquement accueilli le Conseil permanent et la Conférence ministérielle de la Francophonie, et qui, aujourd’hui, abrite cette 11e Conférence des Organisations non gouvernementales, nationales et internationales, une occasion toujours privilégiée de nous adresser à la société civile francophone dans toute sa richesse et sa diversité.

Car c’est un immense honneur et un plaisir toujours renouvelé pour moi, d’être parmi et avec vous, femmes et hommes engagés, vous qui pouvez, à juste titre, vous targuer d’être l’incarnation même de ce beau projet que je n’ai eu de cesse de mettre en œuvre depuis le début de mon mandat : cette « Francophonie des solutions » que vous incarnez, toutes et tous, dans tant de domaines et d’une manière qui vous est propre, cette « Francophonie des peuples », ce génie du terrain, ces réponses concrètes, cohérentes et concertées, adaptées à la diversité des situations, ces bonnes pratiques propices à l’échange, ces expériences concluantes, ces actions courageuses qui ne demandent qu’à être partagées aux quatre coins du vaste espace francophone.

Cet espace, je le sillonne avec passion depuis bientôt quatre ans dans le cadre de mes visites officielles et de travail, et partout où je vais, je tiens à rencontrer les représentantes et représentants de la société civile. Je l’ai fait en Afrique, dans l’océan Indien, au Moyen Orient, en Asie, dans les Amériques, et aussi dans cette région de l’Europe centrale et orientale. Quel bonheur, donc, de pouvoir saluer ici les associations arméniennes qui participent à ce rassemblement international des forces vives francophones grâce auquel Erevan est aujourd’hui la capitale de la Francophonie non gouvernementale.

Barèv, siréli barékamner, (Bonjour à tous chers amis) !

Je ne compte pas non plus mes prises de parole, jusqu’aux enceintes les plus prestigieuses, au cours desquelles, j’ai mis en lumière le formidable atout que constituent, pour la Francophonie, les réseaux institutionnels et de la société civile : témoins privilégiés, véritables vigies, lanceurs d’alerte, vous êtes aussi des sources d’inspiration et des forces de proposition pour notre Organisation, comme pour nos États et gouvernements dans la construction de sociétés nouvelles, plus justes, plus inclusives, plus attentives à l’humain.

Vous toutes et vous tous, qui représentez de formidables vecteurs de changements, de réformes, de progrès au service de l’intérêt général, vous m’apportez à chaque rencontre - et vous apportez à l’Organisation tout entière - , cette vivifiante bouffée d’oxygène, ce puissant regain d’énergie dont nous avons tant besoin pour répondre toujours plus efficacement aux attentes, et être en phase avec les aspirations des peuples qui composent la Francophonie.

Et à cet égard, la rencontre d’aujourd’hui, me comble doublement.
Je suis comblée de pouvoir partager ces moments avec vous.

Je suis comblée de pouvoir le faire dans un nouveau format, plus conforme à l’importance et au caractère stratégique de notre partenariat.

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs,
J’ai souvent rappelé que la Francophonie institutionnelle, politique, n’aurait peut-être pas vu le jour sans la Francophonie des associations, des réseaux, des ONG et de la société civile qui lui a préexisté, sans l’engagement et la ténacité de ces pionniers, journalistes, écrivains, universitaires, et j’en passe..., qui, dès le début, ont cru aux liens indéfectibles tissés par la langue française comme levier d’action.

Pour mieux répondre aux exigences sans cesse renouvelées de notre monde en perpétuel mouvement, cette Francophonie, édifiée au fil des années, de la base vers le sommet, doit aujourd’hui continuer à se développer et à s’enrichir, du sommet vers la base, en mettant en place des synergies fécondes avec les organisations non gouvernementales et les réseaux de toute nature.

C’est pour cela que j’ai eu à cœur, dès le début de mon mandat, de créer les conditions d’un nouveau cadre permettant de redynamiser nos liens originels et originaux avec la société civile.

Cette 11e Conférence constitue l’aboutissement d’un long processus de révision des Directives régissant les relations de la Francophonie avec les organisations non gouvernementales nationales et internationales. Elle marque le début d’une nouvelle ère pour des relations que je souhaite plus étroites et plus solides, pour des échanges plus fréquents et constructifs, pour un dialogue toujours plus constant et approfondi.

À ce moment de transition, je veux rendre hommage à celles et ceux qui n’ont pas ménagé leurs efforts au cours de l’étape passée, et en particulier, à Roger Ferrari, président sortant du Comité de suivi de la conférence des OING, qui a fait entendre sa voix avec force devant les Instances. Il a également participé au processus de réforme, et je l’en remercie, ainsi que tous ceux et celles qui ont rendu possible l’avènement de cette nouvelle ère de nos relations avec la société civile.

Je me suis personnellement assurée que ces directives, adoptées au mois d’avril dernier, garantissent à la fois une représentativité renouvelée de la société civile au sein de la Conférence des OING ; une meilleure représentation au sein des Instances de la Francophonie et enfin, une gouvernance plus souple et plus efficace de cette Conférence.

En matière de représentativité, d’abord, j’ai veillé à ce que l’appel à candidatures soit largement relayé dans tout l’espace francophone, à la fois par les États et gouvernements membres, par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), les Opérateurs, les Conférences ministérielles permanentes, par l’ensemble de l’Organisation, au Siège et dans nos unités hors siège, par les OING et ONG précédemment accréditées, mais également par celles avec lesquelles nous travaillons au quotidien et dont la plupart sont présentes aujourd’hui.

À l’issue de cet appel et suite à un processus de sélection minutieux et exigeant, vous représentez aujourd’hui à cette nouvelle Conférence, 127 associations, 84 OING et 43 ONG en provenance de 25 pays, un nombre encore insuffisant pour assurer une réelle représentativité géographique, je vous l’accorde, malgré une très nette progression. Le processus se poursuit et un prochain appel à candidatures permettra d’enrichir encore le spectre des associations ainsi que des pays et des régions représentés.

Vos organisations, caractérisées par une grande diversité des modalités et des domaines d’intervention, sont également actives dans les quatre missions du Cadre stratégique 2015-2022, ce qui vous permettra de contribuer à l’examen des thématiques et de mieux participer aux réflexions menées au sein des Instances de la Francophonie.

Et ce qui nous permettra, aussi, de nouer des partenariats pour la mise en œuvre de la prochaine programmation quadriennale 2019-2022, en particulier, dans les trois domaines que je considère comme prioritaires : l’éducation et la formation de qualité en langue française et dans les multiples langues qui participent de la riche diversité culturelle et linguistique de notre espace ; l’économie et le numérique qui nous mettent face à des enjeux et des défis tels que la Francophonie doit être solidement outillée si elle veut saisir les opportunités inédites qui se présentent et ne pas rester au bord de la route dans ce monde en pleine mutation ; et, bien sûr, la paix et la sécurité, la démocratie, les droits et les libertés que nous continuerons à défendre ensemble avec conviction et passion, en particulier, les droits des femmes, n’est-ce pas chère Ndioro NDIAYE, qui présidez le Réseau pour l’égalité entre les femmes et les hommes ?

La communauté internationale, l’ONU au premier chef, les organisations internationales et régionales avec lesquelles nous travaillons, ont maintenant bien pris acte de la montée en puissance de la société civile et en ont, pour la plupart, tiré toutes les conséquences en termes de reconnaissance et de partenariat. Usant de sa diplomatie d’influence, l’Organisation internationale de la Francophonie participe à la définition d’un multilatéralisme toujours plus vigoureux, plus inclusif, plus démocratique, où les peuples trouvent à s’exprimer pleinement et sont entendus.

C’est dans ce mouvement qu’il faut inscrire cette nouvelle Conférence des OING. Les environnements sont toujours plus instables, les menaces transnationales fragilisent l’État de droit, exacerbent les fractures sociales, minent les structures économiques et mettent à mal les efforts consacrés au développement humain. Dans ce contexte, les Organisations, les États, ne peuvent se passer des acteurs non-étatiques, des mouvements citoyens et sociaux pour bien identifier et mettre en œuvre de solutions appropriées.

Que ce soit dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et la radicalisation violente où tant de jeunes sont entraînés ; que ce soit face à l’immense défi de la crise migratoire, et bien sûr, face aux atteintes à l’État de droit, la démocratie, les droits et les libertés, le rôle de la société civile n’est plus à démontrer.

Le rôle de la société civile n’est plus à démontrer non plus pour garantir une meilleure participation citoyenne à la vie politique internationale et nationale, ou pour parvenir à une croissance solidaire, inclusive et responsable, en s’attaquant en priorité au chômage chronique des jeunes, en favorisant l’entrepreneuriat et en mettant en valeur l’inestimable apport des femmes.

Votre rôle, Mesdames et Messieurs, n’est plus à démontrer pour « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité », thème choisi par l’Arménie pour notre XVIIe Sommet.

Cette nouvelle conférence des OING est totalement en phase avec la dynamique que j’ai eu à cœur d’insuffler à l’Organisation, une dynamique qui, plus que jamais tire son immense force de ce puissant maillage de réseaux qui s’entrecroisent et se rejoignent autour d’objectifs communs.

Forts de la langue que nous avons en partage et qui est notre trait d’union pour agir dans tous les domaines, forts de nos situations particulières et de nos expériences spécifiques, forts de notre attachement aux valeurs universelles, nous allons, ensemble, dans un climat de confiance réciproque renouvelé, créer les conditions de « la paix et de la prospérité dans l’espace francophone » qui seront au centre des débats des chefs d’État et de gouvernement les 11 et 12 octobre, ici même, à Erevan.

Parce que la Francophonie évolue au rythme du monde et que cette évolution ne peut pas se faire sans les interlocuteurs irremplaçables que vous êtes, je souhaite un plein succès aux travaux de cette 11è Conférence que je déclare désormais ouverte.

Je vous remercie.
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