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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À NICE, LE 25 AVRIL 2018

Lors de l’escale de l’Hermione

Seul le texte prononcé fait foi

Monsieur le Sous-Préfet des Alpes Maritimes,
Madame la Sous-Préfète de Nice Montagne,
Monsieur le Premier adjoint au Maire de Nice,
Madame l’Adjointe au Maire, chère Maty Diouf,
Monsieur le Lieutenant-colonel Bocquet,
Monsieur l’Inspecteur d’académie,
Monsieur le Président de l’Association Hermione La Fayette,
Monsieur le Commandant de l’Hermione,
Mesdames et Messieurs les Maires et les élus municipaux et métropolitains,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps consulaire,
Mesdames et Messieurs les responsables associatifs,
Chers gabiers,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Il me tardait d’être à Nice, de venir à votre rencontre, tant nous avons œuvré tous ensemble pour que l’Hermione, dite la frégate de la Liberté, fasse escale dans votre ville et inscrive le nom de Nissa la Bella dans son histoire au long cours.
L’histoire de l’Hermione débute au XVIIIè siècle avec la vision du Marquis de la Fayette qui, dans sa jeune vingtaine, se révélait déjà en défenseur mémorable des droits humains, de l’état de droit et des libertés. Cette vision humaniste, c’est à bord de ce célèbre trois mâts « Hermione » qu’il l’a portée jusqu’aux côtes américaines pour prêter main forte aux insurgés américains. Plus de deux siècles plus tard, nous retrouvons sa « frégate de la Liberté », reconstruite à l’identique, il y a une dizaine d’années par des passionnés, des aventuriers, des visionnaires en somme, auxquels je souhaite rendre un hommage appuyé, et qui président désormais aux destinées de l’Association Hermione La Fayette et à l’accomplissement de ses projets. Inspirateurs de cet audacieux projet, bénévoles, salariés de l’association, équipage, que vous en soyez tous ardemment remerciés.

Au XVIIIème siècle il ne fallait avoir peur de rien pour se lancer dans pareille aventure.
Au XXIème, il faut aussi avoir au cœur le sens de l’aventure et du dépassement de soi pour poursuivre l’œuvre de La Fayette, redonner vie et faire naviguer l’Hermione pour l’Histoire, encore.

Car oui, l’Hermione navigue cette fois encore pour regarder l’Histoire droit dans les yeux. Le long des côtes atlantiques qui gardent les traces des convois d’esclaves, puis en mer Méditerranée qui se rappelle à nous quotidiennement aujourd’hui comme une mer martyr, l’Hermione vient à votre rencontre avec un puissant message humaniste de fraternité, pour un meilleur vivre ensemble et de solidarité, en naviguant sous les couleurs de la Francophonie et de l’initiative « Libres ensemble ».

A son bord se succèdent, depuis le 31 janvier dernier et jusqu’à la fin du mois de juin, 350 jeunes gabiers issus de 34 pays des 84 États membres de la Francophonie, du vaste espace francophone sur les 5 continents.

Aujourd’hui, ici à Nice, ils viennent de France, de Madagascar, d’Haïti, de Côte d’Ivoire, de Wallonie Bruxelles, du Togo, du Burkina Faso, de Tunisie, du Bénin, du Cap Vert, d’Egypte, des Comores et de Centrafrique ! Des jeunes de tous ces pays qui cohabitent vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant quinze jours. Qui apprennent à se découvrir, à partager un même langage, à manœuvrer à la main cet immense vaisseau, à s’enrichir de leurs différences. Des gabiers de treize nationalités qui poursuivent, ensemble, un but plus grand qu’eux-mêmes.

Cette jeunesse est, comme nous, l’héritière et la messagère de la vision humaniste du Marquis de La Fayette et des Pères fondateurs de la Francophonie, les Présidents Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori, et le Prince du Cambodge Norodom Sihanouk. Par-delà le temps, nous nous retrouvons dans un même idéal, un même projet qui se conjugue autour d’un humanisme intégral qui bâtit un monde prônant la solidarité, le respect de la diversité, et la liberté.

Ce projet, nous avons choisi de le porter dans le cadre de l’initiative « Libres ensemble » que nous avons lancée le 10 mars 2016 avec la jeunesse francophone et dont nous avons célébré le second anniversaire à Tanger, à bord de l’Hermione, le 10 mars 2018.

« Libres ensemble » a d’emblée été un appel, un cri de ralliement pour toutes celles et ceux qui ont décidé de se dresser face à la barbarie, au terrorisme, et de résister à la tentation du repli sur soi et du rejet de l’altérité.

D’abord lancé sur les réseaux sociaux, il a rapidement fait réagir près de cinq millions de jeunes et se transforme désormais en un mouvement citoyen francophone. Il porte en lui l’émergence d’une véritable « génération Libres ensemble ».

Aujourd’hui, les jeunes répondent avec enthousiasme et énergie à nos appels à projets et à nos formations de jeunes Ambassadeurs « Libres ensemble », comme ici à Nice où 30 jeunes sont formés depuis ce matin. Les jeunes ont tout de suite compris que face aux semeurs de mort, nous n’allions pas plier, car nous avons la force du nombre et l’amour de la vie. Nous voulons voir la vie triompher partout.

C’est avec cette conscience que la Francophonie et sa jeunesse reviennent à vous aujourd’hui, cinq années après les Jeux de la Francophonie qui avaient vus se présenter ici tant de nos talents sportifs et artistiques.

Toute la journée, nous venons présenter l’hommage de la Francophonie aux victimes de tous les attentats et honorer les défenseurs des droits humains, au Mémorial des victimes du 14 juillet 2016.

Nissa la Bella dont nous avons chanté le printemps, les riches décors, le grand soleil d’or et le ciel d’azur, a été faite ville martyr à notre corps défendant. Notre mare nostrum est devenue, elle aussi, une mer martyr, le tombeau et le sanctuaire de tant de jeunes migrants en quête d’une vie meilleure.

Qu’à cela ne tienne ! Nous avons pris la mer depuis Rochefort et donnons de la voix d’escale en escale pour que triomphe la vie.

Après La Rochelle où nous avons célébré la liberté de circuler, puis Tanger où, sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, avec l’appui de l’UNESCO et en partenariat avec le Festival du Marrakech du rire, nous avons mis l’accent sur la défense des droits humains, le second anniversaire de Libres ensemble et la Francophonie économique, nous sommes passés par Sète et sa célèbre fête maritime qui a fait converger vers l’Hermione plus de 400 000 personnes, puis Marseille où nous avons mis en exergue notre volonté de changer le regard sur l’enjeu migratoire.

Désormais, nous faisons halte ici avant de nous retrouver dans quelques jours à Portimao, au Portugal, pour célébrer la diversité linguistique, puis à Bordeaux qui donnera son plein écho à l’engagement de la Commission européenne sous le haut patronage de laquelle se déroule l’ensemble de ce projet.

Je veux remercier également la France et tout particulièrement le Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian qui avec la plus grande conviction a soutenu, dès le départ, l’initiative Hermione Libres ensemble en Méditerranée avec la jeunesse francophone.

Désormais, nous venons ici oui pour donner plein écho à la force vitale qui nous pousse à faire nôtres les propos de La Fayette lorsqu’il affirmait « Pour que vive la Liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l’indifférence ou la résignation ».

Avec vous donc, nous nous levons pour que triomphent la vie, le partage, la joie. Toute la journée nous irons débattre avec les jeunes gabiers et les jeunes niçoises et niçois sur leur expérience de ce que signifie pour « Vivre Libres ensemble ». Je me réjouis par avance d’accueillir dans quelques instants Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco qui a tenu à s’adresser à eux également. Je me réjouis également du débat que nous aurons cet après-midi avec les jeunes sur le thème « Vivre Libres ensemble ». Il constituera un temps fort de la préparation du « Pacte francophone pour le vivre ensemble » que les Chefs d’Etat et de gouvernement membres de l’Organisation internationale de la Francophonie adopteront lors du XVIIème Sommet de la Francophonie à Erevan, en Arménie, les 11 et 12 octobre prochains. Je tiens d’ailleurs à souligner que ce débat se déroulera en présence du dessinateur de presse RED, membre du collectif « Dessiner pour la paix, Cartooning for peace », ce collectif qui nous accompagne d’escale en escale depuis Le Port de La Rochelle. Il croquera en direct nos débats et je suis impatiente de découvrir son œuvre, comme nous avons eu plaisir à le faire avec celle de Plantu par exemple à La Rochelle ou encore avec celle de la dessinatrice tunisienne Nadia Khiari à Marseille, Pierre Kroll de Belgique était avec nous pour la journée internationale de la Francophonie à Paris.

Enfin, je vous invite à signer avec nous ce soir la fresque « Libres ensemble », sur le port de Nice ou encore à assister au spectacle que vous offriront les jeunes lauréats des concours de hip hop et de jonglerie des Jeux de la Francophonie d’Abidjan.

C’est dans cette combativité que nous renaîtrons face à ceux qui souhaitent nous réduire en cendres.
Ce disant, je pense à vous, chère Maty Diouf, et au combat de chaque instant que vous menez depuis tant d’années pour le vivre ensemble et pour la Francophonie. Au quotidien vous faites l’expérience de la ténacité et de la constance que je fais miennes pour bâtir notre maison commune. Vous qui, avec la confiance de Monsieur le Maire Christian Estrosi et l’appui de toutes vos équipes, construisez des ponts entre votre ville et d’autres grandes cités francophones comme Abidjan ou Sousse.

Vous qui avez créé dès l’année 2010 les « Journées du vivre ensemble », vous qui nous proposez déjà d’accueillir ici l’année prochaine un grand forum international et francophone du numérique. Et vous qui avez tant œuvré pour que l’Hermione inscrive Nice sur sa voie humaniste. Je tiens à vous en remercier et à vous dire toute notre gratitude.

Je ne saurais conclure sans remercier très chaleureusement Monsieur le Maire, Christian Estrosi, l’ensemble du Conseil municipal, et Monsieur le Préfet des Alpes Maritimes pour leur accueil et leur soutien sans faille.

Je ne saurais conclure non plus sans exprimer, une fois encore toute notre admiration pour le Commandant Yann Cariou ainsi que pour les responsables de l’Association Hermione La Fayette, représentés ici par son Vice-Président, Bruno Gravellier. Vous nous êtes particulièrement chers parce que vous avez ce supplément d’âme qui vous permet de porter le regard toujours plus en avant, et cette générosité d’offrir à notre jeunesse le rêve et l’aventure dont elle a le goût et le besoin intime.

« Vive vive Nice la Belle »* , Vive la Francophonie et vive l’Hermione sous la bannière Libres ensemble !

Je vous remercie.

* Titre de l’hymne de la ville de Nice

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