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DISCOURS DE LOUISE MUSHIKIWABO À N'DJAMENA, LE 18 JUIN 2019

A l’ouverture de la Conférence sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone

Seul le texte prononcé fait foi

Excellence, Monsieur le Président de la République du Tchad,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je souhaite tout d’abord vous remercier, Excellence, Monsieur le Président de la République, pour votre accueil à Ndjamena, digne de la plus haute tradition africaine d’hospitalité ! L’implication de votre gouvernement dans la tenue de cette « Conférence internationale sur l’éducation des filles et la formation des femmes dans l’espace francophone » a été remarquable et nous vous en sommes très reconnaissants.

Cette mobilisation exceptionnelle montre, Monsieur le Président, que vous avez accepté de relever ce grand défi de faire avancer la cause des femmes par l’éducation, dans votre pays, dans l’espace francophone et dans le monde.

Mesdames et Messieurs,
Je souhaite qu’au cours de ces deux journées, décideurs et experts de tous les horizons se penchent à la fois sur « les défis, les bonnes pratiques et les pistes d’action » pour que cette Conférence marque une étape décisive dans le cheminement de tous nos pays vers l’égalité devant ce droit humain inaliénable qu’est le droit à une éducation de qualité, pour tous et pour toutes.

Monsieur le Président de la République, il y a beaucoup de progrès mais nous devons tout faire pour que l’éducation des filles soit portée par nos sociétés. Ensuite on doit maximiser les conditions dans lesquelles les filles évoluent dans le milieu scolaire.
Dans le sillage de la « Stratégie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes » adoptée au dernier Sommet d’Erevan, et aussi parce que j’y crois profondément, j’ai fait de la cause des femmes une priorité de mon mandat à la tête de la Francophonie.

Mesdames et Messieurs,

Qu’elles évoluent en politique, dans le milieu économique, dans la société civile, qu’elles soient cadres, employées, ouvrières, dans la fonction publique, dans le secteur informel, en milieu urbain ou dans les campagnes les plus reculées, l’apport des femmes au développement de leurs pays est inestimable ! Je viens d’un pays où, 61% des parlementaires sont des femmes, un pays où la valeur de la petite fille est la même que celle du petit garçon. Mon pays, le Rwanda, s’est relevé du néant ces 25 dernières années, et cela, en grande partie grâce aux femmes. Il est l’illustration même de la capacité des femmes à jouer le rôle de transformateur, d’agent de changement. Car c’est lorsque tout le monde est admis à participer au changement, que le changement est possible. Un pays ne peut pas avancer, en laissant derrière 50% de sa population. Je suis fière de ces femmes qui, malgré les difficultés de la vie, travaillent durement chaque jour, pour changer leur communauté et le monde.
Je cite le Rwanda car c’est le pays que je connais le mieux, mais ces propos sont valables partout ailleurs, le rôle des femmes, à tous les niveaux de la société, n’est plus à démontrer.

Vous savez aussi que lorsqu’elles entrent à l’école primaire, les petites filles sont bien plus nombreuses que les garçons à ne pas finir le cycle, parce que leurs familles ont besoin, pour survivre, de les faire travailler dans les champs, sur les marchés ou dans les tâches ménagères.

Ou parce que des préjugés tenaces considèrent que l’éducation s’adresse en priorité aux garçons qui doivent devenir de bons chefs de famille.

Il nous faut agir pour y mettre fin !

Il nous faut agir ensemble, au sein de cette grande famille que nous formons, en nous appuyant sur les expériences réussies de chacun de nos membres.

Notre vaste espace, du nord au sud, d’est en ouest, foisonne de bonnes pratiques à partager ! C’est dans ces échanges que notre Francophonie prend tout son sens.

Je souhaite que cette conférence de N’Djamena nourrisse une riche plateforme de bonnes pratiques dans l’éducation des filles, et qu’ensemble nous mesurions les avancées.

Les avancées réelles dans la scolarisation des filles au cours des 20 dernières années sont le fruit des politiques volontaristes de leurs dirigeants qui consacrent des budgets de plus en plus conséquents aux secteurs de l’éducation et de la formation.

Je salue d’ailleurs la présence ici de nombreux responsables gouvernementaux et saisis l’occasion pour remercier l’ensemble des États et gouvernements qui ont soutenu la conférence de diverses manières, et ils sont nombreux !

Ces avancées sont aussi le résultat de l’aide publique bilatérale et multilatérale au développement qui considère de plus en plus ces secteurs comme une priorité absolue.

Il nous faut continuer à livrer bataille contre les mentalités qui n’apprécient pas la valeur ajoutée d’une femme éduquée !

Toute la Communauté internationale est à nos côtés dans ce combat : l’Agenda 2030 associe intimement l’égalité et l’éducation au sein des Objectifs du développement durable. Profitons de ce momentum pour présenter aux bailleurs de fonds des projets structurants dans ce domaine !

Les acteurs de la Francophonie, chacun en fonction de ses compétences, couvrent le large spectre de l’éducation et de la formation, qui sont des domaines prioritaires, pour l’OIF, bien sûr, mais aussi pour l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et ses opérateurs directs, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), TV5Monde, l’Association internationale des maires francophones (AIMF), l’Université Senghor à Alexandrie et les Conférences ministérielles permanentes de la Francophonie chargées de l’Éducation et de la Jeunesse et du Sport (la CONFEMEN et la CONFEJES).

Je salue d’ailleurs ici chaleureusement la présence du Secrétaire général de l’APF et de nos Opérateurs, comme de la société civile francophone, très impliquée aussi dans ce secteur identifié comme prioritaire par la Conférence des OING, qui va participer activement aux débats à travers la Présidente de sa Commission « Education ».

Je sais, Monsieur Krabal, combien l’APF a à cœur d’agir en faveur de l’éducation des filles, en particulier à travers ce combat que vous portez pour l’enregistrement à l’état civil dès la naissance. Le plaidoyer de la Francophonie prendra donc également en compte ces difficultés.

Mesdames et Messieurs, chers invités,

Nous avons deux jours pour échanger et apprendre de nos réussites comme de nos échecs, deux jours pour que, de ce partage, émergent des exemples, sinon des modèles, d’actions efficaces, coordonnées et complémentaires.
Puisse cette Conférence nous permettre d’agir ensemble et de manière plus structurée !

Puisse l’esprit de N’Djaména, avec une énergie renouvelée de nos pays, pour que les filles de la famille francophone mais aussi du monde, aient l’occasion de développer leur potentiel, de réaliser leurs rêves, d’exercer pleinement leur citoyenneté et de transformer leurs sociétés !

Que vous soyez présents ici à la conférence de N’Djaména en tant que décideurs politiques, spécialistes de l’éducation, partenaires internationaux ou représentants de la société civile, votre apport sera précieux car vous élaborez tous les jours ces bonnes pratiques que nous allons partager ici.

Alors, à nous, de les connaître, de les adapter, de les adopter, de les partager dans tout notre espace, dans cette langue française qui nous unit, et fidèles à l’esprit de solidarité qui caractérise la Francophonie !

Je vous remercie.
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