Organisation internationale de la Francophonie

  • Lettre d’information
  • English

DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À NEW YORK, LE 13 JUIN 2018

A la rencontre de haut niveau de l’ONU avec les organisations régionales et internationales

Seul le texte prononcé fait foi

Monsieur le Secrétaire général, cher Antonio Guterres, permettez-moi tout d’abord de vous remercier très sincèrement d’avoir permis à toutes les organisations présentes d’être ensemble à la même table aujourd’hui.

Je me présente à vous en qualité de Secrétaire générale de la Francophonie, à la tête d’une organisation qui regroupe 84 Etats et gouvernements - soit plus du tiers des pays membres des Nations unies.

Ces nouvelles menaces transnationales que nous évoquons ce matin n’ont cessé de meurtrir le monde. Aucun de nos pays n’est épargné.

Ces changements profonds nous obligent à faire de la prévention non pas une priorité, mais bien LA priorité.

Cette démarche est au cœur de l’action de la Francophonie et fait écho à votre engagement personnel, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies.

En effet, l’expérience nous montre qu’aujourd’hui, la sécurité et la stabilité ne peuvent s’enraciner que dans des sociétés à même de développer une cohésion sociale, des politiques publiques inclusives, ainsi que des institutions garantes de l’État de droit.

Il nous faut donc proposer des réponses intégrées, inscrites dans une logique de continuum entre gouvernance, développement et sécurité.

Le développement inclusif, qui doit se réaliser dans le respect des droits de l’Homme, est au cœur des actions portées depuis plus de quarante ans par la Francophonie. C’est d’ailleurs le sens de la Francophonie des solutions que nous promouvons au quotidien.

Nous nous appuyons sur l’exceptionnel maillage des réseaux institutionnels, professionnels, du secteur privé et de la société civile de l’espace francophone pour déployer face à ces nouvelles menaces transversales toutes nos armes de construction massive : l’éducation, la formation, la culture, l’accès à l’emploi, l’amélioration des conditions de vie, la multiplication des opportunités et des possibilités ; en somme, tout ce qui suscite des raisons d’espérer, en particulier pour les jeunes et les femmes.

C’est en mobilisant cette expertise francophone que notre Organisation, par exemple, sur la base des recommandations de la Conférence internationale que nous avions organisée en juin 2016, à Paris, sur la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation violente, s’apprête à mettre en place un « réseau francophone de prévention de la radicalisation violente ».

C’est le sens aussi du partenariat entre l’OIF et le G5 Sahel qui contribue à rendre plus efficace la force conjointe, en soutenant notamment la mise en place de Centres d’études stratégiques dans chacun des pays du G5 Sahel afin de renforcer les capacités de veille, d’alerte précoce, d’analyse stratégique, de collecte de données qui sont des éléments essentiels dans la lutte contre le terrorisme.

Ces changements profonds de notre environnement sécuritaire, doivent nous conduire à réévaluer et à adapter, dans une démarche opérationnelle et réaliste, les approches, les outils ainsi que les modalités d’intervention de la communauté internationale.

Il est clair que nous ne pouvons plus répondre seuls, de manière isolée, à ces menaces multiformes.

Qui dit approche collective dit concertation permanente entre les acteurs, coordination effective et cohérente de nos efforts politiques et financiers, ainsi que de nos actions sur le terrain, coopération renforcée et rationalisée à tous les niveaux : entre l’ONU et les Organisations internationales et régionales évidemment, entre les organisations elles-mêmes, entre les États et gouvernements bien entendu, mais aussi sur le terrain avec les acteurs institutionnels et de la société civile, et avec la jeunesse.

C’est tout le sens de notre rencontre aujourd’hui : identifier de nouvelles modalités de notre engagement. L’heure est aux réformes audacieuses au sein de nos organisations respectives, ayons le souci donc, d’adapter nos modes opératoires, avec les Nations unies et entre nous, pour établir une véritable convergence, tant dans les messages que dans les actions et les moyens.

Les organisations que nous représentons ont un rôle incontournable de médiation, de mobilisation et d’influence pour la paix et la sécurité de notre monde.

Nous devons renforcer les capacités de planification stratégique et les dispositifs d’analyse conjointe. Ce qui passe nécessairement par une communication plus régulière entre nos sièges, par la mise en réseau systématique de nos experts respectifs et le déploiement de missions conjointes.

Cette consultation du Secrétaire général des Nations unies avec les Secrétaires généraux / exécutifs des Organisations régionales et internationales est un exercice qui doit s’inscrire dans la régularité, pour des analyses concertées, des prises de position cohérentes et fortes, un suivi de leur exécution avec le souci constant de communiquer ensemble. Nous en savons l’impact.

Mesdames et Messieurs,
Soyons clairs, le multilatéralisme doit demeurer le cadre privilégié de la coopération internationale.
Haut de page

COORDONNÉES


© 2013 Organisation internationale de la Francophonie
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.     En savoir plus...Fermer