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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À NEW YORK, LE 13 MARS 2018

A la 62e Commission de la condition de la femme / dialogue interactif sur la mise en œuvre de la plateforme d’action de Beijing

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs,

Nous avons raison, bien sûr, de nous donner l’obligation d’atteindre, dès 2020, des résultats concrets, en faveur de l’égalité femme-homme, des droits des femmes et de leur autonomisation économique.

Cela étant, 2020, c’est dans 720 jours, mais ce sera surtout 25 ans après l’adoption de la Plate-forme d’action de Beijing.

Quelque 25 ans durant lesquels, certes, les droits des femmes se sont affinés, les résolutions se sont multipliées, des avancées ont été enregistrées. Mais il y a encore souvent bien loin du droit à son effectivité, des déclarations à leur mise en œuvre.

Sinon rien ne justifierait notre présence ici aujourd’hui, pas plus que les engagements pris dans le cadre de l’Agenda 2030.

Et pourtant durant ces quelque 25 ans, aussi, nous avons eu le temps de savoir et de faire savoir qu’il y une corrélation directe entre croissance et emploi des femmes, entre réduction de la pauvreté et autonomisation économique des femmes, entre amélioration de la santé maternelle, infantile et reproductive et accès des filles et des femmes à l’éducation, entre éducation des femmes et éducation des enfants à la citoyenneté, au vivre-ensemble, à la paix. Nous savons aussi que le coût des violences faites aux femmes se chiffre en milliards de dollars.

Alors, de quoi avons-nous peur ?

Car au regard des efforts et des moyens que nous devons déployer pour atteindre les Objectifs de développement durable, il faut bien qu’il y ait des blocages quelque part pour que l’on refuse de recourir à ces solutions que nous connaissons, mais auxquelles nous renonçons.

Alors de quoi avons-nous peur ? D’être trop performants ? De qui avons-nous peur ? De nous les femmes ?

C’est se tromper d’adversaire, parce qu’en ce siècle de tous les défis et de toutes les menaces nous, femmes et hommes, ensemble, n’avons qu’un seul adversaire, le même adversaire : l’inaction.

Alors tant que nous n’aurons pas fait sauter ces blocages, nous parlerons plus que nous n’agirons, malgré toute notre bonne volonté, malgré tous nos programmes. Et l’Organisation internationale de la Francophonie, présente sur les 5 cinq continents à travers ses 84 Etats et gouvernements, et pleinement mobilisée en faveur des femmes depuis plus de 25 ans, peut porter témoignage.

Certes, les femmes s’imposent pas à pas ! Mais ne ferions-nous pas le meilleur des investissements, pour le présent et surtout pour l’avenir, en leur accordant ce qui leur revient de droit mais qu’elles sont encore obligées d’arracher au prix de ces efforts, de cette dépense d’énergie, de cette combativité qu’elles pourraient mettre à profit dans la pleine expression de leurs potentialités, pour notre bénéfice à toutes et à tous ?

Peut-être sommes-nous prêts finalement à attendre Beijing + 40, 50 ou 60. Mais il sera sans doute trop tard.
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