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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À LYON, LE 12 NOVEMBRE 2018

A la 31ème édition des Entretiens Jacques Cartier

Seul le texte prononcé fait foi

Monsieur le Premier Vice-Président de la Région Auvergne-Rhône Alpes, je vous remercie pour ces mots d’introduction,
Je salue le Président de la Région, s’il est là
Monsieur le Premier adjoint au Maire de Lyon,
Je salue l’Honorable Pierre Marc Johnson, ancien Premier Ministre du Québec, que je suis ravie de retrouver ici,
Mesdames et Messieurs du corps diplomatique,
Monsieur le Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), cher Jean-Paul de Gaudemar
Madame la Présidente et Monsieur le Président du Centre Jacques Cartier, chère Michèle Boisvert, mon amie, ma sœur, et cher Jean-Pierre Farandou,
Monsieur le Directeur général du Centre Jacques Cartier, cher Frédéric Bove,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,
Cher Alain Mérieux, que je suis émue de retrouver ici, pour son attachement à mon pays natal Haïti et le travail solidaire qu’y effectue la Fondation Mérieux,
Chers amis,

C’est avec beaucoup de plaisir que je prends part à cette 31ème édition des Entretiens Jacques Cartier.

Et je garde le meilleur souvenir de ma participation en 2012 à cet important rendez-vous de la coopération franco-québécoise et canadienne.

L’École normale supérieure de Lyon m’avait, à cette occasion, fait l’honneur de me décerner un Honoris Causa, cela ne s’oublie pas.

Je me souviens avec beaucoup d’émotion de votre accueil chaleureux et de la grande attention que vous aviez accordé à mes propos sur la sombre et douloureuse Histoire de la colonisation et sur le rayonnement des idées phares des Lumières qui ont su éclairer, jusque dans les plantations lointaines, nos combats d’émancipation, et d’affranchissement de l’esclavage. Ces mêmes idées qui doivent continuer de nous guider par ces temps de tous les égarements et de toutes les dérives.

Ces mêmes idées qui doivent continuer d’éclairer le projet et l’action de la Francophonie que j’ai aimé servir avec conviction et de toute mon énergie ces quatre dernières années.
Je ne pouvais terminer mon mandat de Secrétaire générale sans revenir dans cette ville, porte du midi et du Nord, baignée par deux fleuves, et qui depuis des siècles est un carrefour stratégique d’échanges culturels, de commerce, de création, ouverte sur le monde, lieu de toutes les possibilités et de toutes les synergies.

Lyon, ville idéale pour les Entretiens Jacques Cartier, dont cette année encore la programmation est remarquable.

Monsieur le Premier Vice-Président de la Région Auvergne-Rhône Alpes,
C’est vous et le Président de la Région qui m’offrez l’occasion de ce retour et je veux vous remercier de votre invitation qui me permet, une fois encore, comme je l’ai fait à Vichy l’année dernière à la Journée de rencontre et d’étude sur les synergies francophones, de célébrer la pertinence, le dynamisme et la richesse de la coopération de cette région, dont j’ai eu à connaître le « Schéma Régional de Développement économique, d’Innovation et d’Internationalisation » pour la période 2017-2021.

L’espace francophone y est présenté, à très juste titre, comme une zone prioritaire d’intervention, vous l’avez fort bien exprimé, Monsieur Blanc, et ce principe est loin d’être resté lettre morte, puisque vous avez mis en place des partenariats féconds, avec le Québec, bien sûr, mais aussi avec des territoires du Mali, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Maroc… pour ne citer que ces pays.

Mesdames et Messieurs,
chers amis,

Il ne fait aucun doute que les régions françaises, qui ont la compétence pour le développement de leur territoire, accueillent avec beaucoup d’intérêt le rôle que joue désormais la Francophonie, comme un vecteur et un moteur de croissance partagée.
Et en retour, la Francophonie s’intéresse de plus en plus à la coopération décentralisée, qui fait des collectivités territoriales et locales d’irremplaçables acteurs de développement, et qui est, à ce titre, amenée à jouer un vrai rôle dans la mise en œuvre de deux Stratégies, économique et numérique, que j’ai su faire converger dans des programmes prioritaires de l’OIF.

Je pense aussi à l’action déterminante de l’Association internationale des régions francophones, l’AIRF, née ici et qui regroupe aujourd’hui plus de 200 régions dans 28 pays, est accréditée auprès de l’OIF, et constitue une niche de coopération bien ciblée et efficace.
Je la considère comme un bras armé de construction massive de la Francophonie dans les territoires, comme l’est, dans les villes, l’Association internationale des maires francophones, l’AIMF, opérateur direct de la Francophonie et dont Lyon, est l’un des membres les plus actifs.

Combien de solutions sont pensées par les régions et par les villes, au plus près du génie des collectivités et des populations.

J’ai aimé amener l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à travailler sans relâche avec toutes ces forces vives : réseaux d’entrepreneurs, chambres consulaires, chambres de commerce et d’industries, des dizaines de milliers de TPME et TPMI, des incubateurs, accélérateurs et espaces collaboratifs. J’ai aimé que nous mettions à l’oeuvre ensemble des formateurs, des chercheurs, des experts, des décideurs, des institutions bancaires, et j’en passe, issus de tout l’espace francophone et en interaction souvent, grâce aux plateformes que nous avons su construire.

J’avoue y avoir mis beaucoup d’énergies et de passion, tant l’ADN entrepreneurial est aussi cela, énergies et passion, ces deux composantes essentielles de l’économie et de l’innovation, autres maîtres-mots du « Forum des entrepreneurs » qui rythme cette édition des Entretiens Jacques Cartier.

J’ai tenu à mettre en route, dès le tout début de mon mandat, en 2015, un programme prioritaire de soutien à l’emploi et à l’innovation par l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, que nous avons démarré pour commencer dans 13 pays d’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien.

En moins de trois ans nous avons su consolider les projets de plus de 20 500 femmes et jeunes entrepreneurs, dans des filières innovantes et porteuses, notamment celles des nouvelles technologies et du numérique. Nous avons su renforcer leurs capacités, leurs performances, leurs plans d’affaires.

Nous les voyons déjà générer quantité d’emplois et impulser des chaînes de valeurs plus solides et qualitatives.

Il faudra capitaliser sur cette lancée, pousser encore plus loin, et pour cela, nouer de nouveaux partenariats et je souhaite que vous en soyez !

À l’appel à contribution que j’ai lancé à tous les États et gouvernements membres de l’OIF, c’est le Canada qui a répondu le plus généreusement, en y apportant plus de 10 millions de dollars.

Le gouvernement du Québec a su accueillir une formidable conférence qui a réuni plus de 600 jeunes entrepreneurs de la Francophonie.

Le Nouveau Brunswick a créé un important fonds dédié aux jeunes entrepreneurs francophones.

La Roumanie a quand à elle organisé avec nous la Conférence des femmes de la Francophonie parmi lesquelles plus de 700 femmes entrepreneurs de tous les horizons ont répondu présentes et sont reparties regroupées en réseau et dotées d’une plateforme d’interface et d’échange des plus performantes, dont nous sommes, avec elles, très fiers.

Pour cette croissance partagée à laquelle nous croyons, L’OIF a deux fers de lance : l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) basé à Québec et qui fête ses 30 ans cette année, champion, notamment des questions énergétiques, de l’adaptation aux effets dévastateurs des changements climatiques ; et l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) que j’ai mis en place à Dakar en 2017 et qui fédère les meilleurs contenus, tout ce qui se pense, se crée et s’accomplit de mieux dans l’espace francophone, en matière d’éducation mais aussi de formation professionnelle, technique et technologique, en impliquant le secteur privé dans un souci d’adéquation au marché du travail.

Les programmes de ces deux instituts, centrés sur l’investissement dans le capital humain, la modernisation des activités de production, sont solidement adossés aux Objectifs de développement durable de l’Agenda des Nations unies pour 2030.

Puis-je vous encourager, Madame la Présidente, Monsieur le Président, à inclure dans votre prochaine édition, l’IFDD et l’IFEF, question d’ouvrir encore davantage vos périmètres de coopération ?

Je sais que le développement durable est également à l’honneur tout au long de ces Entretiens, notamment à travers la Conférence sur « le rôle des territoires pour assurer la transition énergétique » qui proposera demain des « Regards croisés au sein de l’espace francophone » avec la participation d’experts marocains, suisses et belges.

Cette édition des Entretiens fait aussi une place de choix à la coopération universitaire, et nous regroupons plus de 850 établissements au sein de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le recteur de l’AUF Jean-Paul de Gaudemar est ici, il peut en témoigner.

Nous sommes désormais 300 millions de francophones dans le monde, en progression de 10% depuis 2014.

La langue française, ce formidable levier de toute notre action, a un bel avenir devant elle, mais il faut pour cela qu’elle constitue pour toute une jeunesse, un facteur de réussite, qu’elle soit considérée par tous nos entrepreneurs, artistes, créateurs, comme un inestimable atout professionnel et de coopération, une fenêtre ouverte sur la diversité du monde.

Je vous remercie.
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