Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À PARIS, LE 28 NOVEMBRE 2018

Au colloque de l’Ecole militaire intitulé : « L’interculturalité au prisme des actions militaires »

Seul le texte prononcé fait foi

Général d’armées Jean-François Hogard, Inspecteur général des Armées,
Général Philippe Delbos, Commandant l’Etat-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger,
Mesdames et messieurs les Officiers supérieurs des armées françaises,
Monsieur Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial de l’ONU en Centrafrique et chef de la MINUSCA,
Monsieur l’Ambassadeur Hervé Ladsous, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, que j’ai le plaisir d’avoir à mes côtés en tant que Conseiller spécial,
Mesdames, Messieurs, en vos titres, grades et qualités,

Je suis particulièrement heureuse d’être parmi vous, ici à l’École militaire, ce joyau du patrimoine architectural, dont la riche histoire reflète depuis le XVIIIe siècle, celle de l’Armée française.

Je remercie le commandement de l’État-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger, l’EMSOME, pour cette invitation à co-présider ce colloque aux côtés du Général BOSSER qui a prononcé le mot d’ouverture ce matin.

Général Delbos, je suis d’autant plus sensible à cet honneur qu’en tant qu’ancienne Gouverneure générale du Canada et Commandante en chef des forces canadiennes, j’en mesure pleinement la signification et la portée.

Je me sens dans mon élément, en cette École militaire, qui me rappelle ces mêmes hauts-lieux de formation au Canada et je salue les efforts de coopération entre mon pays et la France qui ont un même souci d’une offre de qualité des plus novatrices et des plus pertinentes.

J’ai vu dans mes anciennes fonctions des soldats français et canadiens agir ensemble sur des fronts difficiles. Je l’ai vécu de près à Kandahar en Afghanistan comme dans le cadre de missions de maintien de la paix en Haïti et en Afrique.

J’en ai été témoin aussi en tant que Secrétaire générale de la Francophonie.

Je n’oublie pas comment, cher Parfait Onanga-Anyanga, avec le soutien des troupes sous votre commandement, nous nous sommes rendus ensemble avec le Président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, à la rencontre des populations déplacées de force par des milices, et réfugiées dans des camps à Bambari.

Cette co-présidence du colloque m’importe d’autant plus, qu’elle constitue une preuve, s’il en fallait, que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et vous, forces armées françaises, sommes appelées à collaborer étroitement sur nombre d’objectifs, et en particulier, dans cette mission universelle de construction de la paix et de la sécurité, qui suppose la convergence pleine et entière du triptyque que forment la défense, la démocratie et le développement.

Et si je suis là aujourd’hui, c’est aussi parce que l’OIF et l’EMSOME se retrouvent parfaitement dans ce concept clé d’interculturalité qui a été au centre de vos débats de la journée.

Général Delbos, à mon tour de vous féliciter pour le choix de ce thème, « L’interculturalité au prisme des actions militaires. »

L’interculturalité, n’est pas pour moi un concept, mais un humanisme, qui pose essentiellement notre rapport à l’autre et au monde.

Je suis d’Haïti et l’histoire nous a marqués au fer rouge du déni d’humanité de la barbarie coloniale : l’idéologie de la suprématie, d’une race sur d’autres, qui pendant des siècles justifiera l’ignoble, mais combien rentable, traite de centaines de millions d’êtres humains conquis, dépossédés de tout, de leurs noms, de leurs liens, de leurs lieux, de leurs langues, du patrimoine qui les définit, de leur inscription dans la marche du monde, de leur liberté et de leur dignité d’êtres humains, exploités comme des bêtes de somme. Un immense gâchis, un crime sans commune mesure qui nous a privés, de part et d’autre, de la possibilité de nous rencontrer.

Je suis de cette histoire et de celle d’une force infinie de résistance indomptable qui nous amènera à réaliser l’impossible : nous affranchir par nous-mêmes, en revendiquant pour nous aussi, les nègres des plantations, ces idées des Lumières, Liberté, égalité, fraternité, que nous avons ressenties dans nos chairs meurtries par le fouet, par tous les supplices et les humiliations. Ce combat nous l’avons remporté avec l’énergie de tous nos désespoirs mais aussi de tous les espoirs pour renaître à nous-mêmes, et pas seulement pour nous-mêmes, mais pour tout le continent. La première République noire de l’histoire de l’humanité, placée sous embargo par les empires esclavagistes qui ne souhaitaient pas que l’exemple se répande, financera avec ces maigres ressources les expéditions de Simon Bolivar, héros des indépendances des Amériques latines, à la seule condition qu’il libère tous les esclaves.

Haïti est de par l’Histoire terre d’interculturalité, notre afro-descendance s’inscrit dans la rencontre de tant de peuples du continent de nos origines, qu’un même sort tragique liera aussi aux premières nations de cette terre conquise qui abritera la pire des exploitations que l’on puisse imaginer, ces peuples frères Arrawaks, Tainos, Caribe, décimés.

Haïti deviendra vite une terre d’accueil des opprimés et de tous les continents, y compris d’Europe, d’Asie, du Moyen Orient qui y plongeront leurs racines. Étonnante histoire, mais combien vivace.

Je suis aussi du Canada, terre d’asile, mon pays d’adoption, où je suis arrivée comme des millions d’autres, réfugiés et migrants du monde entier. L’interculturalité est au Canada un pacte social, cultivé et vécu chaque jour comme une richesse et avec une constante vigilance, pour que rien ne vienne l’effriter, ni le mettre en péril. Lorsqu’au Canada nous parlons de diversité, ce n’est pour dire l’autre ou les autres, mais nous toutes et nous tous, la nation, l’ensemble.

Vous comprendrez d’emblée que c’est riche de ces ADN croisés que je suis venue servir la Francophonie, où tout est interculturalité, si centrale pour cette Organisation universelle, née de la nécessité de renaître du colonialisme, de nous rencontrer enfin dans la réciprocité, la fraternité, partenaires, solidaires, au nom d’un humanisme intégral.

Et la voici qui regroupe à présent 88 États et gouvernements membres, répartis sur les cinq continents.

L’OIF, grâce à ce puissant levier qu’est la langue française, fédère une grande diversité de peuples aux multiples traits de civilisation, unis dans une volonté de coopération et autour de valeurs inaliénables, qu’il nous faut défendre ensemble comme un gage de paix.

Oui, la Francophonie orchestre une intense coopération multilatérale fondée sur la reconnaissance de l’égale dignité de toutes les cultures.

La paix ne peut se construire qu’ainsi.

Et dans le combat que nous menons ensemble, face aux forces adverses et obscurantistes qui ne cherchent qu’à ériger des murs entre les peuples, des barrières entre les cultures, il nous faut, plus que jamais, prendre le parti de cet humanisme et la défense de ces valeurs universelles.

Il nous faut vaincre, aux côtés des populations, ces forces de destruction, sans foi ni loi, qui pratiquent les pires violences, mettent à mal les droits et les libertés, si chèrement acquis, ainsi que tous les efforts de développement.

L’interculturel prend ainsi tous son sens. Nous le savons et nous y sommes très attachés.

Nous l’avons de nouveau démontré en organisant, à Fès, en septembre dernier, en partenariat avec le Maroc, une Conférence internationale sur le dialogue des cultures et des religions dont le plan d’action irriguera la future programmation de la Francophonie.

Ce plan nous invite à aller encore plus loin dans la lutte contre les stéréotypes, les préjugés, les discours de haine, afin de dépasser tous les clivages, de prévenir ces conflits sur les plans ethnique, idéologique, religieux ou linguistique que certains voudraient attiser.

Nous allons de la réflexion à l’action, avec la création d’outils d’animation, qui sont méthodologiques, pédagogiques, la diffusion de guides en faveur de la diversité culturelle et linguistique, y compris ce nouveau dispositif d’observation des dynamiques culturelles dans le monde francophone, que nous avons mis en place, ou encore ce Réseau francophone de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents pouvant conduire au terrorisme (FRANCOPREV). J’y reviendrai.

C’est dans ce même esprit, que les chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie ont adopté, lors du dernier Sommet tenu à Erevan, en Arménie, le mois dernier, un « Appel francophone pour le Vivre ensemble » en écho à l’initiative « Libres Ensemble » que j’ai lancée avec les jeunes en mars 2016, qui, dès le départ, a touché deux millions et plus de francophones sur la Toile, et désormais se décline en actions sur le terrain dans un foisonnement d’initiatives citoyennes portées par la jeunesse.

Tout cela est engagé avec un réel sentiment d’urgence. Tant nous voyons les organisations criminelles exploiter le désenchantement, le sentiment d’impasse et d’avenir bouché d’un très grand nombre de jeunes, pour les embrigader, les amener à commettre le pire et à en être aussi les victimes.

Là où ces criminels cherchent à les convaincre de réussir leur mort, nous nous efforçons, nous d’amener des milliers de jeunes à réussir leur vie !

C’est une véritable course contre la montre.

Alors que les inégalités socio-économiques sont de plus en plus criantes, nous avons à cœur d’œuvrer, à travers nos programmes, en faveur de l’entrepreneuriat, de l’emploi des jeunes et des femmes, pour une croissance partagée, un développement inclusif et responsable, tout ce qui peut créer des possibilités et donner des raisons d’espérer.

Dans le même temps, la montée de l’extrémisme violent et de la radicalisation ébranle les institutions, entretient la tendance au repli sur soi, dresse des communautés les unes contre les autres, exacerbe des conflits identitaires, religieux et ethniques qui sont toujours dévastateurs.

Dans toutes ces situations, d’une extrême violence, nous n’avons de cesse d’accompagner nos pays, pour le rétablissement de la sécurité humaine, la sauvegarde de la démocratie et de la paix.

Car ce qui nous unit en Francophonie, c’est ce pacte politique inscrit dans notre Charte fondatrice, et dans nos textes de référence que sont la Déclaration de Bamako en faveur de l’État de droit et de ses institutions, du respect des droits et des libertés, ainsi que la Déclaration de Saint Boniface sur la prévention des conflits et la sécurité humaine.

En nous fondant sur ces textes, au-delà des sanctions et des avertissements, nous valorisons le développement d’environnements démocratiques favorables à l’édification de sociétés plurielles et ouvertes.

Nous avançons dans des contextes de grandes crispations qui réclament des actions de médiation et de facilitation.

Ces quatre dernières années, tout au long de mon mandat, jamais nous n’aurons fait l’expérience d’autant de pays, principalement en Afrique, engageant, presqu’en même temps, des élections - présidentielle, législatives et locales.

Ce sont des moments de fortes tensions et ces pays font appel à l’OIF pour un accompagnement technique - la mise en place et l’audit de fichiers électoraux, le règlement de contentieux, le renforcement des institutions responsables de l’ordonnancement du scrutin, la formation des personnels et des médias. Ce travail exécuté en toute transparence et de manière inclusive contribue à créer un climat apaisé.

Cet accompagnement de l’OIF prend aussi une dimension politique. Notre rôle de facilitation et de médiation est particulièrement important surtout face à l’inflation fulgurante du nombre de partis politiques en lice.

Tout cela mis ensemble, nous aurons, en moins de 4 ans, déployé près de 200 missions dans une trentaine de pays.

L’OIF, pour tout cela, sait rassembler des expertises adaptées aux situations particulières de chaque pays. Nous connaissons le terrain, les coutumes, les langues, les cultures locales, l’histoire. Là réside notre plus-value dans le travail que nous effectuons notamment avec vous.

Je pourrais parler encore de l’action menée en République Centrafricaine où Monsieur Parfait Onanga-Anyanga peut témoigner de notre apport, non seulement au projet de Charte de la transition, mais aussi au processus électoral, à l’élaboration de la nouvelle Constitution suivie de la tenue du référendum pour son approbation, ainsi qu’aux actions concourant à la réconciliation nationale, à la réhabilitation des Institutions, et à la mise en place de la Cour pénale spéciale de lutte contre l’impunité.

J’ai dit ce matin à Monsieur l’Envoyé spécial de la République française pour le Sahel, l’Ambassadeur Jean-Marc Châtaigner, comment nous agissons de la même manière, et à leur demande, dans les pays du Sahel - au Niger, au Tchad, au Mali, au Burkina Faso -.
Et c’est cette connaissance du terrain, cette aptitude au dialogue interculturel qui sont au cœur de toutes nos actions.

C’est d’ailleurs sur cette base qu’en 2004, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan avait lancé un appel pressant à mon prédécesseur, le Président Abdou Diouf, pour que l’OIF apporte son soutien à la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti (la MINUSTAH), qui était alors en cours de déploiement. Cet appel de 2004 posait déjà, de manière plus ou moins explicite, la question cruciale de l’interculturalité : car comment réussir une œuvre aussi ardue sans capacité de communiquer et d’interagir avec les populations locales, sans cette connaissance des codes culturels si essentielle pour créer des liens de confiance.

Ces liens que nous savons tisser sont indispensables, pour une mise en œuvre efficace des mandats confiés par le Conseil de sécurité, comme pour éviter le risque qui guette ces opérations d’être perçues comme des armées d’occupation, surtout quand elles s’inscrivent dans la durée.

Toutes les affinités linguistiques et culturelles que nous savons créer permettent cette approche intégrée et inclusive que nous privilégions et sont appréciées par les partenaires locaux, les populations, les autorités politiques, les forces de défense et de sécurité, comme autant de marques de reconnaissance et de respect.

L’OIF a pris une part de plus en plus active et très appréciée de l’ONU aux Opérations de maintien de la paix (OMP) dont près de la moitié des 14 déployées actuellement le sont en environnement francophone.

Aujourd’hui, le mandat de ces opérations onusiennes dépasse le seul maintien de la paix, pour embrasser des missions multidisciplinaires liées à la consolidation de celle-ci, et en particulier à travers sa dimension civile.

La Francophonie, c’est une force d’appui, de solidarité, de ressources matérielles et immatérielles mobilisables, une approche préventive qui contribue à créer ces ressorts stratégiques si nécessaires, y compris au succès des opérations militaires.

Nous nous sommes investis plus particulièrement et durablement dans deux domaines, celui de la formation et celui du développement de l’expertise civile.

C’est dans le domaine de la formation de personnels militaires déployés que s’inscrit notre partenariat avec l’EMSOME.

Une formation qui inclut les enjeux fondamentaux de l’interculturalité, déontologie et codes de conduite, y compris au sein même des États-Majors multinationaux des opérations de paix qui comprennent des contingents provenant d’horizons très divers.

Au 31 octobre 2018, on dénombrait 124 pays contributeurs de troupes, pour un total de 90 158 personnels. Pour ce qui de la seule MONUSCO, la plus grande OMP des Nations unies, les 15 627 personnels étaient de 55 nationalités différentes.

La question de l’interculturalité se pose d’ailleurs au sein de ces États-Majors, avec une complexité supplémentaire en lien avec la hiérarchie par grade et les relations de commandement propres à l’appareil militaire.

Partant de ce constat, travailler ensemble, efficacement et de manière harmonieuse dans le cadre de ces opérations interarmées est un défi.

Au-delà de doctrines et de procédures standardisées, d’équipements communs adaptés, de planification, d’entraînement et d’exercices, d’une parfaite compréhension des instructions, soit autant d’éléments techniques et tactiques, le facteur humain - s’intéresser et s’ouvrir à l’autre, est indispensable à la construction d’un véritable esprit de corps qui participe du succès des opérations. Vous le savez mieux que quiconque.

C’est pour y contribuer que nous nous sommes attachés à produire, en partenariat avec la France, et au bénéfice des pays contributeurs non francophones, une méthode d’apprentissage du français sur objectifs militaires, la Méthode « En Avant ! » dont plus de 23 500 exemplaires ont été diffusés dans le monde.

J’insiste beaucoup pour que cette méthode aille au-delà de l’enseignement de la langue, mais introduise aussi des notions de déontologie, des principes et des valeurs.

Nous avons aussi largement diffusé et rendu compréhensibles les procédures de recrutement. Et je veux vous dire ma satisfaction de voir progresser la contribution en personnels francophones aux missions de paix des Nations unies.

Toutes ces actions sont arrimées à notre plaidoyer constant en faveur d’une meilleure prise en compte de la diversité des cultures dans le cadre des OMP, bien sûr, mais aussi à l’ONU, en général, où nous menons un travail quotidien pour une meilleure prise en compte du multilinguisme et de la diversité culturelle.

Mais beaucoup reste à faire…

C’est pourquoi, la Francophonie s’est dotée, en mars 2017, sur une initiative française soutenue par le Canada et la Belgique, en partenariat avec l’OIF, d’un dispositif novateur, l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix, afin de mieux préparer les États francophones qui participent à ces missions. L’Égypte, le Cambodge et le Maroc ont récemment rejoint cette initiative.

C’est pourquoi, également, nous travaillons avec le G5 Sahel, notamment son Secrétariat permanent et l’ensemble des Centres d’études stratégiques situés dans les cinq États membres. Le renforcement des capacités d’analyse, de collecte de données, de renseignement et d’anticipation de ces derniers est d’ailleurs l’axe central de l’accord-cadre de partenariat que je signerai la semaine prochaine à Nouakchott avec cette organisation sous régionale.

Le G5 Sahel fait aussi appel à l’expertise civile, que nous développons à travers ce Réseau francophone de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents pouvant conduire au terrorisme (FRANCOPREV), lancé en septembre dernier et dont l’une des ambitions est de mieux comprendre les rouages de ce phénomène dont la réalité varie en fonction des contextes considérés.

Agir, comme nous le faisons, en privilégiant l’interculturalité, est d’autant plus important que ces opérations sont menées dans des pays, notamment au Sud du Sahara, dont la gouvernance est hybride et fait intervenir, à côté des acteurs étatiques, des autorités coutumières ou religieuses.

Ces formes de gouvernance qui peuvent paraître à beaucoup étrangères car différentes des pratiques et des schémas occidentaux, rendent d’autant plus essentielle la compréhension de l’environnement des opérations.

Je veux vous rappeler également que j’ai signé en octobre 2018, en marge du Sommet de la Francophonie à Erevan, un accord-cadre de coopération avec la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur la question des violences sexuelles en période de conflits.

L’OIF et l’ONU entendent mener des actions conjointes pour contribuer à mettre un terme à ces violences et à l’impunité pour les agresseurs quels qu’ils soient.

Vous, Généraux, mesurez pleinement l’impératif de concilier les exigences d’ordre sécuritaire et celles relatives au respect des droits humains et des libertés fondamentales.
Car le respect de ces valeurs n’est pas seulement source de légitimité démocratique, il l’est aussi d’efficacité. Combien de missions de maintien de la paix ont été ternies et compromises lorsque des casques bleus eux-mêmes en sont venus à des abus et des maltraitances ! Ces comportements ont nourri frustrations et rejets.

Vous savez, et là est l’objectif que vous poursuivez, que ce n’est qu’en agissant résolument dans le cadre de l’État de droit, que les Opérations de maintien de la paix s’illustrent comme un puissant outil de démocratisation et d’adhésion, des appareils militaires comme des populations, aux valeurs fondamentales sur lesquelles on ne saurait transiger.

Je souhaite, pour conclure, rappeler que l’impératif d’interculturalité ne doit en aucun cas servir de prétexte au relativisme culturel. Pensons aux droits, aux principes et aux valeurs qui découlent de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont nous fêtons le soixante-dixième anniversaire cette année. La tendance est de faire croire qu’il s’agit là d’une production occidentale. Or ces droits, ces principes et ces valeurs participent, et la Francophonie les défend ainsi, de cet humanisme intégral et universel qu’il nous faut poursuivre inlassablement. Il vaut pour tous les temps, tous les peuples et toutes les nations.

Je vous remercie de votre attention.
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