Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À EREVAN, LE 07 OCTOBRE 2018 (1)

A l’ouverture de la 105e session du CPF

Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les Représentantes et Représentants personnels,
Monsieur l’Administrateur,
Monsieur le Secrétaire général parlementaire,
Messieurs les responsables des opérateurs,
Messieurs les Secrétaires généraux des Conférences ministérielles permanentes,
Madame la Présidente du Comité de suivi de la Conférence des OING,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureuse de vous accueillir à l’occasion de cette 105e session du Conseil permanent de la Francophonie.

Je salue celles et ceux d’entre vous qui nous rejoignent pour la première fois et leur souhaite, en mon nom et en votre nom à toutes et à tous, la plus cordiale bienvenue.

Au moment où s’ouvrent nos travaux, je tiens également à m’adresser à la population, et aux autorités de la République d’Arménie pour leur exprimer toute notre gratitude, leur dire combien nous apprécions leur accueil si chaleureux, fidèle aux traditions d’hospitalité et de générosité qui caractérisent le peuple arménien.

Excellence, Monsieur l’Ambassadeur, cher Christian Ter Stepanian,

Nous mesurons pleinement la mobilisation que l’organisation de ces Assises a nécessité de la part des autorités de votre pays. Elle est d’autant plus exceptionnelle que la préparation des événements auxquels ce Conseil permanent de la Francophonie donne le coup d’envoi, s’est déroulée dans un contexte de transition politique. J’en profite pour saluer le caractère pacifique de la « révolution de velours » du printemps dernier qualifiée d’exemplaire dans le monde entier. Je sais combien les Arméniennes et les Arméniens en tirent une immense fierté, en particulier la jeunesse et les femmes, qui en ont été les principaux protagonistes.

La Francophonie est heureuse d’être de retour en terre d’Arménie. Plusieurs d’entre nous retrouvons avec grand plaisir cette salle qui, en octobre 2015, avait si parfaitement abrité ce même Conseil et la Conférence ministérielle de la Francophonie. Nous avions déjà eu alors des preuves tangibles du savoir-faire de votre pays.

Tout récemment encore, la tenue à Erevan, du 12 au 14 septembre dernier, de la 11e Conférence des Organisations non gouvernementales, nationales et internationales, a été un succès dont vous pouvez aussi vous enorgueillir, d’autant plus que le Premier Ministre, SE.M. Nikol Pachinian a souhaité alors s’adresser, pour les encourager, aux représentantes et représentants de la société civile de tous les horizons de la Francophonie, y compris d’Arménie, et entendre tous les témoignages.

Mesdames, Messieurs,

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris lundi dernier que Charles Aznavour s’en est allé, alors que toute la Francophonie s’apprêtait à chanter La Bohème en chœur avec lui sur la terre de ses origines. Cet Arménien du monde a été l’un des meilleurs ambassadeurs qui soient de la langue française, des valeurs, et en particulier, de la liberté.

Quelques jours plus tôt, le 21 septembre, le Président de la République socialiste du Vietnam, Son Excellence Monsieur Tran Dai Quang, s’éteignait. Au nom de la Francophonie, en plus d’adresser nos sincères condoléances aux autorités et au peuple vietnamiens, j’ai salué le soutien du Président Tran à l’intensification de la coopération francophone Sud Sud ainsi qu’à la Stratégie économique pour la Francophonie. Un engagement qu’il avait souhaité affirmer, en personne, en participant au dernier Sommet d’Antananarivo en 2016

Nos pensées vont aussi au regretté Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006, Prix Nobel de la Paix en 2001, qui nous a quittés le 18 août dernier. Je souhaite rendre à ce fils du Ghana un hommage appuyé pour sa défense ardente de la démocratie, des droits, des libertés et de la paix. Nous n’oublions pas que le partenariat entre l’Organisation internationale de la Francophonie et les Nations unies pour soutenir l’action internationale de maintien de la paix est né en 2004 de l’appel lancé par Kofi Annan au Président Abdou Dioufpour que les États et gouvernements francophones soient dûment associés à l’action onusienne. C’était dans le contexte du déploiement de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti. Cet appel répondait ainsi à une question cruciale : comment réussir l’œuvre si ardue de construction d’une paix pérenne, sans déploiement de forces et d’expertises maîtrisant la langue du pays hôte ? Vous connaissez tout le chemin parcouru ensemble pendant ces 15 années de coopération ! Et j’aurai l’occasion de revenir plus tard sur les dernières étapes significatives de ce partenariat. On retiendra de Kofi Annan sa conviction de la nécessité de développer une culture de paix, mais aussi la lucidité avec laquelle il a toujours tiré toutes les leçons de son action, y compris des revers qu’il a lui-même reconnus, comme au Rwanda ou en Bosnie, alors qu’il était encore Secrétaire général adjoint en charge des Opérations de maintien de la paix.

Mais on retiendra aussi, et avant tout, le rôle qu’il a joué, dans le sillage de Boutros Boutros-Ghali pour faire vivre un multilatéralisme plus efficace, plus juste et plus ouvert aux pays en développement.

Nous aurons certainement l’occasion de revenir sur le legs de Kofi Annan, lors de la séance thématique que les Chefs d’État et de gouvernement consacreront au multilatéralisme et qui nous permettra de prendre la mesure du rôle de plus en plus important que l’Organisation internationale de la Francophonie a été amenée à jouer ces dernières années sur le grand échiquier international.

Mesdames et Messieurs,

Prenons le temps de nous recueillir une minute, en pensant également à tous les deuils qui nous ont heurtés et assombris ces derniers mois, à ces victimes militaires, ces casques bleus, à toutes ces victimes civiles, aussi, fauchées par ces attentats terroristes ignobles et traumatisants.

Je vous remercie.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Cette XVIIe Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage, qui s’ouvrira dans quatre jours revêt, vous le savez, une importance particulière en raison des textes majeurs et des importantes décisions que notre Organisation est appelée à adopter, afin de la doter d’une feuille de route pour les prochaines années, comme chaque fois, ambitieuse, à la hauteur des exigences de ces temps de tous les défis, et réaliste, à la mesure des moyens dont nous disposons pour mettre en œuvre les nombreuses missions qui nous sont confiées.

Après les deux sessions que nous avons tenues à Paris, en avril et en juillet de cette année, notre Conseil se réunit donc aujourd’hui pour finaliser la préparation de ce grand rendez-vous, auquel nos travaux seront donc largement consacrés.

Mesdames et Messieurs,

Au vu de notre ordre du jour chargé, j’ouvre à présent nos travaux.
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