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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF À DAKAR, LE 1ER DÉCEMBRE 2014

Ouverture du 1er Forum économique de la Francophonie

Afrique, économie, Francophonie : depuis que l’aspiration francophone s’est incarnée de façon définitive, en 1970, lors du Traité de Niamey, ces trois univers ont entretenu des rapports complexes, souvent confus, mais de plus en plus larges et de plus en plus profonds.

Je n’ai pas besoin de m’étendre sur le lien entre Afrique et Francophonie : c’est bien l’Afrique du Président Senghor, du Président Bourguiba, du Président Diori, qui a porté l’ambition francophone et lui a donné une existence institutionnelle et politique. C’est aujourd’hui l’Afrique qui, si nous savons prendre les bonnes décisions et les mettre en œuvre, sera l’axe central d’une francophonie à la mesure de la mondialisation ; c’est l’Afrique qui accueillera la plus grande partie des francophones et qui sera le creuset d’une langue vivace, charnelle et poétique, juridique et scientifique, intellectuelle et économique.

Le lien entre Afrique et économie me paraît tout aussi clair : continent de tous les espoirs au moment des indépendances, continent de tous les malheurs lors des ajustements, l’Afrique est aujourd’hui le continent de l’avenir, celui dont les ressources naturelles, renouvelables ou non, et humaines, sans cesse grandissantes, constituent le socle d’une croissance de plus en plus solide, de plus en plus durable. Le défi, pour elle, est celui des modèles à adopter et à suivre afin que cette croissance bénéficie également à tous et permette une réelle éradication de la misère et une réduction de la pauvreté.

Le lien entre Francophonie et économie est longtemps resté moins évident. Même si les pères fondateurs ont d’emblée placé le développement et la solidarité parmi les ambitions et les valeurs premières de la Francophonie, il a fallu attendre pour que la conscience d’une relation fondamentale entre le rayonnement de la langue et son usage professionnel, économique, juridique et scientifique apparaisse et s’impose. Il a fallu encore plus de temps pour distinguer ce qui relève de l’influence francophone dans les domaines essentiels, mais globaux, que sont les régulations financières, la normalisation ou la facilitation du commerce et ce qui appartient au renforcement de l’espace économique francophone, au rôle de la langue dans la vie quotidienne et la compétitivité des opérateurs et entrepreneurs francophones.

Avec l’adoption hier de la Stratégie économique pour la Francophonie et au terme de dix années d’efforts, c’est aujourd’hui chose faite et les relations entre les trois univers – l’Afrique, l’économie et la Francophonie – peuvent se développer harmonieusement. Ce n’est pas le lieu ici de décerner des médailles, mais je ne peux omettre de saluer le rôle qu’ont joué dans ce processus, outre les pays membres, les institutions internationales et certaines organisations d’intégration régionale, des acteurs économiques tels que la Conférence Permanente des Chambres de Commerce Africaines et Francophones, la CPCCAF, le Forum Francophone des Affaires, le FFA, et les Rencontres Internationales de la Francophonie Economique, les RIFE, et enfin des chercheurs comme ceux de la Fondation pour l’Etude et la Recherche en Développement International, la FERDI.

En organisant ce Forum immédiatement après le XVe Sommet de la Francophonie, qui a vu la nomination du troisième Secrétaire général de la Francophonie et qui a été marqué par les réflexions sur l’économie, le rôle des jeunes et des femmes et les perspectives d’un développement durable et partagé, vous inaugurez, Monsieur le Président de la République du Sénégal, une nouvelle étape de notre œuvre commune : créer entre tous ceux qui partagent le français et les valeurs francophones , que ce soit dans ou hors des pays membres de notre Organisation Internationale, des relations d’affaires plus intenses, plus souples, plus directes, fondées sur l’innovation, l’efficacité et un profit équitablement réparti.

Aujourd’hui de grandes questions pèsent sur notre avenir. Or ce ne sont pas les seuls gouvernements, ni les seules administrations et leurs techniciens, si bien formés soient-ils, qui peuvent y parvenir. C’est la société toute entière, ce sont les acteurs de l’économie au quotidien, qui inventeront, testeront, adopteront les solutions les meilleures. Et, de ce point de vue, la Francophonie, qui a su rester à mesure humaine, et les pays francophones, qui de par leur taille et leurs statuts différents constituent un ensemble unique et équilibré sur l’ensemble du monde, représentent un cadre éminemment favorable. Réunis autour de quelques idées fortes, de quelques propositions essentielles, ils peuvent être des inspirateurs face aux problèmes qu’il faut traiter : le changement climatique, la bonne gestion des ressources naturelles, un développement durable et partagé, l’éradication de la pauvreté et l’adoption de nouveaux modes de production et de consommation. Eviter que le système international continue de générer des crises qui éprouvent durement les équilibres économiques et sociaux, veiller à ce que croissance, compétitivité et innovation ne débouchent pas sur des inégalités de plus en plus fortes, trouver une articulation harmonieuse entre la liberté du marché, condition de l’efficacité, et la nécessité de régulations admises par tous, condition de la soutenabilité, toutes ces questions ne seront résolues que si tous les acteurs sont impliqués dans la réponse.

Je me félicite donc de cette nouvelle occasion donnée aux divers acteurs de la Francophonie économique et de l’espace économique francophone de se retrouver, afin de mieux se connaître, de confronter leurs points de vue et leurs expériences et enfin de porter les mesures propres à améliorer la création de richesses, les échanges entre entreprises et la circulation des personnes, des innovations, des services et des biens. Je suis convaincu également que les conclusions des travaux permettront de renforcer la cohérence des démarches francophones en matière économique.

Je souhaite plein succès à ce premier Forum Economique Africain et vous remercie de votre attention.

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