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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF À PARIS (FRANCE), LE 25 OCTOBRE 2013

Lors du lancement du Réseau francophone pour l’égalité Femmes-Hommes

Depuis 20 ans, vous le savez, l’Organisation internationale de la Francophonie s’engage, de manière résolue, en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes, de leur autonomisation et de la réduction des disparités entre les sexes.

Cet engagement politique s’est manifesté notamment dans le cadre de la préparation de la Conférence de Pékin, par une forte mobilisation des organisations non gouvernementales francophones, renforcé par la tenue de la première conférence des femmes sur la Francophonie, en 2000, sur le Thème « Femme, pouvoir et développement ». Plus récemment, l’OIF a joué un rôle important dans l’adoption d’une déclaration ministérielle francophone sur les violences faites aux femmes dans le cadre de la plate-forme Pékin+15, puis d’un plan d’action cette année même.

Ces diverses étapes ont permis de forger une véritable stratégie francophone en matière de renforcement du pouvoir d’action des femmes et d’égalité des genres.

La Francophonie accorde une priorité aux femmes dans ses différentes initiatives et projets de coopération et de développement. Comment peut-il en être autrement puisqu’il ne peut y avoir de développement ni de gouvernance durables sans une implication effective des femmes, qui constituent plus de la moitié de la population des pays francophones.

Je me suis personnellement investi à faire de l’objectif de l’égalité entre les femmes et les hommes une ligne directrice de l’ensemble de nos actions et initiatives en Francophonie. Nous avons concentré nos efforts en faveur de la consolidation du statut des femmes et de l’égalité entre les sexes, ainsi que de la lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles. De plus, l’OIF œuvre pour faire de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) une priorité politique de ses 77 États et gouvernements membres grâce à un financement conséquent. Il s’agit là d’un pas important vers le respect effectif des droits et l’égalité des sexes.

Parallèlement, l’OIF a encouragé et soutenu le renforcement de capacités, la mobilisation et la participation active de nos pays membres, de la société civile, en particulier des organisations de femmes francophones dans les grands forums internationaux et régionaux concernant la problématique de l’égalité entre les sexes et l’avancement des droits fondamentaux des femmes.

L’OIF a été l’une des premières organisations internationales à œuvrer pour la mise en place d’un Accord-cadre de coopération avec ONU Femmes, afin de mener des actions conjointes dans des domaines où il reste de nombreux défis à relever : la lutte contre les violences faites aux femmes, mais aussi la participation des femmes à la prise de décision politique, ou encore le plaidoyer en faveur de l’égalité femmes-hommes devant la loi et en pratique.

Compte tenu des situations parfois criantes qui l’interpellent dans son espace, la Francophonie attache une totale attention à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, violences qui représentent l’un des obstacles majeurs à l’atteinte de l’égalité des sexes et à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Le « Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles » adopté au début de mars 2013 pour appuyer la mise en œuvre des engagements politiques des pays membres de l’OIF l’atteste éloquemment. Sa mise en œuvre est urgente ! D’ailleurs, l’appel issu des participantes au Forum mondial des Femmes francophones qui s’est tenu à Paris le 20 mars 2013 y fait écho.

En outre, l’appel du Forum mondial des femmes francophones a aussi souhaité la mise en place d’un réseau francophone des femmes. C’est vous dire, aujourd’hui, combien nous sommes heureux de lancer le Réseau francophone pour l’égalité femme-homme en présence de représentant(e)s des organisations, réseaux et associations qui œuvrent au renforcement des droits des femmes et à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’espace francophone. Il n’y a pas de doute, pour que la Francophonie puisse relever ces défis, il est indispensable de pouvoir également s’appuyer sur l’expertise de nos partenaires et des réseaux de la société civile. Vous êtes nos partenaires privilégiés et c’est pourquoi nous avons souhaité lancer ce Réseau, voué à s’inscrire dans la durée et destiné à fédérer l’expertise et les actions des unes et des autres de ces associations, afin d’accroître la portée des actions menées en Francophonie en faveur de l’égalité des femmes et des hommes.

Le dynamisme des organisations de femmes n’est plus à démontrer : en Afrique, comme ailleurs, les femmes s’organisent et militent pour défendre leurs droits et faire évoluer les comportements discriminatoires à leur égard, tout particulièrement pour favoriser leur pleine participation aux processus décisionnels quel que soit le domaine. L’OIF appuie les organisations de femmes en les informant et les formant, afin qu’elles puissent accroître leurs compétences et accompagner au mieux les femmes dans leur pays, mais aussi afin qu’elles puissent faire entendre leur voix et partager leurs expériences dans les arènes internationales.

Je place l’égalité des femmes et des hommes au cœur de mes priorités et tiens à ce que cette thématique occupe désormais une place transversale dans tous les champs d’activités de la Francophonie. En complémentarité avec les autres réseaux francophones réunissant la société civile (Conférence des OINGs, Réseaux institutionnels, Réseau des associations professionnelles francophones…), je tiens à ce que vos préoccupations qui seront exprimées à travers ce nouveau Réseau soient entendues par nos instances et que votre expertise soit mise à profit, notamment dans la perspective du Sommet de Dakar.

Presque vingt ans après la dernière conférence des Nations Unies sur les femmes (Pékin, 1995), il reste beaucoup de choses à accomplir pour améliorer le statut et les conditions de vie des femmes. Je peux vous assurer que la Francophonie continuera d’agir et de contribuer à la réflexion sur les problématiques d’actualité internationale, en prenant en compte les besoins et les intérêts des hommes et des femmes.

L’OIF continuera également d’œuvrer pour lutter contre les discriminations et les violences faites aux femmes, ce qui est fondamental pour briser cette image de vulnérabilité et les stéréotypes concernant les rôles et responsabilités des femmes dans nos sociétés. Les femmes sont les véritables actrices du changement social, du développement et de la démocratie. Elles ont donné toute leur place dans les processus de prise de décision et aux plus hautes fonctions politiques.

Aucun effort ne sera ménagé pour que le genre soit intégré dans tous nos programmes d’action.

Les statistiques mondiales ne peuvent pas nous laisser indifférents. Elles révèlent des problèmes et des dysfonctionnements sur lesquels nous avons l’obligation de nous pencher. Enfermer les femmes dans un statut subalterne, celui d’éternelles mineures, c’est se priver des potentialités de la moitié d’une population et cela a un impact dévastateur, en termes de justice, de développement et de bien-être social. La lutte pour mettre fin aux discriminations à l’égard des femmes et pour l’égalité est de même nature que le combat pour l’émancipation des peuples. Et alors même que l’on admet aujourd’hui que les problèmes de développement ne peuvent être résolus en laissant sur le côté la moitié d’une population, les chiffres continuent d’indiquer qu’à travers le monde, les femmes sont les premières victimes de la pauvreté, de la maladie et de l’ignorance.

Dans nombre de nos pays, des dispositifs législatifs ouvertement discriminatoires à l’égard des femmes sont toujours en vigueur, en contradiction avec les instruments régionaux et internationaux auxquels ces mêmes pays ont adhéré. Les organisations de la société civile ont un rôle essentiel à jouer au sein de ces pays, notamment par la sensibilisation et l’information des populations sur leurs droits et par la vulgarisation des principaux textes législatifs ayant un impact direct sur leur vie. Je pense également à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui, par son Réseau des femmes parlementaires, peut influer positivement sur ces dispositions législatives.

L’Organisation internationale de la Francophonie est déterminée à poursuivre et à concrétiser son engagement en faveur de l’égalité femme-homme en s’alliant aux autres acteurs et actrices impliqués dans ce même combat.

Je vous remercie.

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