Organisation internationale de la Francophonie

  • Lettre d’information
  • English

DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF À PARIS (FRANCE), LE 15 NOVEMBRE 2013

Lors de l’Assemblée générale de l’Association internationale des Maires francophones

Mes premiers mots veulent aller vers vous, Monsieur le Président de la République française, pour dire qu’il n’est pas un événement marquant de la Francophonie auquel vous n’ayez tenu à assister depuis que vous exercez vos hautes fonctions et ce, malgré un agenda national et international particulièrement chargé. Je tiens donc, ici, à vous en remercier une nouvelle fois, et à vous assurer que votre présence constitue bien plus qu’un honneur. Elle est, pour toute la Francophonie, un encouragement fort, un appui inestimable et ce, au moment, comme vous le savez, où notre Organisation entend répondre aux missions toujours plus exigeantes et toujours plus nombreuses que lui confient ses Etats et gouvernements membres.

Mesdames et Messieurs les Maires,
Je suis très heureux de vous retrouver, comme tous les ans, à l’occasion de votre Assemblée générale, mais vous comprendrez que ces retrouvailles soient teintées, aujourd’hui, d’une émotion toute particulière puisque, très cher Bertrand Delanoë, c’est la dernière fois que vous partagez avec nous cette cérémonie d’ouverture de l’Assemblée générale en qualité de Président de l’AIMF. Je sais que vous n’êtes pas homme à apprécier la rhétorique de l’hommage convenu. Et je ne m’y risquerai pas.
Je parlerai, plus simplement, de l’évolution, je dirais même de la révolution qu’a connue l’AIMF sous votre présidence, tant il est vrai, comme l’affirmait André Malraux, qu’« un homme est la somme de ses actes, de ce qu’il a fait, de ce qu’il peut faire. »
Cela est particulièrement vrai vous concernant, cher Bertrand Delanoë. Aussi, dire ce qu’est devenue l’AIMF en l’espace de quelques années, revient à évoquer votre énergie, votre clairvoyance politique, votre créativité sans lesquelles l’AIMF ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Durant ces années, l’AIMF a effectué un saut quantitatif, avec un accroissement jamais égalé du nombre de ses membres, de l’ampleur de ses projets, des multi-partenariats engagés sans pour autant sacrifier son souci permanent de réactivité et de proximité.

Dans le même temps, l’AIMF a effectué un saut qualitatif, nourrie par la conscience que vous avez eue que, pour rester un opérateur performant et innovant, elle devait se saisir, d’un point de vue réflexif et stratégique, des enjeux et des défis des villes d’aujourd’hui, et du rôle inédit et essentiel que sont désormais appelés à jouer les maires et les autorités locales.

L’AIMF n’a pas changé de métier, elle a changé de siècle, grâce à vous.

Tout en poursuivant ses missions originelles au service des populations, en matière d’eau, d’assainissement, d’aménagement urbain, de finances locales, d’état civil, d’éducation, de santé, singulièrement de lutte contre le SIDA, l’AIMF, sous votre impulsion, a tiré toutes les conséquences du fait que, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, les citadins étaient devenus plus nombreux que les ruraux.

Elle a tiré toutes les conséquences du fait que ce phénomène, si varié soit-il dans ses formes d’une région à l’autre, d’un continent à l’autre, s’accompagnait, pour tous, de bouleversements majeurs sur le plan politique, économique, social, culturel, environnemental.

Elle a tiré toutes les conséquences du fait que les villes étaient devenues le lieu incontournable d’articulation entre le global et le local, le lieu où s’entremêlent et s’exaspèrent les tensions liées au processus de mondialisation, à la crise économique, aux flux migratoires, aux déplacements de population, aux situations de crise et de conflit.

Et c’est parce qu’ils sont en contact direct et quotidien avec les populations, que les populations se tournent d’abord vers les élus locaux dans les situations de crise.

C’est cette conscience aigüe de la problématique multiforme des villes d’aujourd’hui et de la métamorphose du rôle des maires qui a conduit l’AIMF, par exemple, à vouloir renforcer les capacités des élus locaux en matière de gestion de la diversité, en matière de prévention des crises et des conflits, en matière de réconciliation et de consolidation de la paix.

C’est cette conscience aiguë qui a conduit l’AIMF à vouloir approfondir, aujourd’hui, l’action des élus locaux en faveur de l’économie sociale et solidaire, non pas pensée comme une « économie de la pauvreté », mais comme un moyen de repenser les modes de gouvernance, de revitaliser le débat démocratique, de permettre à chacun d’être un membre à part entière de la communauté dans laquelle il vit, en d’autres termes une économie sociale et solidaire pensée comme un cheminement vers une société de l’Humain, une société ou les hommes et les femmes sont remis au cœur de l’économie et de l’urbain.

Il ne peut y avoir de ville, de cité, si elle n’est pas vécue, d’abord, par et pour ses citoyens.

Et c’est bien ce qui vous a conduit à vouloir, dans le même temps, que l’AIMF se saisisse de tous ces défis à travers un corpus de valeurs, ces valeurs qui cimentent notre communauté, ces valeurs qui sont l’alpha et l’oméga de toutes nos actions, ces valeurs de solidarité, d’égalité, de démocratie sans lesquelles il n’y pas de bonne gouvernance possible.

En l’espace de quelques années l’AIMF, sous votre impulsion, relayée par l’engagement indéfectible de Pierre Schapira et le travail considérable effectué par le Secrétariat permanent, l’AIMF est devenue un réseau en quête de toujours plus d’efficacité, de synergies, de partenariats tant avec l’OIF, ou les autres acteurs de la Francophonie, qu’avec vos partenaires internationaux, un réseau qui a su tirer tous les bénéfices de cet atout irremplaçable que constitue le partage d’une langue et de valeurs lorsqu’on veut agir, ensemble, lorsqu’on veut, ensemble, exercer une magistrature d’influence, un réseau qui s’est imposé comme l’acteur incontournable et le chef de file de la coopération décentralisée francophone.

C’est de tout cela dont je voulais vous féliciter, aujourd’hui, cher Bertrand Delanoë. Ces félicitations, ce sont celles du Secrétaire général de la Francophonie, mais ce sont avant tout celle d’un ami, de votre ami fidèle.

Je vous remercie.

Documents à télécharger

Haut de page

COORDONNÉES


© 2013 Organisation internationale de la Francophonie
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.     En savoir plus...Fermer