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DISCOURS DE M. ABDOU DIOUF À QUÉBEC, LE 18 SEPTEMBRE 2013

Devant les parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec

Malgré tout le plaisir que j’ai à être de retour au Québec, à votre cordiale invitation, Madame la Première ministre, j’ai bien conscience de vous retrouver dans un contexte de deuil, car je sais que les cœurs et les esprits sont encore profondément meurtris par la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic du 6 juillet dernier, et vous comprendrez que mes premières pensées veuillent aller, en cet instant, vers les victimes et les familles des victimes de cette tragédie.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, je mesure pleinement l’honneur insigne que vous me faites en m’accueillant au sein de votre Assemblée, et en m’invitant à m’exprimer devant vous, devant ce parlement qui a joué un rôle de premier plan dans la sauvegarde et l’enracinement de la langue française au Québec depuis la première session du premier parlement en 1792.

Cet honneur, je le prends, aussi, comme une marque d’amitié, et croyez bien qu’à la profonde gratitude que je veux vous exprimer, en qualité de Secrétaire général de la Francophonie, se mêle l’attachement si particulier et si profond que j’ai nourri, à titre personnel, au fil des années pour le Québec et le peuple québécois. Et c’est un Québécois de cœur qui se présente devant vous, aujourd’hui.

« En politique, ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux. »
Vous conviendrez qu’on ne peut que souscrire à ces propos d’Alexis de Tocqueville, lorsqu’on se penche sur la marche du monde et sur l’état de notre planète.

Des progrès considérables ont marqué les phases récentes de l’histoire de l’humanité. La détermination de millions d’hommes et de femmes ont fait avancer les libertés, l’état de droit et la démocratie sur tous les continents. La concertation entre les États et les sociétés civiles ont fait progresser le droit dans des domaines fondamentaux :
- la justice internationale ;
- les besoins environnementaux ;
- la responsabilité des entreprises et la transparence de leurs opérations dans le monde ;
- la diversité culturelle ;
Pour ne citer que ces exemples auxquels j’ajouterai la véritable révolution de la communication et de l’information.
Pour considérables qu’elles soient, ces avancées sont insuffisantes et laissent voir d’immenses besoins qui sollicitent notre attention et notamment la nécessité urgente de refonder la gouvernance mondiale.
Je voudrais, pour vous en convaincre, me livrer à un exercice de transposition à partir des indicateurs communément retenus pour définir un « Etat défaillant », à savoir :
- un gouvernement central si faible ou inefficace qu’il n’exerce qu’un contrôle marginal sur son territoire,
- la contestation de la légitimité dudit gouvernement pour prendre certaines décisions,
- l’absence de services publics essentiels,
- des phénomènes de corruption, de criminalité,
- la présence de réfugiés ou des déplacements internes de populations,
- des oppositions ethniques, des conflits intercommunautaires, mais aussi des relations conflictuelles avec les pays voisins,
- un État qui n’œuvre plus au service de l’intérêt général.

Or tous ces indicateurs, Mesdames et Messieurs, pourraient malheureusement être appliqués à l’Etat planète :
Qu’il s’agisse de la faiblesse ou de l’inefficacité de la communauté internationale, des organisations financières internationales, de l’Onu, pour résoudre des crises majeures, des conflits persistants, ou pour prévenir des catastrophes annoncées.

Qu’il s’agisse de leur représentativité et légitimité compte tenu des changements du monde.

Qu’il s’agisse de l’absence d’accès à l’éducation de base, aux soins de base, à l’alimentation de base pour des centaines de millions d’êtres humains.

Qu’il s’agisse de la corruption qui gangrène certains régimes, du développement du crime organisé, des trafics en tous genres, du terrorisme transnational.

Qu’il s’agisse, sous l’effet des guerres, de ces millions de déplacés internes ou de déracinés qui n’ont jamais été aussi nombreux depuis 20 ans et qui pour 81% d’entre eux – rappelons-le – trouvent refuge dans des pays en développement.

Qu’il s’agisse de la crise financière et économique majeure dans laquelle le monde est entré depuis 2007.

Qu’il s’agisse des conflits latents ou avérés entre certains Etats, ou encore des massacres qui se déroulent à l’intérieur même des Etats. Je pense bien évidemment à la Syrie, à ces dizaines de milliers de victimes depuis deux ans, mais nous pourrions aussi évoquer l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, et tant d’autres pays encore, en proie à une violence quotidienne...

Qu’il s’agisse des tensions croissantes entre les ethnies, les cultures, les religions.

Qu’il s’agisse, enfin, de la volonté persistante des nations, singulièrement des plus puissantes, de vouloir préserver leurs intérêts particuliers à court terme, au détriment de l’intérêt général de l’humanité à long terme.

Ce sont bien là autant d’indicateurs qui me poussent à dire que notre planète a besoin, et nous avec elle, d’une refondation politique qui renoue avec les fondamentaux éthiques que partagent les aires de civilisation. Ce besoin est immémorial. Mais dans un monde qui comportera 9 milliards de personnes, qui est et sera interconnecté comme jamais auparavant ; dans un monde, notre monde dont toutes les parties sont irrémédiablement soudées, ce besoin est devenu impérieux et vital. Mais, fait aggravant, notre planète n’est pas un État, et nous ne pourrons compter sur aucune aide extérieure pour sortir de cette situation inévitablement explosive.

Nous devons donc nous convaincre au plus vite que « la sortie de secours, comme l’affirmait Julien Green, est à l’intérieur de nous-mêmes. » Et pour ce faire, renouer, au plus vite, avec la réalité.

Renouer avec la réalité, c’est comprendre le caractère transnational des grands enjeux, présents et à venir.

C’est comprendre que, dans ce contexte, le multilatéralisme n’est plus une option politique mais une nécessité absolue, parce qu’aucun État ou groupe d’États, – si puissant soit-il – ne pourra plus faire face, seul, aux problèmes, aux menaces, aux défis qui nous sont désormais communs, ni même imposer à tous la prééminence de ses intérêts sauf à employer la force.

C’est comprendre que, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, se pose, dans le même temps, le problème de l’absence de limites dans le contexte de la mondialisation, et celui des limites naturelles de notre planète : je veux parler de l’eau, de l’énergie, des matières premières, des denrées qui iront en diminuant tandis que continue de croître la population mondiale.

Certes, voilà des années que l’on débat et que l’on glose sur un nouvel ordre mondial, sur une gouvernance mondiale que l’on appelle de ses vœux, tout en se refusant à prendre les premières mesures qui permettraient d’aller dans le sens de la nécessaire démocratisation des relations internationales et de la mondialisation.

Comment imaginer que l’on pourra faire l’économie d’une réforme des institutions internationales et de l’ONU pour plus de représentativité, de légitimité, de cohérence, de coordination et d’efficacité ?

Nous ne sommes plus au temps d’un partage du monde entre les vainqueurs et les puissants, mais à l’ère du nécessaire partage de la gestion du monde par tous.

Comment imaginer que l’on pourra faire l’économie, à l’échelle planétaire, d’un droit, d’un corpus de normes et de textes de référence communs, de régulations pour plus d’équité dans la répartition des richesses et l’accès aux ressources ?

On peut se féliciter, certes, de l’avancée d’un droit international, singulièrement en matière de justice. Je pense, notamment, à la création de la Cour pénale internationale.

Mais pouvons-nous, en toute conscience, continuer à nous en remettre, dans tant d’autres domaines, à « la loi du seul profit », à « la loi du plus fort », ou à « la loi du premier arrivé, premier servi » ?

Plus généralement, pouvons-nous, en toute responsabilité, laisser prospérer des zones de non-droit transnationales qui, pour l’heure, profitent aux spéculateurs et plus grave encore au terroristes, aux trafiquants, aux criminels ?

Comment peut-on imaginer instaurer un gouvernement planétaire véritablement démocratique en laissant aux seuls États et gouvernements, et aux seules institutions internationales la tâche d’élaborer cette architecture nouvelle ?

Il faudra bien trouver les moyens d’associer plus étroitement et plus efficacement qu’on ne le fait, les acteurs non gouvernementaux et de la société civile, qui se sont depuis longtemps internationalisés et organisés en réseaux toujours plus actifs, plus puissants, plus performants. Il faudra bien trouver les moyens d’une représentation citoyenne effective, à un moment où les opinions publiques sont plus que jamais connectées et mobilisées, oscillant entre mouvements d’indignation ou de révolte, et vote de contestation au profit des extrémistes de tout bord.

Comment peut-on, enfin, imaginer relever cet immense défi en se privant de plus de la moitié des forces vives de l’humanité ?

« On en viendra, espérons-le, à comprendre qu’une société est mal faite quand la femme est maintenue sans initiative. » Ces propos, Victor Hugo les tenait au XIXème siècle. Apparemment, nous n’avons toujours pas compris ! Car comment expliquer, sinon, qu’il faille encore en passer par des lois sur la parité ou des politiques de quota, qu’il faille aux femmes tant se battre, tant prouver pour pouvoir accéder aux responsabilités ?

Et j’ajouterai que nous ferions bien de comprendre qu’une société est tout aussi mal faite lorsqu’elle laisse sa jeunesse au bord du chemin.

Ce sont ces réalités qu’il nous faut intégrer, ces impératifs auxquels il nous faut souscrire, ces problématiques auxquelles il nous faut réfléchir si nous ne voulons pas courir le risque de l’interdépendance sans la bonne gouvernance, et nous exposer aux cascades d’instabilités et de désordres auxquels cela nous conduirait.

Je plaide devant vous pour l’instauration d’une gouvernance qui soit démocratique. Elle ne viendra pas d’elle-même, elle sera construite par l’engagement des gouvernements, de la société civile, par l’engagement des peuples et des citoyens.
Car à l’échelle internationale comme à l’échelle nationale, la démocratie réduite à une construction politique, à un système de gouvernement, à des procédures, à des institutions, ne saurait garantir que l’on fasse société.

Je dis bien « faire société », et non pas simplement vivre ensemble ou cohabiter.

Faire société, c’est, de manière plus exigeante, vouloir se dépasser pour s’engager, ensemble, dans un projet commun, et agir ensemble.

C’est vouloir se dépasser pour se projeter dans des valeurs communes.
C’est vouloir transcender nos différences pour faire unité.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons refonder les valeurs, avant que ce siècle marchand, consumériste, désenchanté n’enlève toute valeur aux valeurs.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons retrouver le sens profond de la solidarité, battue en brèche par les individualismes, les égoïsmes, les intérêts catégoriels, les antagonismes sociaux, les communautarismes « clivants ».

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons retrouver le sens profond de la responsabilité, responsabilité de chacun vis-à-vis de tous, responsabilité de tous vis-à-vis des générations passées, des jeunes générations, et des générations futures.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons retrouver le sens profond de la liberté, non pas cette liberté sans entraves, sans conscience, sans éthique dont les effets économiques, sociaux, culturels, environnementaux se font sentir partout et sur tous, notamment sur les plus fragiles, mais cette liberté qui s’arrête où commence celle d’autrui.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons retrouver le sens profond de la tolérance, non pas cette tolérance politiquement correcte qui nous conduit à tolérer les intolérants de crainte d’être intolérant, mais une tolérance fondée sur la réciprocité, sur l’ouverture d’esprit, seule à même de nous permettre d’aller vers ce qui nous rassemble plutôt que vers ce qui nous ressemble.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons retrouver le sens profond de la diversité et de l’universalité.

Mais ne nous y trompons pas : articuler la diversité et l’universalité de manière équilibrée, constitue sans doute le défi le plus complexe qui nous attende, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Comment trouver un compromis, une synthèse harmonieuse entre les aspirations particulières des communautés, des populations, des États, et les exigences d’unité d’un monde globalisé sans que l’unité tourne à l’uniformisation et la diversité à la confrontation ?

Comment nous retrouver dans des valeurs communes et universelles qui transcendent les coutumes, les croyances, les traditions, tout en laissant s’épanouir et s’exprimer les particularités culturelles, linguistiques, religieuses, ethniques, en évitant, d’un côté, l’écueil de l’ethnocentrisme universalisant et, de l’autre, celui du relativisme culturel ?

Pour difficile qu’il soit, ce défi n’est pas impossible à relever. C’est d’ailleurs le premier défi que la Francophonie, dans la clairvoyance de ses pères fondateurs, s’est attachée à relever. Je dirais même que c’est cette unité, réalisée dans le respect de la diversité, qui nous a permis d’évoluer au rythme des bouleversements géopolitiques, géoculturels, géoéconomiques de ces quarante dernières années.

C’est cette unité réalisée dans le respect de la diversité qui nous a permis d’élargir nos missions, de nous saisir des problématiques les plus exigeantes pour proposer, en notre sein, et au reste du monde, des approches innovantes.

Je pense, par exemple, à notre action politique et diplomatique, conduite sans arrogance, ni complaisance, qui nous a permis de contribuer à la progression de la démocratie, des droits et des libertés dans notre espace, en privilégiant le respect de la diversité des réalités de terrain et des expressions, tout en assumant des concepts exigeants comme celui de l’Etat de droit et de la sécurité humaine dans les déclarations de Bamako et Saint-Boniface.

Je pense, par exemple, à la démarche de concertation qui a été la nôtre au moment où nous nous sommes emparés, souvent en précurseurs, de problématiques telles que le dialogue des cultures, ou bientôt le dialogue des religions, lors d’une conférence qui aura lieu au Maroc, à Fès, ou encore de la problématique de la diversité culturelle, de celle du genre et des violences faites aux femmes. A propos de tous ces sujets complexes et potentiellement conflictuels, nous avons été en mesure de transcender nos différences d’approche pour aboutir à des prises de position et des déclarations communes.

Nous avons été en mesure de nous entendre sur des catégories et des normes universelles, parce que, j’en suis convaincu, dans notre démarche, l’universalité, c’est d’abord la reconnaissance d’une humanité commune, c’est d’abord un état d’esprit, une disposition de cœur et non une idéologie.

Mais, si nous avons pu réaliser cette unité dans la diversité, c’est aussi parce que nous avons su, dès les origines, donner toute leur place aux parlementaires, aux universitaires, aux maires, aux médias, aux organisations non gouvernementales, tout en favorisant la création et l’essaimage de réseaux institutionnels et professionnels. Et ce sont tous ces acteurs qui nous permettent d’agir à la base, et non seulement par le haut, comme je l’évoquais tout à l’heure.

Enfin, si nous avons pu réaliser cette unité dans la diversité, c’est parce que nous avons eu, au départ, un catalyseur et un ciment puissants : la langue française. Et si l’on voulait bien considérer le rôle primordial de cette langue partagée dans la constitution et le renforcement de notre communauté, si l’on voulait bien considérer tout ce que nous avons réalisé, tant au bénéfice concret des populations francophones, que d’un point de vue conceptuel, les voix condescendantes ou sceptiques à l’égard de la Francophonie se tairaient d’elles-mêmes.
Que l’on ne nous dise pas que nous n’avons d’autre choix, pour nous ouvrir au monde et communiquer avec le reste du monde, pour préserver notre créativité, pour entrer et peser dans la modernité, que de faire allégeance à une langue unique, pour l’heure l’anglais, mais peut-être une autre langue dans quelques années !

Voilà plus de quarante ans que la Francophonie démontre qu’il est possible de faire autrement !

Voilà plus de quatre cents ans que le Québec démontre qu’il est possible de faire autrement, et avec quel succès !

Alors ce n’est sûrement pas en cette époque mouvementée de tous les dangers et de tous les possibles qu’il nous faut abdiquer ou nous laisser intimider.

Nous devons, bien plus qu’hier et moins que demain, défendre et promouvoir, avec fierté et détermination la langue française, et ne pas reculer sur l’exigence de la préservation du multilinguisme.

Si mes propos ont pu vous paraître quelque peu alarmistes, je voudrais vous persuader qu’ils ne sont pas pour autant pessimistes. La Francophonie est là pour nous en convaincre.

Si j’ai choisi de lancer cet appel à agir et à réagir, devant vous, aujourd’hui, c’est parce que s’il est un peuple capable de nous démontrer tout ce que l’on peut accomplir à force de volonté et de persévérance, c’est bien le peuple québécois. Mais c’est aussi parce que la Francophonie ne serait pas ce qu’elle est sans le Québec.

Le Québec, ce n’est pas seulement le siège de l’Agence universitaire de la Francophonie et de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable, ou TV5 Québec-Canada.

Le Québec, c’est aussi, Madame la Première ministre, un gouvernement militant résolument engagé dans nos programmes et nos instances, une ville - la ville de Québec - qui a accueilli, dans des conditions exceptionnelles, à deux reprises, en 1987 et en 2008, le Sommet des chefs d’État et de gouvernement, et voilà quelques mois, le premier Forum mondial de la langue française.

Le Québec, c’est aussi le talent de femmes, d’hommes qui scandent toutes les grandes étapes de l’histoire de notre communauté. Il me serait impossible de tous les citer ici, tant ils ont été nombreux à imprimer leur empreinte, à l’instar du regretté Jean-Marc Léger qui, entre autres choses, présida au destin de l’ACCT, suivi avec brio par Jean-Louis Roy et aujourd’hui Clément Duhaime. Je pense, également, au regretté Jean Pelletier co-fondateur de l’AIMF avec Jacques Chirac. Je pense, Monsieur le Président de l’Assemblée, à votre travail à la tête de l’APF, et à l’investissement si actif de la section du Québec. Je pense, Madame la Première ministre, à votre implication de longue date, et à celle de vos prédécesseurs, au service de la Francophonie.

Permettez-moi, pour finir, de vous faire une confidence. J’ai toujours été très sensible à la devise du Québec, « Je me souviens », qui ne sonne pas, à mes oreilles, comme l’expression d’une forme de nostalgie, mais comme l’expression d’une volonté de résister, de lutter, d’avancer, par respect pour le passé et en hommage à l’avenir. Et c’est dans cet esprit, qu’à quelques mois de la fin de ma mission de Secrétaire général de la Francophonie, je veux saisir l’occasion de ma présence solennelle au sein de cette haute assemblée, pour vous dire, du plus profond du cœur : du Québec, des Québécoises et des Québécois, à jamais je me souviendrai.

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