Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À DAKAR, LE 12 OCTOBRE 2017

A l’inauguration de l’IFEF

Seul le texte prononcé fait foi

Excellences,

Monsieur le Président de la République du Sénégal,

Madame la Ministre, Présidente de la Conférence des ministres francophones de l’Education, CONFEMEN, et du comité de pilotage de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation,

Monsieur le Secrétaire général de la Conférence des ministres francophones de la Jeunesse et des Sports, CONFEJES,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères,

Mesdames et Messieurs, membres du corps diplomatique,

Monsieur l’Administrateur de l’Organisation Internationale de la Francophonie, OIF,

Monsieur le Directeur de l’Institut international de la Francophonie pour l’éducation et la formation, l’IFEF,

Monsieur le Vice-Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, l’AUF

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

Enfin ! Ce moment que nous attendions avec impatience, eh bien nous y sommes !
Grâce à vous Monsieur le Président, grâce à votre force de conviction, grâce à votre détermination, nous inaugurons aujourd’hui officiellement l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation, l’IFEF, dans ces magnifiques locaux que le Sénégal a mis à disposition.
Et je tiens, en mon nom personnel et au nom de toute la Francophonie, à vous exprimer ma plus profonde et très sincère gratitude.
Installer l’IFEF en terre sénégalaise, aux origines même de la genèse de la Francophonie, c’est lui insuffler un supplément d’âme, lui donner une vigueur tutélaire, lui promettre un avenir radieux, à l’image de celui que vous voulez offrir aux fils et aux filles du Sénégal, à travers, notamment, le renforcement du capital humain qui est au cœur du « Plan Sénégal Emergent ».

Cette installation de l’IFEF à Dakar s’inscrit, également, dans un environnement des plus propices et des plus stimulants, aux côtés des sièges de la Confémen et de la Conféjes, comme du Bureau régional de l’AUF.
Vraiment, nous ne pouvions rêver capitale plus emblématique que Dakar pour accueillir « ce rendez-vous du donner et... du SAVOIR » .
Et nous avons su déjà tirer avantage de cette proximité géographique.
Madame la Présidente de la CONFEMEN, chère Nadine Patricia ANGUILE, oui, il faut saluer ici notre volonté de synergie, mais aussi l’esprit constructif, et le souci permanent de dialogue qui a prévalu, entre l’OIF et la Confémen, durant toutes les étapes de la création de cet Institut.

Que de chemin parcouru et à parcourir encore, que de coopérations à l’horizon avec la Confémen, et la Conféjes. Je vous prends à témoin Messieurs les Secrétaires généraux.

Nous avons su déjà tirer avantage, aussi, de cette proximité avec ces partenaires majeurs de l’IFEF, bien présents à Dakar, que sont, la Banque mondiale, le Partenariat mondial pour l’éducation, le Pôle de Dakar de l’Institut international pour la planification de l’Education de l’UNESCO, dont je salue les représentantes et les représentants ici présents. Et bien sûr aussi l’Agence française de développement, l’AFD, vous l’avez rappelé, Monsieur le Secrétaire d’État.

Je veux enfin remercier l’Administrateur de l’OIF, Adama Ouane, et le Directeur de l’IFEF, Emile Tanawa, ses collaboratrices et ses collaborateurs, qui se sont tant donnés pour que ce projet voie le jour avec le soutien constant et précieux, Monsieur le Président, de votre Représentante personnelle au Conseil permanent de la Francophonie, Madame Penda Mbow, que je salue aussi chaleureusement.

Excellences,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

« La Francophonie est une volonté humaniste, sans cesse tendue vers une synthèse, et toujours en dépassement d’elle-même pour mieux s’adapter à la situation d’un monde en perpétuel devenir. Au lieu de faire face, chacun de son côté et en ordre dispersé, les pays francophones veulent se mettre ensemble pour assurer une cohérence à leurs efforts en leur donnant plus d’efficacité. »
Ces propos rendent bien compte de l’esprit dans lequel a été conçu l’IFEF, l’esprit dans lequel il est appelé à oeuvrer.
Eh bien ces propos, Mesdames et Messieurs, datent de janvier 1969, et on les doit à Léopold Sédar Senghor.
N’est-ce pas qu’ils restent d’une saisissante actualité parce que c’est bien une volonté humaniste, toujours en dépassement d’elle-même, pour mieux s’adapter à la situation d’un monde en perpétuel devenir qui a conduit les chefs d’Etat et de gouvernement à décider, ici même, il y a trois ans, de la création d’un Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation.
Oui, mieux s’adapter à la situation d’un monde en perpétuel devenir, en perpétuel progrès où, pourtant, 263 millions d’enfants, d’adolescents ne sont toujours pas scolarisés, où des millions de filles sont encore condamnées, parce qu’elles sont des filles, à ne jamais mettre le pied dans une salle de classe.
Alors, investir dans une éducation et une formation inclusive et de qualité, dans l’insertion professionnelle des jeunes, n’est pas une priorité parmi d’autres.
C’est la condition du succès, de la réussite, le TEKKI, comme on dit en wolof, des efforts que nous déployons, pour un développement humain et économique durable, équitable et responsable, pour une croissance inclusive, pour l’affermissement de la démocratie, des droits et des libertés, pour la sécurité et la stabilité du monde.
Et nous sommes lancés dans une course contre la montre, parce que la poussée démographique que connaissent nombre de nos pays, en Afrique et ailleurs, multipliera d’autant les effectifs d’enfants à scolariser, de maîtres et de cadres de l’éducation à former, de jeunes à insérer sur le marché de l’emploi.
Contribuer à relever ce défi, au service de nos pays, c’est l’ambition de l’IFEF. Les programmes dont vous venez d’avoir un aperçu l’illustrent bien.
Ils illustrent bien l’ambition de la Francophonie de contribuer à faire de ce formidable capital humain qu’est la jeunesse, un véritable dividende démographique pour tous ces pays où 60%, parfois 70% de la population a moins de 30 ans.
Il est encore temps.
À condition, bien sûr, d’accroître de toute urgence, et substantiellement, le financement national et international en faveur de l’éducation.
A cet égard, Monsieur le Président, c’est une fierté pour la Francophonie que vous ayez décidé, avec le Président français Emmanuel Macron, de vous faire les champions de ce financement international pour l’éducation.
Vous savez que vous pouvez compter sur toutes les équipes de l’OIF pour prendre, une nouvelle fois, une part active à cette 3ème Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation, qui se tiendra ici même, à Dakar, en février 2018. Désormais, vous pouvez aussi compter sur l’IFEF. Et comptez sur moi pour continuer à porter vigoureusement et inlassablement le plaidoyer auprès des Etats et gouvernements membres de l’OIF et dans les plus hautes instances internationales, comme je le ferai lors de cette conférence, à l’invitation du Partenariat mondial pour l’Education.
Alors oui, nous avons un urgent besoin de financements à la hauteur du défi que nous devons relever.
Mais ce dont nous avons besoin, aussi, c’est d’une véritable révolution culturelle dans nos politiques de coopération avec pour objectif premier, la cohérence et l’efficacité de nos actions.
Léopold Senghor l’avait pressenti dès 1969. Et il comptait sur les peuples de la Francophonie pour tracer la voie, parce que cette langue que nous avons en partage nous offre des opportunités de partage, de mutualisation, de synergies et de multiples partenariats irremplaçables.

Mettre en partage, au service de l’excellence, ce qui se fait de mieux en matière d’éducation et de formation dans chacun de nos pays. C’est la démarche de l’IFEF.
À cet égard, on ne sait pas assez, on ne dit pas assez tout ce qui se conçoit d’ingénieux, d’inventif, d’innovant dans tout l’espace francophone, du sud au sud, du nord au sud, d’est en ouest.
Mettre, aussi, en totale synergie, les différents acteurs et opérateurs de la Francophonie dédiés à l’éducation et à la formation que sont : l’OIF, l’AUF, l’Université Senghor d’Alexandrie qui doit tant au Sénégal, nous ne l’oublions pas, et bien sûr la Confémen et la Conféjes. Mutualiser leurs expertises, leurs ressources. C’est la démarche de l’IFEF.

Rassembler, Sceller des partenariats avec les nombreux centres de pouvoirs et d’action montés en puissance ces dernières années : organisations non gouvernementales, société civile, secteur privé, grandes entreprises et d’autres encore.
Comment imaginer, par exemple, concevoir des politiques performantes de formation professionnelle et technique si l’on n’associe pas les représentants du patronat et des entreprises ? C’est la démarche de l’IFEF.

C’est ainsi que demain, ministres et acteurs de la formation professionnelle et technique de 21 pays du Sud, adopteront formellement, ici même, avec les représentants du patronat de leur pays, des recommandations concrètes, préparées avec le soutien de l’IFEF, pour une meilleure adéquation entre les programmes de formation et l’environnement socio-économique, entre les compétences développées chez les jeunes et les besoins des entreprises.

Enfin, coopérer, autrement, c’est vouloirpartir des réalités, des spécificités du terrain, de la diversité des situations, des besoins propres à chaque pays.

En finir, enfin, avec des modèles conçus ailleurs, en finir avec ce prêt à penser et ce prêt à fonctionner qui a trop longtemps présidé aux politiques de coopération et qui a été à l’origine de tant d’erreurs d’aiguillage et de déperdition d’énergie. Faire du sur mesure, en co-construction, avec les pays accompagnés, du début à la fin des projets développés et des programmes déployés. Et c’est encore, la démarche de l’IFEF.

J’en veux pour preuve, le travail mené, depuis 2015 par l’IFEF avec le ministère de l’Emploi, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle de Guinée, pour
accompagner ce pays dans l’élaboration, avec le patronat, d’un ambitieux plan de relance de sa politique de formation et d’insertion professionnelle, au profit de dizaines de milliers de jeunes dans les domaines de l’artisanat et de l’agriculture, pour des productions labellisées et certifiées, portées à une échelle supérieure sur des normes et des standards de qualité.
Ces dans ces locaux, que ce programme a été, hier, présenté aux partenaires techniques et financiers.

Partir des réalités du terrain, c’est aussi, par-delà les gouvernements et les institutions, prendre en compte, comme autant d’expériences uniques, les réalisations, les savoir-faire des forces agissantes dans chaque pays, pour mieux les accompagner, à travers des contenus et des échanges de bonne pratique ciblés. C’est aussi cela la démarche de l’IFEF.

Monsieur le President,
Mesdames, Messieurs,

Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est finalement la volonté de donner, à la jeunesse, les moyens de réaliser ses ambitions, de concrétiser ses aspirations d’épanouissement parce que la jeunesse fait partie des solutions aux défis que nous devons relever.

Ce qui nous réunit, aujourd’hui, c’est aussi la volonté d’offrir la liberté en héritage à tous les jeunes de nos pays, parce que, comme le disait Victor Hugo, " La liberté commence là où l’ignorance finit."

Alors vive l’IFEF, vive la Francophonie !
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