Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À BUCAREST, LE 1ER NOVEMBRE 2017

A l’ouverture de la Conférence des femmes de la Francophonie

Seul le texte prononcé fait foi

Excellences,
Monsieur le Président de Roumanie,
Madame la Présidente de la République de Maurice,
Madame la Présidente de l’Observatoire panafricain du leadership féminin, ancienne Présidente de la République centrafricaine,
Mesdames et Messieurs les ministres et les parlementaires,
Votre Altesse royale Marie, Princesse de Roumanie,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et membres du corps diplomatique,
Monsieur le Directeur exécutif adjoint d’ONU femmes,
Mesdames et Messieurs les chefs de délégation,
Madame la Présidente de l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Prix Nobel de la Paix,
Mesdames et Messieurs de l’Organisation internationale de la Francophonie, de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, du Réseau des femmes parlementaires, de l’Agence universitaire de la Francophonie, de l’Université Senghor d’Alexandrie, de l’Association internationale des maires francophones, de Tv5 Monde,
Mesdames, qui êtes venues de tous les horizons de l’espace francophone, à la rencontre des femmes de Roumanie,
Mesdames qui êtes aussi partout en liaison avec nous grâce aux technologies de la communication,
Bienvenue à la Conférence des femmes de la Francophonie à Bucarest !

Nous sommes, ici, aujourd’hui, pour célébrer avec fierté ce que nous sommes.

Une communauté de femmes et d’hommes, avec la langue française pour trait d’union entre 84 États et gouvernements.

Une communauté unie par des principes et des valeurs universelles, au premier rang desquels le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une communauté riche de ses forces, de ses accomplissements, de ses modèles de développement, de son extraordinaire diversité, de ses traits de civilisation, de ses capacités de faire, de produire, de créer, d’innover et d’inventer.

Une communauté riche de tant d’hommes, de jeunes, de femmes de très grande volonté, de talent et de courage.

Pour preuve, que de femmes remarquables pour cette Conférence : issues du monde économique, culturel, artistique, associatif, politique.

Chère Ameenah Gurib-Fakim, Présidente de Maurice,

Chère Catherine Samba Panza, ancienne Présidente de la République centrafricaine,

Vous êtes, pour beaucoup de femmes, un modèle d’excellence, un symbole, un espoir.

Je souhaite aussi vous saluer, Mesdames les ministres et les parlementaires. S’imposer en tant que femme dans cet univers politique, nous le savons, demande beaucoup d’énergie, du caractère et de l’opiniâtreté.

Oui, les femmes s’imposent !

Je veux aussi vous saluer, Chère Wided Bouchamaoui : le Prix Nobel de la Paix vous a rendu justice en consacrant votre engagement pour que réussisse la transition démocratique en Tunisie et vous êtes désormais pleinement mobilisée pour la réussite de la transition économique dans votre pays, pétri de si grandes et de si légitimes ambitions.

Oui les femmes s’imposent !

Je veux aussi saluer la contribution de la Grande Duchesse Maria Teresa de Luxembourg, dont nous entendrons le message en séance plénière et l’engagement en faveur notamment de l’accès au crédit pour les femmes entrepreneures.

Et que d’hommes de grande conviction, aussi, parmi nous aujourd’hui, Mesdames... oui, des hommes profondément persuadés et conscients que l’égalité entre les femmes et les hommes, n’est pas la seule affaire des femmes, et qu’il y va de la qualité de notre avenir commun... Messieurs, vous êtes des hommes intelligents...

Monsieur le Directeur exécutif adjoint d’ONU femmes, cher Yannick Glemarec, merci d’être si sincèrement à nos côtés pour ce grand rendez-vous des femmes de la Francophonie.

Je veux enfin, et surtout, Monsieur le Président de la Roumanie, vous remercier très chaleureusement, en mon nom personnel et au nom de toute la Francophonie, d’avoir, sans la moindre hésitation, je m’en souviens, soutenu et souhaité accueillir cette Conférence, à Bucarest, la Magnifique qui en 2006, déjà a abrité le XIe Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie.

Cher Klaus Werner Iohannis, merci de votre engagement.

Vous faites partie des dix Champions d’impact du projet « He for She », "Lui pour Elle" comme nous aimons à le dire en Francophonie. Et nous n’aurons jamais trop de champions pour nous aider à faire bouger durablement les lignes.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes ici, aujourd’hui, pour faire savoir aussi ce que nous voulons pour les femmes de la Francophonie et du reste du monde.

Garder les consciences en éveil.

Porter sans cesse le plaidoyer pour que les droits des femmes soient toujours plus renforcés et, surtout, toujours mieux mis en oeuvre.

Notre implication a porté de l’avant avec l’ONU la Conférence mondiale sur les femmes à Pékin, en 1995, comme nous l’avons fait ensuite pour l’adoption des Objectifs de développement durable.

Je pense aussi à la 1ère Conférence des femmes de la Francophonie, à Luxembourg, en 2000 et aux deux éditions du Forum mondial des femmes francophones tenues à Paris en 2013 et à Kinshasa en 2014.

Je pense au Réseau francophone pour l’égalité femme-homme que nous avons créé et que vous coordonnez avec tant d’énergie et de conviction, chère Ndioro Ndiaye.

Nous sommes sur tous les fronts depuis plus de 20 ans.

Parce que naître femme est encore aujourd’hui un combat.

Nous allons partout le rappeler.

Je rentre d’ailleurs de New York où j’ai témoigné au Conseil de sécurité de l’ONU sur l’évidence d’impliquer pleinement les femmes dans les domaines de la prévention des crises, de la médiation, du maintien et de la consolidation de la paix et de la sécurité.

On sait tout ce qu’elles peuvent apporter dans ces processus, alors, là aussi, rien ne justifie qu’on fasse encore si peu appel à leurs compétences.

J’ai plaidé aussi pour que cesse l’impunité face à ces crimes qui font du rapt, du viol des femmes, des filles et des petites filles des armes de destruction massive, et de leur ventre un champ de bataille.

Notre engagement, c’est cela aussi : dénoncer le sort fait aux femmes, l’injustice, l’inhumanité.

Nous sommes sur tous les fronts.

Celui bien évidemment aussi, de l’autonomisation économique des femmes.

Et la Francophonie est fière de voir que des centaines et des centaines de femmes entrepreneures des cinq continents ont répondu à son appel.

Cela montre Mesdames votre volonté !

Votre volonté d’être entendues des responsables politiques.

Votre volonté de témoigner de vos difficultés, de vos efforts, mais aussi de vos réalisations, de vos réussites, des solutions que vous apportez.

Votre volonté d’avancer solidairement dans une éthique de dialogue et de partage.

Oui, les femmes s’imposent !

Et ensemble nous le faisons avec d’autant plus de force ! L’histoire nous l’a montré.

C’est d’ailleurs ce que vous attendez de ce réseau francophone des femmes entrepreneures que nous allons lancer ici : pour ces échanges, ces passerelles, ces liens ces partenariats et ces maillages que vous souhaitez construire ou renforcer.

Et nous sommes, ici, parce que nous voulons résolument franchir une étape supplémentaire.

Tout le monde s’accorde à dire que la prospérité des pays en développement et émergents est entre les mains des femmes ; que la prospérité mondiale, plus généralement, est entre les mains des femmes.

Mais le dire ne suffit plus.

Il nous faut user de toutes nos expériences et de toutes nos stratégies pour, partout, lever les résistances et les obstacles et libérer, enfin, les moyens nécessaires pour souenir les initiatives économiques et le plein potentiel des femmes.

Et il y a urgence.

Nous sommes donc réunis, ici, à Bucarest, pour mettre en lumière ce que les femmes accomplissent de créatif et d’ingénieux, de part en part de l’espace francophone.

Mettre en lumière la face cachée de ces femmes entrepreneures, qui sont à l’œuvre dans les chaînes de valeur, dans toutes les filières porteuses, innovantes et si essentielles à la revitalisation et à l’essor des collectivités, à la stabilité locale, régionale, voire la stabilité du monde.

Oui, partout les femmes s’imposent !

Et partout, j’en ai été frappée, les femmes sont tellement organisées, tellement structurées, en milieu rural comme en milieu urbain, souvent avec très peu de moyens : qu’elles soient créatrices d’associations et de réseaux, initiatrices de projets remarquables orientés vers le bien commun et vers l’avenir.

Quel savoir-faire aussi : en matière d’agro-écologie, d’énergies renouvelables ou de gouvernance, autant de secteurs que nous nous attachons à développer avec elles, à travers notre ambitieux programme de soutien à l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes.

Excellences,
Mesdames, Messieurs,

J’attends beaucoup, la Francophonie attend beaucoup de vos recommandations, Mesdames qui êtes engagées dans la vie économique, culturelle et sociale.

Nous attendons beaucoup aussi, Mesdames et Messieurs les ministres, de votre volonté politique d’investir dans le capital humain, les forces vives incontournables que représentent les femmes.

Il nous faut un Plan d’action robuste, à la hauteur des ambitions que nourrissent les femmes de la Francophonie et la Francophonie des femmes.

Oui les femmes s’imposent ! Et la Francophonie s’engage !

Je vous remercie.
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