Organisation internationale de la Francophonie

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DISCOURS D'ADAMA OUANE À PARIS, LE 05 DÉCEMBRE 2018

Seul le texte prononcé fait foi

Madame la Directrice déléguée à l’institutionnel, au territorial et à l’international d’Universcience,
Madame la Directrice de la culture, de l’enseignement, de la recherche et du réseau du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, chère Laurence Auer,
Monsieur le délégué général à la langue française et aux langues de France,
Chères et chers jeunes talents, scientifiques et francophones !

C’est avec beaucoup de plaisir que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vous accueille le temps d’un après-midi pour vous permettre de mieux appréhender les réalités et enjeux de la Francophonie au sens le plus large du terme. Pour vous permette aussi de présenter votre thèse en 3 minutes ! Quel immense défi ! Résumer et vulgariser souvent plus de 3 ans de recherche…

Soyez rassurés, je ne vous demanderai pas la réciprocité et l’application de la règle de trois pour vous présenter 48 ans, bientôt un demi-siècle d’histoire de la Francophonie institutionnelle.
Une Francophonie naît en 1970 de la pensée et de la détermination de Senghor, Bourguiba, Diori et Sihanouk et de la volonté politique de 21 Etats et gouvernements d’en faire un projet commun !

Je tiens à remercier Universcience d’avoir voulu associé l’OIF à ce beau projet de résidence et de rencontre entre 45 jeunes scientifiques francophones venus de 27 pays. A nom de la Secrétaire générale, Son Excellence Michaëlle JEAN, je me réjouis de cette mise en valeur de la langue française comme vecteur de connaissance, de modernité, de communication et de conviction.

Je tiens également à remercier Madame Laurence AUER pour sa présence parmi nous et pour son attachement et engagement en faveur de la Francophonie au sein du Ministère français de l’Europe et des affaires Etrangères, et peut être un jour aussi de la Francophonie !

Permettez-moi enfin de féliciter Monsieur Paul DE SINETY pour sa récente nomination en qualité de Délégué général à la langue française et aux langues de France au sein du Ministère de la Culture. Je ne peux que nous souhaiter de poursuivre et d’amplifier la collaboration fructueuse entre nos deux institutions en faveur de la langue française et le plurilinguisme, axes majeurs de la programmation 2019-2022 de l’OIF, récemment approuvée à Erevan en Arménie par nos Etats et gouvernements membres.
Et je sais que la prochaine Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars, couplée à la semaine de la langue française, nous donnera l’occasion de travailler tous ensemble pour valoriser cette belle langue que nous avons en partage et à laquelle nous tenons avec passion et hargne !

Mesdames et messieurs,
Chers jeunes talents,
Chers ami(e)s de l’OIF et de la Francophonie,

Parfois, souvent, se pose, encore, aujourd’hui la question de savoir si la langue française est une langue de recherche scientifique et plus généralement une langue des sciences ? La question semble incongrue, en l’occurrence, devant un parterre de brillants scientifiques francophones.

Soyez certains que l’OIF est intimement convaincu de la place importante que doit occuper la langue française scientifique et technique dans le monde universitaire et de la recherche. Et qu’elle est aussi une langue savante et innovante. Un formidable outil de conception, de réflexion et bien évidemment de transmission des savoirs et de création de connaissances.

En ce sens, depuis de nombreuses années, la Francophonie institutionnelle plaide pour l’excellence francophone en matière scientifique.
C’est notamment le rôle et le mandat de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’un des quatre opérateurs de la Francophonie, qui agit en faveur de l’espace universitaire et scientifique francophone.

Elle promeut une francophonie universitaire solidaire, engagée dans le développement économique, social et culturel des sociétés, notamment en favorisant une forme de solidarité active entre ses établissements membres qui sont près de 840 répartis présents dans 111 pays !

Par exemple, l’AUF soutient le financement de projets de manifestations scientifiques à l’initiative de ses établissements membres. Elle octroie également des bourses d’études aux étudiants francophones désireux de poursuivre leurs recherches dans des universités des Pays du Nord ou du Sud.

Ces activités illustrent parfaitement le rayonnement de la culture scientifique et technique francophone dans toutes les régions du monde.

Aujourd’hui la langue française, c’est près de 300 millions de locuteurs francophones qui sont en mesure de communiquer en français sur les 5 continents selon le rapport « la langue française dans le monde » de 2018 élaboré par notre Observatoire de la langue française.
Elle est la 5e langue la plus parlée au monde après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe.

Toujours selon ce rapport, en 2070 on estime que les locuteurs seront entre 477 millions et 747 millions de francophones dont la grande majorité aura moins de 30 ans.

Autant dire que si les perspectives démographiques et linguistiques sont encourageantes, nous devrons améliorer la qualité des systèmes éducatifs dans les pays francophones et l’éducation du et en français.

Et notamment dans le domaine des matières scientifiques. Car beaucoup de chercheurs sont déchirés entre le besoin pratique d’utiliser une langue commune, qui permet de pouvoir échanger facilement peu importe où l’on se trouve et à qui l’on s’adresse, et celui de préserver leur héritage culturel, dont la langue est évidemment une constituante majeure.

Il existe partout à travers le monde et au-delà des 88 membres et observateurs de l’OIF – vous en êtes la preuve vivante - une volonté de continuer à communiquer la science et la technologie en français, non seulement pour di¬ffuser le savoir au grand public, mais également dans les publications spécialisées à l’intérieur même de la communauté scientifique.

En revanche, tant que l’évaluation de la performance des chercheurs universitaires se fera en fonction du nombre d’articles publiés et de citations, la langue anglaise sera dominante et les scientifiques de partout dans le monde publieront en anglais de préférence à toute autre langue, même leur langue maternelle.

Il nous revient, il revient à votre génération de défendre et promouvoir la diversité linguistique comme la diversité écologique, culturelle, qui constituent les biens communs de l’humanité. Une humanité en proie au choix entre multilatéralisme ou unilatéralisme, entre repli sur soi ou dialogue avec l’Autre. Face à ces défis, la langue française est un précieux outil, un trait d’union pour penser, pour agir, pour créer, pour intervenir.

Le dernier Sommet de la Francophonie tenue en Arménie au mois d’octobre a réitéré l’importance que devra aussi accorder l’OIF et les pays membres à la jeunesse et à l’égalité femme homme dans l’ensemble des programmes au nom de la langue et des valeurs que nous avons en partage.
Et comme la valeur n’a pas de frontières, comme elle n’attend pas le nombre d’années, au-delà des jeunes scientifiques de talents que vous êtes déjà, j’espère que vous serez aussi, au terme de cette passionnante semaine, un peu les Ambassadeurs de la Francophonie dans vos territoires géographiques et scientifiques.

Je vous remercie pour votre attention.
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