Du 14 au 16 octobre 2026, Brazzaville a accueilli le Séminaire régional sur les solutions développées dans le cadre des Laboratoires vivants d’éco-innovation en agriculture durable de l’OIF dans le Bassin du Congo.
Organisé en partenariat avec l’Agence nationale pour la valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation (ANVRI), sous le parrainage du ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique du Congo, cette rencontre a réuni des représentants des institutions nationales et internationales, des chercheurs, des experts, des partenaires techniques, des producteurs, des étudiants et les coordonnateurs des Laboratoires vivants du Congo, de la RDC, du Cameroun, du Gabon, de la République centrafricaine et de la Guinée équatoriale.
Ce séminaire avait pour objectif de favoriser le partage d’expériences, la capitalisation des résultats obtenus et les réflexions sur la valorisation, la reproductibilité et la mise à l’échelle des solutions développées dans le cadre de ces Laboratoires vivants, au service d’une agriculture durable et résiliente face aux changements climatiques.
Une approche collaborative au service de l’innovation
À l’ouverture des travaux, le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique du Congo a souligné l’importance des Laboratoires vivants pour rapprocher la recherche scientifique des besoins des territoires et favoriser la valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation. Le projet représente une opportunité de promouvoir des pratiques agricoles durables, de renforcer les capacités des acteurs et de stimuler les synergies entre chercheurs, producteurs, institutions publiques et partenaires.
Dans son intervention, M. Marcel Klassou, Coordonnateur du Projet 19 qui représentait l’OIF, a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture pour le développement socio-économique du Bassin du Congo, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et la préservation de l’environnement. Il a souligné la nécessité de promouvoir des solutions durables et inclusives face aux effets des changements climatiques, à la dégradation des sols et aux pressions croissantes sur les ressources naturelles. Le soutien de l’OIF aux Laboratoires vivants s’inscrit dans cette dynamique, avec pour ambition de capitaliser sur les expériences réussies, de favoriser leur réplication et de renforcer la résilience des populations et des écosystèmes.
Dans le cadre de la session institutionnelle, Dr Foued El Ayni, Spécialiste de programme à l’OIF, a présenté le concept des Laboratoires vivants et son guide de référence. Cette approche propose un changement de paradigme dans la manière de concevoir et de mettre en œuvre l’innovation, en privilégiant la co-création, l’expérimentation en conditions réelles et la participation active des acteurs concernés. Les Laboratoires vivants constituent ainsi des espaces de collaboration permettant de transformer les connaissances scientifiques, les savoir-faire locaux et les expériences de terrain en solutions adaptées aux réalités des territoires.
Partager les expériences nationales
La première journée a été consacrée aux présentations institutionnelles et techniques, puis au partage des expériences des six pays participants. Les coordonnateurs des Laboratoires vivants ont présenté les innovations développées, les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les principaux enseignements issus de la mise en œuvre des initiatives dans leurs contextes respectifs.
Des travaux de groupe ont ensuite permis d’approfondir les échanges entre pays et partenaires, d’identifier les points forts des expériences présentées et d’examiner les possibilités d’amélioration et de mise à l’échelle.
Valoriser les innovations et les solutions fondées sur la nature
La deuxième journée a porté sur la valorisation des innovations agricoles, les solutions fondées sur la nature et les savoir-faire locaux. Les présentations ont notamment abordé les innovations susceptibles d’améliorer la productivité agricole, les contraintes techniques rencontrées par les producteurs, l’agriculture intelligente et climato-résiliente, ainsi que les expériences d’accompagnement de l’entrepreneuriat agricole.
Les échanges ont également porté sur les essais réalisés dans le cadre des Laboratoires vivants, la formation des étudiants par la recherche et les possibilités d’intégrer ces expériences dans les parcours académiques.
Des panels ont permis d’approfondir les réflexions sur la capitalisation et l’appropriation des résultats, les conditions de réplication des solutions fondées sur la nature et les perspectives de mise à l’échelle. La comptabilité écosystémique du capital naturel (CECN) a également été abordée comme un axe de réflexion pour mieux prendre en compte les écosystèmes dans les stratégies de développement.
Ouvrir des perspectives de collaboration et de mise à l’échelle
La troisième journée a été consacrée aux réflexions stratégiques et prospectives sur une nouvelle initiative portant sur la mise à l’échelle des solutions fondées sur la nature au sein des Laboratoires vivants du Bassin du Congo, en lien avec la CECN.
Les échanges ont notamment porté sur les perspectives de collaboration entre les institutions impliquées dans le développement des Laboratoires vivants. Le programme prévoyait également l’examen d’un cadre de collaboration, la présentation des grands axes des actes du séminaire et de la feuille de route de l’ANVRI, ainsi que l’élaboration d’un communiqué final.
Dans cette perspective, l’OIF travaille avec ses partenaires, notamment le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) et les coordonnateurs des Laboratoires vivants, à la préparation d’une nouvelle initiative et à la recherche de financements. Celle-ci pourrait constituer une suite aux actions engagées dans le cadre du projet des Laboratoires vivants, en ouvrant des perspectives pour la mise à l’échelle des solutions développées.
Une dynamique régionale au service des populations et des écosystèmes
Au terme de ces trois journées, le séminaire aura constitué un espace de dialogue et de partage d’expériences entre les pays et les partenaires engagés dans la promotion de l’éco-innovation agricole dans le Bassin du Congo.
L’OIF adresse ses remerciements aux autorités de la République du Congo, au ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, à l’ANVRI, au CIRAD, à l’OSS et à l’ensemble des partenaires et participants pour leur contribution à l’organisation et à la qualité des échanges.
À travers cette dynamique, les Laboratoires vivants illustrent l’intérêt d’une approche collaborative associant recherche, innovation et savoir-faire locaux pour répondre aux défis agricoles et environnementaux. La capitalisation des expériences et la poursuite du dialogue entre les acteurs constituent des leviers importants pour réfléchir à la diffusion des solutions et au renforcement de la résilience des populations et des écosystèmes du Bassin du Congo.