Bekone Bekone Bienvenue
Dossier thématique : Construire la paix avec les enseignants
Enseignant de français depuis quatorze ans au Cameroun et docteur en didactique du français langue étrangère (FLE), Bekone Bekone Bienvenue partage son activité entre enseignement secondaire, enseignement supérieur et recherche. Au fil de son parcours, les formations proposées par l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) ont nourri sa réflexion et fait évoluer ses pratiques, notamment autour de l’égalité femmes-hommes, du numérique, de l’intelligence artificielle et de l’insertion professionnelle des jeunes.
Titulaire d’un doctorat en didactique du français langue étrangère obtenu à l’Université de Yaoundé I en 2021 et d’un DIPES II en FLE, Bekone Bekone Bienvenue enseigne depuis quatorze ans dans les établissements secondaires camerounais, au collège comme au lycée.
À cette expérience de terrain s’ajoute celle de l’enseignement supérieur. Il intervient dans plusieurs instituts où il enseigne notamment le français sur objectifs spécifiques (FOS), le français sur objectifs universitaires (FOU) et le français langue étrangère (FLE).
« Enseigner, pour moi, n’a jamais été un métier figé : c’est une pratique que l’on réinvente à chaque formation, à chaque génération d’élèves. »
Se former pour faire évoluer ses pratiques
Face aux transformations du monde éducatif, Bekone Bekone Bienvenue considère la formation continue comme une nécessité. Évolution des approches pédagogiques, arrivée du numérique et de l’intelligence artificielle, enjeux d’inclusion et d’équité ou encore nouvelles attentes des apprenants, autant de changements qui invitent, selon lui les enseignants à actualiser leurs connaissances et à interroger leurs pratiques.
C’est dans cette dynamique qu’il a suivi plusieurs formations proposées par l’IFEF. Quatre expériences ont particulièrement marqué son parcours, tels que la formation à l’égalité femmes-hommes, le programme « Fil rouge », l’initiation à l’intelligence artificielle pour l’enseignement ou encore l’initiation à l’outil InserJeunes.
La formation à l’égalité femmes-hommes lui a notamment permis de porter un regard plus attentif sur les biais de genre susceptibles d’apparaître dans les supports pédagogiques, les consignes ou les interactions en classe. Il veille désormais davantage à proposer des activités et des exemples accordant une place égale aux filles et aux garçons.
Des formations qui trouvent leur place dans la classe
Les autres parcours suivis ont également fait évoluer sa manière d’enseigner et de concevoir la formation. Avec le programme « Fil rouge », il retient particulièrement l’importance de construire des parcours progressifs et cohérents, dans lesquels les acquis d’une séquence viennent nourrir la suivante.
L’initiation à l’intelligence artificielle constitue, quant à elle, un tournant dans sa pratique. Elle lui a permis d’explorer l’utilisation de ces outils pour différencier les apprentissages, adapter certains supports aux besoins des apprenants et gagner en efficacité dans la préparation des cours, tout en maintenant la technologie à sa juste place; celle d’un outil au service de la relation pédagogique.
Enfin, l’initiation à InserJeunes l’a sensibilisé davantage aux enjeux de l’insertion socioprofessionnelle. Une réflexion qu’il relie à son enseignement du français : au-delà de la réussite aux examens, les compétences linguistiques acquises doivent aussi pouvoir être mobilisées dans les perspectives d’employabilité et d’autonomie des jeunes.
Apprendre pour mieux transmettre
Pour Bekone Bekone Bienvenue, les effets de la formation continue dépassent ainsi l’acquisition de nouvelles connaissances. Se former permet aussi de confronter ses habitudes à d’autres pratiques et à d’autres regards, notamment ceux issus de l’espace francophone, puis de les traduire dans son enseignement.
Cette évolution bénéficie directement à la manière dont il pense ses activités, accompagne les apprenants et construit ses parcours pédagogiques avec davantage d’attention à l’équité, de possibilités de différenciation et de liens entre apprentissages et réalités des jeunes.
De ces différentes expériences ressort une conviction qui guide aujourd’hui son parcours, lla compétence professionnelle n’est jamais définitivement acquise. Elle se cultive et s’actualise tout au long de la carrière.