Retour sur les actions menées par l’OIF pour accompagner les enseignantes et les enseignants et contribuer à faire de l’école un lieu de cohésion.

Un élève qui ose prendre la parole, une consigne comprise, une difficulté repérée avant qu’elle ne devienne un décrochage : la confiance se construit dans les gestes quotidiens de la classe. En soutenant la formation continue des enseignants, leur mobilité et la coopération entre pairs, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) contribue à rendre les apprentissages plus accessibles et l’école plus accueillante. Une contribution concrète à la cohésion et aux conditions d’une paix durable.

Lorsque les enseignants disposent de peu de ressources ou restent isolés face aux difficultés, les incompréhensions peuvent s’accumuler. Certains élèves se démobilisent, les écarts d’apprentissage se creusent et les relations avec l’école se fragilisent. Former et accompagner les enseignants leur donne davantage de moyens pour prévenir ces situations, adapter leurs pratiques et permettre à chacun de trouver sa place.

Former et accompagner dans la durée

L’OIF agit à travers deux projets complémentaires : l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM), porté par l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF), qui renforce notamment la formation continue ; la « langue française, langue d’enseignement et d’apprentissage », piloté par la Direction de l’enseignement et de l’apprentissage du français (DEAF), qui soutient les enseignants de et en français, les cadres éducatifs et les associations professionnelles, tout en développant la mobilité enseignante.

IFADEM associe formation à distance et en présentiel, livrets pédagogiques, tutorat, visites de classe et échanges entre pairs. Élaborés avec les ministères de l’éducation, les contenus répondent aux réalités locales : langues d’enseignement, apprentissages fondamentaux, gestion de classe et inclusion. En 2025, le dispositif a formé 11 341 enseignants dans 19 pays partenaires et accompagné 6 490 directions d’école. Il s’est appuyé sur 595 tuteurs et 148 superviseurs, avec 76 livrets de formation produits et 15 plateformes en ligne déployées.

Dans le cadre du deuxième projet, la « langue française, langue d’enseignement et d’apprentissage », 58 actions de formation, représentant 2 540 heures, ont bénéficié directement à 14 506 enseignants dans 25 pays en 2025. Elles ont renforcé les compétences linguistiques et didactiques, la conception de séquences adaptées aux élèves et l’usage des outils numériques. Les 276 ressources pédagogiques contextualisées produites prolongent cet appui. Ces deux démarches partagent une même exigence : ancrer le développement professionnel dans les besoins des enseignants et des systèmes éducatifs.

Donner à chaque élève les moyens de participer

Une pédagogie inclusive maintient l’ambition de réussite pour tous en diversifiant les chemins pour y parvenir. Reformuler une consigne, proposer un travail en petits groupes, varier les supports ou donner du temps à un élève pour s’exprimer sont autant de moyens de rendre la classe plus accessible. L’évaluation permet alors de repérer les besoins et d’accompagner les progrès, sans réduire l’élève à ses difficultés.

La maîtrise de la langue d’enseignement est décisive : comprendre une explication ou formuler une question conditionne la participation aux apprentissages. Le projet la « langue française, langue d’enseignement et d’apprentissage » renforce les compétences nécessaires pour enseigner le français et en français, tandis qu’avec le programme, « École et langues nationales (ELAN) », l’IFEF accompagne aussi les ministères dans le développement d’une éducation bi-plurilingue associant langues nationales et français. Prendre appui sur les langues que les enfants connaissent aide à construire de nouveaux savoirs et à reconnaître leur diversité.

Cet accompagnement gagne à se poursuivre au sein des établissements. Au Tchad, entre 2023 et 2025, IFADEM a formé plus de 2 500 enseignants, organisé plus de 1 400 rencontres entre tuteurs et apprenants et réalisé plus de 1 000 visites de classe. Ces échanges permettent de relier la formation à la pratique : expérimenter une activité, discuter d’une difficulté, puis ajuster sa manière d’enseigner avec le soutien de collègues et de responsables pédagogiques.

La mobilité au service de la coopération

Le Programme de mobilité des enseignants volontaires de et en français ouvre un autre espace d’apprentissage partagé. En 2025-2026, 139 enseignants volontaires sont concernés par les dispositifs déployés au Rwanda, aux Seychelles, au Cambodge et au Vietnam. En travaillant avec les équipes locales, ils partagent leurs compétences et découvrent d’autres pratiques éducatives. Ces échanges nourrissent des liens professionnels durables.

Aux Seychelles, Danielle Mallela, enseignante volontaire de l’OIF, explique comment elle a adapté ses pratiques à des apprenants initialement réticents à l’usage du français : « J’ai introduit des activités ludiques, des histoires, des chansons et des jeux de rôle pour motiver et familiariser les enseignants et les apprenants à l’usage du français. » Son expérience illustre une réponse pédagogique concrète : multiplier les occasions d’utiliser la langue dans des situations accessibles, où les élèves peuvent essayer et participer.

Construire la paix avec les acteurs locaux

En 2026, la DEAF a soutenu seize associations dans le cadre de l’appel à projets « L’éducation, socle de la paix et du développement durable ». Ces relais de proximité permettent aux enseignants de travailler ensemble sur des enjeux qui traversent leurs classes et leurs communautés.

À Djibouti, l’Association djiboutienne des professeurs de français a organisé en juin une formation de trois jours consacrée au développement durable, à la paix et à la cohésion sociale. Les participants ont expérimenté des méthodes participatives pour aborder ces sujets avec leurs élèves. Nouradine Mahamoud Ibrahim, enseignant à l’École Cheikh Farah, dit repartir avec « une boîte à outils remplie de méthodes innovantes, participatives et efficaces », qu’il souhaite mobiliser notamment pour traiter l’égalité des genres et la paix.

En Moldavie, le camp d’été francophone « Ensemble pour la paix ! », organisé en août 2026 avec le Centre régional francophone pour l’Europe centrale et orientale (CREFECO) et les autorités moldaves, a réuni des lycéens et leurs enseignants de neuf pays. Ateliers de cinéma et de littérature, débats et soirées interculturelles leur ont permis de pratiquer le français, de découvrir d’autres perspectives et de coopérer au-delà des frontières. La langue devient ainsi un espace de rencontre où s’exercent l’écoute et le respect des différences.

Former les enseignants, c’est leur donner des moyens d’expliquer, d’écouter et d’accompagner chaque élève. Soutenir leurs échanges, c’est faire de cette responsabilité un effort collectif. En articulant formation continue, mobilité et appui local, la Francophonie contribue à une école où apprendre ensemble permet aussi de mieux vivre ensemble.

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