À l’occasion de la Journée internationale de la bibliodiversité 2026, célébrée le 21 septembre, l’OIF réaffirme son engagement en faveur d’un espace éditorial où la diversité des créations puisse trouver les conditions de sa publication, de sa circulation et de sa rencontre avec les lecteurs.
La bibliodiversité repose sur l’idée que la richesse du monde éditorial tient à la pluralité des œuvres, des langues, des imaginaires, mais aussi à celle des acteurs qui les font exister. Auteurs, éditeurs, traducteurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires et médiateurs participent d’un même écosystème, où chaque métier dépend des autres. La fragilité d’un seul maillon se répercute sur l’ensemble. Un circuit de distribution défaillant réduit simultanément les débouchés d’un éditeur, la visibilité d’un auteur et le choix offert au lecteur.
Or cette diversité ne va pas de soi. Un livre peut être publié sans être véritablement disponible. Il peut être disponible sans être visible. Et il peut être visible dans un territoire tout en restant difficilement accessible ailleurs. Dans un environnement marqué à la fois par la concentration des industries culturelles, les difficultés de distribution et la place croissante des plateformes et des systèmes de recommandation, la question n’est donc plus seulement de savoir quelles œuvres sont créées, mais lesquelles parviennent effectivement jusqu’aux publics.
Défendre la bibliodiversité suppose ainsi d’agir sur l’ensemble de la chaîne du livre.
De la création à la rencontre avec les lecteurs
L’OIF accompagne la production et les coopérations éditoriales, notamment pour favoriser les collaborations entre professionnels et renforcer la capacité des acteurs des pays francophones du Sud. En 2026, elle a ainsi appuyé 4 projets de co-édition.
Elle agit également sur les compétences en consolidant les différents métiers contribuant à construire des écosystèmes éditoriaux plus autonomes et plus durables : édition, distribution, gestion de droits, mise en marchés. À travers le programme FORCE - Formation et renforcement de compétences en édition, plus de 300 acteurs de la chaîne du livre dans 12 pays d’Afrique francophone ont été accompagnés depuis 2025 et 15 éditeurs d’Afrique centrale ont engagé des négociations avec un diffuseur international.
Mais produire davantage et mieux ne suffit pas si les œuvres demeurent difficiles à trouver. La distribution et la découvrabilité constituent à ce titre un enjeu central. Dans une offre culturelle devenue considérable, permettre à un livre de rencontrer son public suppose qu’il puisse circuler dans les réseaux de diffusion, être correctement référencé et apparaître dans les espaces où se construisent aujourd’hui la découverte et la recommandation. En 2025, l’OIF a notamment soutenu la participation de 10 maisons d’éditions africaines au Salon du livre de Montreuil (France). Une présence qui leur a permis de vendre leurs ouvrages et d’établir de nouveaux partenariats.
À cette circulation des œuvres répond celle des personnes. La mobilité des acteurs culturels est essentielle à la vitalité des écosystèmes du livre. Pour un auteur, un éditeur ou un autre professionnel, participer à un salon, une rencontre littéraire, une résidence ou un rendez-vous professionnel permet de présenter un travail ou un catalogue, de nouer des partenariats et d’ouvrir de nouvelles perspectives de diffusion.
Faire circuler les œuvres au-delà des frontières
La bibliodiversité engage également une géographie du livre.
Partager une langue ne signifie pas avoir accès aux mêmes œuvres. Les livres, les auteurs et les catalogues circulent encore de manière très inégale entre les différents territoires de l’espace francophone. Favoriser les échanges entre professionnels, les cessions de droits, les traductions, les coéditions et la mobilité permet de multiplier les chemins par lesquels une œuvre peut atteindre de nouveaux lecteurs.
Dans son mandat de fédérer et faire circuler, l’OIF a soutenu au cours de ces dernières années des plateformes d’échanges telles que le Parlement des écrivaines francophones ou La place des auteurs africains francophones. Mais également la bibliothèque numérique francophone en ligne YouScribe, afin d’augmenter la présence d’auteurs africains.
Célébrer la littérature francophone dans la diversité des cultures et des récits
La Francophonie c’est aussi une pluralité des récits, une diversité des cultures mises en avant depuis 25 ans par le Prix des cinq continents de la Francophonie. Depuis sa création, le Prix a permis de récompenser des talents du Québec à l’île Maurice en passant par la Roumanie ou le Rwanda, preuve du foisonnement créatif de l’espace francophone.
Mais à l’heure où l’intelligence artificielle met à mal certains métiers de l’édition, l’OIF, à travers un autre prix – le Prix Ibn Khaldoun-Senghor –, met en valeur la traduction littéraire français-arabe : un maillon de la chaîne peu mis en exergue, mais qui permet à des ouvrages d’atteindre un public au-delà de ses frontières.
En cette journée internationale de la Bibliodiversité, l’enjeu est donc de donner à cette diversité les moyens d’exister : des professionnels en capacité de créer et d’éditer, des œuvres qui peuvent circuler et être découvertes et des lecteurs qui disposent d’un véritable choix. Cette ambition trouve une traduction concrète à l’occasion même de la Journée internationale de la bibliodiversité avec Babelica, Salon international de l’édition indépendante en ligne, dont la cinquième édition se tiendra les 21 et 22 septembre 2026. Soutenu par l’OIF dans le cadre de l’appel à projets « Soutien à la distribution et découvrabilité », Babelica illustre une dimension essentielle de la bibliodiversité : permettre aux œuvres de circuler, de franchir les frontières éditoriales et linguistiques et de trouver de nouveaux lecteurs.