Comment faire d’une langue commune un atout pour entreprendre, prospérer et accéder à d’autres marchés ? Cette question a constitué le cœur du deuxième Sommet national sur la francophonie économique canadienne, organisé les 22 et 23 septembre 2026 à Ottawa par RDÉE Canada, avec le soutien de l’OIF.
« Concrétiser les opportunités » : le thème du Sommet exprimait une ambition forte, mais exigeante. Pour une PME qui cherche à croître, un employeur qui peine à fidéliser ses salariés ou une personne qui souhaite construire son avenir professionnel en français, la vitalité économique d’une communauté se mesure à des possibilités concrètes et accessibles. Encore faut-il que les individus puissent se rencontrer, connaître les outils et ressources à leur disposition et construire des projets ensemble.
Pendant deux jours, entrepreneurs, organismes de développement économique, établissements d’enseignement et représentants institutionnels ont échangé autour de sujets allant du commerce interprovincial et international à l’attraction des talents francophones, en passant par la formation, l’emploi et la contribution des femmes et des jeunes à l’économie. La programmation a ainsi donné une place centrale aux conditions indispensable pour permettre aux initiatives entrepreneuriales locales de prospérer
Ces enjeux ont une résonance particulière pour les communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire. Présent dans les provinces et territoires canadiens hors Québec à travers ses organismes membres, RDÉE Canada accompagne les entreprises, les travailleurs et les collectivités dans leur développement économique. Son ancrage territorial permet de relier des besoins très concrets à une réflexion menée à l’échelle du pays.
Élargir l’horizon de la francophonie canadienne
Invitée lors de la clôture à prendre la parole à l'occasion d'un entretien avec Yan Plante sur « La francophonie économique au-delà des frontières », Zahra Kamil Ali, Représentante de l’OIF pour les Amériques (photo ci-contre), a appelé à multiplier les liens et les relations entre les acteurs économiques francophones du Canada et ceux du reste du monde. Inscrit à la suite d’une discussion sur la place des femmes et des jeunes dans l’économie canadienne, cet échange a apporté une perspective internationale aux réflexions de l’évènement.
Les communautés francophones du Canada disposent de savoir-faire, d’entreprises et de réseaux qui peuvent trouver des partenaires bien au-delà de leur territoire, partout sur l’espace francophone. Par ailleurs, leurs liens avec d’autres régions de la Francophonie peuvent nourrir l’innovation, faciliter la circulation des expertises et ouvrir de nouvelles perspectives commerciales. Parler français crée une proximité ; mettre les acteurs en relation permet de lui donner une portée économique.
Cette ambition suppose un travail patient. Une langue commune peut faciliter un premier contact, mais un partenariat se construit autour de besoins identifiés, de compétences complémentaires et d’une confiance réciproque. C’est dans cette démarche que s’inscrit l’action de l’OIF en faveur des échanges économiques et commerciaux francophones : aider les entreprises et les institutions à se connaître, à collaborer et à saisir les possibilités offertes par l’espace francophone.
Des liens qui prennent racine dans les territoires
En soutenant cette deuxième édition du Sommet, l’OIF a choisi de se tenir aux côtés des acteurs qui font vivre l’économie en français au quotidien. Leur expérience rappelle que la francophonie économique prend forme dans les territoires.
La participation de sa Représentante pour les Amériques a permis de relier cette réalité canadienne à une ambition plus vaste : faire de la Francophonie un espace dans lequel les idées et les entreprises circulent davantage. Le Sommet d’Ottawa a rappelé que cet espace ne se décrète pas. Il se construit, rencontre après rencontre, lorsque des acteurs décident de transformer une affinité linguistique en projet commun.