A travers le Parcours panafricain de production, l’OIF accompagne la montée en compétences de jeunes producteurs africains et contribue à bâtir une filière créatrice d’emplois durables.
Un projet de film ce n’est pas simplement une caméra et des acteurs, c’est également une personne qui le porte au-delà de l’artistique, c’est-à-dire : monter un dossier, négocier avec un vendeur international, structurer une société qui tient la distance. Former à ce métier, c’est précisément la mission du Parcours Panafricain de Production (PPP), porté par l’OIF en collaboration avec l’ESVA Marrakech et Canal+ University.
Lancé en 2025 pour deux ans, le PPP s’adresse à des producteur(trice)s d’Afrique subsaharienne déjà actif(ve)s sur le terrain. L’idée n’est pas de former de jeunes novices, mais de consolider une employabilité déjà amorcée. Le programme couvre l’ensemble du métier (développement de projet, financement coproduction, négociation avec les distributeurs, etc.) et est sanctionné par un master exécutif ou un certificat.
« La formation m’a permis de comprendre que la pratique seule ne suffit pas, malgré les années d’expérience. Le cadre exigeant de ce master interroge chaque réflexe acquis sur le terrain : exactement ce dont j’avais besoin », confie Saar Aminata, productrice sénégalaise et lauréate (en immersion) du PPP 2026.
Ce niveau d’exigence tient à la manière dont le programme est construit, autour de trois partenaires aux rôles complémentaires. L’OIF apporte sa légitimité institutionnelle et son expertise, forgée depuis plus de 30 ans à travers le Fonds Image de la Francophonie (FIF), qui soutient la production dans 37 pays francophones du Sud. L’ESAV de Marrakech, seule grande école de cinéma reconnue du continent, fournit le cadre académique. Canal+ University apporte sa connaissance du marché et son réseau de professionnel(le)s en activité.
Parmi les modules, la session sur le financement a suscité un vif intérêt de la part des auditeurs avec plus de 4 heures d’échanges sur les différents types de financements disponibles et la pertinence de leurs apports selon les projets. Au-delà de la recherche de financement, deux sessions portent également sur la gestion d’une société de production, afin d’en faire des entreprises rentables et pourvoyeuses d’emplois.
Cette année, le programme a également décidé de sensibiliser et prévenir les violences et harcèlements sexistes et sexuels dans le secteur du cinéma. Une problématique réelle, encore peu souvent dénoncée dans de nombreux pays.
En deux éditions à peine, 140 producteur(trice)s de plus de 20 pays africains sont déjà passé(e)s par le PPP, dont 15 en parcours immersion.
Derrière ces chiffres, c’est une génération entière qui est visée. En misant sur des professionnel(le)s jeunes, le programme investit dans l’employabilité : chaque producteur(trice) mieux formé(e), c’est une société de production plus solide capable d’employer une équipe et de faire vivre la filière économique locale.
Le Parcours panafricain de production construit aussi des réseaux et favorise les coproductions intra-africaines – essentielles dans une industrie ou les financements nationaux seuls suffisent rarement à porter un film. « Cette formation a transformé ma vision de la production, elle m’a donné des outils pour développer des projets ambitieux et porter un regard plus riche sur le cinéma grâce à son histoire et à la coproduction » témoigne Kaba Mamadi, producteur guinéen et lauréat (en immersion) du PPP 2026.
Le Parcours panafricain de production et l’accompagnement des festivals par l’OIF constituent les deux volets complémentaires d’un même dispositif : le premier renforce les compétences des professionnels qui portent les projets, tandis que le second favorise leur accès aux marchés internationaux une fois ces projets réalisés.
C’est ce travail de fond, patient et peu visible qui distingue l’OIF : non pas un soutien ponctuel à quelques films, mais la construction d’une filière. Chaque producteur(trice) formé(e) aujourd’hui c’est une société qui emploie, un pays qui gagne en visibilité culturelle, une compétence de plus disponible localement. C’est là tout l’enjeu du PPP : bâtir une industrie capable, à terme, de tourner avec ses propres ressources humaines, et donner aux jeunes producteur(trice)s les moyens d’en faire un métier durable.