Le 23 septembre 2026 a marqué un tournant important pour la capitale tchadienne, avec le lancement officiel du projet de « Modernisation du système informatisé de gestion de l’état civil de la ville de N’Djamena ».
Portée par la Mairie et soutenue par l’OIF, cette initiative vise à doter la municipalité d’une solution numérique intégrée, sécurisée, évolutive et bilingue français/arabe.
L’événement a été couplé à la signature d’un accord-cadre de coopération entre la Mairie de N’Djamena et l’Agence nationale des titres sécurisés (ANATS). Facilitée par l’OIF, cet accord permettra notamment de renforcer l’interopérabilité des services, d’accélérer la numérisation des registres et de simplifier le parcours des usagers grâce à la dématérialisation progressive des démarches.
Ce projet soutient directement les efforts du gouvernement tchadien pour parvenir à l’enregistrement universel des naissances à l’horizon 2030, cible 16.9 des Objectifs de développement durable.
Ce lancement a été organisé dans le cadre d’une mission de la Représentation pour l’Afrique centrale de l’OIF. La délégation de l’OIF a notamment rencontré le président de la Commission nationale des droits de l’omme (CNDH), M. Belngar Larmé Jacques, pour échanger sur le rôle des INDH dans la promotion et la protection du droit fondamental de chaque enfant à une identité juridique. Au Ministère de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, les échanges avec le Ministre d’État, le Dr Mahamat Ahmad Alhabo, ont porté sur l’harmonisation des projets en cours avec l’initiative « Un enfant, un acte de naissance », lancée en juillet 2026 par le gouvernement tchadien et l’UNICEF. Une réunion de clôture a également permis de faire le bilan du « Projet d’enregistrement systématique des enfants à l’état civil dès la naissance au Tchad », mis en œuvre entre octobre 2025 et juillet 2026 par l’ONG TECHNIDEV avec l’appui de l’OIF.
Une ambition renforcée pour 150 000 enfants
La mission a aussi consisté au suivi-évaluation du « Projet de régularisation des élèves à l’état civil pour une citoyenneté effective », mis en œuvre par l’ANATS. Après une rencontre avec son directeur général, la mission s’est déployée à Abéché, chef-lieu de la province du Ouaddaï.
Grâce aux ressources dégagées à la suite du moratoire sur la gratuité des jugements supplétifs adopté par le Tchad en février 2026, les ambitions du projet ont été amplement révisées à la hausse. Initialement prévu pour 68 000 enfants scolarisés, l’objectif vise désormais la délivrance de 150 000 actes de naissance sécurisés, ainsi que la formation des acteurs et une large sensibilisation dans quatre provinces : le Ouaddaï, la Tandjilé, l’Ennedi Est et le Wadi Fira.
À Abéché, la délégation a rencontré les autorités provinciales et communales, les acteurs locaux intervenant dans la mise en œuvre du projet ainsi que les bénéficiaires. Une remise symbolique d’actes de naissance à quelques enfants scolarisés a été organisée à cette occasion.
Les travaux d’évaluation ont permis de formuler des recommandations clés et d’adopter des mesures concrètes visant à accélérer la mise en œuvre du projet, notamment la délivrance des pièces d’état civil, la formation des acteurs locaux et la sensibilisation des leaders communautaires.