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Dossier thématique : « Construire la paix par le développement durable » | Juin 2026 |
Depuis 2025, l’OIF soutient deux projets en Arménie dans le cadre du Fonds « La Francophonie avec Elles » au bénéfice de 95 femmes dans différents secteurs, tels que l’agriculture durable, l’artisanat, l’écotourisme, la transformation agroalimentaire, le numérique, la comptabilité.
En Arménie, les femmes vivant en zones rurales sont particulièrement exposées aux vulnérabilités socio-économiques, notamment dans les régions enclavées et soumises à des conditions climatiques difficiles. Cette vulnérabilité structurelle résulte de facteurs cumulatifs : les femmes sont majoritairement engagées dans des activités économiques informelles ou faiblement structurées, en particulier les emplois agricoles non sécurisés et à faible productivité, ce qui exacerbe les disparités de revenus entre femmes et hommes à la campagne.
Malgré des niveaux d’éducation relativement élevés (68% des femmes arméniennes font des études supérieures), le taux de participation des femmes à la population active reste faible : environ 56 % en 2024, alors que ce chiffre s’élève à plus de 68 % pour les hommes. De plus, l’écart se creuse dans les zones rurales, avec 45 % des femmes sans activité économique, contre seulement 19 % chez les hommes. À cela s’ajoute une charge importante de travail domestique et de soins non rémunérés. Cette double charge contribue également à ce que plus de la moitié des femmes de 25 à 29 ans ne travaillent ni n’étudient, un indicateur préoccupant de déconnexion socio-économique (Source : Banque mondiale).
Dans ce contexte, l’autonomisation économique des femmes apparaît comme un levier essentiel de développement local durable. Elle contribue à renforcer la résilience des ménages, à diversifier l’économie rurale et à maintenir la cohésion sociale dans des régions confrontées à l’isolement et à l’exode.

Fonds « La Francophonie avec Elles »
L’OIF, à travers son Fonds de solidarité « La Francophonie avec Elles », soutient deux projets en Arménie, portés par des organisations de la société civile solidement implantées. 95 femmes confrontées à des opportunités économiques limitées dans les zones rurales bénéficient ainsi d’un appui.
Le projet « Formations professionnelles pour l’avenir des femmes », mis en œuvre par Solidarité Protestante France-Arménie, accompagne 35 femmes à travers des parcours de formation en tourisme, numérique, comptabilité et langue, complétés par un suivi individualisé favorisant leur insertion professionnelle. Le projet « Femmes rurales du lac Arpi : actrices du développement local », porté par la Fondation Miassine, soutient quant à lui 60 femmes rurales dans le développement d’activités génératrices de revenus. Un potentiel économique encore à développer, alors que seulement 27,4% des entreprises arméniennes sont détenues en tout ou en partie par des femmes.
En effet, au nord du pays, dans la région de Shirak, les communautés résidant autour du lac Arpi font face à des conditions de vie particulièrement difficiles. Situé à 2 700 mètres d’altitude, au cœur d’un parc naturel et à proximité des frontières avec la Turquie et la Géorgie, ce territoire est l’un des plus froids du pays et reste isolé plusieurs mois par an en raison de l’enneigement. Les femmes sont majoritairement engagées dans des activités informelles liées à l’agriculture, à l’artisanat ou à des formes émergentes de tourisme, souvent peu structurées et faiblement rémunérées.
Lancé en septembre 2025, le projet de la Fondation Miassine valorise les savoir-faire locaux en favorisant un développement durable et inclusif. Il propose un accompagnement global combinant formations en écotourisme, agriculture durable, artisanat, transformation agroalimentaire, alphabétisation numérique et entrepreneuriat, ainsi qu’un appui à la création et à la structuration des activités, avec en complément des cours de français et de littératie numérique.
L’objectif est donc de rendre ces femmes indépendantes économiquement, de renforcer leurs compétences entrepreneuriales et de développer in fine la cohésion sociale au sein de cette zone et les liens avec les autres régions du pays.