Le Fonds « La Francophonie avec Elles » a soutenu depuis 2020 plus de 354 projets dans 36 pays, bénéficiant à près de 100 000 femmes. Parmi eux, plusieurs dizaines s'inscrivent directement dans cette dynamique d’inclusion des femmes dans les domaines économique et numérique.
Le numérique, une porte vers l'avenir
Dans des contextes où les femmes sont souvent tenues à l'écart des sphères économiques formelles, la formation aux outils numériques offre des opportunités. Elle donne accès à des marchés, à des réseaux, à des revenus mais aussi, parfois, à une première expérience de confiance en soi.
RDC - Goma et Bukavu : le numérique comme espace de reconstruction
L'association Women's Worldwide Web accompagne 100 femmes de 16 à 45 ans, déscolarisées, sans emploi ou issues du secteur informel, à travers un programme de 100 heures de formation en informatique et en entrepreneuriat.
Solange, 31 ans, mère de quatre enfants nés de viols conjugaux, abandonnée par son mari, s'est retrouvée seule et dévalorisée. C'est par le bouche-à-oreille qu'elle a rejoint le centre digital de Goma. Elle apprend à taper sur un clavier d'ordinateur. « Au-delà de la garantie d'un avenir professionnel », témoigne-t-elle, ce que ce centre lui offre, « c'est une famille composée de femmes qui, comme elle, ont été malmenées par la vie ». Elle retrouve progressivement confiance en elle et réalise qu'elle est capable.
Arménie - Alphabétisation numérique pour les femmes rurales
Dans la région du lac Arpi, la Fondation arménienne Miassine (lauréate de la 6e édition en 2025) forme 60 femmes rurales à l'alphabétisation numérique et à l'entrepreneuriat, pour faciliter leur insertion sur le marché du travail et leur participation à la vie économique locale (photo ci-contre).
Bénin - Les métiers du numérique et de l'audiovisuel
À Abomey-Calavi, l'association Théâtre Mayton Promo a formé 50 femmes aux métiers du numérique, du multimédia et de l'audiovisuel.
Sèna Juliana Dabli, 22 ans (photo de une), étudiante en comptabilité, rêvait de créer son entreprise en photographie et design. Grâce à cette formation, elle dispose désormais des compétences pour le faire.
L'insertion économique, un pilier de la reconstruction post-conflit
Dans les zones touchées par les conflits armés, les crises politiques ou les déplacements de population, les femmes sont souvent les premières et les plus durement affectées.
Cameroun - Femmes réfugiées centrafricaines : de la survie à l'autonomie
L’ONG Jesuit Refugee Service a soutenu 60 femmes centrafricaines victimes directes de la guerre, réfugiées au Cameroun, grâce à des formations, un appui à la scolarisation, et un accès aux outils numériques comme vecteurs de cohésion sociale.
Aissatou, réfugiée centrafricaine, a perdu plusieurs membres de sa famille lors d'une attaque armée et vécu dans le dénuement total à son arrivée au Cameroun. Formée à la broderie dans le cadre du projet, elle voit pour la première fois se dessiner un avenir pour sa famille.
Nakonga Jacky, 42 ans, veuve et mère de 13 enfants, a utilisé l'appui du Fonds pour inscrire ses enfants à l'école et acquérir ses premières volailles : un premier pas vers l'autonomie économique.
Hassana, jeune réfugiée, a choisi d'utiliser son téléphone numérique non seulement pour communiquer, mais pour sensibiliser son entourage aux grossesses précoces via les réseaux sociaux. C’est la preuve que le numérique, même minimal, peut devenir un outil de transformation sociale.
Cameroun - Crise anglophone : l'insertion économique comme sortie de l'exil
Juliet, 30 ans (photo ci-contre), a fui sa ville d'origine à la suite de la crise anglophone, se retrouvant sans ressources et enceinte de son cinquième enfant. Formée à la couture par l'association African Women in Tech StartUps (AfricanWits) dans le cadre du projet Carav'Elles, elle a reçu une machine à coudre électrique qui lui a offert une perspective de revenus économiques.
L'association Women's International League for Peace a également mené, lors de la 2e édition du Fonds, un projet dédié au renforcement de l'autonomisation économique des femmes déplacées internes à la suite des conflits dans les régions anglophones du Cameroun.
Liban - Beyrouth : survivantes de violence, actrices de leur reconstruction
Dans un pays traversé par des crises économiques et sécuritaires profondes et répétées, l'association Beit El Hanane offre un refuge aux femmes victimes de violences et à leurs enfants.
Esther, 21 ans, a pu poursuivre ses études universitaires grâce à l'accès à un ordinateur fourni par le projet.
Martina, 22 ans, réfugiée égyptienne, a trouvé au Liban un lieu sûr et a été inscrite à un programme d'apprentissage de l'anglais pour reconstruire son avenir.
Christina, 17 ans, en situation de décrochage scolaire, bénéficie d'un soutien scolaire et psychologique lui permettant de reprendre confiance et de continuer ses études.
A travers tous ces projets, le Fonds « La Francophonie avec Elles » contribue à accroître l’autonomie financière des femmes, renforcer leur confiance en elles et en leurs capacités et provoque de multiples retombées positives pour leurs familles et leurs communautés. Un pas en avant vers plus de cohésion sociale.