Du 20 au 23 juillet 2026, Abidjan a accueilli un Atelier international de partage de bonnes pratiques dans le cadre de l'initiative « Cuisson propre » de l'OIF. Cette initiative répond à un objectif stratégique : relever simultanément les défis environnementaux, sanitaires et économiques qui affectent directement les femmes dans des zones rurales et péri-urbaines.
Des avancées concrètes en Côte d'Ivoire et en Mauritanie
Depuis son lancement, l'initiative a permis des progrès tangibles dans les deux pays pilotes : des milliers de ménages équipés, des dizaines d’artisans et entrepreneurs formés, et des filières d'approvisionnement en combustibles propres en cours de structuration. L'OIF souligne toutefois que le chemin reste long pour généraliser l'accès à la cuisson propre et bâtir des écosystèmes durables autour de ces technologies — c'est précisément l'objet de la rencontre d'Abidjan.
L'atelier s'est appuyé sur les complémentarités des deux pays : la Côte d'Ivoire dispose d'une production agricole diversifiée générant d'importants résidus valorisables, tandis que la Mauritanie bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel favorable aux technologies solaires. Ces atouts respectifs constituent une richesse que l'atelier entendait mettre en valeur.
Cinq objectifs pour structurer les échanges
La rencontre poursuivait cinq objectifs prioritaires :
- documenter et analyser les expériences, innovations et bonnes pratiques développées en Côte d'Ivoire et en Mauritanie ;
- identifier les facteurs de succès, les obstacles et les leçons apprises, notamment sur l'accès au financement, la structuration des filières et la formation des techniciens ;
- renforcer les capacités des acteurs nationaux par l'échange de connaissances et d'expertises de terrain ;
- structurer le parcours des bénéficiaires vers l'emploi, à travers des formations professionnelles certifiantes, afin de faire de la cuisson propre un véritable levier de création d'emplois durables pour les femmes et les jeunes ;
- formuler des recommandations concrètes pour améliorer la mise en œuvre et la pérennisation des interventions, sous forme d'une feuille de route ambitieuse et réaliste.
Un programme combinant partage d'expérience, visites de terrain et travail collectif
Pendant trois jours, les participants ont partagé leurs expériences, visité des unités de production, rencontré des entrepreneurs et échangé avec des experts internationaux, avant de travailler collectivement sur les stratégies de pérennisation.
Les travaux se sont ouverts le lundi 20 juillet par une cérémonie officielle, suivie d'une session d'état des lieux consacrée aux expériences ivoirienne et mauritanienne, puis d'échanges sur le potentiel des technologies solaires et les cadres réglementaires en vigueur, notamment la politique portée par le ministère ivoirien de l'Énergie et les mécanismes de normalisation des kits de cuisson.
Le mardi 21 juillet a été consacré à une visite de terrain au sein d'une unité de production de kits de cuisson, ainsi qu'à la présentation du parcours de Mirande Kuitchou, jeune innovatrice camerounaise dont la solution de cuisson propre a été distinguée par deux prix internationaux : le Meilleur Prix Innovation Entrepreneuriat 2026 (Belgique) et le Meilleur Prix Innovation de la Fondation Zakarias Tanee Fomum (décembre 2025).
Le mercredi 22 juillet a porté sur les stratégies de pérennisation : contribution des technologies de cuisson propre à la création d'emplois durables, modèles économiques viables, mécanismes de financement et d'accès au crédit, opportunités d'accès à la finance climat pour le passage à l'échelle. La journée s'est conclue par la restitution des recommandations et l'adoption d'une feuille de route commune.
L'atelier s'est clôturé le jeudi 23 juillet par une réunion bilan, consacrée à l'évaluation des travaux et à la définition des prochaines étapes de suivi.
L'OIF était représentée par M. Yves Nassouri, coordonnateur Innovations et plaidoyers francophones, Passassim Atade Nanguit, spécialiste de programme à la Représentation de l'OIF pour l'Afrique de l'Ouest, et Ali Ahmed Kotoko, spécialiste de programme à la Représentation de l'OIF pour l'Afrique du Nord.