À travers sa participation fin mars 2026 au Salon du livre africain de Paris et au Salon du livre de Genève, l’OIF a porté une même vision : faire vivre le livre francophone en agissant à la fois sur la création, la reconnaissance des auteurs, la structuration des filières et la circulation des œuvres.
Cette présence, déployée dans le cadre de deux rendez-vous majeurs, et complémentaires, du calendrier littéraire, a donné à voir une action cohérente, articulée autour d’une conviction forte : la vitalité du livre francophone se construit tout au long de la chaîne de valeur, de l’écriture à la diffusion.
Au Salon du livre africain de Paris, organisé du 20 au 22 mars, l’OIF a pris part à plusieurs temps forts d’une manifestation désormais bien installée dans le paysage littéraire international. Réunissant près de 150 éditeurs et plus de 400 auteurs venus d’Afrique, d’Europe, des Amériques et des Caraïbes, ce salon s’impose comme un espace de dialogue, de circulation des œuvres et de structuration de la filière du livre à l’échelle francophone et au-delà.
L’un des moments marquants a été la célébration des 25 ans du Prix des cinq continents de la Francophonie. À travers une table ronde modérée par le journaliste Yvan Amar, l’OIF a réuni trois auteurs dont les œuvres ont marqué l’histoire du Prix : In Koli Jean Bofane, lauréat 2015 pour Congo Inc. Le testament de Bismarck publié chez Actes Sud, Fawzia Zouari, lauréate 2016 pour Le Corps de ma mère aux éditions Joëlle Losfeld, et Yamen Manaï, lauréat 2017 pour L’Amas ardent publié chez Elyzad. Cette rencontre a permis de faire entendre des voix singulières, mais aussi de rappeler ce que le Prix des cinq continents distingue depuis sa création en 2001 : des œuvres qui, par leur force littéraire, donnent forme à la diversité des imaginaires en langue française. À travers leurs échanges, les auteurs ont mis en lumière la vitalité de la création francophone contemporaine, la pluralité des récits qu’elle porte et sa capacité à saisir les transformations politiques, sociales et environnementales du monde. La séquence a également permis de souligner le rôle structurant du Prix dans la reconnaissance, l’accompagnement et la diffusion internationale des auteurs issus de l’ensemble de l’espace francophone.
Le Salon du livre africain de Paris a également constitué un cadre particulièrement pertinent pour le lancement officiel de la plateforme Place des auteurs africains francophones, portée par le Réseau « Rencontre des auteurs francophones ». Pensée comme un outil de visibilité, de mise en réseau et de valorisation des acteurs du livre, cette plateforme offre à ses membres un espace collaboratif leur permettant de présenter leurs parcours, leurs structures, leurs contenus et leurs actualités. Auteurs, maisons d’édition, institutions, associations et libraires peuvent ainsi y disposer d’un accès personnel pour publier une biographie ou une fiche de présentation, contribuer aux « Carnets d’Afrique », annoncer festivals, rencontres, signatures et événements littéraires, figurer dans un annuaire professionnel ou encore présenter des ouvrages dans une librairie en ligne intégrant des liens d’acquisition. La plateforme accueille également les podcasts « Quand l’Afrique raconte », dont le premier entretien est consacré à Hemley Boum, lauréate 2025 du Prix des cinq continents.
En accompagnant ce type d’initiative, l’OIF agit concrètement sur un enjeu devenu central pour le secteur : la découvrabilité des œuvres et la capacité des acteurs à se rendre visibles, identifiables et accessibles dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Cette même exigence de cohérence entre soutien à la création et structuration du secteur s’est retrouvée au Salon du livre de Genève qui s’est tenu du 18 au 22 mars 2026. La Représentation de l’OIF auprès des Nations Unies à Genève et à Vienne a porté deux temps forts illustrant l’engagement de la Francophonie en faveur du livre, de la création littéraire et de la circulation des œuvres. Ces deux séquences, l’une professionnelle, l’autre littéraire, ont convergé autour d’une même idée : faire vivre le livre francophone suppose aujourd’hui d’agir simultanément sur les contenus, sur les compétences, sur les modèles de diffusion et sur les conditions de visibilité des œuvres.
Une rencontre consacrée au Prix des cinq continents de la Francophonie, qui célèbre cette année son 25e anniversaire, a été organisée par la Représentation de l’OIF et a permis de mettre à l’honneur le dernier lauréat, Alexandre Lenot, distingué en mars pour son roman Cette vieille chanson qui brûle (Editions Denoël). Animée par l’écrivain togolais Sami Tchak, membre du jury du Prix, cette rencontre a ouvert un dialogue avec le public autour de l’œuvre, du parcours de l’auteur et de son écriture. Au-delà de la mise en lumière d’un lauréat, cet échange a rappelé le sens profond du Prix qui est celui de faire émerger, à l’échelle internationale, des voix issues de l’ensemble de l’espace francophone et défendre une conception exigeante de la littérature comme espace polycentrique, traversé par une pluralité de sensibilités, de territoires et d’imaginaires. À travers cette séquence, l’OIF a réaffirmé le rôle essentiel de la littérature dans la compréhension du monde contemporain et dans le dialogue entre les cultures.
Le Salon du Livre de Genève a aussi été l’occasion de présenter les défis qui persistent sur le marché du livre dans l’espace francophone, et ce à travers une table ronde intitulée « Faire vivre le livre et la culture francophones ». Cette discussion a permis de mettre en lumière l’action de l’OIF en faveur de la création, de la structuration des filières professionnelles et de la diffusion des œuvres francophones. Par ailleurs, un débat autour de la question de l’Intelligence artificielle a été organisé dans l’objectif de présenter son rôle dans le développement du langage et des connaissances. Enfin, une adaptation théâtrale du roman Hadriana dans tous mes rêves, de l’écrivain haïtien René Depestre, organisée par la Représentation de l’OIF en collaboration avec la Mission permanente d’Haïti, a conquis le public présent, aussi bien par la beauté de l’histoire que par la prestation de Williamson Belfort, l’artiste l’ayant adaptée.
De Paris à Genève, un même fil se dessine. D’un côté, la célébration des auteurs, la valorisation du Prix des cinq continents et le lancement d’un outil nouveau au service de la visibilité des écrivains africains francophones ; de l’autre, une réflexion stratégique sur les transformations du secteur et sur les conditions nécessaires pour permettre au livre francophone de se maintenir, de circuler et de rencontrer ses publics. Dans un environnement marqué par les mutations numériques, par la concurrence accrue pour l’attention et par le rôle croissant des plateformes, des systèmes de recommandation et des dynamiques de marché, la question de la visibilité est devenue décisive. Les œuvres francophones doivent pouvoir non seulement être créées et publiées, mais aussi identifiées, recommandées, diffusées et appropriées par les lecteurs.
En conjuguant soutien à la création, reconnaissance littéraire, professionnalisation des acteurs, appui à la diffusion et au renforcement de la découvrabilité, l’OIF poursuit ainsi une stratégie globale en faveur d’un écosystème du livre francophone plus structuré, plus accessible, plus visible et plus durable. Une condition pour qu’il participe à la circulation des idées, à la pluralité des récits et au dialogue des cultures.